Category Archives: Syrie

A Paris, un slogan du “Printemps arabe”

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Apparition, sur les murs de Paris, des slogans du “Printemps arabe” Traduction: “Le peuple veut la chute de régime. L’Etat a vite réagi au karcher, mais entre-temps, plusieurs personnes avaient eu le temps de prendre des photos et de les publier.

Un graffiti n’engage à rien: il suffit d’un seul pour en mettre. Mais un graffiti est une publicité, il se voit, il se lit, il se raconte, il se répète. Avant que les foules tunisiennes ne scandent ce slogan, il a bien fallu que quelqu’un l’invente et l’enseigne aux autres.

On nous a servi ce slogan au Liban, durant les manifestations réclamant le ramassage des ordures. Mais au Liban, ça n’a pas marché : on ne voulait pas de la chute du régime, c’est-à-dire du système démocratique. On avait entendu ce slogan en Tunisie, en Egypte, en Syrie, et partout, il avait été suivi des pires malheurs, le soi-disant “Printemps arabe”.

L’apparition de tels slogans n’est jamais à sous-estimer, car ce ne sont pas les Français qui les importent. Déjà, le slogan “Dégage” (qui est la mauvaise traduction de “Irhal“, qui veut dire “Pars”), a été importé en France, et certainement pas par les petits retraités français qui voyaient les foules tunisiennes, égyptiennes ou syriennes le scander sous les balcons de Ben Ali, de Moubarak et de Bachar Assad. Avant le Printemps arabe, les manifestants scandaient en France : “Démission”, ils ne disaient pas “Dégage”. Le mot “Dégage” ne peut pas s’appliquer à la France, où un Président ne s’incruste pas vingt ans comme Moubarak en Egypte. Il n’est pas besoin de lui dire de partir, il suffit qu’il démissionne.

Ces deux slogans sont extrêmements contagieux : ils ont commencé en Tunisie (1), puis en Egypte, puis en Libye, en Syrie, au Bahreïn, au Yémen. On a même tenté de nous servir le second au Liban, comme je l’ai dit.

Ce qui m’inquiète, c’est que la télévision satellitaire al-Jazeera, financée par le Qatar, s’y intéresse et bourre la tête des musulmans français et surtout non-français qui la regardent. Elle ose parler d’un “Printemps parisien”. Or c’est elle qui a fabriqué les “printemps arabes” en Tunisie, en Egypte, en Syrie. Elle s’est livrée à un battage, à un pilonnage médiatique qui frisait le lavage de cerveaux. Elle avait serré un tel étau autour de ses journalistes que les chefs, Ghassan Ben Jeddou et Michel Kik, ont démissionné. Alors il n’y a plus eu de frein à Al-Jazeera.

Addendum : En tout cas, certains sont ravis de cette photo.

 

Lina Murr Nehmé, 2 décembre 2018

 

(1) Pour les détails concernant l’origine des émeutes en Tunisie, voir le chapitre consacré à ce sujet dans L’Islamisme et les femmes.

Import-export : des armes contre des réfugiés

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

On ne voit pas les choses comme ça quand on applaudit aux contrats de ventes d’armes. Ou quand Fabius disait: “Daech fait du bon travail”.

J’ai récemment rencontré un Syrien ayant fui de l’est de la Syrie en me disant: “Je suis chrétien, je ne peux pas rester là-bas.” En fait, vu son nom, il était un musulman converti.

Comment résoudra-t-on l’équation “vente d’armes à des puissances comme l’Arabie Saoudite = guerre contre les minorités = réfugiés ?

Au Liban, pays qui ne vend pas d’armes et n’a pas les moyens d’en acheter pour faire face à ses ennemis, la réalité est bien plus tragique: un habitant du pays sur trois est un réfugié syrien ou palestinien. Et ils sont “sunnites”, pour bien changer la démographie du pays. Car les réfugiés chrétiens, on ne nous les envoie généralement pas: l’Australie les veut bien; la Suède demande des syriaques. Et le Liban sert de dépotoir international. On nous a imposé les pires chefs de bandes comme ministres dans les années 1980, et maintenant, ils bloquent le pays pour empêcher les chrétiens électoralement forts d’arriver ou de faire représenter la communauté chrétienne au Conseil des ministres. Et ils se bagarrent pour des affaires de contrats concernant les ordures, au lieu d’entreprendre un projet de recyclage.

