Le silence autour de la tragédie du Bataclan

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En écrivant le livre qui a été publié il y a un an (1), j’ai travaillé sur les atrocités qui ont eu lieu au BATACLAN, le 13 novembre 2015, égorgements, éviscérations et autres.

Ces atrocités ont été très peu répercutées par la presse, parce que c’était gênant et que ce n’était pas politiquement correct. Il y a pourtant eu assez de témoignages cités tout de même, pour que je puisse reconstituer la vérité dans ce livre. Et le pire se trouve dans le rapport parlementaire. Quand j’ai donné le manuscrit à mon éditeur, j’ai cru qu’il me dirait comme tout le monde: “Ce n’est pas vrai”, et qu’il insisterait pour que j’enlève le passage, qui pourtant était très important.

Au contraire, il a abondé dans mon sens et il m’a dit que c’était arrivé au fils de quelqu’un qu’il connaissait. Ce jeune avait été tellement mutilé et éviscéré, qu’on n’a pas pu montrer le cadavre à son père. Quand j’ai demandé à l’interviewer, mon éditeur a refusé de nous mettre en relation, disant que le sujet était “extrêmement sensible” et qu’il en avait beaucoup souffert. Je comprends cela, et je n’ai pas insisté.

Oui pour respecter la douleur des familles. Non pour diminuer l’horreur de ce qui est arrivé, et donc, diminuer la peur de voir cela se répéter. Car vous remarquez bien que tout est oublié maintenant, au point que Médine ait pu, non seulement exiger de chanter là-bas (et ses désirs sont des ordres vu l’argent qu’il apporte) et passer pour une victime.

Je ne parle pas d’un repliement égoïste sur soi. Je l’ai toujours dit et je ne change pas de langage: seul l’amour peut résoudre les problèmes. Ils nous haïssent. Si nous les haïssons en retour, nous leur aurons donné une victoire double. Car ils cherchent à nous pousser à devenir comme eux, et notre salut ne se trouvera que dans un comportement totalement opposé au leur.

Je voudrais entendre un seul de ces politiciens dire cette vérité qui peut être impopulaire à cause de la surenchère. Je voudrais entendre un seul prêtre (ou disons, beaucoup de prêtres) dire qu’on ne peut pas aimer ses ennemis si on leur passe n’importe quoi, et que si nous sommes exigeants envers nous-mêmes, nous devons aussi être exigeants envers ceux qui n’ont pas la même religion, la même nationalité, la même couleur. Nous le devons par respect pour l’être humain qui est en eux et qui doit être notre égal.

La justice n’est pas censée châtier pour venger, mais simplement, parce que le crime est contagieux et que le devoir de la société est de protéger l’être humain contre ses propres instincts. La loi et ses châtiments sont des barrières qu’on dresse entre l’être humain (qui peut être nous-mêmes quand nous sommes dans la même situation) et le fleuve de la tentation.

Finissons avec ce verbiage moralisateur qu’on entend d’église en église. On n’aime pas celui que l’on méprise au point de refuser de le tenir pour responsable et de haïr ses victimes parce qu’elles souffrent. La tuerie du Bataclan a été connue et a donné de la jouissance, au moral sinon au physique, à un certain nombre de personnes en France, parce qu’on leur a appris que c’était quelque chose de saint. C’est là la racine de la tragédie. Car avant d’être la tragédie de ceux qui sont tués et éviscérés au couteau, elle est la tragédie de ceux qu’on a convaincus que s’ils faisaient cela, ils iraient coucher avec de belles femmes, à l’instant même où ils mourraient.

Et je rappelle que les victimes, ce ne sont pas seulement ceux qui sont morts au Bataclan (ou ailleurs), ce sont surtout leurs familles qui vivent avec le souvenir. Au lieu d’en vouloir à celles-ci parce qu’elles n’arrivent pas à oublier ou pardonner, il serait bon de ne pas les pousser dans leurs retranchements en les traitant de nazis, comme si le premier nazi n’était pas celui qui tue sur la base de la race, ou de la religion.

