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Causeur : Il y a 27 ans, le régime des mollahs tuait Chapour Bakhtiar en France

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Le 6 août 1991, l’assassinat en France de l’ancien Premier ministre du chah Chapour Bakhtiar enterrait l’opposition iranienne. Depuis qu’il a sapé toute opposition crédible, le régime des mollahs survit aux différentes crises qu’il traverse. Rappel des faits. 


L’islamisation massive des Iraniens commença à Paris, le 6 octobre 1978, quand l’ayatollah Khomeyni s’installa à Neauphle-le-Château. On l’a reproché au président Giscard d’Estaing. À tort : il a reçu l’ayatollah en accord avec le chah d’Iran, qui négociait alors avec son opposition. Mais en autorisant l’installation de Khomeyni si près de Paris, l’État français facilitait ses contacts avec la presse et lui procurait ainsi une tribune de premier plan. Et la proximité de l’aéroport d’Orly permettait à Khomeyni de recevoir des agents et de leur distribuer les consignes, les bakchichs et la littérature incendiaire qui étaient propagés dans les mosquées.

Khomeyni chouchou des médias tricolores

Plus grave, la couverture que les médias publics français procurèrent à Khomeyni fut si démesurément favorable et contraire à la réalité du terrain qu’elle s’apparentait à de la propagande. Ils lui consacrèrent une large portion de leurs journaux, même aux heures de grande écoute. Ils le présentèrent comme un héros romantique représentant le peuple iranien face à un chah dictatorial. L’effet de cette propagande était si fort que la plupart des étudiants qui défendaient le chah en arrivant d’Iran, se mettaient à défendre Khomeyni après avoir passé quelques semaines à Paris.

En Iran, en tout cas, Khomeyni était très minoritaire : lui et les communistes rassemblaient quelques centaines de manifestants sur 37 millions d’Iraniens. Et malgré toute la publicité mondiale dont il bénéficia durant des semaines (notamment de la part de la BBC qu’on captait en Iran), son retour au pays rassembla un million de personnes — badauds et communistes compris. Un événement historique et politique de cette envergure aurait pu attirer bien plus de monde : Téhéran, le bastion de l’opposition, comptait alors 8 millions d’habitants.

Bakhtiar et Bazargan, destins croisés

Khomeyni bénéficia aussi des trahisons de personnalités iraniennes qu’il acheta pour des prix divers. Il réussit même à faire tomber Mehdi Bazargan qui, avec Chapour Bakhtiar, était un des piliers de l’opposition laïque. Les deux hommes avaient fait leurs études en France : Bazargan était centralien, et Bakhtiar, titulaire de plusieurs doctorats de la Sorbonne. Tous deux avaient, durant la Seconde Guerre mondiale, milité dans les rangs de la Résistance française contre les nazis. Ils avaient ensuite servi le gouvernement de Mossadegh, et tenu tête au chah Mohamed Reza Pahlavi. Tous deux avaient été plusieurs fois emprisonnés par ce dernier, et ils pensaient le plus grand mal de Khomeyni, que Bazargan qualifiait d’« animal féroce ». Ce dernier passa pourtant dans le camp de Khomeyni, auquel il fournit un brevet en droits de l’homme.

Le chah demanda à Chapour Bakhtiar, fin 1978, d’être son Premier ministre. Celui-ci exigea une liberté de gouvernement totale. Le chah accepta et quitta le pays. Bakhtiar tira des dossiers des oubliettes et fit voter un grand cycle de réformes par le Parlement. Il donna liberté aux journalistes d’écrire ce qu’ils voulaient et de refuser l’entrée de leurs locaux à tout policier qui voudrait contrôler leurs publications. Il fit dissoudre la terrible police secrète (Savak) et libéra les 900 prisonniers politiques.

Le retour de Khomeyni

Mais l’ampleur des manifestations ne diminua pas. Les islamistes s’étaient alliés aux nombreux hommes politiques et marchands corrompus auxquels nuisaient les réformes. Tout ce monde avait des moyens de propagande formidables, notamment les mosquées et le bazar de Téhéran, par le biais desquels ils pouvaient propager des rumeurs… et distribuer des pourboires. Bakhtiar fut ainsi renvoyé de son parti pour avoir accepté de participer au gouvernement — alors qu’il appliquait les réformes réclamées par ledit parti.