Lina Murr Nehmé, 15 octobre 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Silence occidental sur le massacre et l’esclavage des chrétiens d’Orient

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

© Lina Murr Nehmé, L’Islamisme et les femmes, Salvator, 2017

En Orient, Daech a commis ses massacres et ses viols en plein jour, tuant tantôt des chiites ou des sunnites (et en diffusant les vidéos), tantôt des alaouites, tantôt des chrétiens et des yazidis.

litiqueur une raison ou pour une autre, l’Occident n’a pas entendu parler de toutes ces catégories humaines massacrées. Il n’a entendu parler que des yazidis. Et quand Irbil était encerclé, puis ravagé, personne n’a raconté, en Occident, qu’il y avait des villages chrétiens et pas seulement des villages yazidis ou musulmans. Seuls le savaient ceux qui étaient en contact avec ces villages.

Et les femmes et les enfants des victimes, tant chrétiennes que yazidies, ont été vendus ou prostituées.

Mais il y a un racisme dans l’information à destination du public occidental, information qui doit avoir aussi ses raisons politiques, car cela dure depuis le début de la guerre du Liban. Est-ce que les chrétiens sont d’une race inférieure, qu’on ne les mentionne pas quand ce sont eux qui sont victimes ?

Ainsi, l’Occident politique et médiatique n’a parlé que des yazidis, ignorant de façon presque systématiquement les massacres et l’esclavage qui frappaient les chrétiens.

Il faut revenir à la propagande de Daech et à sa liste des prix minimum auquel un moudjahid a droit de vendre une esclave “chrétienne” ou “yazidi” (voir photo supra) pour savoir que les chrétiens étaient également massacrés en cas de résistance — car eux aussi résistaient, ils n’étaient pas des fuyards — et que leurs femmes étaient également violées et vendues.

Lina Murr Nehmé, 7 septembre 2018

 

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

La guerre du Liban n’est pas une guerre civile

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Une chaîne de télévision française a diffusé une série télévisée montrant les Libanais repentants. Je ne l’ai pas vue, j’ai trop de travail à faire, mais une amie m’a appelée hier la nuit, toute émue, pour m’en parler.

Je lui ai rappelé que la guerre du Liban a été décidée par les grandes puissances, et que cela, elle le savait depuis le début pour avoir été au Liban au début de la guerre. Les grandes puissances qui voulaient plaire à l’Arabie Saoudite pour cause de pétrole. Elle a reconnu que oui, c’était vrai, et que dans la série cela n’avait pas été mentionné.

Je lui ai rappelé que ces grandes puissances ont acheté les puissances locales (OLP, Syrie), en leur promettant des petits bouts de Liban. Cela aussi, elle le savait: tout le monde l’a su à un moment ou à un autre de la guerre. Il suffisait de suivre l’actualité (voir Lina Murr Nehmé, Le Liban assassiné et Du Règne de la pègre au réveil du Lion, Aleph et Taw, 2009 / 2011).

Ensuite, ces petites puissances ont acheté les petits ambitieux libanais qui, n’étant pas populaires de façon naturelle, avaient besoin d’argent pour s’acheter des partisans et leur rendre les services sociaux que l’Etat ne leur rendait pas: Joumblatt, Berri, Geagea…

Tant qu’aucun de tous ceux-là, qui sont les plus connus, n’a été mentionné, dites-vous qu’il y a mensonge par omission, et que ce mensonge fausse tout, car il donne l’impression que les miliciens se sont rués les uns sur les autres de leur propre volonté. C’est comme si on vous montrait un spectacle de marionnettes et qu’on vous disait de croire qu’elles agissent toutes seules et que personne n’en tire les ficelles par-derrière.

