Mariage à 9 ans et inceste

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Un article de magazine circule en ce moment, affirmant qu’en Iran, un père pourra épouser sa fille adoptive dès qu’elle a 13 ans. Dès le début, pourtant, nous sommes avertis que le titre est faux, et que l’homme n’est, et ne peut pas être le père de la fille. Et même, que cette nouveauté existait déjà en Iran du temps du chah: “ Avec le temps, comme le nombre d’orphelins augmentait, une loi adoptée dans les années 1970 a permis à un tribunal de désigner un adulte comme tuteur légal de l’enfant. Ce texte a permis aux parents de prendre la charge de l’enfant et de lui donner leur nom. Mais cet enfant n’était pas considéré comme légitime au sens religieux du terme, et ses tuteurs n’étaient donc pas ses parents adoptifs.” (Karim Lahidji, président de la FIDH)

Il n’y a aucune légalité à l’adoption en Iran, car aucun texte légal ne peut, dans une République islamique, contredire le Coran. Or dans le Coran, l’adoption est totalement interdite depuis que Mahomet est tombé amoureux de sa belle-fille adoptive, Zeinab bent Jahch. Des versets du Coran sont alors descendus sur lui, interdisant l’adoption[1], annulant donc les adoptions, y compris celle de Zayd ben Haritha, fils adoptif de Mahomet. La même sourate 33 ordonne à Zayd de répudier Zeinab[2], et ordonne à Mahomet d’épouser cette dernière, disant que c’est Allah qui les a mariés.

Et Mahomet, dans un hadith, affirme qu’Allah maudit celui qui se donne un nom autre que celui de son père selon la chair. Donc le tuteur en Iran ou en Arabie Saoudite n’est pas un père pour l’orpheline et ne peut pas le devenir. S’il donne son nom à l’enfant, ce sera de la même manière que le caïd, à Jérusalem, donnait son nom aux gens qui se réclamaient de lui. Là-bas, en effet, les gens qui suivent un caïd portent le nom de sa famille. Beaucoup sont ainsi appelés Husseini sans avoir de liens de parenté avec les Husseini, mais uniquement parce qu’ils les servent et se réclament d’eux. C’est le cas de Yasser Arafat, dont un des noms était Husseini en référence au plus puissant des clans de Jérusalem, la famille du mufti de Jérusalem, Hajj Amine Husseini.

Quant à la possibilité, pour un tuteur, d’épouser sa pupille, les cours iraniennes ne peuvent pas non plus apporter de changement à ce sujet, car c’est stipulé dans le Coran et le Hadith. Le mariage est possible, à condition qu’il n’y ait pas de parenté proche, et à condition que le tuteur donne assez d’argent à l’orpheline en guise de mahr[3]. Le Coran recommande ainsi au tuteur pauvre la polygamie afin de ne pas léser les orphelines riches:

« Et si vous craignez de ne pas être justes envers les orphelines, couchez [avec contrat de mariage] avec autant de femmes que vous voudrez, deux, trois, quatre, et si vous craignez de ne pas être équitables, alors, avec une seule ou avec ce que vos mains droites possèdent [les esclaves, avec lesquelles on peut coucher sans contrat de mariage]. »

Le Hadith explique ce verset coranique en disant qu’il s’agit des orphelines que leur tuteur pourrait léser s’il les épousait en leur payant un mahr insuffisant. Allah autorise donc ces hommes ne pouvant maîtriser leur passion pour l’orpheline plus riche qu’eux, à se soulager en épousant deux, trois ou quatre femmes beaucoup plus pauvres qu’elles, ou en couchant avec les esclaves.

Ce verset est tellement incompris que le mot “orphelines” est souvent traduit par “orphelins”, parce que les traducteurs n’ont pas lu le hadith qui en parle, ou s’ils l’ont lu, l’ont oublié et n’en ont pas tenu compte[4].