1 Le livre dont je parle est L’islamisme et les Femmes. Je n’ai pas voulu mettre son nom en tête de l’article pour ne pas me faire de publicité sur le dos des victimes.

Lina Murr Nehmé

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Ci-dessous extrait tiré d’un article du “Monde” dont on parle beaucoup en ce moment, sur le père d’une des victimes du Bataclan

“Ce vendredi soir-là, il regardait le match de football France-Allemagne chez lui, à Lille, lorsque ont résonné les premières détonations des attentats parisiens. Il sait alors que son aînée, Nathalie, régisseuse lumière, assiste à un concert au Bataclan avec des amis. Il appelle. Rien. Prend sa voiture, avale en trombe les 200 kilomètres d’autoroute qui le séparent de la capitale. Il n’apprendra que quarante-huit heures plus tard que sa fille est morte, mais ne pourra la voir qu’à travers la vitre de l’Institut médico-légal de Paris. Sans même pouvoir « lui faire un bisou ».
“Depuis, Patrick Jardin ne peut plus suivre un match sans appréhension, lui le passionné de foot, un temps arbitre de haut niveau amateur. Il ne quitte plus la région lilloise sans faire un détour par le cimetière. Ne passe plus par Paris sans se recueillir devant « la toute petite plaque » d’hommage aux victimes, installée dans le square situé en face du Bataclan. Même lorsqu’il évoque des souvenirs heureux, comme le récent mariage de son fils, c’est pour insister, avant tout, sur l’absence de Nathalie. Trois ans après les attentats, il paie d’ailleurs toujours le forfait téléphonique de la jeune femme, pour pouvoir l’appeler quand il ressent le besoin d’entendre sa voix sur le répondeur. Il est allé jusqu’à récupérer les photographies prises par les médecins légistes lors des constatations judiciaires. « Là. Vous voyez ? » Il lui arrive de les sortir de son téléphone, sans prévenir, puis de souligner avec son doigt ce qu’il pense être les stigmates d’un égorgement. « Je ne dis pas qu’elle a été égorgée, mais je ne pourrai jamais être sûr. On nous cache tellement de choses », avance-t-il. Est-ce qu’il les observe souvent, ces photos ? « Ça m’arrive », murmure-t-il.
“La quête du moindre détail sur la mort de sa fille est devenue son obsession. « Je passe ma vie à ça », confie-t-il d’une voix ferme. Refaire l’enquête, coûte que coûte, malgré les évidences. D’après le rapport d’autopsie, le corps de Nathalie était criblé d’éclats de balle. Un élément presque oublié par son père, qui retient surtout qu’elle a succombé à un « traumatisme thoracique », ce que les experts désignent par le terme « pneumothorax », un décollement du poumon. Un choc bien connu de la médecine militaire, qui a conduit Patrick Jardin à se persuader que Nathalie aurait pu être sauvée si les secours étaient intervenus plus tôt…
Mais n’allez pas lui coller « une étiquette de facho dans le dos », comme il dit. Il refuse d’être qualifié de « raciste ». Lui préfère se dire « gaulliste », « nationaliste » et « patriote », comme toute la mouvance d’ultradroite. D’ailleurs, s’il a voté Marine Le Pen à la présidentielle, c’était surtout « par dépit » et parce que « surtout pas Macron » : « Il va laisser entrer encore plus de migrants en France, il faut mettre le holà. » Etait-il déjà si radical, avant les attentats ? Il a bien « un petit antécédent », une histoire de foot dans laquelle il avait « traité quelqu’un de sale Nègre », qui lui a valu six matchs de suspension et trois mois de prison avec sursis. Il raconte aussi les vols de voitures et de pièces d’outillage à répétition, dans son ancienne concession automobile de Tourcoing (Nord), et l’impuissance du commissariat voisin à coincer les coupables. C’est de là, à l’entendre, que daterait son sentiment grandissant d’un Etat bien trop faible.”