Ou comme si on vous montrait des quatrièmes violons de la pègre sicilienne ou newyorkaise pleurant leurs crimes, sans vous dire qu’ils ont été payés par quelqu’un qui ne pleurait nullement et qui était payé par un parrain qui payait et décidait de tout, et qui, lui, se marrait.

Lina Murr Nehmé, 28 août 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

 

L’islamisme mondial a flambé sur le cadavre du Liban

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Ionesco faisait remarquer qu’il valait mieux avoir été de gauche durant la Deuxième guerre mondiale, et de droite dans les années 1970, soit la guerre du Liban. Mais la plupart des gens ont été de droite sous Hitler, et de gauche sous Khrouchtchev.

Hier, un curé a fait lire parmi les intentions de prière (je cite de mémoire): “Prions pour les chrétiens de terre sainte: ceux de Palestine, de Jérusalem, de Syrie, d’Irak, les premiers où sont allés les Apôtres”.

Drôle de notion d’histoire et de géographie que de mettre dans une même terre la Palestine-Israël et l’Irak, et en soustraire le Liban.

Mais “Pour beaucoup de personnes, dit Léon Blum, il y a deux sortes de sang.” Et Emmanuel Berl d’ajouter: “Faut-il admettre que la terre boit en silence celui [le sang] qui est répandu par les personnes qui vous plaisent, au nom des doctrines qu’on préfère, et que l’autre rejaillit vers le ciel, pour lui réclamer en retour le sang des rouges au temps de la terreur blanche, le sang des blancs au temps de la terreur rouge ?”

C’est parce que le sang des chrétiens du Liban n’a pas la même valeur que celui de ceux qui les tuaient, qu’on n’a pas connu les chiffres à ce sujet en Occident. Qu’on n’a pas n’a su que le Liban a été vendu pour que la Syrie accepte de participer à la guerre du Golfe, afin qu’on puisse dire qu’il y avait une “unanimité arabe” contre l’Irak.

La photo (ci-dessus) montre les soldats syriens occupant le palais présidentiel libanais en 1990. C’était à l’époque Hafez Assad. Le monde était avec lui, et contre le Liban, il y eut la seule unanimité mondiale de l’histoire. Car ce fut la seule fois où il y avait une seule superpuissance. C’est à cette occasion que le cardinal Lustiger a dit à la télévision: “Je demande pardon aux chrétiens du Liban au nom des chrétiens de France.”

Et moi, je disais : “Ne pleurez pas sur nous, pleurez sur vous et sur vos enfants, car s’ils nous ont ainsi traités, nous qui leur avons fait du bien, comment vous traiteront-ils dans vingt ans, vous qui les avez massacrés en Irak ?”

Aucun chrétien de tout le Moyen-Orient ne serait massacré aujourd’hui si les chrétiens du Liban n’avaient pas été vendus pour du pétrole. Car c’est sur le cadavre du Liban qu’a flambé l’islamisme mondial.

Les chrétiens de tout l’Orient le savent. Lors du voyage en Syrie de M. Mitterrand, le patriarche grec-orthodoxe Hazim, Syrien dont le siège était à Damas, lui dit: “Votre rôle, monsieur le Président de la République française, c’est d’aider à sauver le Liban. Le sort des
chrétiens de tout l’Orient est lié au sort des chrétiens du Liban.”

M. Mitterrand lui répondit: “En ce qui concerne le Liban, vous avez la Syrie.”

(Entrefilet tiré de mon livre Du Règne de la Pègre au Réveil du Lion, Beyrouth, éd. Aleph et Taw, 2008. Photo Sipa.)

Lina Murr Nehmé, 26 août 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Attentat de Soueida : pourquoi Daech s’en prend aux druzes

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Parlant de ce massacre de Soueida, qui a fait un grand nombre de victimes druzes, certains ont dit: “Bah! les druzes tuent les chrétiens”. Il faut mettre quelques points sur les i.

Le massacre des chrétiens de Damas, en 1860, a été commis par des sunnites. Il a commencé après le massacre des chrétiens du Liban par les druzes, mais ceux-ci étaient des mercenaires à la solde des autorités ottomanes, comme l’ont reconnu les grandes puissances (voir mon livre: Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique). Et une partie des druzes n’avait pas participé au massacre des chrétiens du Liban.

