Archives de catégorie : Justice française

Sarah Halimi : L’assassin et les textes

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Sarah Halimi, retraitée juive, a été assassinée en 2017 par son voisin Kobili Traoré qui récitait le Coran et des «Allahou Akbar». Au début, silence complet sur l’acte terroriste: l’assassin est prétendu irresponsable au moment du crime.

Sarah Halimi était femme et perçue comme étrangère par ses voisins musulmans, à cause de la propagande qui se diffusait dans la mosquée voisine. 40 pages de mon livre L’islamisme et les Femmes parlent de cette mosquée, de ses tenants, de son influence sur le quartier, de Kobili Traoré, de ce qu’il avait appris dans cette mosquée et dans les sermons et entretiens des tablighis qui la tenaient; et enfin, décrivent le meurtre et expliquent le sens religieux des paroles de Kobili Traoré au regard de l’enseignement qu’il avait reçu; la croyance au djinn, à la roqya, opération violente d’expulsion du djinn, etc., l’assassinat de Sarah Halimi ressemblant à une roqya. Et enfin, comprendre ses paroles à la lumière des textes qu’il révérait, notamment dans leurs passages concernant les juifs.

S’être donnée tant de mal, et apprendre, pour finir, que c’est pour rien, et que Kobili Traoré pourrait être déclaré pénalement irresponsable?

Non seulement c’est une injustice (car si Sarah Halimi avait été une musulmane tuée par un juif au son de phrases du Talmud, il n’y aurait pas eu ce silence), mais il y plus grave, bien plus grave: le risque que cette déculpabilisation amène une répétition de cette tragédie.

Car les candidats au meurtre religieux connaissent parfaitement les textes que j’ai épluchés dans L’islamisme et les Femmes, et que la justice française se refuse à prendre en considération.

En voyant la justice française, et ceux qui l’ont influencée, passer outre ces textes pour faire de l’effet de la drogue une “circonstance atténuante”, ils comprennent qu’il leur suffira de fumer du cannabis et d’aller tuer des juives ou des chrétiennes pour qu’on puisse dire qu’ils sont irresponsables.

Pour conclure, je cite Anne-Sophie Chazaud à laquelle il “semblait pourtant que «assassin» venait de l’arabe «Hashīshiyyīn», qui fume du haschisch… Et curieusement, d’habitude, la prise de stupéfiants ou d’alcool, est précisément considérée comme une circonstance aggravante du crime. Subitement, cela devient un quitus. Elle est pas belle la vie ?” conclut-elle avec une ironie noire.

Non, elle n’est pas belle, la vie. Elle est de plus en plus horrible. On va jusqu’à encourager la drogue en dépénalisant l’assassin de Sarah Halimi sous prétexte qu’il était drogué.

Pourtant, la drogue n’abolit pas l’antisémitisme du meurtre de Sarah Halimi. (Cf le livre précité.) Les candidats au meurtre religieux savent parfaitement que l’assassinat de Sarah Halimi était antisémite. Et que la justice française n’a pu dire le contraire, sauf en passant outre l’existence de données sociologiques et religieuses de premier plan.

Lina Murr Nehmé, 21 mars 2019

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Les 130 djihadistes sont-ils français ?

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Dans cette vidéo diffusée par Daesh (voir en fin d’article), des djihadistes français brûlent leur passeport devant la caméra et appellent les musulmans de France à renier la nationalité française et à rejoindre l’Etat islamique en Syrie… pour combattre les Syriens, les Libanais, et plus tard, les Israéliens. Ils appellent à commettre des attentats en France. (C’était en 2014, un ou deux mois avant les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher en janvier 2015, comme par hasard.)

L’un des djihadistes français a été reconnu comme ayant participé au massacre de 18 Syriens et d’un Américain (Analyse Euronews).