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Quant à l’âge de la consommation du mariage de la fille d’après la charia, il est de neuf ans, parce que Mahomet a consommé son mariage avec Aïcha quand elle avait neuf ans. C’est en tout cas ce qu’on enseigne, même en France, dans les madrassas et dans les écoles d’imams. Une femme me l’a dit à l’Institut du Monde Arabe à Paris devant une dizaine de personnes, dont des Européennes, disant même que la fille pouvait être mariée plus jeune encore, si elle avait ses règles[5].

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En Iran, l’âge minimal de la consommation du mariage, pour la fille, est de 13 ans, que son futur soit son cousin, son tuteur, ou un étranger. Bien plus choquant est le fait qu’en Arabie Saoudite ou au Qatar, la fille puisse se marier avec les mêmes… et subir la consommation de son mariage alors qu’elle a 9 ans.

Pourquoi ne le dit-on pas? Parce que l’Iran est étranglé par le blocus et ne peut pas redorer son image de marque en France, alors que l’argent saoudien, qatari et autre, continue à se déverser à flots?

Eh! bien, je vais vous dire bien pire. La charia, selon une des quatre écoles sunnites, celle de Chaféi, autorise un homme à épouser (et à consommer le mariage avec) sa fille adultérine. Sa fille, née de sa chair! Car lui et sa mère ne sont pas mariés légalement. On peut voir à ce sujet dans la vidéo ci-dessous, des discussions d’oulémas, dont la célèbre professeure à al-Azhar, Suad Saleh (à gauche) qui répète: “C’est dans Chaféi, mais nous n’avons pas besoin de le dire!”

Lina Murr Nehmé
26 septembre 2019


[1] Le Coran, sourate 33, verset 3-4.

[2] Le Coran, sourate 33, verset 37.

[3] Somme d’argent convenue entre les parents avant le mariage. En cas de divorce, la femme ne peut la garder que si le mariage a été totalement consommé avec pénétration.

[4] Pour les hadiths et les versets coraniques en question, voir Lina Murr Nehmé, L’islamisme et les Femmes, p. 114-115

[5] Voir l’ensemble de la conversation dans : Lina Murr Nehmé Fatwas et Caricatures, Salvator 2015, p. 138.

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Les femmes appâtées par l’homme

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Le 4 septembre 2016, Ornella Gilligmann et Inès Madani, commando de femmes ayant prêté allégeance à l’Etat islamique, abandonnent leur Peugeot 607, en warnings, à deux pas de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le véhicule contient six grosses bonbonnes de gaz aspergées de gasoil. Il est 3h45, et il aurait dû y avoir une tragédie, vu l’affluence à cette heure et en ce lieu. Mais un problème à l’allumage empêche le véhicule de s’embrase et d’exploser. Elles s’enfuient et logent chez une troisième fille, Amel Sakaou, au 7, rue Jean Moulin à Boussy.. La police trouve, sur les murs du salon, des allégeances à Daesh. Sur la table, des produits permettant de fabriquer des cocktails Molotov. Comme il s’agit d’un attentat-suicide, Amel a laissé, sur le miroir de la salle de bain, “une inscription digne d’un film d’horreur” selon l’agent qui a fait la perquisition : elle a dessiné au rouge à lèvres un cœur surmonté des mots “Maman vous aime”.

Quel grand amour!

Inès perd son sac durant sa fuite. il contient un serment d’allégeance au calife Baghdadi, et les mots : “Je vous attaque dans vos terres afin de marquer vos esprits et vous terrorisez (sic).” Puis : “L’islam sera victorieux”.

Elles sont rejointes par une autre femme, Sarah Hervouët, qui a été la promise de Larossi Abballa, le djihadiste qui a tué un couple de policiers à Magnanville] puis d’Adel Kermiche, qui égorgea le Père Hamel alors qu’il allait célébrer sa messe à l’église de Saint-Etienne du Rouvray. Elle veut se rendre utile “à sa communauté”, et, poussée par le djihadiste Rachid Kassim, rejoint la région parisienne en train, dans la nuit du 7 au 8 septembre. Rachid Kassim est un Français passé à l’Etat islamique, qui l’emploie comme recruteur sur Internet à partir de la Syrie ou de l’Irak. “Ce n’est que par son intermédiation que ces trois femmes se rencontrent”, affirme le policier.