(par Elise Vincent et Lucie Soullier)

Lina Murr Nehmé, 29 septembre 2018

Source : https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/09/28/apres-le-bataclan-un-pere-sur-le-chemin-de-la-haine_5361248_5345421.html

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L’Ecole de Droit de Beyrouth

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Beyrouth, durant les premiers siècles de l’occupation romaine, était une ville d’étudiants. Dans son École de Droit, les étudiants affluaient de tout l’Orient. Dans les rues de Beyrouth, les étudiants discutaient beaucoup de métaphysique en-dehors des cours. Un texte datant d’avant la destruction de cette école, montre que l’ambiance dans cette ville était très pro-chrétienne, puisqu’une affaire de paganisme (et donc de sacrifices d’innocents) fut arrêtée par un mouvement populaire. En même temps, un étudiant pouvait, avec des discussions, en faire changer un autre d’avis.

Cette école devait avoir déjà son renom avant l’occupation romaine. Sinon Beyrouth, qui avait le meilleur port du Levant et aurait plutôt eu vocation à être une ville commerçante, n’aurait pas été choisie par les Romains pour être dépositaire de leurs lois pour tout l’Orient. D’où son surnom de « mère des lois ».

L’importance de l’École de Droit de Beyrouth a considérablement augmenté quand l’empire romain s’est transporté en Orient. Peu à peu, elle est devenue la plus importante école de Droit du monde.

C’est en effet à cette École que l’empereur Justinien demanda de réformer les lois et édits de ses prédécesseurs, dont beaucoup n’étaient plus à jour.

Il demanda plus spécifiquement à dix de ses professeurs de faire ce tri et d’opérer la compilation. C’est donc à Beyrouth que fut écrit le Code Justinien, qui devait, après le premier millénaire, devenir la base de tous les codes de lois en Occident.

La plus grande partie de ce Code est fondé sur les travaux d’Ulpien de Tyr, donc un Phénicien.

À l’idée raciste de la supériorité romaine, Ulpien opposait celle des droits innés que possède tout homme à la naissance, et de l’égalité de tous les hommes devant la loi. C’était alors révolutionnaire si l’on se rappelle que la plupart des codes de lois — dont le grec — donnaient la supériorité à une race ou à une caste.

Ainsi, quand Ulpien parle de l’esclavage, il écrit que l’institution est contraire à la nature, et issue de l’asservissement de nations par d’autres :

« Quant au droit naturel, tous sont égaux. Par le droit naturel, tous les hommes naissent libres. »

C’est la plus ancienne formulation de droits humains que nous possédions, en l’état actuel de nos connaissances.

Ulpien a aussi une vision un peu spéciale du statut de juriste, qui ne semble pas lui avoir survécu. Selon lui, la justice ne doit pas seulement punir, elle doit aussi récompenser celui qui fait le bien, et contribuer ainsi à l’amélioration de la société.

Un rêve pieux, qui demeura un rêve : nous ne connaissons de la justice que son côté pénal. Mais au temps où cette École était encore en activité, elle devait enseigner ce côté de la loi. Nonnos, Égyptien d’expression grecque, écrit en effet :

« La discorde, qui ravage les États, ne cessera de troubler la paix que lorsque Berite [Beyrouth], protectrice des lois, jugera la terre et les mers, fortifiera les villes de l’indestructible boulevard des lois, enfin, lorsque cette ville régira toutes les cités du monde. »

Il est vrai que nous sommes dans un monde de loups, que les vestiges de l’École de Droit ont été rasés et jetés dans la mer, et beaucoup d’autres précieux vestiges aussi. Mais il est tout aussi vrai que nous sommes une nation captive, et que l’Histoire du Liban en a vu bien d’autres. À moyen terme, nous pourrions voir un bouleversement dans le sens de la vie, tel que nous en avons si souvent vu dans l’Histoire.

