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Retour des 130 djihadistes : Pourquoi ?

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Parlant du retour des djihadistes en France, il est bon de revoir cette vidéo faite par Euronews en 2014, au temps où ces messieurs cherchaient à aller en Syrie et non à fuir la Syrie.

Note: Nicolas Bon et son frère sont morts en commettant des attentats en Syrie pour tuer des Syriens, un peu comme des daeshiens non-français ont commis des attentats en France pour tuer des Français. Avec l’idée de tuer ensuite les Israéliens une fois que le barrage syrien et le barrage libanais auraient disparu. Et après Israël et la Jordanie, d’autres pays, et finalement la France. (Voyez ce qui se passe maintenant en Afrique, aux Philippines et en Birmanie.)

Ce sont ces messieurs que M. Emmanuel Macron refuse de laisser juger en Syrie selon les lois syriennes. Notez bien que ces “revenants” sont moins nombreux que les victimes de Daesh en France !

Maintenant ils reviennent en France… pourquoi?
Certes, on va les écrouer dès leur arrivée. Mais pour combien de temps? Combien de soi-disant condamnés à vie sont sortis de prison quelques années plus tard?

Lina Murr Nehmé, 31 janvier 2019

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Patrice quarteron sur les 130 djihadistes

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J’ai partagé hier une vidéo, dans laquelle Patrice Quarteron se laissait aller à la colère en apprenant que la France allait recevoir plus de cent djihadistes à la fois.

Un de mes amis s’est étonnée de ce que j’accepte ce langage “grossier”. Disons que je ne l’aurais pas exprimé exactement de la même façon, mais il est certain qu’à la pensée que des gens vont mourir, on dit ce qu’on peut pour essayer de toucher, de blesser, dans l’espoir de l’empêcher. 

J’avoue que j’ai dit un des mots employés par Patrice Quarteron une fois dans ma vie, en public, dans la rue, à des miliciens qui venaient de voler la camionnette d’une équipe d’ouvriers qui, sous les bombes (c’était pendant les Cent jours d’Achrafié), réparaient les dégâts causés par les bombardements, et faisaient volontairement des heures supplémentaires qui ne leur seraient pas payées. De petits jeunes de moins de vingt ans, qui s’étaient assis par terre à se lamenter en disant: 

— Nous travaillons sous les bombes, notre temps de travail se termine à 2 heures, il est 5 heures, et les heures supplémentaires ne nous seront pas payées, et nous allons être punis pour la perte du camion…

Que vouliez-vous que je fasse, frêle jeune fille de 23 ans en entendant ces paroles, après avoir vu voler l’engin, sinon d’abandonner le langage châtié que m’a appris ma mère, pour crier aux miliciens restés après que leur camarade eut pris la camionnette : “Quels hommes vous êtes ! Etre viril, ce n’est pas avoir un fusil, c’est avoir des c… !” Ils se sont mis à tirer en l’air pour me faire peur. Je leur ai crié: “Ô hommes!”, en leur faisant un geste obscène pour rappeler mes paroles que couvrait le bruit des balles. 

Les habitants de l’immeuble devant lequel nous nous trouvions sont descendus en entendant les coups de feu, et tous ceux qui se trouvaient dans la rue se sont engouffrés dans le hall du même immeuble pour se mettre à l’abri. Les jeunes ouvriers m’ont fait entrer de force. Je criai: “Laissez-moi!”, et je me dégageai, et repartis dans la rue crier: “Ô hommes!” en faisant un geste obscène. Et ils me tiraient dessus. Et les ouvriers revenaient me tirer en arrière. Finalement, le concierge de l’immeuble, gros et gras, m’a terrassée pour que je ne sorte pas. 

“On va te tuer!”, me dit-il. 

— J’ai 23 ans et je suis libre de faire ce que je veux de ma vie.

— 23 souliers sur ta tête.” 

Et il me donne un coup de pied. Ma sœur Nada vient à mon secours. La femme du concierge l’intercepte. Elle lui dit: 

— Ecoute, madame, je suis judoka. 