Parmi eux se trouve Quentin Le Brun, originaire de la région d’Albi :

“[Il] apparaît dans une vidéo de sept minutes diffusée par le forum djihadiste Al-Hayat en novembre 2014, en compagnie de deux autres Français, Kevin Chassin (mort dans un attentat-suicide à Mossoul en 2015) et Romain Garnier (prisonnier des forces kurdes depuis décembre 2017). Romain Garnier appelait les musulmans français à venir rejoindre l’Etat islamique ou bien à tuer les Français « par les armes, les voitures, le poison ».”

(Paris Match, 01/02/2019)

Malgré tout, la Syrie, et notamment les parties kurdes de ce pays, ont reçu des menaces diplomatiques très claires: ils ne doivent pas toucher aux citoyens français. C’est pourquoi ils n’y touchent pas en effet, mais évidemment, ils ne diront pas ce qui s’est passé dans les coulisses, qui les a poussés à préserver leurs assassins et à vouloir leur procurer les douceurs françaises.

Il est bien étrange d’interdire ainsi aux Kurdes et aux Syriens de juger ceux qui ont commis des crimes chez eux. D’après le droit international, un criminel est jugé d’après les lois du pays dans lequel il a tué. C’est pourquoi quand la France met la main sur un assassin syrien, elle le juge selon ses propres lois, elle ne l’extrade pas vers la Syrie. Si elle exige l’extradition de ces djihadistes, c’est au nom de la loi du plus fort. La France ayant déclaré que ces djihadistes étaient des citoyens français, ils lui sont à ce titre plus précieux que les citoyens syriens qu’ils ont assassinés.

Mais sont-ils français? Un djihadiste est citoyen de l’Etat islamique qui, comme son nom l’indique, est un Etat. Et la double nationalité ne peut être cumulée, puisque cet Etat, le califat, est l’ennemi de la France. Le gouvernement français l’a d’ailleurs signalé après les massacres en 2015: il y a “une guerre” entre la France et Daech, et ce n’est pas la France qui a déclaré cette guerre à Daech. Dans ce cas, comment concevoir que des citoyens français, ayant renié leur citoyenneté pour adopter celle de l’ennemi, puissent être considérés comme des citoyens français? Ils ont quitté la France pour aller en Irak ou en Syrie aider le califat à envahir le monde. L’idée était de faire flotter le drapeau noir sur l’Elysée, Matignon, Downing Street, Windsor et… surtout, Saint-Pierre de Rome. L’un de ces djihadistes occidentaux, Emwazi, dit “Jihadi John”, l’a dit dans la vidéo de l’assassinat des coptes.

Si le gouvernement français l’a oublié, il n’en est pas de même des djihadistes concernés. Ils savent qu’en cas d’amnésie, leurs compagnons, citoyens du califat, les tueraient.

Lina Murr Nehmé, 1er février 2019

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Suicides de policiers: jusqu’à quand ?

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Encore un suicide de policier.

Les policiers sont deux fois plus nombreux que les autres citoyens à se suicider en France. Ce sont les résultats de la médiatisation systématique et avant vérification, de toute accusation que lance n’importe quel truand contre eux.

Plus tard, les preuves démentent la version des accusateurs de la police, mais c’est trop tard: le mal est fait. Ainsi, quelqu’un s’est-il demandé ce qu’a pu ressentir le policier accusé par Théo de viol, et ce qu’a pu ressentir sa famille? un calvaire qui a duré un an, jusqu’à ce que la vidéo prouve que Théo était un menteur. Et pourquoi les pouvoirs publics ont-ils caché cette vidéo durant un an? Car ils avaient véritablement caché son contenu, laissant accuser un innocent, et laissant le blâme rejaillir sur toute la profession, sur tous ses membres.

Se souvient-on de l’indifférence avec laquelle on a vu brûler un policier français, en mai 2017, à cause de ce mensonge répandu par Théo? Comparer avec la passion avec laquelle on a vu brûler un pilote jordanien incendié par Daech.

Le mensonge de Théo — et donc l’accusation injuste — a reçu le crédit de MM. Hollande et Macron eux-mêmes. Ils ne se sont jamais rétractés, contrairement à Patrice Quarteron qui, lui, a au moins eu le courage de s’excuser.