Attendons-le.

 

Lina Murr Nehmé

Codex of Justinian

Page de manuscrit médiéval du Code de Justinien (Librije, Zutphen).

www.livius.org/pictures/a/other-pictures/codex-of-justinian/

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Roqya: les victimes du “jihad contre les djinns”

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Quelquefois, les musulmans qui ont quitté l’islam sont soumis à des séances de roqya, et ils changent totalement. La roqya, pratique d’exorcisme animiste ou musulman dont j’ai parlé dans mon livre L’islamisme et les Femmes, frappe bien plus souvent qu’on ne le croit. Parfois elle tue. Parfois, elle envoie une personne dans le coma.

Car il s’agit d’une véritable séance de torture quand on estime que la personne est “touchée” par un “djinn mécréant”, et qu’il faut lui infliger une roqya pour le convertir. On fait le “djihad” contre lui en frappant le patient avec un bâton, en lui infligeant des chocs électriques, en lui plongeant la tête dans l’eau, en le forçant à boire de l’eau coranisée (de l’eau dans laquelle on a dissous des versets du Coran). Jusqu’à ce que ce djinn devienne musulman, c’est-à-dire, jusqu’à ce que le patient quitte sa nouvelle religion chrétienne, juive, athée, bouddhiste ou autre.

Et si le patient meurt ainsi sous les coups, ou noyé dans l’eau dans laquelle on le plonge, comme il en a été de Louisa à Roubaix ou de Brahim dans la mosquée Omar de la rue Jean-Pierre Timbaud, ou s’il est dans le coma à cause de la quantité d’eau qu’on lui a fait ingurgiter, alors, tant pis pour lui.

L’Islamisme et les femmes par Lina Murr Nehmé

Certaines familles musulmanes apprennent en effet à la mosquée qu’un des signes que quelqu’un est “touché d’un djinn” est qu’il n’a pas de plaisir à prier ou à lire le Coran, ou qu’il devient chrétien ou juif. On dit alors qu’il est “touché par un djinn mécréant”. Ils infligent alors une roqya à leur enfant. Pour cela, ils commencent par ôter de la maison tout ce qui peut représenter une autre religion, “surtout la croix”, considérée par les cheikhs comme un symbole satanique.

 

Lina Murr Nehmé, 24 septembre 2018

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Le général Aoun et l’histoire du Liban

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Photo : Denis ALLARD/AFP

Je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit le général Aoun. Mais il est indiscutable que lorsqu’il met Daech et Nosra sur la balance, comme il a fait dans l’interview du Figaro (23/09/2018), il montre le vrai fond du problème.

Dans la même interview, il signale qu’il a changé le haut-commandement de l’armée libanaise. Le lecteur occidental peut ne pas réaliser ce que cela signifie : c’est en effet la première fois depuis l’occupation syrienne (1990) que le haut-commandement de l’armée libanaise n’est pas nommé par les puissances étrangères. Dans un entretien avec les enquêteurs internationaux dont l’enregistrement a été publié par la chaîne de télévision NTV, le ministre de la Défense Elias Murr, ignorant qu’il y aurait des fuites, s’était laissé aller jusqu’à dire au sujet de Michel Sleimane: “Vous croyez qu’ils l’ont choisi parce qu’il était le meilleur choix pour l’armée? Non, ils l’ont choisi parce qu’il était le pire.”

Après lui, Kahwaji, espérant devenir Président parce que maronite, et n’ayant pas la puissance populaire qui lui permettrait de le devenir par “ses propres muscles” comme on dit au Liban, a littéralement livré les soldats libanais à Daech en 2014, en acceptant de retirer l’armée libanaise d’Ersal et de laisser les terroristes partir “avec” les dizaines d’otages de l’armée libanaise et des forces de sécurité intérieure qu’ils détenaient.