Après le départ du chah, Khomeyni annonça qu’il allait revenir en Iran. Bakhtiar ne pouvait matériellement pas s’y opposer, à moins de provoquer un carnage. En outre, Khomeyni était citoyen iranien, et à ce titre, il avait droit à résider dans le pays : « S’il se conduit mal, il sera jugé par un tribunal compétent… [et] subira sa peine comme tout autre citoyen », dit Bakhtiar, qui affirme avoir seulement « sous-estimé sa férocité ».

Khomeyni revint le 1er février 1979, et une foule en délire l’accueillit à l’aéroport. Mais quand on lui demanda quelle impression cela lui faisait de revenir au pays après tant d’années d’exil, il répondit : « Rien. »

Deux gouvernements iraniens en même temps!

Le 5 février, il nomma Mehdi Bazargan Premier ministre du gouvernement islamique qui accepta de lui servir de caution contre son le gouvernement laïque dirigé par son ami Bakhtiar. Cela faisait deux Premier ministres, et chacun des deux était hors-la-loi pour une partie de la population. Et les intrigues se poursuivaient dans les coulisses : le 10 février, le commandement de l’armée informa Bakhtiar que l’armée resterait neutre face à une tentative de coup d’État de Khomeyni. Donc la grande manifestation que celui-ci avait organisée pour ce jour serait aussi celle de l’avènement de l’État islamique.

« Je suis convaincu, écrit Bakhtiar dans son livre Ma fidélité, qu’avec deux ou trois semaines d’appui de l’armée, Khomeyni aurait été prêt à transiger et j’en ai une preuve : mes amis décidèrent d’organiser des contre-manifestations. La première fois, il vint 5 000 personnes ; la semaine d’après, malgré les voyous de Khomeyni, les Palestiniens et les Libyens qu’il avait introduits, malgré les assassins qui infestaient les rues, il y en avait 20 000. La troisième contre-manifestation rassemblait 50 000 personnes. Ce sont des faits que tout le monde a pu vérifier. »

L’exfiltration de Bakhtiar

Bakhtiar céda la place et quitta le palais gouvernemental. Mais Bazargan ne put pas y arriver dans le calme : la populace prit le palais d’assaut, tua les domestiques et jeta les automobiles dans la piscine. Bakhtiar demeura caché pendant six mois chez des amis. Pendant ce temps, Khomeyni faisait arrêter tous les officiers supérieurs qui lui avaient livré leur pays, et il les tua presque tous. Bazargan couvrit tous les assassinats de Khomeyni, mais s’arrêta à la prise d’assaut de l’ambassade des États-Unis. N’ayant pu libérer les otages américains, il démissionna le 6 novembre 1979.

De sa cachette, Bakhtiar avait entre-temps pris contact avec le gouvernement français, qui accepta de l’aider. Il quitta l’Iran sous un déguisement et s’installa à Paris, où des policiers furent chargés de sa protection. Il voulait organiser une résistance à partir de la France, comme l’avait fait Khomeyni. Mais l’ayatollah avait réussi grâce aux bakchichs, à la propagande dans les mosquées, à la complicité de la presse et du monde politique en Occident, et aux trahisons. Bakhtiar ne disposait de rien de tout cela. Il ne disposait même pas de l’appui de l’ensemble de l’opposition à Khomeyni. Les partisans du chah salissaient sa réputation en prétendant qu’il était à la solde des Anglais et que Khomeyni l’était aussi. Si Bakhtiar avait été à la solde des Anglais, la BBC l’aurait aussi bien traité que Khomeyni…

Deux tueurs à Suresnes

Les partisans du chah prétendent aussi que Bakhtiar a permis la Révolution islamique en autorisant le retour de Khomeyni et en libérant les prisonniers politiques. C’est un moyen de cacher la responsabilité que le chah, durant des décennies, a eue dans la montée de Khomeyni. Enfin, c’est le chah et non Bakhtiar qui a autorisé l’installation de l’ayatollah en France où il pouvait être interviewé directement par la BBC que captaient les Iraniens. Auparavant, Khomeyni ne pouvait atteindre ces derniers que par le biais d’enregistrements ou d’imprimés. Et à partir du moment où Khomeyni pénétrait ainsi dans des millions de foyers iraniens, les 900 opposants politiques libérés par Bakhtiar ne pesaient plus très lourd. Surtout que nombre d’entre eux étaient des laïques et non des islamistes. Et il était impensable d’arrêter Khomeyni au milieu d’une foule d’un million de personnes.