Cette affaire devrait faire réfléchir les médias et les politiciens sur la portée de leurs accusations “avant vérification”, et de la gravité de la généralisation qui frappe tous les policiers dès que l’un d’eux commet un crime, ou même une bavure.

Un suicide est une chose terrible, et quand un policier se suicide, personne ne se rend compte ou ne réagit ! Est-ce possible? Est-ce humain? Un policier se suicide tous les trois ou quatre jours ! En une semaine de novembre 2017, il y a eu 8 suicides de policiers, soit un par jour !

Et croyez-vous que ce soit bon pour les élements les plus faibles de la société? C’est exactement l’inverse. C’est pourquoi ce sont les personnes âgées et vivant seules qui refusent de “hurler avec les loups”, comme a dit Patrice Quarteron dans sa vidéo.

Oui pour qu’un policier soit jugé comme tout le monde. Non pour qu’il soit considéré comme un criminel sans preuves, sur la simple accusation d’un truand, comme si les truands ne mentaient jamais.

Un policier est un citoyen comme les autres, il doit bénéficier des mêmes droits constitutionnels que les autres. La loi interdit d’accuser une personne en public avant qu’elle ait été prouvée coupable. La présomption d’innocence qui vaut pour un bandit vaut aussi pour un policier.

 

Lina Murr Nehmé, 4 novembre 2018

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Roqya: les victimes du “jihad contre les djinns”

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Quelquefois, les musulmans qui ont quitté l’islam sont soumis à des séances de roqya, et ils changent totalement. La roqya, pratique d’exorcisme animiste ou musulman dont j’ai parlé dans mon livre L’islamisme et les Femmes, frappe bien plus souvent qu’on ne le croit. Parfois elle tue. Parfois, elle envoie une personne dans le coma.

Car il s’agit d’une véritable séance de torture quand on estime que la personne est “touchée” par un “djinn mécréant”, et qu’il faut lui infliger une roqya pour le convertir. On fait le “djihad” contre lui en frappant le patient avec un bâton, en lui infligeant des chocs électriques, en lui plongeant la tête dans l’eau, en le forçant à boire de l’eau coranisée (de l’eau dans laquelle on a dissous des versets du Coran). Jusqu’à ce que ce djinn devienne musulman, c’est-à-dire, jusqu’à ce que le patient quitte sa nouvelle religion chrétienne, juive, athée, bouddhiste ou autre.

Et si le patient meurt ainsi sous les coups, ou noyé dans l’eau dans laquelle on le plonge, comme il en a été de Louisa à Roubaix ou de Brahim dans la mosquée Omar de la rue Jean-Pierre Timbaud, ou s’il est dans le coma à cause de la quantité d’eau qu’on lui a fait ingurgiter, alors, tant pis pour lui.

L’Islamisme et les femmes par Lina Murr Nehmé

Certaines familles musulmanes apprennent en effet à la mosquée qu’un des signes que quelqu’un est “touché d’un djinn” est qu’il n’a pas de plaisir à prier ou à lire le Coran, ou qu’il devient chrétien ou juif. On dit alors qu’il est “touché par un djinn mécréant”. Ils infligent alors une roqya à leur enfant. Pour cela, ils commencent par ôter de la maison tout ce qui peut représenter une autre religion, “surtout la croix”, considérée par les cheikhs comme un symbole satanique.

 

Lina Murr Nehmé, 24 septembre 2018

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Hommage à Patrice Quarteron

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Champion mondial de boxe peut-être, il est tout de même champion dans un domaine bien plus important à mes yeux: le courage de la vérité.

Il est en effet la seule célébrité à avoir eu le courage, après avoir vu la vidéo montrant les faits dans l’affaire Théo, de s’excuser auprès des policiers injustement accusés de viol, disant :
“J’ai hurlé avec les loups.”

www.facebook.com/1711540449065336/videos/2082429795309731/

Il avait fait une vidéo pour les accuser ? Il a utilisé le même média pour s’excuser.