D’où l’égorgement du soldat sunnite Ali Sayyed, dont l’horrible martyre, diffusé par vidéo, a poussé des jeunes à brûler le drapeau de Daech sur une place de Beyrouth. Suite à quoi le ministre islamiste Achraf Rifi a demandé pour eux “la prison et les peines les plus sévères”. Ce qui m’a poussée ce jour-là à brûler le drapeau de Daech par défi envers cette décision de Rifi: qu’il me mette en prison avec les jeunes ou qu’il les laisse tranquilles. L’opinion publique libanaise était tellement dégoûtée que mon geste était attendu et a provoqué une vague mondiale de brûlage du drapeau de Daech. Les musulmans m’ayant défendue (sauf les islamistes, bien sûr), je suis restée en vie, je ne suis pas allée en prison, les jeunes non plus, et c’est Achraf Rifi qui n’a plus eu d’existence politique à l’échelle nationale. Et il n’en aura qu’en cas d’invasion du Liban.

C’est en connaissant ce climat et en sachant comment les soldats libanais ont été trahis qu’il faut voir l’importance du changement du haut-commandement militaire au Liban. Car aussitôt Aoun arrivé au pouvoir et le commandant en chef changé, l’opération contre Daech a pu être faite et menée très rapidement à bout.

Le gouvernement libanais refusant de parler avec le gouvernement syrien, le Hezbollah avait été l’intermédiaire entre les deux afin d’obtenir le retour des otages… qui étaient morts: ce sont des cercueils qui sont revenus.

Voyant le Hezbollah s’attaquer à Nosra qui tenait Ersal et ses environs, l’armée libanaise stationnée sur place avertit son commandement qu’elle ne pouvait honnêtement pas rester laisser une milice libérer le pays et verser son sang pour lui. Pour la première fois depuis le début de l’occupation, le haut-commandement donna aux troupes stationnées là-bas, le droit de libérer le territoire. Ce fut l’opération Fajr el-Jouroud, où l’armée libanaise s’attaqua à un ennemi en position de force, au sommet de hauteurs occupées par l’ennemi le plus coriace, le plus cruel du monde, et qui ne pouvaient être atteintes qu’en grimpant sur une pente presque verticale par endroits.

J’ai donc tenu à mettre ce post pour signaler que les choses ne sont pas aussi simples que le présente à peu près tout le monde. Surtout quand un habitant du Liban sur trois est un réfugié sunnite, syrien ou palestinien, et que les grandes puissances cherchent depuis 1973 à faire éclater le Liban pour pouvoir résoudre le problème palestinien en leur donnant un Etat aux dépens du seul pays qui n’est pas “intéressant” pour l’Occident, je me demande bien pourquoi: moi, je trouve la formule libanaise très intéressante dans son essence et non dans le soi-disant “pacte” de 1943 qui est anticonstitutionnel. Qu’il se soit trouvé une majorité de musulmans au Liban pour défendre une femme seule qui a brûlé le drapeau de Daech alors que Daech se trouve à quelques dizaines de kilomètres seulement, et à faire que cette femme soit encore en vie trois ans plus tard, prouve le succès et la viabilité de l’entité libanaise. Et l’Occident peut se féliciter de ce que nous existons encore et que nous refusons de mourir en tant qu’entité multiconfessionnelle. Car c’est sur notre cadavre que passeront les islamistes sur leur route pour envahir l’Occident.

Rappel: Quand François Hollande est venu au Liban pour la première fois, il a dit qu’il venait pour visiter un camp de réfugiés syriens et voir comment faire pour que les réfugiés syriens y restent…

Face à ce genre de politique que subit le Liban depuis 1973 (cf. mes deux livres Le Liban assassiné et Du règne de la Pègre au réveil du Lion, nous sommes encore debout, nous ne haïssons personne, et nous ne voulons de mal à personne. C’est peut-être en cela que nous sommes debout.