Bakhtiar s’installa à Suresnes, dans une villa dont l’État français assura la protection. Mais Khomeyni avait acheté l’Iranien qui avait installé le réseau électrique de la demeure — et qui, après une semaine de travail, connaissait la villa par cœur. Il accepta de collaborer avec la police secrète de Khomeyni, et elle lui envoya deux tueurs pour lesquels il obtint un rendez-vous avec l’ancien Premier ministre.

Mort par strangulation

Le 6 août 1991, les deux agents furent fouillés par les policiers qui gardaient Bakhtiar. S’étant assurés qu’ils n’étaient pas armés, les policiers téléphonèrent pour avertir de leur venue. Bakhtiar déclara qu’il les attendait.

Les deux agents traversèrent quelques mètres et pénétrèrent dans la propriété. Quand ils furent reçus dans le salon de l’ancien Premier ministre iranien, ils l’étranglèrent et tuèrent aussi son secrétaire. Puis l’un des assassins alla chercher des couteaux à la cuisine. Avec un couteau à viande, il larda le corps de Bakhtiar de 13 coups. Puis il lui coupa la gorge et le poignet avec le couteau à pain. Ensuite, les meurtriers s’emparèrent de la main coupée, et s’en allèrent après avoir décroché le téléphone.

Ils passèrent devant les policiers français qui ne remarquèrent pas leurs vêtements pleins de sang. Puis ils allèrent se changer derrière les arbres au bois de Boulogne, et jetèrent leurs vêtements ensanglantés dans une poubelle.

Pendant 36 heures, il n’y eut aucun signe de vie dans la demeure de Bakhtiar. L’écran géant de sa télévision ne s’éclaira pas aux heures du journal télévisé, dont il poussait habituellement le son très fort. Aucun repas ne fut livré chez lui, et aucune lumière ne s’alluma. Il y eut un orage la nuit, et la porte battit au vent, mais personne ne la ferma.

Inquiète de ne pas l’avoir au bout du fil, la famille vint frapper à sa porte de la victime, mais personne ne lui ouvrit. Elle exigea de faire forcer la porte, et c’est alors qu’on découvrit l’horrible spectacle.

Petits arrangements diplomatiques

Remonter au commanditaire de l’assassinat n’arrangeait pas le gouvernement français, qui avait reconnu la République islamique. Il ne le fit donc pas. Pourtant, fait remarquer le petit-fils de Bakhtiar, « le ministre [iranien] des Renseignements Ali Fallahian… ne cache pas la politique de liquidation menée à l’égard des membres de l’opposition par la Vevak [police secrète ayant remplacé la Savak] qu’il dirige. Lors d’une interview à la télévision d’État iranienne le 30 août 1992, il se vante : “Nous les traquons également à l’extérieur du pays. Nous les maintenons sous surveillance. L’année dernière, nous sommes parvenus à infliger des coups fondamentaux à leurs plus hauts dirigeants”. »

Ainsi disparaissait dans la violence et le sang, le dernier espoir d’une opposition iranienne laïque libre, pour trente ans au moins.

Les années 2010 ont vu le tchador laisser place au voile en Iran, le voile tomber peu à peu, et les femmes dévoilées parler à visage découvert devant caméra. La police sévit parfois, arrêtant des dizaines de personnes. Mais le mouvement d’opposition est large et populaire. Le jeûne du ramadan lui-même est de moins en moins bien observé. Le pouvoir préfère souvent laisser faire pour ne pas avoir une nouvelle révolution sur les bras.

Voyant tout cela, on reste rêveur quand on imagine ce qu’aurait été l’Iran si Chapour Bakhtiar était resté au pouvoir, ou si, réfugié en France, il avait réussi son come-back à la manière de Khomeyni, au lieu d’être assassiné par ce dernier à Paris, le 6 août 1991, dans un silence général.

Lina Murr Nehmé, 6 août 2018

Commander Fatwas et caricatures – la stratégie de l’islamisme.