A quand le tour de MM. Macron, Hollande et autres ?

Lina Murr Nehmé, 16 septembre 2018

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Baby-Loup et la charia : la France doit défier l’ONU (Causeur)

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Article paru dans Causeur :

 

https://www.causeur.fr/baby-loup-onu-voile-ccif-macron-154380

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Double assassinat à Trappes : encore un “déséquilibré” ?

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Si l’on en croit le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, l’assassin qui a tué à Trappes serait un “criminel qui avait des problèmes psychiatriques importants”, et qui avait davantage le profil d’un “déséquilibré” que celui d’un “engagé” auprès de Daech.

Soit. Il faut reconnaître que seul un déséquilibré peut frapper sa mère ou une personne qui lui a fait du bien. Déjà frapper avec la main est inconcevable. Que serait-ce avec un couteau. Et du même coup, frapper sa sœur.

En fait, c’est le crime qui est une affaire de déséquilibre mental, même quand on n’a pas tué sa mère ou sa sœur. Essayez seulement d’imaginer ce que peut ressentir celui qui manie le couteau. Déjà l’idée de tuer un animal au couteau est insupportable. Que serait-ce de tuer un humain.

Le problème, c’est que s’il ne fallait punir de prison que les auteurs de crimes crapuleux, ceux qui ont tué froidement, pour motif de vol ou de vengeance, comme dans les livres d’Agatha Christie et les films de Hitchcok, alors on ne mettrait plus grand-monde en prison.

Malheureusement, le crime est une affaire contagieuse. C’est bien pourquoi sont faites les prisons, que les assassins soient dans un état normal ou non. A fortiori quand ils ont crié “Allahou Akbar” en tuant.

Trappes est la ville de France qui a fourni le plus de djihadistes. Se demande-t-on pourquoi? Se demande-t-on ce qui est enseigné dans les mosquées là-bas? Se demande-t-on quel rapport il peut y avoir entre l’enseignement des mosquées de Trappes et le fait de tuer au couteau en criant “Allahou Akbar”?

Non, pour moi, quelqu’un qui pousse le cri du djihad n’est pas à dépénaliser.

Lina Murr Nehmé, 24 août 2018

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Emmanuel Macron accumule les scandales (Libnanews)

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Le président Macron accumule les scandales. Il rogne sur les retraites des personnes âgées et réduit les APL des étudiants. Mais la vaisselle de l’Élysée ne lui plaît pas et il décide de faire payer au contribuable un demi-million d’euros pour la renouveler. Il veut passer ses vacances au fort de Brégançon, forteresse avec vue imprenable, que ses prédécesseurs avaient utilisée comme résidence secondaire, ou pour recevoir des chefs d’État étrangers.

Mais il veut une piscine dans ce château-fort dont il est pourtant impossible de modifier l’aspect, puisqu’il est classé monument historique. Et la piscine sera hors-sol! Une horreur, quoi : un bassin aux parois apparentes, au milieu de la pelouse. De toute façon, une piscine en plein air sera visible sur les photos aériennes qu’achètent les touristes, et sur les photos satellitaires que fournit Google. Coût de cette piscine? 34.000 euros!

Mais ces scandales — et les autres — sont des broutilles face à celui qui défraie actuellement la chronique. Il s’agit du garde du corps et favori du Président, Alexandre Benalla, qui a été temporairement suspendu de son emploi à l’Élysée, aussi bien que de son affiliation de franc-maçon à la Grande loge nationale de France. D’origine maghrébine, Benalla a un physique musclé qu’il doit à sa pratique intensive du sport dans son adolescence. Et il bénéficie d’un traitement de faveur. À 26 ans, il a été nommé, par faveur, lieutenant-colonel sans être passé par les grades intermédiaires. Il aurait ainsi été intégré comme «spécialiste expert» de la gendarmerie et son grade de lieutenant-colonel lui aurait été attribué en raison de son «niveau d’expertise»1. Il a obtenu un badge à l’Assemblée nationale, qui lui donne accès partout à l’égal du directeur de cabinet du président de l’Assemblée, alors même que le président de la République ne se rend pas à l’Assemblée nationale… Le 16 juillet, au retour de l’équipe de France de football, il est dans l’autobus qui leur fait remonter l’avenue des Champs-Élysées, et il est, paraît-il, responsable de ce passage si rapide qui les prive des ovations de la foule massée pour les voir.