Alors la femme la gifle. 

Finalement, nous nous sommes retrouvées toutes deux dans la rue, et nous avons marché avec les fusils dans le dos. Ma sœur me disait: 

— Qu’as-tu gagné à faire ceci? Nous avons reçu une raclée, et on ne nous réparera pas l’électricité.

— Je ne pouvais pas faire autrement.

Ce furent les cent mètres les plus longs de ma vie. Vous dire mon soulagement quand nous nous sommes retrouvées près d’un poste de l’armée libanaise, serait impossible. Car certes, j’avais risqué ma vie parce que l’injustice me mettait en colère, mais en même temps, je ne voulais pas la perdre.

Arrivées à l’immeuble, nous avons trouvé mon père chez les voisins. Nous lui avons tout raconté, et il m’a fait la scène de ma vie. Puis il a téléphoné à un des chefs des milices, et il lui a dit: 

— Je te félicite, tes jeunes sont des hommes!

— Oui (content) ? Qu’ont-ils fait?

— Mes filles sont Yasser Arafat, pour qu’ils leur tirent dessus?” (Et il lui raconte l’histoire, et lui fait une scène à son tour.)

Depuis la scène que m’avait faite mon père, je pleurais toutes les larmes de mon corps. Tout le monde était assis en silence, tout le monde fumait, sauf moi et le chien. Ma sœur et les voisines, pour me changer les idées, m’entraînent au salon, qui donne sur la rue, et me donnent à boire de l’alcool.

Et que voyons-nous dans la rue? Les ouvriers avec leur patron, absent au moment du vol du camion. Ils marchaient dans la rue et regardaient autour d’eux en cherchant notre immeuble.

Nous sommes descendus les accueillir.

— Montez prendre un café, dit papa.

— C’est toi qui les a grondés? me dit le patron, sans répondre.

— Oui.

— Je te félicite d’avoir une fille pareille, dit-il à mon père. 

— Ils vont punir les jeunes gens? dis-je.

— Jamais de la vie. Je vais le leur faire rendre, et ils paieront même une amende.

— Montez prendre un café, reprend papa qui, du coup, était aussi content qu’il avait été en colère contre moi une heure auparavant.

— Non, dit le patron. L’électricité avant. Je veux te la réparer à cause de ta fille.

Tout le monde était content, les ouvriers souriaient, tranquillisés sur leur sort. L’électricité vite réparée, ils vinrent tous chez nous et prirent un café. Et le patron revint chez nous tous les jours de la semaine suivante, pour prendre un café et bavarder pendant son temps de repos. Peut-être qu’ensuite, il a eu à travailler ailleurs.

Patrice Quarteron s’adressait à des ministres et à un Président, comme moi, je m’adressais à des miliciens, cherchant le mot qui pourrait toucher, et avec l’idée de défendre des innocents. Me concernant, je pouvais mourir. Lui ne court pas ce risque car une célébrité de ce calibre doit logiquement avoir une protection. Mais le danger qu’il court est plus grand, sachant qu’il insulte ainsi des gens qui sont des as en matière de création de scandales à partir de rien pour faire tomber quelqu’un aux yeux de l’opinion publique. 

Un des commentateurs de mon petit texte accompagnant la vidéo a écrit que Patrice Quarteron était un champion. J’ai répondu :

Le hic, ce n’est pas d’être champion de boxe, c’est de savoir: 

1-s’excuser quand on a eu tort (ce qu’il fit après la fin de l’affaire Théo)

2-dire “J’aime la France” quand on est d’origine immigrée, surtout d’origine africaine, sachant qu’une propagande criminelle contre la France et contre les Blancs de peau, cherche à le pousser à la haine.

Je trouve que ces deux choses demandent plus de courage et de force que d’être champion de boxe. Voilà pourquoi j’ai partagé cette vidéo et écrit ce commentaire.