La communauté druze au Liban est divisée en deux partis fortement opposés, qui s’entretuent à l’occasion (voir les révélations que j’ai traduites dans le même livre). Les Joumblatt, d’origine sunnite, ne sont pas reconnus par la communauté druze, qui les considère comme des intrus.

Enfin, il y a quelques années, Joumblatt a décrété à la télévision la mort de tous les druzes de Syrie parce qu’ils soutiennent le régime (j’ai la vidéo.) Donc il n’est pas possible de dire, au sujet des druzes syriens, qu’ils tuent les chrétiens syriens, puisqu’ils sont dans le même camp.

Non: ce massacre de Soueida frappe toutes les minorités de Syrie, et à terme, vise toutes les minorités du Levant. Le but de Daech et de Nosra est en effet d’unifier la Syrie, le Liban, Israël, la Jordanie et les territoires palestiniens sous sa houlette et sous le nom de “Cham” que leur donnaient les califes. Nosra a le même but, comme le prouve son nom actuel, Fatah el-Cham (“Conquête de Cham”).

Lina Murr Nehmé, 30 juillet 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

La Main noire : une menace qui dit bien son nom (Causeur)

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Sept organisations juives en France ont reçu, fin juin, une lettre de menaces, signée de « La Main noire », contenant notamment la phrase suivante : « Mesdames et Messieurs les juifs, vous pleurez amèrement le décès d’une vieille juive assassinée pour son argent, nous pensons que vous payez peu par rapport au nombre de crimes que vous commettez tous les jours. Profitez-en bien, car le jour du châtiment va arriver. »

En attendant l’enquête, on peut essayer de comprendre le choix de ce nom, La Main noire, en remontant à deux organisations secrètes : La Main noire serbe et La Main noire palestinienne.

De la Grande Serbie…

La première avait pour but la réalisation de la Grande Serbie par l’annexion des pays voisins1. Fondée en 1911 par le chef des services secrets serbes, elle achetait des responsables politiques, organisait des attentats et répandait des rumeurs. Chargée en 1912-1913 de « serbiser » la Macédoine, elle massacra ou tortura les paysans de la majorité bulgare, et assassina leurs prêtres. « Les pires des crimes furent commis par cette organisation secrète, connue dans le monde entier et bénéficiant d’une protection puissante, lit-on dans le rapport de la commission internationale d’enquête sur la guerre des Balkans. Cela présente un grand avantage, pour un gouvernement régulier, d’avoir sous la main un pouvoir qui n’a pas de comptes à rendre, qui devient vite tout-puissant, et qu’il est toujours possible de désavouer au besoin. »

Les appels à l’unification des Slaves que lançait le Premier ministre Pachitch, étaient des appels à la guerre civile dans les autres pays ; et La Main noire commettait les crimes qui servaient ce but. Le 28 juin 1914, elle tua l’héritier de l’empire austro-hongrois. Ce meurtre aboutit à la Première Guerre mondiale, dont l’issue permit à la Serbie d’annexer la Croatie, la Bosnie et l’Herzégovine.

…à la Grande Syrie

On en entendit parler en Palestine, où le sultan Abdul-Hamid avait opposé à la colonisation juive une colonisation musulmane sunnite : il avait installé dans la région d’Haïfa des milliers de familles slaves de Bosnie-Herzégovine.

C’est précisément dans cette région qu’on entendit, dans les années 1930, parler d’une organisation terroriste appelée La Main noire (al-Qaff al-Assouad). Elle pratiquait le crime politique, comme La Main noire serbe, terrorisant les populations si elles ne se soumettaient pas à ses idées. Son but était de réaliser la Grande Syrie (Cham) en unifiant la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine. Mais il n’est pas possible de réaliser une entité politique unique à partir de peuples différents par la violence, sans nettoyage ethnique : il y en a eu en Palestine à l’encontre des juifs ; au Liban à l’encontre des chrétiens ; en Syrie à l’encontre des alaouites, des ismaélites et des yazidis.