Le public ignorait Benalla, il le découvre pendant le déballage qui suit la publication, par le journal Le Monde, de deux vidéos montrant Benalla, portant un casque et un brassard de policier, en train de frapper des manifestants, le 1er mai 20182. Que faisait le garde du corps de M. Macron ainsi déguisé en policier et molestant des manifestants ? Les coups et blessures tombent sous le coup de la loi. La tenue de policier aussi. Or on la lui a fournie, coupée sur mesures. C’est bien là le plus grave. Ce déguisement permettant d’attribuer sa brutalité aux policiers peut aboutir à mort d’homme, puisque les policiers sont de plus en plus souvent victimes de violences dans l’exercice de leur fonction. Le climat est tellement tendu qu’ils en sont à recevoir des cocktails Molotov. Un policier a ainsi flambé comme une torche le 1er mai 20183, sans que cela émeuve particulièrement l’opinion publique, conditionnée par les médias à ne voir les choses que du point de vue de la foule. Un syndicaliste s’en est moqué, parlant de «poulet grillé». Et il y a un an, des manifestants avaient brisé la vitre d’une voiture de police et jeté un cocktail Molotov à l’intérieur4. Le policier qui s’y trouvait aurait pu être brûlé vif s’il n’avait eu le sang-froid de sortir à la dernière minute de la voiture en flammes. Mais alors, on l’attendait avec des matraques.