Lina Murr Nehmé, 1er février 2019

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Antisémitisme dans le métro et gilets jaunes

Après une manifestation des Gilets Jaunes, le 23 décembre 2018, le journaliste Thibaud Chevillard a vu dans le métro trois hommes plus ou moins ivres et qui faisaient beaucoup de bruit et qui, soudain, s’étaient mis à faire des quenelles.

«Et là, écrit-il, tout est allé très vite. Une dame âgée, cheveux grisonnants, assise derrière moi, s’est levée. Elle est allée dans leur direction et leur a dit que ce geste était antisémite. Elle a ensuite dit qu’elle était juive, que son père avait été déporté à Auschwitz et qu’ils devaient arrêter immédiatement… Mais les trois hommes ont rigolé et ont continué de faire des quenelles. L’un d’eux a lancé à la dame: «Moi aussi, j’ai été à Auschwitz» et je l’ai entendu dire que cela n’avait pas existé. Puis un autre s’est planté au milieu du couloir en hurlant à plusieurs reprises: «Dégage la vieille! Dégage la vieille!». Un autre a dit: «On est chez nous». C’était terriblement violent».

L’affaire a fait beaucoup de bruit parce que ces hommes ont été assimilés aux Gilets Jaunes. Mais ce signe vestimentaire ne veut pas dire grand-chose: les membres de ce mouvement ne se connaissent souvent pas et ne peuvent pas se garantir mutuellement. Ces gens ébréchés auxquels cette dame a eu affaire étaient des vauriens. Qu’ils portent des gilets jaunes n’y change rien. Malheureusement, on en a beaucoup dans le métro la nuit. Une chrétienne aurait subi la même chose, j’en sais quelque chose.

Il est pourtant indiscutable que les juifs sont davantage insultés que les chétiens en ce moment, parce qu’ils sont moins nombreux et ont moins de chances de trouver en face d’eux quelqu’un de la même communauté. D’autre part, c’est à eux que nuit la propagande de l’OLP relayée par les réseaux islamistes, qui consiste à soulever la haine raciale au nom de la politique, et à mêler la religion à tout cela. On le voit dans l’extrémisme des “rassemblements pour la Palestine”, notamment à Paris.

Manifestation “Pour la Palestine” à Paris en juillet 2014.

 

C’est extrêmement grave: Sarah Halimi est morte parce que cette propagande produit une haine irraisonnée contre les juifs en général, même ceux qui sont hostiles au gouvernement israélien.

Lina Murr Nehmé, 25 décembre 2018

 

Bécassine et les Bretons

Je n’ai jamais trouvé intéressant le personnage de Bécassine, même quand j’avais sept ans, au Liban, où j’ai eu pour la première fois entre les mains ce genre d’illustrés ; dans les années suivantes j’ai essayé de nouveau de lire quand j’étais à court de lecture, ce qui était souvent le cas car en vacances je lisais trois livres par jour à partir de neuf ans.

Je ne savais pas que Bécassine était un personnage insultant pour une catégorie humaine, je le découvre en lisant ce post de Regis Le Sommier dont le livre aura probablement beaucoup de choses à nous apprendre.

J’ai donc découvert avec étonnement que les Bretons se sentaient insultés par le personnage de Bécassine. Personnellement, j’admire les Bretons et je n’ai jamais compris les critiques qu’ils subissent. Au Liban, je ne pouvais pas nommer de Français identifiables à des Bretons, à part des célébrités comme Pasteur. Par contre, je connaissais saint Yves, et j’ai toujours trouvé très drôle la façon dont il avait payé, avec des soins, un riche qui exigeait d’un pauvre le prix des bonnes odeurs qui sortaient de sa cuisine. J’ai toujours admiré cet homme qui défendait ceux qui étaient injustement accusés. Pour moi, la Bretagne, c’était saint Yves. Depuis l’âge de dix ans, j’ai eu ce rêve, ce désir d’aller au village de saint Yves, rêve que je n’ai pu satisfaire qu’à 61 ans.