Rachid Kassim, le cerveau derrière la réunion de ces dames au couteau. Capture d’écran Daesh, prise à l’instant où, dans la vidéo, il s’adresse à son ex-Président, François Hollande.

Mais Inès et Amel se méfient de Sarah, qui est pourtant venue avec le désir de “mourir en martyre”. Elles déshabillent, la questionnent, la tiennent en respect avec des couteaux, détruisent son iPhone où elles trouvent un contact intitulé “DGSI”.

Mais les choses ne se passent pas comme le désirent les trois femmes. Alertées de la présence de policiers à la gare de Boussy, Inès, Amel et Sarah sortent vers 19 heures pour se faire tuer. Toutes sont armées de couteaux de cuisine. Deux d’entre elles portent le jilbab, la troisième est en survêtement avec casquette. L’une d’elles poignarde à l’épaule un policier en planque, à travers la vitre ouverte de sa voiture. Puis elles s’enfuient, D’autres agents en faction les poursuivent. Amel est figée par une arme de service, puis hurle “Allahou Akhbar” pendant qu’on l’interpelle. Inès sort sa lame de 20 centimètres et menace deux policiers. Elle est stoppée par quatre tirs de pistolet.

Voilà les femmes que l’on juge en ce moment. Jugez de leur liberté féminine, toutes ayant été pilotées de loin par un terroriste payé par Daesh. Et que serait-il arrivé si elles avaient vraiment brûlé Notre-Dame ou une partie de la foule attroupée devant le parvis, dans l’espoir de gagner un paradis djihadiste?

L’enseignement des islamistes polis comme Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur, a fabriqué une génération réceptive à l’enseignement d’islamistes plus durs, notamment, ceux de Daech. On en voit le résultat une génération plus tard. Lisez Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur: Ce qu’ils cachent, pour comprendre pourquoi. Dans l’espoir de ralentir, sinon d’arrêter la course qui nous envoie à toute vitesse cogner un mur.

Lina Murr Nehmé,
Mercredi 25 septembre 2019

Lina Murr Nehmé, “Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur: ce qu’ils cachent” (Salvator 2017). Pour décortiquer le contenu occulte de mots apparemment anodins.
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Incendie de Notre-Dame et paradis djihadiste

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Vous souvenez-vous de cet attentat aux bonbonnes de gaz projeté par des filles contre Notre-Dame de Paris ? Ces filles sont actuellement jugées. Quelle sera la sentence ? Pas grand-chose, on peut en être sûr. À terme du moins.

L’attentat projeté par ces filles n’a pas réussi, il n’a même pas abouti. Et s’il avait réussi ? Et s’il avait abouti et avait incendié Notre-Dame? Gageons qu’on aurait parlé dès la première heure d’un incident de chantier !

Il est criminel de se taire face à cette multiplicité d’attentats, sous prétexte que ce sont des attentats contre des chrétiens (ou des juifs). Car s’il s’était agi d’une mosquée, se serait-on tu ? Dans mon livre L’islamisme et les Femmes, j’ai donné des exemples: quand des tags sur une mosquée ont ému tout le monde politique du pays, alors que la profanation de l’église voisine, l’étendard islamique sur son toit et les tentatives répétées d’assassinat du curé, n’ont presque pas été mentionnés. Dites-moi ce qui est le plus important: une vie humaine ou un mur ? Et quand on cherche à brûler Notre-Dame durant le jour, comme comptaient faire ces filles, ne sont-ce pas des dizaines, parfois des centaines de vies humaines qui sont en jeu ?