Je ne défends évidemment pas les injustices commises par certains policiers, je constate seulement qu’ils sont attaqués sur simple dénonciation et sans vérification, ce qui n’est pas le cas quand il s’agit d’un casseur. En fait, les auditions du Sénat nous apprennent que Benalla avait un permis de port d’arme en tant que policier. Pourtant, il n’exerçait aucune fonction de police à l’Élysée. Mais Benalla est un proche du Président, très proche. Les photos sont nombreuses à le montrer. La presse a affirmé que ce dernier lui paie, aux frais du contribuable bien sûr, un salaire faramineux : 7013 euros bruts mensuels3, d’un chauffeur personnel et d’une berline de luxe — une Renault Talisman équipée d’une sirène et d’un gyrophare «en principe réservés à l’usage de la police4». Elle ajoute qu’il est logé somptueusement dans une dépendance de l’Élysée, quai Branly, dans l’appartement où M. Mitterrand logeait sa maîtresse5. Et comme cette dernière, Benella vit presque dans l’intimité du Président. Leurs rapports donnent tellement à jaser qu’un journaliste parle d’«une relation particulière qui s’est liée entre eux. Benalla vit avec le chef de l’État et sa femme, il est de tous les déplacements officiels comme privés6.» Après la publication des vidéos montrant Benalla frappant des manifestants, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, est interrogé à son sujet par l’Assemblée Nationale et le Sénat. Il répond qu’il «ne pense pas» que son chef de Cabinet Jean-Marie Girier, directeur de campagne de M. Macron, ait validé l’embauche de Benalla durant la campagne présidentielle. C’est pourtant impossible, vu l’échange d’emails publié par Wikileaks dans les Macron leaks en juillet 2017, qui nous informe qu’Alexandre Benalla avait été embauché, à partir du 5 décembre 2016, pour assurer la sécurité de Macron, avec un salaire de 3500 euros par mois. Où est la vérité ? Il y a eu tant de contradictions, tant de mensonges dévoilés durant les auditions de l’Assemblée Nationale et du Sénat, que l’on est en droit de se poser des questions. Quand, une semaine après le début de L’Affaire Benalla, M. Macron sort de son silence, c’est pour crâner et démentir: «Je suis fier de l’avoir embauché à l’Élysée parce que je considère que c’est quelqu’un qui était dévoué et qui avait un parcours différent.» En quoi est-ce un sujet de fierté, pour un Président français, d’avoir embauché un garde du corps? Le niveau du Premier magistrat de France est devenu celui d’un recruteur de voyous? Car il est vrai que Benalla avait un parcours différent: il était violent de façon gratuite. Gilles de Laclause, ancien gérant de l’immeuble abritant les locaux du mouvement En Marche d’Emmanuel Macron, affirme, en novembre 2016, avoir eu deux altercations avec Benalla, qui avait été très agressif au téléphone. Il en avait averti des personnes du mouvement; on lui répondit que Benalla était bénévole auprès du mouvement. Malgré son arrogance et sa brutalité, il a été embauché dès le 5 décembre suivant, comme le prouve l’échange d’emails publié par Wikileaks et que nous reproduisons en fac-similé. Le même Gilles de Laclause raconte une autre anecdote : Benalla étant venu, «Un de mes agents lui a demandé qui il était, et il s’est emporté aussitôt. Je descends, et il s’emporte aussi contre moi, en mode “je vais te péter la gueule”. Il me sort une carte tricolore, expliquant qu’il travaille pour les services du Premier ministre. Il menace d’appeler la police, ce que j’ai fait moi-même. À l’arrivée de la police il était parti7.» Et il ajoute : «Je me disais, un jour il y aura un clash majeur avec Alexandre. Tout le monde savait… qu’il était sujet à des coups de gueule. Après il y avait deux attitudes : soit il y avait déjà des gens qui n’acceptaient pas, ce qui était mon cas, et il y avait des gens qui minimisaient en disant “il est excellent, il est juste un peu chien fou, un jeune”8.» Et le président Macron qui s’est déclaré fier d’avoir embauché cet homme impoli et brutal, de citer aux députés de son mouvement les énormités pour ne pas avoir à s’exprimer sur les questions posées: «La République exemplaire n’empêche pas les erreurs, leur dit-il. S’ils cherchent un responsable, c’est moi et moi seul! Qu’ils viennent me chercher. C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C’est moi qui ai confirmé la sanction… Alexandre Benalla n’a jamais détenu les codes nucléaires, Alexandre Benalla n’a jamais occupé un appartement de 300 m2, Alexandre Benalla n’a jamais eu un salaire de 10.000 euros, Alexandre Benalla n’est pas mon amant.» Macron connaissait-il ce discours de Mussolini à la Chambre, le 3 janvier 1925, suite à l’assassinat du député socialiste italien Matteoti ? «Je déclare ici, en présence de cette Assemblée et en présence de tout le peuple italien, que j’assume, moi seul, la responsabilité politique, morale, historique de ce qui s’est produit. … Si le fascisme a été une association de criminels, je suis le chef de cette association de criminels!» D’ailleurs Macron a dit plusieurs contre-vérités que la presse et le Sénat se chargèrent de prouver durant les jours suivants, nous apprenant, par exemple, que d’après sa feuille d’impôts, Benalla résidait bel et bien au 11 quai Branly. Quant à aller chercher M. Macron, comme il l’a dit de cet air de défi, il est évident que les sénateurs et les députés ne pourront pas le faire, à moins d’une révolution par laquelle c’est le peuple qui le ferait. Une manifestation se prépare pour le vendredi 27 juillet pour aller «chercher Macron». Des incidents sont à craindre, car cette manifestation rassemblera les extrêmes. Même après la publication d’une troisième vidéo montrant que Benalla était allé frapper les manifestants après qu’ils aient jeté des verres au visage des policiers9. Reste à savoir ce qu’il faisait en ce lieu, vêtu en policier. Comment réagira le pouvoir? Comment se poursuivra le mouvement d’opposition ? Telle était l’inquiétude que j’avais exprimée le 9 mai 2017 dans mon article Emmanuel Macron et le cauchemar qui vient10. On a effectivement vu le cauchemar venir comme on pouvait le prévoir : en partie dans les esprits, en partie dans la rue, d’une manière qui fait peur. Car l’on ne pouvait considérer ces élections représentatives de la volonté du peuple, la majorité n’ayant pas voté, ou ayant considéré qu’on lui avait volé la liberté de choisir. Il n’y avait donc pas eu de choix. Des sabotages médiatiques fort peu démocratiques ont fermé des clôtures pour envoyer la foule dans le seul chemin que lui indiquaient les médias, qui par ailleurs avaient trouvé opportun de programmer des films et des émissions sur le nazisme, comme pour faire croire que M. Macron serait un rempart contre la dictature. Mais ce genre de pratiques, en soi, est dictatorial. Dans les totalitarismes, la propagande se charge d’indiquer un chemin unique en interdisant les autres, soit par le terrorisme intellectuel, l’hostilité, les accusations, soit par l’arrestation physique. Et ceux qui s’y engouffrent se croient libres. Comme on fait avec les moutons en mettant des barrières partout, sauf là où on veut les voir. Ils croient avoir réfléchi, tout simplement parce qu’il n’y avait pas d’autre voie.