Et un message à MM. Zemmour et autres. S’il vous plaît, cessez d’utiliser le mot “libanisation” dans le sens où vous l’entendez, car c’est faux. Il n’y a pas un endroit au Liban où il n’y ait pas des chrétiens et des musulmans qui vivent ensemble, qui s’aiment. Et on ne sait pas toujours qui est chrétien et qui est musulman.

Si les Libanais étaient le genre à être en guerre civile, ils n’auraient pas pu vivre un siècle sans émeutes et sans guerre ou massacres (entre 1861 et 1958). Et le Liban était le seul pays du Moyen-Orient à avoir cette stabilité.

Cela a changé à partir de 1958, non parce que les Libanais seraient soudain devenus des fous furieux, mais parce que l’or étranger a commencé (ou recommencé) à acheter les traîtres. Heureusement, il y a eu bien des révélations à ce sujet. Il y en a au sujet de toutes les guerres prétendues civiles au Liban. Ce sera le thème d’une partie de mon prochain livre.

Lina Murr Nehmé, 24 septembre 2018

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La tradition libanaise du moghli

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Je ne sais pas si la tradition du moghli pour fêter la venue des bébés remonte à la nuit des temps phéniciens. Quelqu’un peut-il me renseigner ? Car il est indiscutable que les bébés, à cet âge, ne mangent pas de moghli. Ils en mangent encore moins la garniture. Mais… bon… j’ai fait ceci pour les adultes, bien évidemment.

Une chose qui m’a étonnée: l’hôpital en prévoit six ou sept qu’il offre aux jeunes mamans pour leurs visiteurs des deux premiers jours. Même aux jeunes mamans musulmanes, qui sont très contentes d’en offrir quand elles ne sont pas salafistes.

Car pour les islamistes, il en est de la tradition du moghli comme il en est de celle de l’arbre de Noël. Une tradition des mécréants que nous sommes, qui leur fait pousser des cris d’orfraie si par hasard ils ont appris qu’une musulmane en a fait et offert à la naissance d’un bébé dans sa famille.

Je crois qu’ils seraient encore plus effarouchés s’ils savaient que cette tradition remonte aux Phéniciens dont ils cherchent à effacer la mémoire en prétendant que le Liban est arabe, comme s’il n’avait pas été peuplé de Phéniciens lors de l’invasion arabe.

Si le moghli est une tradition aussi ancienne (ce dont je doute vu les ingrédients), je ne demanderai pas mieux que de le leur faire savoir. Je crois qu’ils sont des fans de mes écrits et de mes apparitions télévisées, qu’ils épient avec passion.

 

Lina Murr Nehmé, 21 septembre 2018

P. S. : Voici une recette de moghli proposée par une lectrice:

Ingrédients:

1 verre de riz en poudre
8 verres d’eau
1 verre et demi de sucre
1 petite cuiller de cannelle en poudre

1 grande cuillère de carum en poudre

1/2 cuiller d’anis moulu .

Mettre le tout à froid ensemble. Laisser reposer deux heures ensuite au feu. Remuer jusqu’à ce que le mélange soit crémeux.

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Nation française et nation islamique (oumma)

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“Aujourd’hui, les définitions positives de la nation restent très contestables. Michael Walzer propose l’une des plus acceptables : “une communauté historique, liée à un lieu symbolique, instituant et révisant un mode de vie, en vue d’une autodétermination politique et culturelle”.”

(Gil Delannoi, La Nation contre le nationalisme, PUF, 2018, p. 27, citation relevée par Jérôme Maucourant).

 

Parlez de la France comme d’une nation liée à une même histoire et à une même culture, et on vous traitera de “nazi”, même si votre peau est d’un noir d’ébène. Faites le même discours en employant le mot arabe “oumma”, et on ne vous traitera pas de nazi.

Or “oumma” veut littéralement dire “nation”. L’appartenance à la oumma est un concept national à l’échelle mondiale qui est spécifiquement basé sur une culture commune, la culture islamique charriée à travers une langue commune, l’arabe. Et sur une histoire commune: celle que racontent les hadiths, la Sira, Tabari et Baladhori. Et aussi, celle des califats successifs, qui sont à la oumma ce que sont les rois à la France.