Source :

Il y a vingt-sept ans, le régime des mollahs tuait Chapour Bakhtiar en France

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Des femmes Iraniennes dans les stades

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Les femmes iraniennes s’émancipent malgré la persécution. Songez seulement qu’il y a quelques années, elles étaient en tchador et jilbabs noirs. Et qu’en 1979, un nombre important d’entre elles exigeait cela.

Le pouvoir les a autorisées à aller dans les stades pour soutenir leurs sportifs préférés. Auparavant, les stades étaient réservés aux seuls hommes, y compris les mollahs. Car en islam, le sport est une activité religieuse: dans un hadith authentique, Mahomet commande de se garder en bon état pour faire le djihad.

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Le mythe de la “médecine arabe”

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Appeler “arabe” la médecine des peuples vaincus par les Arabes, c’est comme d’appeler “nazie” la médecine française en 1943.

Un des exemples les plus connus : Avicenne ou Ibn Sina. C’était un Persan écrivant en arabe. Les Persans sont appelés “iraniens” depuis 1936. Lors de la “conquête” arabe, ils ont été massacrés de façon épouvantable. Les Arabes ont pillé leurs biens et ont réduit leurs femmes et leurs enfants en esclavage.

L’un de ces Persans, Abou Louloua, réduit en esclavage, fut tellement pressuré que, de désespoir, il décida de tuer le calife Omar qui refusait d’alléger son joug. Il se présenta à la mosquée avec un poignard à deux lames et, poignardant à droite et à gauche — en commençant par Omar et en finissant par lui-même, il tua 14 personnes.

Le fait qu’un homme seul ait pu tuer autant de monde au premier rang dans une mosquée, prouve combien le calife était haï. Ce n’était pas différent de Daech aujourd’hui.

Ceci rejoint ce que l’historien Ibn Khaldoun, lui-même pourtant Arabe de souche et né au Maghreb, raconte. Ibn Khaldoun rend les Arabes coupables de la dégénérescence scientifique et artistique des peuples vaincus par eux. Malheureusement, ces textes sont souvent censurés ou édulcorés dans les traductions, et même dans certaines éditions en langue arabe.

On trouvera ces textes traduits sans censure — le fac-similé arabe faisant foi — dans Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent.

Lina Murr Nehmé, 11 juin 2018

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Les conséquences d’une invasion de la Syrie semblable à celle de l’Irak (Enashra)

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ما قد تكون نتائج اجتياح غربي لسوريا

ما قد تكون نتائج اجتياح غربي لسوريا

أنتجت الحرب على العراق عام 2003 ​تنظيم داعش​. وقد تنتج حربا مماثلة على ​سوريا​، وحشدًا أشدّ فظاعة من داعش.

بعد ضربات 11 أيلول2001، اتّخذ جورج بوش الابن القرار بغزو العراق. وكُلِّفَت وكالة الاستخبارات الأميركيّة CIA إثبات تورّط صدّام حسين في هذه الاعتداءات، وتملكه أسلحة كيميائيّة. وشُنَّت حملة إعلاميّة شرسة وغير مسبوقة، نجحت في إقناع الشعب الأميركي وجزء من المجتمع الدولي بضرورة القضاء على النظام العراقي.

وفي 5 شباط 2003، لنيل موافقة الأمم المتّحدة، أدلى في مقرها وزير الخارجيّة الأميركية ​كولن باول​، بخطاب مسهب. وادّعى فيه أنّ صدّام حسين يملك أسلحة كيميائيّة ونوويّة، وأنّ لديه علاقات مع تنظيم “القاعدة” تمرّ عبر أبو مصعب الزرقاوي. وبالتالي تتوجّب مهاجمة العراق لحماية العالم الحر من خطر رهيب آتٍ.

كان الزرقاوي مجرمًا أردنيًّا أصبح إسلاميًّا بتأثير من جماعة “التبليغ”. وقد عرض نفسه على أسامة بن لادن واقترح عليه أن يفوّض إليه تأسيس فرع لتنظيم “القاعدة” في العراق. لكنّ بن لادن رفض، لأنّ الزرقاوي كان بالنسبة إليه لصًّا، بل مجرما، فهو يريد قتل الشيعة وإشعال حرب أهليّة بين السنّة والشيعة في العراق. ومن خلال تمزيق الشعب العراقي، كانت هذه الحرب الأهليّة لتتيح صعود نجم “القاعدة” وتمكنها من أخذ السلطة في العراق. إلاّ أنّ بن لادن لم يكن لديه أيّ نيّة لقتل الشيعة، وكان قد نجح بالتفاهم مع آية الله الخميني، في سعيه إلى إرساء حلف بين جميع المسلمين ضدّ “الكفّار” الذين كان يطلق عليهم اسم “الصليبيّين”.