Par la même occasion, j’ai ainsi découvert une merveille de pays, et j’en suis revenue totalement éblouie. Je connaissais la Normandie et le Mont Saint-Michel, revendiqué tant par les Bretons que par les Normands. Mais pour une raison ou une autre, je n’ai pas eu l’occasion d’aller plus à l’ouest, car nos voyages familiaux se sont toujours faits, depuis 1997, en fonction de mes besoins d’études et de vérifications historiques.

La visite de la Bretage a été une exception, un de mes rares voyages pour le plaisir. J’y ai trouvé de très beaux paysages — une mer au comportement et aux variations incroyables, si loin de ma Méditerranée qui ne bouge pas, qui ne change pas, qui n’envahit pas —, un granit d’une beauté fabuleuse, si loin du calcaire et des marbres libanais et des cailloux arrondis de nos plages au Liban, à Chypre, en Syrie et ailleurs. J’y ai découvert de très belles églises, et de beaux visages. Le plus beau était celui d’une servante de restaurant d’une beauté et d’une pureté extraordinaires. Je l’ai retenu juste parce que j’aime la beauté et j’aime la propreté morales. Je suppose que ce genre de jeunes filles a donné naissance au personnage de Bécassine? Mais il n’y a pas de quoi être fier d’avoir été capable de transformer une telle beauté physique et morale, en personnage ridicule.

Quelques mois plus tard, j’ai découvert la Bretagne citadine à l’occasion d’une conférence à l’université de Rennes. Ce fut l’occasion de découvrir le côté humain de la Bretagne — des gens chaleureux, hospitaliers, inoubliables. Et un personnage au dévouement que je n’avais jamais imaginé: Yves Lassale, qui avait tout organisé de son lit d’hôpital: mon arrivée, mon hébergement, mes transports, mon départ, et qui, durant des années, handicapé, avait fait cela pour des centaines d’autres conférenciers, travaillant jusqu’à sa mort… et j’étais la dernière conférencière.

Comme j’ignorais ce que le personnage de Bécassine concernait les Bretons, je n’ai pas vu, durant mes voyages les Bretons en fonction de cette bande dessinée, ni positivement, ni négativement. Je peux donc objectivement dire que je n’ai pas trouvé de type humain que je pourrais comparer au personnage de Bécassine en Bretagne.

À Paris non plus, où, nouvelle maman devant préparer mon diplôme, j’ai eu pendant quelques mois une femme de ménage bretonne, mais je ne l’ai jamais trouvée ni bête, ni ridicule, ni méprisable. La valeur humaine se jauge au cœur, aux actes et à l’intelligence, et non au niveau social ou à la profession. J’ai toujours respecté la femme de ménage qui travaille pour nourrir ses enfants, sachant combien il est plus facile et plus rentable de se prostituer.

Lina Murr Nehmé 5 juin 2018

Y aura-t-il un nouvel Etat islamique en Syrie ?

Al-Nosra est la fille de Daech et ambitionne de remplacer Daech. Mais est-ce possible ? En 2016, Lina Murr Nehmé faisait à ce sujet à Michel Kik des réponses qui demeurent actuelles et qui poussent à réfléchir.

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Ils pillent la NASA pour terrifier les femmes

 

Parmi les “miracles scientifiques” du Coran, il y a l’histoire du soleil… Et il y a la NASA. Et il y a les islamistes qui veulent faire peur aux femmes. Voici un montage alliant la voix d’un cheikh incroyablement furieux, et les images de la NASA. Les islamistes sont en conflit avec la NASA, mais non avec ses images…

 

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Comment Daech s’est installé au Liban

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(Publié initialement le 24 hoût 2017)

Pour ceux qui ne comprennent pas ce que vient faire Daech au Liban, il y a maintenant exactement 3 ans qu’il s’y trouve dans le cadre de son invasion mondiale, qui devait naturellement commencer par Cham (Liban-Syrie-Israël-territoires palestiniens-Jordanie) avant de se poursuivre dans les autres pays, notamment par voie maritime, par le biais des ports du littoral syrien, libanais ou israélien, notamment : Lattaquié, Tripoli, Beyrouth, Sidon, Haïfa, Jaffa, pour arriver, plus au sud, à Eilat et au canal de Suez. Pour la même raison, Nosra, qui s’est attribué Cham, tentait une invasion du Liban et de la Jordanie.
Les deux organisations, toutes deux issues d’Al-Qaïda, se combattaient en Syrie, mais au Liban, elles étaient alliées.