Le laxisme du pouvoir n’est pas seulement criminel envers les vicitmes, qu’il s’agisse d’édifices ou de personnes. Il est également criminel envers les coupables. Ce laxisme est un véritable encouragement au crime. D’ailleurs, oublions les victimes. Supposons que les chrétiens et les juifs soient des riens, et qu’il soit juste de pleurer davantage sur le climat que sur une Sarah Halimi ou sur l’assassinat d’un professeur, ou encore sur la tentative d’assassinat d’un curé. Supposons que ceux-là n’aient pas de valeur, qu’ils soient des citoyens de seconde zone. Est-ce que la vie du terroriste ou d’un autre criminel, n’est pas ruinée parce qu’il a vu, ou cru que la loi ne serait pas appliquée si la victime, ou l’édifice ciblé, était chrétien ou juif ?

Sarah Halimi, retraitée assassinée à Paris aux cris d’ “Allaou akbar!”
John Dowling, professeur d’anglais assassiné à Courbevoie aux cris d’ “Allaou akbar!”

Je n’ai pas oublié Sarah Halimi, tuée aux cris d'”Allahou Akbar!”. Je n’ai pas oublié John Dowling, le professeur d’anglais tué à Courbevoie aux cris d'”Allahou Akbar!” aussi. Et si j’estime qu’il faut être débile pour commettre des crimes pareils, je pense que la cour qui ne les châtie pas est la première criminelle. Car la loi a été établie pour servir de parapet, pour protéger le criminel lui-même contre ses propres instincts, avant de protéger la société. Car c’est lui, la première victime. Que son attentat réussisse ou échoue. C’est lui dont la vie est ratée. Et dites-moi, on a promis aux garçons djihadistes d’aller dans un paradis où il y a des houris s’ils sont tués au djihad. (Encore que je n’aie jamais entendu parler d’un homme qui soit revenu pour le confirmer.)

Et aux filles djiadistes qui se font exploser, qu’a-t-on promis? Le savez-vous, mesdemoiselles? On vous a promis que vous auriez un palais de pierreries et des servantes houris; mais je crois qu’on ne vous a pas dit ce que ces messieurs prédicateurs disent aux hommes (Only for men): “Votre cher mari, seigneur et maître sur terre, passera son temps à vous tromper avec les houris vos suivantes !”

Excusez-moi, mais comme vous êtes sottes !

Lina Murr Nehmé,
mardi 24 septembre 2019

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Tragique printemps arabe saoudien

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Le printemps arabe saoudien finit dans les décapitations. Pour avoir participé en 2011 à une manifestation alors qu’il avait 17 ans, le Saoudien chiite Ali Muhammad Baqer al-Nimr a été jeté en prison, et condamné à la décapitation et au crucifiement, et à avoir ensuite son corps exposé publiquement jusqu’au pourrissement de ses chairs. Et ils parlent de droits de l’homme.

الربيع العربي السعودي ينتهي بالأشلاء. هذا الشاب السعودي، علي محمد باقر النمر في السجن وينتظر تنفيذ حكمه، أي قطع رأسه، ثم صلبه وتركه على الصليب حتى اهتراء جسده. جريمته فظيعة: فقد شارك في تظاهرة سنة ٢٠١٧ وهو في عمر ال١٧. والعالم يتكلم بحقوق الإنسان

Lina Murr Nehmé, 11 avril 2017.

www.facebook.com/linamurrnehme/photos/a.1569102826655937/1935536923345857

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Le Bakchich islamique

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J’ai choqué beaucoup de monde en disant que le bakchich était légal du point de vue religieux islamique.

Pour justifier le bakchich, en effet, les puissances islamiques se servent du verset coranique suivant:

Je ne parle évidemment pas de mon point de vue ni de celui des personnes qui rejettent le bakchich, mais bien du point de vue des oulémas et de leurs textes de référence.