لم تكن “القاعدة” موجودة في العراق، لأنّ صدّام حسين لطالما صدّ جميع عروض بن لادن. وكان يقاتل القاعدة ويحاول توقيف الزرقاوي. إلاّ أنّ هذا الأخير كان يختبئ في الأراضي الكرديّة، ويصنّع الذخائر والأسلحة الكيميائيّة، ولاسيّما منها سمّ الريسين، وهو سمّ فتاك لم يكن يوجد له أيّ ترياق.

وتكلّم كولن باول عن مصنّع السموم الصغير هذا كما لو كان ندًّا لأسامة بن لادن. فحول الزرقاو يالى وحش من العيار الدولي. وما عاد بن لادن قادرًا على تجاهله، فوافق على تأسيس “القاعدة في العراق”. وأعلن الزرقاوي الولاء لبن لادن، ثم اختفى لبعض الوقت. كان يريد البقاء على قيد الحياة، في انتظار أن يطيح الأميركيّون صدّام حسين، حتّى يأخذ هو مكانه كزعيم للسنّة في العراق.

وما إن اجتاح الأميركيّون بغداد، حتى اتخذوا قرار حلّ ​الجيش العراقي​. فرموا في الشارع 350 ألف عنصر كانوا يعتاشون من الجيش. ولم يرفضوا منحهم تعويض الفصل من الخدمة وحسب، بل حجبوا عنهم أيضًا الأجور المستحقّة لهم. وبات هؤلاء العسكريّون عاطلين من العمل، من دون أن يقبل أحد بتوظيفهم، حتّى وقعوا في براثن الجوع مع عائلاتهم. وجنّد الزرقاوي من بينهم عددًا كبيرًا من المقاتلين والقادة المدرّبين والمخضرمين. (هؤلاء سيشكلون في ما بعد نواة جيش داعش، وسيحقّقون لها الانتصارات الساحقة). وجاء “الجهاديون” من العالم كله الى العراق، ينفذون العمليات الانتحارية. فكان يموت في الانفجارات كلّ شهر ما يقارب ألف عراقي، أكثرهم من الشيعة. وهكذا تمكن الزرقاوي من إشعال تلك الحرب الأهليّة الّتي كان يتمناها، إذ كان انقسام الشعب العراقي يضاعف قوته.

في حزيران 2006، قُتِل الزرقاوي في غارة أميركيّة. وخلفه معاونه ​أبو بكر البغدادي​ الّذي نجح في توحيد كل المنظّمات الإسلاميّة السنيّة في العراق. وأطلق على هذا التكتّل الّذي يقوده تنظيم”القاعدة” اسم “الدولة الإسلاميّة-العراق”.

عام 2011، اندلعت الحرب في سوريا، فقرر البغدادي الاستفادة من ذلك لإنشاء فرع للقاعدة هناك. فكلف معاونه أبو محمّد الجولاني (اسمه الحقيقي أسامة العبسي) مهمة تأسيسه. وأرسله إلى سوريا، وأعطاه نصف ماله، ونصف سلاحه، وأفضل معاونيه. وبدأ الجولاني يشتري المقاتلين، فأسّس منظّمة أُطلق عليها اسمان. الاسم الأول هو “​جبهة النصرة​ لأهل الشام”، والثاني هو “​تنظيم القاعدة​ في بلاد الشام”. وفي ما بعد أطلق عليها اسم “جبهة فتح الشام”.

وهنا ينبغي التذكير بأن “الشام” هو الاسم الذي يطلقه العرب على المشرق (أي: ​لبنان​ ـ سوريا – ​فلسطين​ أو إسرائيل-الأردن). “فتح الشام” يعني إرادة اجتياح جميع هذه البلدان. وكما يعرف لبنان، فقد حاولت جبهة النصرة احتلاله عن طريق عرسال وريفها، وعن طريق القلمون. وقد ذبحت بعض جنودنا، لكنها لم تستطع أن تجتاح لبنان بسبب بسالة جيشه.