L’invasion aurait dû être stoppée à la frontière libanaise. Mais à l’époque, les pressions saoudiennes, qatari et autres (bakchich notamment), sur le gouvernement et sur le commandant en chef de l’armée, Kahwaji (qui espérait devenir président de la République), ont poussé ce dernier à laisser précipitamment partir en Syrie les Daech et les Nosra qui se trouvaient dans la localité d’Ersal et les prairies voisines (Jouroud Ersal), alors, pourtant, que l’armée libanaise était victorieuse. Les islamistes avaient des otages, soldats et gendarmes libanais, et dans sa précipitation, Kahwaji les a laissés partir en négligeant de leur faire d’abord rendre les otages.

Durant les jours suivants, Daech et Nosra ont exigé la libération de tous les prisonniers islamistes dans les geôles libanaises, en menaçant d’exécuter les otages si le gouvernement libanais n’obtempérait pas. Ce qu’ils firent quelques jours plus tard, en prenant soin d’envoyer des vidéos ou des photos horribles pour faire chanter le gouvernement libanais.
Le premier martyr a été un soldat libanais sunnite appelé Ali Sayyed. Daech l’avait égorgé de la façon la plus horrible et avait fait circuler la vidéo au Liban.
Furieux, des jeunes gens sont allés brûler les drapeaux de Daech et Nosra sur la place la plus fréquentée de Beyrouth par les jeunes. Ils ont diffusé les photos sur les réseaux sociaux, mais elles n’ont circulé qu’entre leurs amis.

Quelques jours plus tard intervint le ministre de la Justice Achraf Rifi, alors un des plus puissants sunnites du Liban. Son nom était proposé pour devenir Premier ministre, et son soutien était essentiellement formé par les islamistes qui terrorisent la ville libanaise de Tripoli. Pensant se faire remarquer par les Etats souteneurs de Daech (alors l’Arabie et le Qatar) qui pouvaient l’amener au pouvoir, il annonça, le 30 août 2014, que puisque les phrases de la chahada islamique étaient inscrites sur les drapeaux de Daech et Nosra, il réclamait la prison et les plus grandes peines pour châtier les jeunes gens qui les avaient brûlés.

Capture d’écran 2017-12-31 à 19.09.29

Article de Libération : “Le ice bucket challenge détourné contre l’Etat islamique”

Article paru dans le quotidien égyptien Ahram

Le pays étant révolté par les concessions faites aux terroristes et par l’horreur de la mort d’Ali Sayyed, la déclaration de Rifi fut un comble.

Il aurait dû y avoir des dizaines de manifestations, il n’y en eut aucune. Il y avait à la fois un climat de révolte et de peur. Peur parce que Daech était à moins de 100 kilomètres de Beyrouth, et parce qu’il semblait tout puissant : il avançait à toute vitesse, et annonçait qu’il allait prendre Beyrouth. Et révolte parce que le pouvoir ne donnait pas à l’armée libanaise l’ordre de poursuivre la bataille, alors qu’elle le pouvait.

Je cherchai toute la journée à organiser une manifestation, sans succès. Alors j’ai pris sur Internet une photo d’un drapeau de Daech, je l’ai agrandie, imprimée et agrafée sur un manche à balai. Un inconnu me regardait curieusement du balcon d’en face, j’ai tiré les rideaux du balcon et j’ai collé un drapeau libanais dessus. Et j’ai commencé à brûler le drapeau agrafé en me faisant photographier, jusqu’à ce que le drapeau finisse de se consumer.

Puis j’ai mis une des photos sur Facebook. Je croyais que tout le monde mettrait, comme moi, sa photo brûlant le drapeau de Daech sur Facebook. Mais au lieu de cela, les gens partagèrent ma photo, et cela flamba à toute vitesse.