“Les aumônes sont pour les pauvres; pour les indigents; pour ceux qui prélèvent ces aumônes et les distribuent; pour ceux dont les cœurs sont à rallier; pour l’affranchissement des esclaves; pour la voie d’Allah [mot synonyme de djihad dans le Coran]; pour le passant. Tel est l’ordre d’Allah!” (Coran, 9, 60)

Ce verset du Coran désigne le partage des aumônes en huit, une de ces parts étant réservée au bakchich. Ce verset est descendu lorsque Mahomet a, après la bataille d’Honein, offert des cadeaux de 100, ou même 300 chameaux (chaque chameau égalant 10 moutons quand il faisait le partage du butin), aux riches Mecquois qui n’en avaient pas besoin, privant les pauvres de Médine qui s’étaient battus et ne l’avaient pas quitté.

Depuis, le huitième des aumônes est consacré au bakchich. En fait, cette somme est gardée à la discrétion du chef, qui peut décider, comme après la bataille d’Honein, de priver les pauvres pour essayer d’acheter un riche chrétien pour qu’il trahisse sa communauté. C’était très fréquent, et ce l’est encore. La politique des chefs de l’Arabie Saoudite, qui consiste à payer les politiciens libanais pour qu’ils trahissent le pays, au lieu d’améliorer la condition des pauvres d’Arabie Saoudite (beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit!), est ce qu’il y a de plus orthodoxe. Leurs oulémas la justifient par ce verset, dont voici l’explication officielle par Ibn Taymiyya, l’ouléma le plus influent aujourd’hui, à cause de la propagande saoudienne, de celle des Frères Musulmans, et de celle des organisations islamistes. Ils occupent l’essentiel du paysage religieux médiatique.

Lina Murr Nehmé: Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur: Ce qu’ils cachent, Salvator 2019, p. 24

Pour plus d’explications, mes critiques ponrront se reférer à la compilation que le professeur de droit islamique Sami Aldeeb​ a faite, non seulement de l’ouléma que je cite, Ibn Taymiyya (qui est aujourd’hui le plus influent), mais de dizaines d’autres, dans son livre intitulé “Zakat, corruption et jihad, Interprétation du verset coranique 9:60 à travers les siècles”.

www.amazon.fr/Zakat-corruption-jihad-Interprétation-coranique/dp/151700120X

L’interprétation que font ces oulémas, après tout, est basée sur l’exemple donné par Mahomet, d’après les textes officiels. On peut contester ces textes, et des personnes très respectables le font; mais dans ce cas, que faire du verset coranique qui dit: “Vous avez dans l’Apôtre d’Allah un excellent exemple à suivre?” ou de celui qui dit: “Celui qui obéit à l’Apôtre (Mahomet) obéit à Allah”? Comment obéir à Mahomet si on ne reconnaît aucun texte transmettant ses ordres? Comment l’imiter si on ne reconnaît aucun texte racontant comment il vivait?

Voilà un dilemne que je ne peux pas résoudre. Et franchement, je ne me serais jamais attaquée à ce sujet s’il n’avait servi à tuer, à asservir, non seulement des personnes, mais des communautés entières. Très exactement, je ne me serais pas emparée publiquement de ce sujet s’il n’y avait pas eu le massacre de Charlie et la nécessité d’expliquer les textes pour que les gens comprennent que ce ne sont pas les musulmans qui sont à blâmer, ni même les terroristes, mais les textes et ceux qui les répandent et les imposent. Je suis désolée de peiner tant de monde: mais si je me tais, les autres continueront à tuer et à tromper.

Lina Murr Nehmé, le 16 septembre 2019

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La taqiya du Dr Al-Issa (vidéo)

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Solidarité avec Ensaf Haidar et Raif Badawi. 

Mohammed Al-Issa, invité mardi 17 septembre 2019 à Paris, est le ministre saoudien de la Justice qui a fait condamner Raif Badawi à mille coups de fouet en 2015. Maintenant qu’il est secrétaire général de la LIM (Ligue Islamique mondiale), il parle d’ouverture et de modération. On lit sur le site de la LIM:

“Nous nous engageons à inviter tous les pays à se concurrencer dans le domaine du bien pour l’ensemble de l’humanité, pour parvenir à une justice sociale entre ses composantes et à œuvrer pour une meilleure société humaine.”