Le concept de “oumma” n’est pas géographique, mais uniquement historique et culturel (religieux). Les islamistes affirment qu’on appartient de facto à la oumma quelle que soit sa nationalité, à condition qu’on partage une même culture religieuse et une même histoire. Ils disent aussi que si on appartient à la “oumma“, il est impossible d’appartenir à une autre nation. Selon eux, le patriotisme est un crime (passible de mort).

D’après le concept islamique de oumma, tel qu’il est présenté dans le monde entier y compris en France, il est caduc, pour un Maghrébin né en France, de se dire français sur la base de sa naissance. Car l’appartenance nationale est culturelle ou historique et non géographique.

Il y a donc quelque chose de faux dans le jeu de ceux qui exigent qu’on les considère comme des Français quand il s’agit d’implémenter des éléments de charia (loi de la oumma) comme le voile en France, et non quand il s’agit d’accepter la culture et la façon de s’habiller françaises, puisqu’en arabe, “nation” est obligatoirement la communauté historique et culturelle qui inclut le vêtement, la nourriture halal, la séparation des sexes, le meurtre de l’apostat, etc.

Est-ce que par le plus grand des hasards il n’y aurait pas une toute goutte de racisme dans ce “deux poids deux mesures” ?

Lina Murr Nehmé, 19 septembre 2018

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Origine des janissaires et du devchirmé ottomans

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Un des sultans ottomans, en admiration devant la qualité combattive et militaire des chrétiens, s’était dit qu’il ne pourrait défaire les armées chrétiennes d’Europe Centrale que s’il employait des enfants éduqués chrétiens, mais islamisés.

Ce fut l’origine du devchirmé (voir notre post sur le sujet). Une fois que les Ottomans avaient enlevé le cinquième des enfants chrétiens, les petites filles étaient gardées pour la prostitution, et les petits garçons étaient gardés pour servir de soldats.

On appelait ces enfants islamisés et envoyés à l’armée “janissaires” (jeunes recrues). Evidemment, ceux qui résistaient à ce traitement mouraient. Les autres devenaient de farouches soldats, l’élite de l’armée ottomane.

Lina Murr Nehmé, 19 septembre 2018

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Tuer Mickey Mouse

Tuer Mickey Mouse قتل ميكي ماوس

En apprenant l’arabe à l’école, les enfants n’auront plus besoin de traduction pour comprendre ce cheikh saoudien, qui explique pourquoi Mickey Mouse doit être tué :

“La charia appelle la souris “la petite faiseuse de mal [fouayssiqa]” et dit de la tuer, halal ou haram. Elle dit que la Souris met le feu à la maison et est mue par le Diable. La Souris est un des soldats du Diable et est mue par lui. Si la souris tombe dans un plat de nourriture solide, il faut jeter la souris et ce qui l’a touchée. Si elle tombe dans un liquide, il faut tout jeter.

Car la souris est I-M-P-U-R-E.
D’après la charia, la souris est une créature repoussante et corruptrice. Comment croyez-vous que les enfants verront la souris après avoir vu Tom et Jerry ? Toutes les créatures qui sont repoussantes par nature, par logique et d’après la loi, sont devenues merveilleuses et aimée des enfants. Même les souris. Mickey Mouse est devenu un personnage merveilleux, même si, d’après la charia, Mickey Mouse devrait être tué dans tous les cas.”

(Le même cheikh explique dans ma vidéo “Battre les femmes”, pourquoi il faut battre sa femme et comment).