Le lendemain, tout le pays en parlait, on en parlait dans le monde entier, mais pas dans les grands médias libanais, qui avaient peur. Les journalistes en privé partageaient ma photo ou écrivaient sur des pages Internet. Mais dans les grands journaux, silence complet. Sauf dans les journaux de l’étranger : “Al-Ahram”, qui mit mon nom mais n’avait pas osé mettre ma photo, “Libération” qui publia ma photo mais pas mon nom, etc.
Un groupe de jeunes, dont des musulmans, décida d’aller brûler le drapeau devant le palais de Justice, mais pour une raison ou une autre, le drapeau fut échangé, à la dernière minute, par un faux sur lequel il était écrit: “Pas de dieu pour le terrorisme”. Et ils le brûlèrent en faisant une conférence de presse que tout le monde fut heureux de répercuter.
Les Occidentaux, qui ne lisent pas l’arabe, n’ont pas remarqué la supercherie, grâce à l’hypocrisie des médias libanais qui se sont précipités sur cette affaire pour compenser leur lâcheté face à la mienne.
Les islamistes, qui lisent l’arabe, ne s’y sont pas trompés et n’ont répercuté que ma photo. Le tweet suivant a été envoyé 11h après que j’aie publié ma photo, par un compte qui se donne le nom de « Services de renseignements de l’ASL » (Armée syrienne libre), page par la suite fermée par Twitter. La légende est une menace en soi :

« L’écrivain chrétienne Lina Murr Nehmé défie les musulmans au Liban et brûle l’étendard de l’islam. » Les deux premiers commentaires sont classiques : l’un me traite de « vieille sorcière », et l’autre dit :

« Elle a peut-être envie que sa photo fasse la Une des journaux du monde pendant qu’elle sera en train d’être égorgée. »

À signaler que l’ASL, que l’Occident a toujours appelée modérée, est une organisation formée du rebut de l’armée syrienne, les islamistes, ceux qui ont torturé ou massacré au Liban, et qui ont par la suite utilisé les mêmes méthodes en Syrie. Nosra s’est nourrie des éléments de l’ASL, qui a périclité et a d’ailleurs ouvertement montré par la suite son but véritable : le djihad armé. Cela n’empêche pas l’Occident de l’appeler modérée. Il est vrai que le régime wahhabite saoudien aussi est appelé modéré, même après avoir décapité des dizaines de personnes pour avoir manifesté.

Les islamistes ont écrit des centaines de fois sur les réseaux sociaux qu’ils allaient m’égorger. Je suis encore vivante, et ce que j’annonçais à l’époque dans mes articles et dans mes posts, se réalise: Daech n’est pas tout-puissant, et c’est pourquoi le fait de brûler le drapeau n’a pas créé de guerre civile (au contraire, il a uni), il a sauvé les jeunes gens de la prison, il a empêché quiconque de menacer notre liberté d’expression au nom de la religion. À ce jour, il n’a pas amené ma mort.

Donc, la lâcheté ne paie pas.

Ces événements (le retrait des terroristes avec les soldats libanais otages, la mort d’Ali Sayyed, les menaces envers les jeunes gens qui avaient brûlé les drapeaux de Daech et Nosra) qui se passaient il y a trois ans jour pour jour, ont laissé place à un paysage totalement différent. Le général Aoun, à l’époque était empêché d’arriver au pouvoir parce qu’il possède le plus gros bloc parlementaire chrétien, et qu’avec ses députés, il aurait été, contrairement à ses prédécesseurs nommés par l’ennemi, assez fort pour donner à l’armée libanaise l’ordre de chasser Daech et Nosra et de libérer Ersal.

Ceux qui ont financé Daech clament haut et fort que c’est le Hezbollah qui dirige les opérations, les uns pour glorifier le Hezbollah, les autres pour avilir l’armée libanaise comme ils ont toujours fait.