Pour vous permettre de comprendre le sens occulte de ces mots, Lina Murr Nehmé vous explique dans cette vidéo quels sont les buts de la Ligue Islamique mondiale, quels sont ses rapports avec la famille Ramadan qui implanta les Frères Musulmans en Europe, et avec le roi Fayçal, qui provoqua le choc pétrolier de 1973 et utilisa ensuite l’argent à financer l’islamisation de l’Occident.

Une manifestation est prévue sur place pour protester contre les atteintes aux Droits de l’homme et le principe de ce colloque en France, qui bafoue la mémoire des victimes de l’islamisme, organisée par Zineb et Ensaf Haidar, épouse de Raif Badawi. Un sit-in doit avoir lieu dans la soirée.

Lina Murr Nehmé, 16 septembre 2019

Kahina Bahloul, première “imame” de France ? (vidéo)

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Le Fatah-el-Islam et la bataille de Nahr el-Bared

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En 2006, dans un camp palestinien au Nord-Liban, le Nahr-el-Bared,
l’organisation Fatah-el-Islam fit scission du groupe Fatah-el-Intifada,
qui avait lui-même fait scission du Fatah de Yasser Arafat en 1983.

Le Fatah-el-Islam était une organisation palestinienne de type al-Qaïda ou Daesh, et comme elles, elle recrutait des djihadistes de partout et grandissait à toute vitesse. Son but déclaré était de libérer Jérusalem par l’islam, et en vue de faire le djihad contre Israël et le Liban, elle avait constitué un noyau d’État islamique, et appelait son chef émir, c’et-à-dire “commandeur”.

Les Américains et les Saoudiens étaient revenus à la même stratégie employée au temps d’Oussama Ben Laden : financer et aider des moudjahidine islamistes, dans le but de faire une guerre par proxy. En l’occurrence, ils voulaient les utiliser contre le Hezbollah. Ils aidaient et finançaient le Fatah-el-Islam, par l’intermédiaire de certains membres du gouvernement de Siniora. C’est du moins ce que dit un des ministres de ce gouvernement au journaliste Seymour Hersh.

L’argent venant à manquer, le Fatah-el-Islam
braqua une banque et se servit. Les services de Sécurité intérieure,
alors dirigés par le général Achraf Rifi, firent une descente dans un
appartement d’une rue cossue de Tripoli, et arrêtèrent des membres du
Fatah-el-Islam.

L’armée libanaise n’en fut pas informée, et elle
ne prit pas de mesures spéciales. Le 20 mai, le Fatah-el-Islam égorgea
dans leur sommeil vingt soldats libanais, dont un officier; certains
d’entre eux furent éborgnés.

Le Premier ministre Siniora, qui
soutenait le Fatah el-Islam, ne voulait pas que l’armée libanaise
attaque le camp de Nahr el-Bared. Mais l’armée alla camper autour de ce
camp, et mit une semaine à en évacuer les civils, même ceux de l’ennemi.
Elle eut deux morts et plusieurs blessés. Les Palestiniens eurent
encore plus de morts dans l’opération, car les terroristes tiraient sur
eux davantage que sur les Libanais.

La bataille fut très longue
et très difficile avec, chaque jour, des révélations d’épouvante. Trois
mois plus tard, le 3 septembre, les soldats rentrèrent après avoir perdu
cent soixante-huit compagnons dans la bataille. Et Israël put se
réjouir, parce que si l’armée libanaise n’avait pas gagné cette
bataille, le Fatah-el-Islam aurait rapidement été dans tout le Liban, et
combattant à la frontière d’Israël.

Après tant d’angoisse, les soldats libanais reçurent de la population de ville en ville, et même sur l’autoroute, un accueil tel… qu’ils mirent plus de dix heures à traverser les 84 km qui séparent Tripoli de Beyrouth.