Notes

1 Le Parisien, 21-07-2018.

2 Le Monde, 18/07/2018.

3 Vidéo visible sur : www.20minutes.fr/tv/actus/276877-qui-est-le-policier-grievement-brule-apres-un-tir-de-cocktail-molotov

4 Vidéo visible sur : www.lepoint.fr/societe/voiture-de-police-incendiee-des-images-inedites-18-05-2016-2040316_23.php

5 Le Canard Enchaîné, 25/07/2016.

6 BFMTV, 19/07/2018.

7 L’Express, 23/07/2018.

8 Laurent Léger, L’Express, 19/07/2018.

9 francetvinfo.fr, 25/07/2018.

10 francetvinfo.fr, 25/07/2018.

11 francetvinfo.fr, 23/07/2018.

12 Libnanews, 9/05/2017. https://libnanews.com/emmanuel-macron-cauchemar-vient/

https://libnanews.com/emmanuel-macron-accumule-les-scandales/

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Justice, Etat de droit, loi “fake news” : petite mise au point

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Aujourd’hui, sur ma page, un monsieur m’expliquait qu’un maire des Yvelines était obligé de donner un permis de construire une mosquée car, dit-il, la France est un Etat de droit, contrairement à l’Arabie Saoudite et à la démocratie libanaise, qui n’en serait pas une. J’avais en effet demandé si un maire était jamais inquiété en Arabie Saoudite pour avoir refusé de donner le permis de construire une église.

J’imagine que certains ignorent que le droit saoudien interdit la construction des églises, et que c’était appliquer ce droit que de refuser le permis de construire des églises. Et je ne vois pas ce que vient faire le Liban quand on parle de l’Arabie Saoudite. Mais bon. Acceptons que le Liban, comme le Christ, soit compté parmi les assassins.

Mais un Etat qui met des visières et ne traite pas les citoyens à égalité mais les distingue selon leur religion n’est pas un Etat de droit.

Ainsi, la loi sur les fake news est-elle du droit ? Laisser les médias puissants, appartenant aux riches, libres de diffuser les informations qu’ils veulent sans contrôle, et forger une loi sur les seuls réseaux sociaux, est-ce du droit ? Quand Libération met une immense photo du candidat Emmanuel Macron la veille du second tour de l’élection présidentielle, violant la loi qui interdit la pub électorale, et que la justice n’arrête pas le journal, c’est encore du droit ?

En même temps, on arrête la chaîne Youtube du petit TV Libertés sous prétexte qu’il a violé la loi sur le copyright en faisant une citation. Combien de chaînes Youtube violent cette loi en reproduisant des films entiers, des émissions télévisées entières ?