وعظم شأن “النصرة” بعدما ضمّت إلى صفوفها عناصر من “​الجيش السوري​ الحرّ”، بتقديم أجور تفوق أجوره. و”الجيش السوري الحرّ” بنفسه تكوَّن من عناصر انشقوا عن الجيش النظامي في مقابل أجور أكبر.

ولم يعد الجولاني يطيق طاعة البغدادي. فقرّر الأخير مهاجمته وضم منظمته. فغير اسم “الدولة الاسلاميّة-العراق” إلى “الدولة الاسلاميّة في العراق والشام”، أي “داعش”.

واحتلّت داعش الرقّة، وقاتلت النصرة وحلفاءها السوريّين.

كانت المملكة السعوديّة قد موّلت بن لادن لزمن طويل، مما أتاح له إنشاء “القاعدة”. وقامت المملكة بعد ذلك بتمويل الزرقاوي، والبغدادي، وداعش. فيما بعد، توقّفت عن تمويل داعش، وصبّت اهتمامها على النصرة و”الجيش السوري الحرّ”، اللّذين يفضّلهما الغرب زاعمًا أنّهما “معتدلان”. إلاّ أنّ مجاهدي “الجيش السوري الحرّ” كانوا أوّل من قطع الرؤوس ونشر الشرائط المصوّرة لعرض هذه الأفعال. وحدهم تباهوا أمام عدسات الكاميرات، وعلى وقع صيحات التكبير، لأن أحد قادتهم أكل قلب جندي من الجيش النظامي.

وهكذا، قدّمت بعض الدول الغربية إلى الإرهابيّين في سوريا تدريبًا عالي الجودة، وأسلحة لإطاحة نظام بشّار الأسد العلماني، وذلك على الرغم من إرادة غالبية ​الشعب السوري​ الذي لا يفضّل المنظّمات الجهاديّة على الأسد.

يتحدّث الأميركيّون اليوم عن مهاجمة بشّار الأسد كما فعلوا مع صدّام حسين، وذلك بذريعة استخدامه الأسلحة الكيميائيّة، وهو أمر لم تتثبّت منه أيّ من بعثات التحقيق الدوليّة حتّى الآن. وقد شنوا بعض الضربات بمعاونة الدول الفرنسية والإنكليزية. ويُسمّى هذا العمل في القانون الدولي بـ”الاعتداء على دولة ذات سيادة”. فإذا افترضنا حدوث اجتياح أميركي شامل يشبه اجتياح العراق، فبمن يُستبدَل بشّار؟ وحدهم القادة الإرهابيون يتمتعون في سوريا بقوة تقارب قوته الشعبية. أمّا الأشخاص ذوو المستوى الأخلاقي الّذين انضووا في صفوف المعارضة قبل الحرب، مثل ميشال كيلو، فقد أزاحهم الإسلاميّون، فانسحبوا لأنّهم رفضوا أن يتمّ استخدامهم كضمانة للمنظّمات الجهاديّة.

إسقاط ​بشار الأسد​، قد يترك إذًا في سوريا فراغًا مؤسّسيًا يُشبه الفراغ الّذي أحدثه الأميركيّون في العراق، لمّا استبدلوا الحكومة الّتي أجادت الإمساك بزمام الأمور، بأخرى ضعيفة، فاسدة، تطيع أوامرهم، مكروهة من الشعب. إنّها الاستراتيجيّة المعهودة للفاتح الّذي يعيّن الرجال الدمى لتمثيله. إذا حدث ذلك، فسنشهد ولادة وحش أفظع من داعش، قد لا يتمكن الغرب من الإفلات منه. فالجولاني وسيّده السابق، البغدادي، يتشاركان العقيدة نفسها، والطموحات نفسها، ويعتمدان الأساليب نفسها. تدمير داعش ساعد الجولاني في شكل مدهش، إذ خلّصه من أهم خصم له. ولم يبقَ ما يعيق وصوله إلى السلطة سوى حاجز واحد: بشّار الأسد.