Lina Murr Nehmé, 3 septembre 2019

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L’Arabie et les droits de l’homme

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En mai 2015, les Saoudiens ont annoncé qu’ils présentaient leur candidature pour la présidence de la commission des Droits de l’Homme à l’ONU. J’ai cru à une blague. 

Mais c’était vrai ! 

En écrivant L’islamisme et les Femmes j’ai découvert l’abîme de veulerie qu’il a fallu pour leur accorder cela. Figurez-vous que les Saoudiens ont obtenu cette présidence sur la base d’un texte par lequel ils s’engageaient à faire telle et telle réforme… 

Mais à la fin du texte, Abdallah écrivait que le document était valide “sous réserve que cela ne contredise pas la charia”!

Lina Murr Nehmé, 4 septembre 2019

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Le tueur de Villeurbanne (vidéo)

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L’article, pour rappel :

Le samedi 31 août 2019, à Villeurbanne, un Afghan frappe une dizaine de personnes devant un arrêt de bus. Il a un pic à barbecue et un grand couteau. Un barbu parvient à l’amadouer en lui disant quelques mots, et il lui serre la main. 

Arrêté, il se présente à la police avec deux identités différentes, et trois dates de naissance. Malgré cela, il paraît que cet Afghan a obtenu une carte de séjour en France. D’après ce qu’il a dit aux enquêteurs après la tuerie, il s’appelle Sultan Marmed Niazi, et il est né en 1986 en Afghanistan.

Il avait donc dix ans lorsque les Talibans ont pris l’Afghanistan, et il a subi leur éducation religieuse obligatoire durant six ans au minimum : de 1996 à 2001 inclus. En fait, il a subi cette éducation bien plus longtemps, car il est un Pashtoune. Les Pashtounes sont une ethnie qui peuple les montagnes à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. Les Talibans afghans, et notamment leur chef, le mollah Omar, sont des Pashtounes, et ce sont eux qui ont fait de l’Afghanistan un sanctuaire pour al-Qaïda. Ils imposent leur enseignement islamiste sur tout le territoire afghan depuis 1996, mais ils l’ont imposé dès 1994 dans leur territoire. Et après la guerre conduite par les Américains en Afghanistan qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001, les talibans ont gardé une certaine force dans leurs montagnes, notamment grâce aux talibans pakistanais. De toute façon, l’enseignement dans les madrassas, qui est souvent financé par l’Arabie Saoudite, n’a pas changé. 

Quoi qu’il en soit, Sultan Marmed Niazi a subi l’influence des Talibans durant sa jeunesse — les années où il était le plus fragile. Il a appris que les femmes ne doivent pas sortir, sans quoi il faut les battre ou leur jeter de l’acide. Il a appris que les hommes doivent porter la barbe, sans quoi ils sont mécréants. Il a appris que si un musulman ne fait pas ses cinq prières, il faut le tuer. Il a appris que si n’importe qui critique Allah, Mahomet ou le Coran, il faut le tuer. Il a appris que si on critique la décision de tuer un blasphémateur, ou si on critique les terroristes qui ont commis la tuerie de Charlie Hebdo, on est un ennemi d’Allah et on doit mourir.

Par ailleurs, Niazi ne se sent pas un bon croyant. Ça le tarabuste. Il a dit aux enquêteurs qu’il était anxieux à l’idée de ne pas bien suivre sa religion. Que faites-vous quand vous êtes anxieux ? Vous sortez, vous donnez un coup de fil, vous voyez quelqu’un, ou vous pillez votre réfrigérateur et vous grossissez. 

Et si c’est votre religion qui vous rend anxieux, vous irez probablement satisfaire votre conscience en faisant des actes de charité : vous faites une aumône, vous nourrissez un clochard, vous aidez une vieille femme embarrassée dans ses paquets, ou autre chose.