Quand on poursuit François Fillon la veille des élections, pour un crime que François Bayrou a commis sur une plus grande échelle et que ce dernier n’est pas poursuivi parce qu’il peut apporter des voix aux élections, c’est un Etat de droit ? Et si l’affaire Fillon est si grave, comment se fait-il qu’on n’en parle plus depuis les élections?

Quand on traîne Georges Bensoussan devant la justice pour une citation qui vient d’un auteur maghrébin et non de lui-même, alors qu’on n’inquiète pas ceux qui crient sur la Place de la République à Paris en arabe: “Khaybar, Khaybar, ya yahoud, Jaych Mhammad sa yaoud”, c’est un Etat de droit ?

Quand on autorise la tenue de Salons islamiques comme le Salon de la Femme de Pontoise où on appelle à battre les femmes (gentiment, histoire de les humilier seulement et pas de leur briser les membres, ce qui les rendrait inutilisables), c’est un Etat de droit ? Et si on ne le fait pas ouvertement dans ces Salons, on le fait en recommandant les livres où c’est écrit en toutes lettres (Cf. mon livre L’Islamisme et les femmes). Est-il admissible qu’une conseillère municipale, Céline Pina, ne réussisse pas à faire empêcher ce Salon, et qu’elle démissionne, et que cela ne fasse pas plus de remous que cela ?

Et c’est dans un Etat de droit qu’un ex-Frère Musulman, Mohamed Louizi, est victime de six procès en quelques années parce qu’il a dénoncé un projet d’islamisation pourtant écrit en toutes lettres dans la littérature de ce mouvement ! Louizi a parlé de l’islamisation de la France, mais il s’agit d’une étape sur la voie de l’islamisation mondiale dont a parlé le fondateur Hassan el-Banna (voir les textes cités dans Fatwas et caricatures).

Et c’est dans un Etat de droit qu’ Alain Finkielkraut — qu’on l’aime ou non — est qualifié d'”israélite blanc” dans une vidéo mise en ligne en 2016 et reprise à de nombreux exemplaires dont chacun affiche des centaines de milliers de vues, les auteurs du titre et des commentaires n’étant pas inquiétés alors qu’ils tombent sous le coup de la loi sur le racisme, sur base à la fois ethnique et religieuse, et sous le coup de la loi sur le non respect des droits d’auteur ?

Lina Murr Nehmé, 14 juillet 2018

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Redoine Faïd, truand et star médiatique

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Le 20 mai 2010, le bandit Redoine Faïd et ses compagnons manquent un braquage et fuient sur l’autoroute A4, en Seine-et-Marne. Deux policiers municipaux sont chargés de se poster près d’un restaurant de Villiers-sur-Marne et de prévenir leurs collègues s’ils les voient passer. Ils n’ont donc pas dégainé leurs armes.

Ils sont des cibles découvertes. On leur tire dessus, on tue la policière Aurélie Fouquet, mère d’un petit enfant. Une fusillade nourrie. Un des policiers, blessé au thorax, tente d’atteindre les truands. Mais aucun cadavre ne sera retrouvé.

Ce qui rend la tragédie plus horrible est que le gangster est devenu une sorte de superstar, grâce à un livre dans lequel il raconte sa vie, et qui est devenu un best-seller. Bien sûr, la loi n’interdit pas à un éditeur de se faire du fric sur le dos d’une victime, une policière fauchée dans sa jeunesse, en donnant à son assassin une tribune.

Celui-ci raconte avec complaisance à longueur d’interviews comment il a organisé ses braquages en étudiant des films à succès et en suivant exactement les stratégies décrites dans ces films. Redoine Faïd a également organisé des fuites spectaculaires s’inspirant également du cinéma. La dernière en date: il a été tiré de prison le 5 juillet 2018 par un hélicoptère. Pour se moquer de la France, il a filmé sa fuite et a diffusé la vidéo.

Lina Murr Nehmé, 11 juillet 2018

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