La Main noire palestinienne a été fondée par Izzeddine al-Qassam. Ce Syrien s’était défait de ses biens pour aller se battre en Palestine au nom de la Grande Syrie. Son ascétisme, sa pureté idéologique, le radicalisme de ses idées le faisaient vénérer par ses hommes. L’un de ses biographes, Husni Jarar, affirme qu’il disait, parlant des juifs : « Ils veulent vous exterminer, ô musulmans, pour occuper votre terre de l’Euphrate au Nil, et prendre Jérusalem, et s’emparer de Médine, et brûler le tombeau du Prophète. Ils veulent s’amuser avec les corps de vos femmes et de vos filles et de vos sœurs, et faire d’elles leurs servantes et leurs esclaves ! Malheur à vous, vous ne comprenez pas ? L’Apôtre d’Allah dit : ‘Si un empan de la terre des musulmans est piétiné par un pied [étranger], la femme doit partir à la guerre sans l’autorisation de son mari, et l’homme doit aller au djihad sans l’autorisation de son père’. Musulmans, vous ne comprenez pas ?… [Allah] a dit, exalté soit-il : ‘Combattez les mécréants qui sont près de vous, et qu’ils vous trouvent durs.’ Les juifs ont rempli votre pays, ils ont volé votre terre. » Et dans un autre discours : « Les immigrants juifs sont comme une nuée de sauterelles venues d’Occident sur les bateaux et les automobiles des Anglais. Vous devez les pourchasser en utilisant tous les moyens d’extermination possibles. »

Une Main noire indélébile

Izzeddine al-Qassam fut tué par les Anglais en 1936. Sa mort fut répercutée dans les mosquées, et il devint une sorte de légende, le Ben Laden de son temps. Sa réputation dépassa même les frontières de la Palestine. Il inspira des générations de terroristes palestiniens, et il inspire maintenant des terroristes dans le monde entier.

Comme toutes les sociétés secrètes, La Main noire palestinienne est entourée de mystère, et ses crimes sont revendiqués par plusieurs groupes armés. Parlant de l’un d’eux, Achraf Faleh Youssef Zoghbi, juriste jordanien, écrit : « Et si un soldat ou un officier juif était tué, on trempait la main dans le sang et dans l’encre, et on l’imprimait sur son visage, afin de semer la terreur sur le visage de tous les sionistes et qu’ils quittent le pays. L’ennemi sioniste appela cette compagnie militante la ‘bande de La Main noire’. La terreur s’implanta en effet dans le cœur des sionistes, car un grand nombre de juifs, soldats, officiers et personnalités, furent ainsi exécutés, et l’ennemi se mit à rechercher le chef de la ‘bande de La Main noire’, comme il l’appelait. Et le monde arabe palestinien entendit dire que la bande de La Main noire était le défenseur de la terre de Palestine et de ses habitants, et que l’appartenance à cette bande était un devoir national. »

La Main noire palestinienne n’a pas fini de faire rêver les islamistes. C’est son action que tentent de perpétuer les mouvements terroristes comme l’organisation Septembre noir, mais aussi les terroristes de Daech et al-Qaïda. Tous ont pour premier but la libération de la Palestine et de la Grande Syrie, exactement comme Izzeddine al-Qassam et selon ses vues. Comme lui, ils voient l’arabité comme un corps dont l’âme est l’islam. C’est d’ailleurs aussi l’opinion des Frères musulmans, et l’on peut se demander si le signe de rabia, leur signe de ralliement, une main noire sur fond jaune, ne s’inspire pas de la main noire qu’imprimaient les assassins sur le visage de leurs victimes.

Envoyer une lettre de menaces à des organisations juives en France, c’est un moyen d’imiter les méthodes de La Main noire durant la guerre de djihad déclarée par le mufti de Jérusalem en 1936 après la mort d’Izzeddine al-Qassam.