Mais Niazi ne peut pas soulager son angoisse religieuse en faisant des actes de charité. Les talibans lui ont appris que si le djihad a été déclaré, la première des bonnes actions, c’est de nettoyer la terre des mécréants pour faire régner l’islam. Or Oussama Ben Laden a promulgué une fatwa disant de tuer les chrétiens et les juifs dans le cadre du djihad. Et cette fatwa est suivie par les talibans. Donc Sultan Marmed Niazi sent qu’il doit tuer les blasphémateurs et les athées. Au foyer dans lequel il vit, il frappe justement ses compagnons réfugiés avec des chaises. Mais ce jour-là, il décide de tuer dans la rue, là où il y a des mécréants. 
Il explique ses raisons en disant aux enquêteurs qu’il a « entendu dans l’après-midi des voix insulter Dieu et lui donnant l’ordre de tuer ». Les psychologues qui l’ont examiné en ont conclu qu’il était dans « un état psychotique envahissant avec délires paranoïdes à thématiques multiples dont celles du mysticisme et de la religion ». 

Il y a pourtant bien eu, en France, des gens qui ont tué parce qu’ils avaient pris du cannabis. Ils n’ont pas crié « Allahou Akbar ». Ils n’ont pas dit que les gens qu’ils tuaient ne lisaient pas le Coran. Ils ne s’étaient pas dits investis par la divinité pour tuer des blasphémateurs.
Les enquêteurs ne se rendent peut-être pas compte qu’à force de haïr les mécréants, un homme éduqué par les Talibans peut vivre dans une telle tension nerveuse en France, qu’il en arrive à la paranoïa. Si un pupille des Talibans vit en France, il trouvera tout blasphématoire. 
Ensuite, quelle est la nature de ces voix entendues par Niazi ? Ce ne sont pas nécessairement des voix éthérées venant de l’au-delà. Ou alors, elles parlent de façon étonnamment semblable aux voix terrestres. Niazi a déjà tellement menti au sujet de son identité et de son âge, qu’on n’est pas obligé de le prendre au mot et de croire qu’il a des troubles psychologiques parce qu’il parle de voix. En tout cas, les voix qui insultent Allah peuvent très bien avoir été entendues par la fenêtre, dans la rue, à la télévision, ou sur les réseaux sociaux. 

Pour un homme éduqué par les talibans, le simple fait de défendre la laïcité ou l’acquittement d’Asia Bibi, ou encore, les victimes de la tuerie de Charlie Hebdo, est une insulte à Allah. On lui a enseigné qu’on est blasphémateur si on critique la loi anti-blasphème, car cela revient à critiquer la charia. La personne qui le fait doit donc mourir. De là à raconter aux inspecteurs qu’une voix lui a dit de tuer, comme le fait Niazi, pourquoi pas ? La voix qui lui a dit de tuer peut très bien être celle d’un ouléma qu’il a entendu prêcher dans une vidéo, ou dans une mosquée. Il y en a tellement, de ce genre de voix. Et lui, Afghan pachtoune, comprend les langues dans lesquelles ce genre de sermons sont le plus souvent prononcés et enregistrés.
En tout cas, il y a eu la mort d’un jeune homme. Quand l’Administration impose aux Français des réfugiés éduqués par les Talibans, elle a la responsabilité de les surveiller pour s’assurer qu’ils ne viendront pas mettre en pratique, en France, ce que leur ont appris les Talibans en Afghanistan, quand ils étaient petits. 

Parler de troubles psychotiques permet à l’Administration de camoufler sa négligence. Il est bien facile de mettre une tuerie sur le dos de la maladie. Ainsi, on ne parle plus de radicalisation. Mais alors, que dire des frères Kouachi, les assassins de Charlie Hebdo ? Que dire de Coulibaly ? Ils ont fait la même chose que Sultan Marmed Niazi, et ils n’étaient pas psychotiques pour autant. Mais ils avaient quelque chose en commun avec Niazi : ils avaient lu les mêmes livres que lui, et écouté les mêmes sermons, les mêmes « voix » que lui.

Lina Murr Nehmé

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