إن زوال داعش في المشرق يخلي سبيل العديد من الإرهابيين كل يوم. فأين يذهب هؤلاء الإرهابيون المتضعضعون، إلَّا إلى مَن يدفع المال بوفرة، أي الجولاني وجبهة النصرة؟.

أمراء “النصرة” يأملون في الخلافة لتنظيمهم. وهم يستأنفون العمل على برنامجهم لغزو العالم. وينتظرون فرصتهم في صمت. على أمل ألَّا يقدمها لهم الغرب، فنحن في غنى عن ذلك.

Lire sur le site d’Enashra

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Quels seraient les résultats d’une intervention occidentale en Syrie ?

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La guerre contre l’Irak en 2003 avait donné naissance à Daech. Une guerre semblable contre la Syrie pourrait créer un monstre plus terrible encore.

Aussitôt après les attentats du 11 septembre 2001, George W. Bush décida d’envahir l’Irak. La CIA fut chargée de prouver que Saddam Hussein avait trempé dans ces attentats, qu’il avait des armes chimiques, bref, qu’il fallait l’attaquer. Il y eut alors un matraquage médiatique inouï, qui finit par convaincre le peuple américain et une partie de la communauté internationale, de la nécessité d’en finir avec le régime irakien.

Le 5 février 2003, le ministre Colin Powell, secrétaire d’État américain, fit un long discours à l’ONU pour obtenir son accord. Il prétendit que Saddam Hussein avait des armes chimiques et nucléaires, qu’il avait des relations avec Al-Qaïda par le biais de Zarqawi, et qu’il fallait l’attaquer pour toutes ces raisons.

Zarqawi était un repris de justice jordanien qui s’était radicalisé sous l’influence du mouvement Tabligh. Il s’était présenté à Ben Laden et lui avait proposé de le déléguer pour fonder al-Qaïda en Irak. Mais Ben Laden avait refusé. Pour lui, Zarqawi était un voyou, doublé d’un criminel, car il voulait massacrer les chiites et provoquer une guerre civile entre sunnites et chiites en Irak. Cette guerre civile, en brisant le peuple irakien, permettrait à al-Qaïda d’émerger et de prendre le pouvoir. Loin de vouloir tuer les chiites, Ben Laden avait réussi à s’entendre avec Khomeiny, et il œuvrait pour une alliance de tous les musulmans contre les “mécréants” qu’il appelait “les croisés”.

Al-Qaïda n’existait pas en Irak, parce que Saddam avait toujours refusé ses avances. Il combattait al-Qaïda et cherchait à arrêter Zarqawi. Mais ce dernier se cachait en territoire kurde, fabriquant des munitions et des armes chimiques, notamment de la ricine, poison violent contre lequel il n’y avait pas d’antidote.

Colin Powell parla de ce petit bandit fabriquant de poisons, comme s’il était l’égal de Ben Laden. Cela suffit à faire de Zarqawi un monstre de stature internationale. Ben Laden ne pouvait plus l’ignorer. Il consentit à ce qu’il installe al-Qaïda en Irak. Zarqawi prêta serment à Ben Laden et disparut pendant quelque temps. Il voulait rester en vie et attendre que les Américains brisent Saddam Hussein, pour que lui, Zarqawi, prenne sa place comme chef sunnite du pays.

Le deuxième décret que prirent les Américains en Irak fut la dissolution de l’armée irakienne. Ils jetèrent ainsi à la rue les 350 000 personnes qui y travaillaient. Ils eurent la mesquinerie de leur refuser non seulement des primes de licenciement, mais aussi, les paies auxquelles ils avaient droit. Réduits au chômage, personne ne leur donnant d’emploi, ces militaires mouraient de faim, et leurs familles aussi. Zarqawi recruta parmi eux un grand nombre de combattants et de cadres entraînés et aguerris. Ces sont eux qui constitueront l’essentiel de l’armée de Daech et lui vaudront ses victoires foudroyantes. Et des djihadistes venaient du monde entier s’offrir pour commettre des attentats-suicides. Un millier d’Irakiens, presque tous chiites, mouraient ainsi chaque mois. Ceci finit par provoquer la guerre civile que voulait Zarqawi. La division du peuple irakien ne faisait que le fortifier lui-même.