Derrière ce nom, il est pourtant probable qu’il y ait une ou deux personnes seulement : les vrais groupes terroristes n’envoient plus de lettres de menaces. Ils ont les moyens de publier des communiqués. Il n’empêche que cette lettre de menaces produira le même effet grâce à la publicité qu’elle a reçue. Les terroristes désirent-ils autre chose que cette publicité gratuite qui leur permet de paraître plus grands et plus forts qu’ils ne sont ?

Lina Murr Nehmé, 19 juillet 2018

Commander Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique

« La Main noire », une menace qui dit bien son nom

 

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Pourquoi les islamistes parlent tant des Rohingyas

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

On compatit toujours avec les personnes qui souffrent, même si ce sont des ennemis et terroristes. Mais la compassion n’implique pas le mensonge, ni la calomnie. Si un groupe humain souffre de représailles, il ne faut jamais oublier que ses adversaires ont été victimes en premier et que, si la communauté internationale leur avait fait justice, elles n’auraient pas voulu ou pu se venger.

Rendre justice, n’est-ce pas le but affiché de l’ONU et l’OTAN, sans compter le reste des nations se réclamant de l’humanité?

Ainsi, quand al-Qaïda a subi des massacres de la part de l’État syrien, il ne fallait pas oublier que ce n’était pas ce dernier qui avait commencé. Malheureusement, les islamistes ont des moyens de propagande extrêmement puissants, et une chaîne de solidarité mondiale; en outre, ils sont financés par les États qui approuvent leurs crimes, notamment l’Arabie Saoudite — et, dans une moindre mesure, le petit Qatar. C’est donc leur voix qui prévaut médiatiquement, dans toutes les terres arrosées par l’argent de ces États.

En fait, les islamistes sont toujours ceux qui ont attaqué les premiers quand ils étaient les plus forts. Ils l’ont fait au nom du djihad, persuadés de faire leur devoir, qui est de convertir la terre et d’y faire régner l’islam. Mais quand ils subissent des représailles, ils les présentent comme une attaque gratuite contre les civils. Ce genre de propagande en Occident leur fait récolter de l’argent et un appui médiatique et populaire d’autant plus précieux que dans les démocraties, la propagande aux souffrances des civils procure une aide politique, diplomatique, financière et militaire de la part des États dont les peuples ont subi cette propagande. Des ONG comme #WhiteHelmets , #SyriaCharity ou #Barakacity — et beaucoup d’autres — ont été créées spécialement dans ce but.

Connaissant ces organisations, je me suis demandée pourquoi elles faisaient autant de bruit autour de la tragédie des Rohingyas. Certes, c’est une grande tragédie; mais est-elle plus grande que celle des Yéménites, des Bahreïnis, des Irakiens non islamistes, des Libanais, des Syriens non islamistes? Car il faut remarquer qu’en Syrie, même quand Bachar el-Assad ne contrôlait plus que le cinquième du territoire syrien, l’exode se faisait toujours vers les zones gouvernementales, qui contenaient la majorité de la population.

Pourquoi ce deux poids, deux mesures?

La réponse est une question: qu’y a-t-il de commun entre les Yéménites, les Bahreïnis, les Irakiens non islamistes, les Libanais, et les Syriens loyalistes à Bachar el-Assad? Une seule chose: tous étaient combattus par les Saoudiens et leur argent… ouvertement ou dans les coulisses. Est-ce un hasard si l’opinion et les souffances de ces majorités ont été aussi superbement ignorées en Occident et dans le monde?

Moi qui en quarante ans ai observé, étudié, raconté dans mes livres tant de trahisons de collectivités innocentes, je n’ai pu m’empêcher de me poser la question suivante: que cache cette défense mondiale des Rohingyas? Car il y a bien d’autres tragédies aussi grandes ou plus grandes, et elles ne sont pas médiatisées. Je donne pour exemple la tragédie du peuple irakien affamé par un blocus presque hermétique de 1990 à 2003, ou celle du peuple yéménite aujourd’hui affamé par les Saoudiens, et qui subit un véritable génocide. Et que dire de la tragédie des princesses saoudiennes séquestrées et affamées par leur père le roi Abdallah alors qu’Obama lui rendait une visite d’Etat? La mère des princesses avait causé un scandale à ce sujet en racontant tout sur les chaînes BBC et Channel Four, à l’heure de la plus grande écoute. (Lire l’histoire dans L’islamisme et les Femmes)

Les gouvernements occidentaux, comme les organisations humanitaires, répercutent les voix qu’elles entendent, c’est-à-dire celles qui sont soutenues par un puissant réseau de propagande et de relations publiques souvent financées à prix d’or.