En fait, le Hezbollah n’a pas attaqué Nosra à Ersal au Liban de sa propre initiative, mais seulement, quand il a su qu’une opération avait été décidée par l’armée libanaise sur ordre du gouvernement. Car c’est la première fois depuis l’occupation syrienne du ministère de la Défense (1990), que le commandant en chef de l’armée n’est pas choisi par les ennemis du Liban. C’est quand le commandement de l’armée a changé qu’il a été possible d’envisager une libération totale du Liban, et non quand le Hezbollah l’a voulu. En trois ans, ce dernier n’a jamais osé faire ce mouvement vers Ersal. Il est exclusivement chiite, et il a besoin du soutien des autres communautés, que représente l’armée libanaise. C’est elle qui commande au Liban sur le plan militaire, même si ce n’est pas elle qu’on voit. Et cela a toujours été le cas. Elle est la seule institution dans laquelle la majorité des Libanais de toutes confessions se sentent représentés. Elle ne se donne pas le nom de chrétienne ou musulmane, comme font les milices. Elle est nationale et multiconfessionnelle, mais de discipline et de comportement laïques.
Les milices confessionnelles passent, l’armée libanaise reste. C’est la seule armée qui n’a jamais été vaincue, même par les Israéliens. C’est aussi la seule qui n’a jamais pris les territoires d’autrui. Ce n’est pas parce qu’elle ne l’a pas pu : elle seule, en 1948, a occupé des territoires israéliens : la Galilée durant 6 mois. Puis elle s’en est retirée sans être chassée, mais en signant un armistice.

Je pense que si l’armée libanaise perdait son éthique, elle perdrait aussi des batailles. En 2007, c’est sa victoire qui a empêché que l’Etat islamique ne commence au Liban. A l’époque, les terroristes du Fatah-el-Islam avaient égorgé et éborgné 20 soldats libanais dont un officier, dans leur sommeil. Au lieu de rendre la pareille, l’armée libanaise (contre la volonté du gouvernement qui protégeait alors les islamistes) a mis le siège autour du camp de Nahr el Bared, QG du Fatah-el-Islam, et pendant une semaine, a utilisé ses véhicules militaires pour évacuer les civils de l’ennemi sous sa protection, non pour les prendre en otages, mais pour les libérer et leur éviter la mort. Cette opération de sauvetage des civils de l’ennemi a coûté à l’armée libanaise deux morts de plus.

A signaler que l’armée libanaise est la seule institution non-confessionnelle au Liban, totalement laïque, où il est interdit de prier ouvertement, où il est interdit d’avoir une barbe islamiste ou un signe religieux comme un crucifix, alors, pourtant, que c’est l’institution où, probablement, dans leur cœur, les hommes prient le plus. Mais chacun dans son cœur. C’est la seule institution qui n’a pas pu être brisée. La seule qui représente tous les Libanais, et qui est toujours la cible des ennemis du Liban, quelle que soit leur nationalité et quelle que soit leur confession.

Pour sauvegarder ces principes de liberté morale et d’humanité, il y a eu les sacrifices de chrétiens, chiites, sunnites, druzes, alaouites, chacun frappé par des milices de sa propre communauté, mais debout moralement, même quand ils tombaient. Car ils tombaient pour que vive le Liban de Fakhreddine, celui dans lequel ce n’est pas la terreur, le bakchich et le clientélisme, mais l’amour entre les confessions qui fait l’unité nationale.

Nous, Libanais, nous nous aimons au-delà des différences. Ceux qui ne rentrent pas dans cette définition, ne sont pas libanais. J’espère qu’ils le deviendront, car plus on est nombreux avec cet état d’esprit, plus on est heureux. Sinon, ce n’est pas à eux qu’appartient l’avenir.
Ceux qui, les voyant si puissants, se mettent à désespérer, devraient se rappeler le proverbe qui dit: “Il y a un jour pour toi, ô injuste.” Et: “Celui qui creuse une fosse pour son frère, tombera dedans.”

J’aurais le même message à transmettre à ceux qui désespèrent de mon autre pays, la France, qui ne peut être sauvée que par l’amour. Et qui le sera.

 

Lina Murr Nehmé

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