En juin 2006, Zarqawi fut tué par des frappes américaines. Son lieutenant Abou Bakr Baghdadi lui succéda et réussit à rassembler toutes les organisations islamistes sunnites d’Irak. Et il donna à cet ensemble dominé par al-Qaïda, le nom d’Etat Islamique en Irak.

En 2011, voyant la guerre éclater en Syrie, Baghdadi décida d’en profiter pour y installer al-Qaïda. Pour cela, il délégua en Syrie son lieutenant Joulani. Il lui donnait la moitié de son argent, de ses armes et de ses meilleurs lieutenants. Et Joulani fonda une organisation qu’il appela “al-Nosra”, et aussi “al-Qaïda-Cham”. Cham est le nom donné par les Arabes à l’ensemble formé par la Syrie, le Liban, Israël, les territoires palestiniens et la Jordanie).
Al-Nosra put ainsi avoir un essor foudroyant, notamment en débauchant les éléments de l’ASL (Armée Syrienne Libre). C’était la même stratégie qu’en Irak, puisque la plupart des membres de l’ASL étaient d’anciens militaires syriens.

Et Joulani prit ses distances avec Baghdadi et cessa de lui obéir. Ce dernier décida de l’attaquer et de le remplacer en Syrie. “L’Etat Islamique en Irak” devint “l’Etat Islamique en Irak et à Cham”, plus généralement appelé par son acronyme : DAECH.

Et Daech prit Raqqa et combattit al-Nosra et ses alliés syriens.

L’Arabie Saoudite avait longtemps financé Ben Laden et permis la création d’al-Qaïda. Par la suite, elle avait financé Zarqawi, Baghdadi et Daech. Plus tard, elle cessa de financer Daech et s’intéressa davantage à Nosra et à l’ASL, favorites de l’Occident qui les prétendait “modérées”. Pourtant, les djihadistes de l’ASL avaient été les premiers à couper des têtes et à en diffuser les vidéos. Et ils avaient été les seuls à se vanter, devant caméra et aux cris d’ “Allahou Akbar”, de ce qu’un de leurs chefs mangeait le cœur d’un soldat loyaliste.

Les Américains fournirent ainsi aux terroristes en Syrie un entraînement de qualité, et des armes pour abattre le régime laïque de Bachar el-Assad. Cela, contre la volonté de la majorité syrienne, qui le préfère, et de loin, aux mouvements djihadistes.

Les Américains parlent maintenant d’attaquer Bachar el-Assad comme ils avaient attaqué Saddam Hussein. Et sous le même prétexte: l’usage d’armes chimiques qu’aucune enquête internationale n’a prouvé à ce jour. En droit international, une telle action est appelée “agression contre un État souverain”. Et à supposer qu’elle ait lieu, qui sera mis à la place de Bachar ? Les seuls à avoir une force comparable la sienne sont les chefs des mouvements terroristes. Les personnes de valeur que comptait l’opposition avant la guerre, comme Michel Kilo, ont été écartées par les islamistes et sont parties, parce qu’elles refusaient de servir de caution aux organisations djihadistes.

Si cette guerre qu’annonce Trump a lieu, il est donc à craindre qu’elle ne laisse en Syrie un vide institutionnel comme celui que les Américains ont installé en Irak en remplaçant un gouvernement qui tenait le pays, par un gouvernement faible, corrompu, qui leur était obéissant, et était haï du peuple. La stratégie habituelle du conquérant qui se fait représenter par des hommes de paille.

Si cela arrivait, nous aurions un monstre plus terrible que Daech, et alors, l’Occident pourrait ne pas lui échapper. Joulani et son ancien maître, Baghdadi, ont la même idéologie, les mêmes ambitions et les mêmes méthodes l’un que l’autre. La destruction de Daech a débarrassé Joulani et ses lieutenants d’un rival. Sur la voie du pouvoir, il ne lui reste plus qu’un seul obstacle : Bachar el-Assad.

La disparition de Daech et de son plus puissant adversaire en Syrie poussera les djihadistes survivants et désemparés à se tourner vers al-Nosra, et alors, c’est le chef de celle-ci qui sera le calife et reprendra le programme d’invasion mondiale de Baghdadi. Les cadres d’al-Nosra attendent donc leur heure en silence.

Lina Murr Nehmé, 11 avril 2018

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