Mais contrairement à Syria Charity ou White Helmets, il arrive qu’Amnesty International répercute l’autre voix, celle des pauvres qui ne peuvent pas se payer de la propagande en Occident. Mais il faut vraiment que ce soit gros: cent morts, par exemple, cela vaut la peine qu’Amnesty International en parle. Cette ONG avait largement répercuté les rapports diffusés par les islamistes. Mais maintenant, elle découvre que les hindous aussi sont massacrés. Il s’agit de massacres commis par L'”Armée du salut des Rohingya de l’Arakan” (ARSA)

Dans le texte ci-dessous publié par Amnesty International, notez des expressions comme “homicides illégaux” et “campagne de violence illégale”, le premier employé pour qualifier le massacre de civils bouddhistes par des djihadistes Rohingyas, le second pour qualifier les représailles commises contre les Rohingyas — malheureusement contre les civils Rohingyas, puisque, comme Daech, les djihadistes se cachent, puis exploitent les souffrances des civils…

Lina Murr Nehmé, 28 mai 2018

Annexe : rapport d’Amnesty International

——————————-

UN GROUPE ARMÉ ROHINGYA MASSARE DES DIZAINES D’HINDOUS
Amnesty International, 23.05.2018.

Deux massacres de villageois hindous ont été perpétrés en août 2017 dans l’État d’Arakan. Un groupe armé rohingya est responsable du premier et probablement du second. Le nombre de victimes pourrait s’élever à 99 personnes.

Nous avons mené une enquête approfondie dans l’État d’Arakan, au Myanmar. Des dizaines d’entretiens ainsi que des photos analysées par des médecins légistes exposent la manière dont les combattants de l’Armée du salut des rohingya de l’Arakan (ARSA) ont semé la terreur parmi les Hindous et d’autres minorités ethniques avec ces attaques brutales.

Massacre à Kha Maung Seik

Le 25 août 2017 vers 8 heures du matin, l’ARSA a attaqué les habitants hindous d’Ah Nauk Kha Maung Seik, une localité faisant partie d’un ensemble de villages appelé Kha Maung Seik situé dans la municipalité de Maungdaw, dans le nord de l’État. À ce moment-là, les villageois hindous vivaient à proximité d’habitants rohingyas, qui sont majoritairement musulmans. Des membres de l’ethnie rakhine, à majorité bouddhiste, habitaient également dans les environs.

Des hommes armés habillés en noir et des villageois rohingyas en tenue ordinaire ont rassemblé plusieurs dizaines de femmes, d’hommes et d’enfants hindous. Ils les ont dévalisés, attachés et leur ont bandé les yeux avant de les faire marcher jusqu’à la sortie du village, où ils ont séparé les hommes des femmes et des enfants.

Quelques heures après, les combattants de l’ARSA ont exécuté 53 de ces Hindous, en commençant par les hommes.

Huit femmes hindoues et huit de leurs enfants ont été enlevés et épargnés, après que les combattants de l’ARSA eurent forcé les femmes à accepter de se « convertir » à l’islam. Les survivants ont été contraints de fuir au Bangladesh avec les combattants au bout de plusieurs jours, avant d’être rapatriés au Myanmar en octobre 2017 avec le soutien des autorités des deux pays.
Des témoignages glaçants

Bina Bala, une femme de 22 ans qui a survécu au massacre, a témoigné:

« [Les hommes] étaient munis de couteaux et de longues barres de fer. Ils nous ont attaché les mains derrière le dos et bandé les yeux. Je leur ai demandé ce qu’ils faisaient. L’un d’eux a répondu : “Vous et les Rakhines, vous êtes pareils, vous avez une religion différente, vous ne pouvez pas vivre ici.” Il parlait la langue [rohingya]. Ils ont demandé quels biens nous avions, puis ils nous ont roués de coups. Finalement, je leur ai donné mon argent et l’or que je possédais. »

Nous avons pu interroger les huit survivants. Ils nous ont indiqué avoir vu leurs proches hindous se faire tuer ou entendu leurs cris.