Lina Murr Nehmé, 18 septembre 2018

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الشيخ المنجد وهو يدعو لقتل ميكي ماوس. وقد تراجع في ما بعد عن هذا الادعاء عندما “قامت الصرخة”
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Sheikh Munajjid: “The sharia says calls the mouse “little corrupter” and says it is permissible to kill it in all cases. It says that the mouse set fire to the house and are steered by Satan. The mouse is one of Satan’s soldiers and is steered by him. And if a mouse falls into a pot of food, if the food is solid chuck out the mouse and the food touching it. And if it is liquid you should chuck out the whole thing because the mouse is im-pu-re. According to Islamic law the mouse is a repulsive, corrupting creature. How do you think children view mice today after Tom and Jerry? Every creatures that are repulsive by nature, by logic and according to Islamic law have become wonderful and are loved by children. Even mice. Mickey Mouse has become an awesome character even though according to Islamic law, Mickey Mouse should be killed in all cases.”

 

Hommage à Patrice Quarteron

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Champion mondial de boxe peut-être, il est tout de même champion dans un domaine bien plus important à mes yeux: le courage de la vérité.

Il est en effet la seule célébrité à avoir eu le courage, après avoir vu la vidéo montrant les faits dans l’affaire Théo, de s’excuser auprès des policiers injustement accusés de viol, disant :
“J’ai hurlé avec les loups.”

www.facebook.com/1711540449065336/videos/2082429795309731/

Il avait fait une vidéo pour les accuser ? Il a utilisé le même média pour s’excuser.

A quand le tour de MM. Macron, Hollande et autres ?

Lina Murr Nehmé, 16 septembre 2018

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Sur les traditions culinaires bédouines

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https://www.youtube.com/watch?v=YQJLUnj0UsQ

Cette vidéo m’a choquée moins que je ne m’y attendais, car on m’avait décrit ce genre de festins en Arabie, où on mange le riz à la main sans pain. Les “importants”, ceux de la table d’honneur, ont un animal complet, les autres ont des quartiers.

Un lecteur a ajouté: “En fait, dans une famille lambda, les hommes et les invités hommes mangent à même le sol (pas comme sur cette vidéo) une nappe en plastique est jetée à même le sol, où on apporte le kapsa, grand plat avec du riz et de la viande de jeune chameau ou de moutons, le maître de maison arrache des morceaux de viande à la main et les donnent aux convives, les meilleurs morceaux aux invités, ensuite une fois ce rituel accompli, chacun mange à la main le riz en faisant des boulettes dans le creux de la main et en l’envoyant en se servant de son pouce dans la bouche, ils alternent viande et riz, jusqu’à ce qu’ils soient rassasiés. J’ai oublié de vous dire, les plateaux de kapsa sont poussés de la cuisine par une femme dont on ne voit que le bras vêtu jusqu’au poignet. Une fois les repas terminé des employés hommes récupèrent les plateaux, c’est au tour des employés hommes et des enfants garçons de manger dans les mêmes plateaux, mais dans une autre pièce. Une fois fini, celà continue avec les femmes et les filles, dans une autre pièce réservée aux femmes. Qu’il reste ou non de la nourriture, que ce soit chaud ou froid, les femmes et les filles mangent les restes. Voilà les us et coutumes des repas séoudiens.”

Le plus grand poète arabe, Imre’ el-Qays (dont les vers sonnent superbement, et dont certains poèmes auraient été primés et copiés en lettres d’or pour être accrochés à la Kaaba), raconte comment, pour plaire à des filles, il égorgea sa chamelle, et comment ses larmes coulèrent abondamment en pensant à sa bête morte, car il l’aimait et il allait rentrer à pied. Et il y a ce vers auquel j’ai pensé en voyant ce festin:

“Et les vierges se mirent à se jeter sa viande, et de la graisse qui était comme les fils tordus de la frange de la soie damascquinée”

Je ne sais pas ce que valent humainement ces gens; je pense que dans ce pays, il y a des gens très bons à côté de ceux dont je parle dans mes livres. Ce n’est pas leur faute si c’est comme ça qu’ils ont appris à manger. C’est la façon de manger bédouine. On juge les gens à leurs actes et non aux traditions ou à la religion dont ils ont hérité.

Lina Murr Nehmé, 15 septembre 2018

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