“Ils ont massacré les hommes. Ils nous ont dit de ne pas les regarder […]. Ils avaient des couteaux. Ils avaient aussi des pelles et des barres de fer. Nous nous sommes cachées dans les buissons et nous avons pu voir un peu. Mon oncle, mon père, mon frère – ils ont tous été massacrés.” (Raj Kumari, un jeune survivant de 18 ans)

Parmi les victimes d’Ah Nauk Kha Maung Seik figurent 20 hommes, 10 femmes et 23 enfants, dont 14 avaient moins de huit ans. Ces éléments correspondent aux multiples témoignages recueillis au Bangladesh et au Myanmar, auprès de survivants et de témoins ainsi que de responsables hindous.

Le même jour, les 46 hommes, femmes et enfants hindous habitant le village voisin de Ye Bauk Kyar ont disparu. Des membres de la communauté hindoue du nord de l’État d’Arakan pensent qu’ils ont été tués par les mêmes combattants de l’ARSA. En les ajoutant aux victimes d’Ah Nauk Kha Maung Seik, le nombre total de morts pourrait s’élever à 99.

Les corps de 45 habitants d’Ah Nauk Kha Maung Seik ont été découverts dans quatre charniers à la fin du mois de septembre 2017. Les restes des autres victimes de ce village et des 46 habitants hindous de Ye Bauk Kyar n’ont toujours pas été retrouvés.

D’autres homicides illégaux d’Hindous commis par l’ARSA:

Nous avons également recueilli des informations faisant état de la responsabilité de l’ARSA dans d’autres homicides et attaques violentes visant des membres d’autres minorités ethniques et religieuses.

Le 26 août 2017, des membres de l’ARSA ont tué six Hindous – deux femmes, un homme et trois enfants – et blessé une autre femme hindoue à la périphérie de la ville de Maungdaw, près du village de Myo Thu Gyi.

Kor Mor La, 25 ans, est l’une des deux femmes qui ont survécu à cette attaque, avec quatre enfants. Son époux âgé de 30 ans, Na Ra Yan, et leur fille de cinq ans, Shu Nan Daw, ont tous deux été tués.

“Les gens qui nous ont tiré dessus étaient vêtus de noir. Je ne voyais pas leurs visages, seulement leurs yeux. Ils avaient de longs fusils et des épées. Mon mari a été tué juste à côté de moi. J’ai reçu une balle [dans la poitrine].” (Kor Mor La, une survivante de 25 ans)

Ces homicides ont eu lieu quelques jours après que des combattants de l’ARSA aient lancé une série d’attaques contre une trentaine de postes de sécurité du Myanmar le 25 août 2017, ce qui a déclenché une campagne de violence illégale et totalement disproportionnée de la part des forces de sécurité. Plus de 693 000 Rohingyas ont été contraints de fuir au Bangladesh, où ils demeurent réfugiés.

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Vidéo : Syria Charity et ses connexions djihadistes

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Le président Macron connaît-il les relations de Syria Charity avec l’Armée Syrienne Libre (ASL) ? Sait-il que l’ASL est une milice djihadiste ? En Syrie, l’ASL dégoûte la population par ses exactions. En France, sa communication est assurée par Syria Charity et par Free Syria, qui lui permettent de récolter des fonds en lui donnant des airs présentables.

Cette vidéo montre les connexions de Syria Charity et de Free Syria avec l’ASL. Regardez-la jusqu’au bout : elle est dure, mais moins que les attentats qui frappent en utilisant, parfois, l’argent français.

Lina Murr Nehmé, 28 avril 2018

ADDENDUM : Youtube a décidé de restreindre l’accès à la vidéo. Si vous ne pouvez pas vous connecter pour confirmer vore âge, cliquez sur le lien Vimeo en-dessous.

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin