Category Archives: Liban

Justice, Etat de droit, loi “fake news” : petite mise au point

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Aujourd’hui, sur ma page, un monsieur m’expliquait qu’un maire des Yvelines était obligé de donner un permis de construire une mosquée car, dit-il, la France est un Etat de droit, contrairement à l’Arabie Saoudite et à la démocratie libanaise, qui n’en serait pas une. J’avais en effet demandé si un maire était jamais inquiété en Arabie Saoudite pour avoir refusé de donner le permis de construire une église.

J’imagine que certains ignorent que le droit saoudien interdit la construction des églises, et que c’était appliquer ce droit que de refuser le permis de construire des églises. Et je ne vois pas ce que vient faire le Liban quand on parle de l’Arabie Saoudite. Mais bon. Acceptons que le Liban, comme le Christ, soit compté parmi les assassins.

Mais un Etat qui met des visières et ne traite pas les citoyens à égalité mais les distingue selon leur religion n’est pas un Etat de droit.

Ainsi, la loi sur les fake news est-elle du droit ? Laisser les médias puissants, appartenant aux riches, libres de diffuser les informations qu’ils veulent sans contrôle, et forger une loi sur les seuls réseaux sociaux, est-ce du droit ? Quand Libération met une immense photo du candidat Emmanuel Macron la veille du second tour de l’élection présidentielle, violant la loi qui interdit la pub électorale, et que la justice n’arrête pas le journal, c’est encore du droit ?

En même temps, on arrête la chaîne Youtube du petit TV Libertés sous prétexte qu’il a violé la loi sur le copyright en faisant une citation. Combien de chaînes Youtube violent cette loi en reproduisant des films entiers, des émissions télévisées entières ?

Quand on poursuit François Fillon la veille des élections, pour un crime que François Bayrou a commis sur une plus grande échelle et que ce dernier n’est pas poursuivi parce qu’il peut apporter des voix aux élections, c’est un Etat de droit ? Et si l’affaire Fillon est si grave, comment se fait-il qu’on n’en parle plus depuis les élections?

Quand on traîne Georges Bensoussan devant la justice pour une citation qui vient d’un auteur maghrébin et non de lui-même, alors qu’on n’inquiète pas ceux qui crient sur la Place de la République à Paris en arabe: “Khaybar, Khaybar, ya yahoud, Jaych Mhammad sa yaoud”, c’est un Etat de droit ?

Quand on autorise la tenue de Salons islamiques comme le Salon de la Femme de Pontoise où on appelle à battre les femmes (gentiment, histoire de les humilier seulement et pas de leur briser les membres, ce qui les rendrait inutilisables), c’est un Etat de droit ? Et si on ne le fait pas ouvertement dans ces Salons, on le fait en recommandant les livres où c’est écrit en toutes lettres (Cf. mon livre L’Islamisme et les femmes). Est-il admissible qu’une conseillère municipale, Céline Pina, ne réussisse pas à faire empêcher ce Salon, et qu’elle démissionne, et que cela ne fasse pas plus de remous que cela ?

Et c’est dans un Etat de droit qu’un ex-Frère Musulman, Mohamed Louizi, est victime de six procès en quelques années parce qu’il a dénoncé un projet d’islamisation pourtant écrit en toutes lettres dans la littérature de ce mouvement ! Louizi a parlé de l’islamisation de la France, mais il s’agit d’une étape sur la voie de l’islamisation mondiale dont a parlé le fondateur Hassan el-Banna (voir les textes cités dans Fatwas et caricatures).

Et c’est dans un Etat de droit qu’ Alain Finkielkraut — qu’on l’aime ou non — est qualifié d'”israélite blanc” dans une vidéo mise en ligne en 2016 et reprise à de nombreux exemplaires dont chacun affiche des centaines de milliers de vues, les auteurs du titre et des commentaires n’étant pas inquiétés alors qu’ils tombent sous le coup de la loi sur le racisme, sur base à la fois ethnique et religieuse, et sous le coup de la loi sur le non respect des droits d’auteur ?

Lina Murr Nehmé, 14 juillet 2018

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La propagande de l’OLP et du Hamas en France

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La puissance médiatique de l’OLP se sert de la souffrance réelle des Palestiniens, pour susciter un sentiment antijuif qui est d’autant moins mérité qu’un juif n’est pas nécessairement israélien, et que s’il l’est, il a de fortes chances d’être dans l’opposition.

Il est inadmissible que nous laissions faire ce genre de propagande. Je l’ai décrite, avec ses résultats — une guerre, cent mille morts — dans Le Liban assassiné, alors qu’elle s’exerçait contre les chrétiens cette fois, et non contre les juifs.

Mais j’ai montré que la guerre du Liban était la transposition, le déménagement de la guerre de Palestine qui durait depuis 1920, et que menait le même groupe qui s’était par la suite reconstitué, plus ou moins, sous le nom d'”OLP”. J’ai décrit le début de cette guerre dans mon autre livre Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat Islamique (Salvator, 2016), Car la hargne que nous avons subie au Liban, s’était auparavant auparavant exercée contre les juifs en Palestine, en 1920, en 1928, en 1929, provoquant ces mêmes massacres que par la suite, l’OLP a reproduits au Liban, sur une bien plus grande échelle, parce qu’elle y avait les mains libres: au lieu d’avoir une puissance mandataire pour protéger les minorités, elle avait, dans les coulisses, des puissances dirigées par des financiers, qui la favorisaient contre l’Etat du Liban multiconfessionnel, parce que telle était la volonté de l’Arabie Saoudite qui dictait les prix du pétrole.

En 1982, les Israéliens ont dévoilé ces crimes, et c’est à partir de ce moment qu’on a commencé à se retourner contre eux médiatiquement en Europe. Ils n’ont pas osé exiger que les criminels de l’OLP soient jugés pour crimes contre l’humanité, alors même que les criminels nazis continuaient à être poursuivis et jugés. Mitterrand avait exigé que les criminels de guerre partent “dans la dignité”, il a exigé une Force Multinationale pour protéger les civils palestiniens, et eux seuls, car quand, l’été suivant 1983, ce fut le tour des chrétiens d’être assassinés, il y eut un nettoyage ethnique total, un génocide dans toute la région dominée par Walid Joumblatt, qui tua tous les chrétiens, y compris ses partisans, dans une région majoritairement chrétienne. Et l’Occident traite avec Walid Joumblatt, le reçoit et l’honore. Il est pourtant coupable de crimes contre l’humanité d’après les critères occidentaux.

Dans un autre livre, L’Islamisme et les femmes, j’ai décrit comment, insidieusement, le conflit se transpose, en France, contre les juifs de France, utilisant les mêmes ressorts que dans la guerre du Liban, c’est-à-dire exploitant la souffrance réelle des Palestiniens, pour faire haïr une communauté entière. Cette fois, c’est de nouveau la communauté juive.

Tous les jours, des incidents montrent la mesure de la propagande palestinienne antijuive. J’ai démonté, dans mon livre “Le Liban assassiné”, les ressorts et les méthodes de cette propagande, comme elle s’est exercée contre les chrétiens. On les retrouve, tels quels, à Paris aujourd’hui.

Je dois finalement dire que les Palestiniens eux-mêmes rejettent ces crimes quand ils les connaissent, et quand ils sont humains — et beaucoup d’entre eux sont humains. Il y a deux ou trois ans, j’ai eu une bagarre verbale avec l’un d’entre eux, un ouvrier qui défendait tellement les chrétiens du Liban et disait tant de mal des Palestiniens que je devais le freiner.

Du reste, c’est le fait qu’un des Palestiniens qui avaient le plus souffert qui ait dit — dans un reportage diffusé sur une chaîne de télévision — qu’il était horrifié du mal que les Palestiniens nous avaient fait. C’est alors que j’ai cessé de haïr les Palestiniens en bloc, me disant: “S’il y a parmi eux un seul homme juste comme celui-ci, je dois les aimer, car il doit sûrement y en avoir d’autres aussi.”

 

Lina Murr Nehmé, 20 mai 2018

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Vidéo : Quand la nièce de MBS était exécutée pour adultère

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Lina Murr Nehmé raconte l’histoire de la princesse saoudienne Mishaael, tuée, avec son amoureux, sur ordre de son grand-père, frère du roi Khaled d’Arabie… et donc, oncle de Mohamed Ben Salman.

Lina Murr Nehmé, L’Islamisme et les femmes.

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Les conséquences d’une invasion de la Syrie semblable à celle de l’Irak (Enashra)

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ما قد تكون نتائج اجتياح غربي لسوريا

ما قد تكون نتائج اجتياح غربي لسوريا

أنتجت الحرب على العراق عام 2003 ​تنظيم داعش​. وقد تنتج حربا مماثلة على ​سوريا​، وحشدًا أشدّ فظاعة من داعش.

بعد ضربات 11 أيلول2001، اتّخذ جورج بوش الابن القرار بغزو العراق. وكُلِّفَت وكالة الاستخبارات الأميركيّة CIA إثبات تورّط صدّام حسين في هذه الاعتداءات، وتملكه أسلحة كيميائيّة. وشُنَّت حملة إعلاميّة شرسة وغير مسبوقة، نجحت في إقناع الشعب الأميركي وجزء من المجتمع الدولي بضرورة القضاء على النظام العراقي.

وفي 5 شباط 2003، لنيل موافقة الأمم المتّحدة، أدلى في مقرها وزير الخارجيّة الأميركية ​كولن باول​، بخطاب مسهب. وادّعى فيه أنّ صدّام حسين يملك أسلحة كيميائيّة ونوويّة، وأنّ لديه علاقات مع تنظيم “القاعدة” تمرّ عبر أبو مصعب الزرقاوي. وبالتالي تتوجّب مهاجمة العراق لحماية العالم الحر من خطر رهيب آتٍ.

كان الزرقاوي مجرمًا أردنيًّا أصبح إسلاميًّا بتأثير من جماعة “التبليغ”. وقد عرض نفسه على أسامة بن لادن واقترح عليه أن يفوّض إليه تأسيس فرع لتنظيم “القاعدة” في العراق. لكنّ بن لادن رفض، لأنّ الزرقاوي كان بالنسبة إليه لصًّا، بل مجرما، فهو يريد قتل الشيعة وإشعال حرب أهليّة بين السنّة والشيعة في العراق. ومن خلال تمزيق الشعب العراقي، كانت هذه الحرب الأهليّة لتتيح صعود نجم “القاعدة” وتمكنها من أخذ السلطة في العراق. إلاّ أنّ بن لادن لم يكن لديه أيّ نيّة لقتل الشيعة، وكان قد نجح بالتفاهم مع آية الله الخميني، في سعيه إلى إرساء حلف بين جميع المسلمين ضدّ “الكفّار” الذين كان يطلق عليهم اسم “الصليبيّين”.

لم تكن “القاعدة” موجودة في العراق، لأنّ صدّام حسين لطالما صدّ جميع عروض بن لادن. وكان يقاتل القاعدة ويحاول توقيف الزرقاوي. إلاّ أنّ هذا الأخير كان يختبئ في الأراضي الكرديّة، ويصنّع الذخائر والأسلحة الكيميائيّة، ولاسيّما منها سمّ الريسين، وهو سمّ فتاك لم يكن يوجد له أيّ ترياق.

وتكلّم كولن باول عن مصنّع السموم الصغير هذا كما لو كان ندًّا لأسامة بن لادن. فحول الزرقاو يالى وحش من العيار الدولي. وما عاد بن لادن قادرًا على تجاهله، فوافق على تأسيس “القاعدة في العراق”. وأعلن الزرقاوي الولاء لبن لادن، ثم اختفى لبعض الوقت. كان يريد البقاء على قيد الحياة، في انتظار أن يطيح الأميركيّون صدّام حسين، حتّى يأخذ هو مكانه كزعيم للسنّة في العراق.

وما إن اجتاح الأميركيّون بغداد، حتى اتخذوا قرار حلّ ​الجيش العراقي​. فرموا في الشارع 350 ألف عنصر كانوا يعتاشون من الجيش. ولم يرفضوا منحهم تعويض الفصل من الخدمة وحسب، بل حجبوا عنهم أيضًا الأجور المستحقّة لهم. وبات هؤلاء العسكريّون عاطلين من العمل، من دون أن يقبل أحد بتوظيفهم، حتّى وقعوا في براثن الجوع مع عائلاتهم. وجنّد الزرقاوي من بينهم عددًا كبيرًا من المقاتلين والقادة المدرّبين والمخضرمين. (هؤلاء سيشكلون في ما بعد نواة جيش داعش، وسيحقّقون لها الانتصارات الساحقة). وجاء “الجهاديون” من العالم كله الى العراق، ينفذون العمليات الانتحارية. فكان يموت في الانفجارات كلّ شهر ما يقارب ألف عراقي، أكثرهم من الشيعة. وهكذا تمكن الزرقاوي من إشعال تلك الحرب الأهليّة الّتي كان يتمناها، إذ كان انقسام الشعب العراقي يضاعف قوته.

في حزيران 2006، قُتِل الزرقاوي في غارة أميركيّة. وخلفه معاونه ​أبو بكر البغدادي​ الّذي نجح في توحيد كل المنظّمات الإسلاميّة السنيّة في العراق. وأطلق على هذا التكتّل الّذي يقوده تنظيم”القاعدة” اسم “الدولة الإسلاميّة-العراق”.

عام 2011، اندلعت الحرب في سوريا، فقرر البغدادي الاستفادة من ذلك لإنشاء فرع للقاعدة هناك. فكلف معاونه أبو محمّد الجولاني (اسمه الحقيقي أسامة العبسي) مهمة تأسيسه. وأرسله إلى سوريا، وأعطاه نصف ماله، ونصف سلاحه، وأفضل معاونيه. وبدأ الجولاني يشتري المقاتلين، فأسّس منظّمة أُطلق عليها اسمان. الاسم الأول هو “​جبهة النصرة​ لأهل الشام”، والثاني هو “​تنظيم القاعدة​ في بلاد الشام”. وفي ما بعد أطلق عليها اسم “جبهة فتح الشام”.

وهنا ينبغي التذكير بأن “الشام” هو الاسم الذي يطلقه العرب على المشرق (أي: ​لبنان​ ـ سوريا – ​فلسطين​ أو إسرائيل-الأردن). “فتح الشام” يعني إرادة اجتياح جميع هذه البلدان. وكما يعرف لبنان، فقد حاولت جبهة النصرة احتلاله عن طريق عرسال وريفها، وعن طريق القلمون. وقد ذبحت بعض جنودنا، لكنها لم تستطع أن تجتاح لبنان بسبب بسالة جيشه.

وعظم شأن “النصرة” بعدما ضمّت إلى صفوفها عناصر من “​الجيش السوري​ الحرّ”، بتقديم أجور تفوق أجوره. و”الجيش السوري الحرّ” بنفسه تكوَّن من عناصر انشقوا عن الجيش النظامي في مقابل أجور أكبر.

ولم يعد الجولاني يطيق طاعة البغدادي. فقرّر الأخير مهاجمته وضم منظمته. فغير اسم “الدولة الاسلاميّة-العراق” إلى “الدولة الاسلاميّة في العراق والشام”، أي “داعش”.

واحتلّت داعش الرقّة، وقاتلت النصرة وحلفاءها السوريّين.

كانت المملكة السعوديّة قد موّلت بن لادن لزمن طويل، مما أتاح له إنشاء “القاعدة”. وقامت المملكة بعد ذلك بتمويل الزرقاوي، والبغدادي، وداعش. فيما بعد، توقّفت عن تمويل داعش، وصبّت اهتمامها على النصرة و”الجيش السوري الحرّ”، اللّذين يفضّلهما الغرب زاعمًا أنّهما “معتدلان”. إلاّ أنّ مجاهدي “الجيش السوري الحرّ” كانوا أوّل من قطع الرؤوس ونشر الشرائط المصوّرة لعرض هذه الأفعال. وحدهم تباهوا أمام عدسات الكاميرات، وعلى وقع صيحات التكبير، لأن أحد قادتهم أكل قلب جندي من الجيش النظامي.

وهكذا، قدّمت بعض الدول الغربية إلى الإرهابيّين في سوريا تدريبًا عالي الجودة، وأسلحة لإطاحة نظام بشّار الأسد العلماني، وذلك على الرغم من إرادة غالبية ​الشعب السوري​ الذي لا يفضّل المنظّمات الجهاديّة على الأسد.

يتحدّث الأميركيّون اليوم عن مهاجمة بشّار الأسد كما فعلوا مع صدّام حسين، وذلك بذريعة استخدامه الأسلحة الكيميائيّة، وهو أمر لم تتثبّت منه أيّ من بعثات التحقيق الدوليّة حتّى الآن. وقد شنوا بعض الضربات بمعاونة الدول الفرنسية والإنكليزية. ويُسمّى هذا العمل في القانون الدولي بـ”الاعتداء على دولة ذات سيادة”. فإذا افترضنا حدوث اجتياح أميركي شامل يشبه اجتياح العراق، فبمن يُستبدَل بشّار؟ وحدهم القادة الإرهابيون يتمتعون في سوريا بقوة تقارب قوته الشعبية. أمّا الأشخاص ذوو المستوى الأخلاقي الّذين انضووا في صفوف المعارضة قبل الحرب، مثل ميشال كيلو، فقد أزاحهم الإسلاميّون، فانسحبوا لأنّهم رفضوا أن يتمّ استخدامهم كضمانة للمنظّمات الجهاديّة.

إسقاط ​بشار الأسد​، قد يترك إذًا في سوريا فراغًا مؤسّسيًا يُشبه الفراغ الّذي أحدثه الأميركيّون في العراق، لمّا استبدلوا الحكومة الّتي أجادت الإمساك بزمام الأمور، بأخرى ضعيفة، فاسدة، تطيع أوامرهم، مكروهة من الشعب. إنّها الاستراتيجيّة المعهودة للفاتح الّذي يعيّن الرجال الدمى لتمثيله. إذا حدث ذلك، فسنشهد ولادة وحش أفظع من داعش، قد لا يتمكن الغرب من الإفلات منه. فالجولاني وسيّده السابق، البغدادي، يتشاركان العقيدة نفسها، والطموحات نفسها، ويعتمدان الأساليب نفسها. تدمير داعش ساعد الجولاني في شكل مدهش، إذ خلّصه من أهم خصم له. ولم يبقَ ما يعيق وصوله إلى السلطة سوى حاجز واحد: بشّار الأسد.

إن زوال داعش في المشرق يخلي سبيل العديد من الإرهابيين كل يوم. فأين يذهب هؤلاء الإرهابيون المتضعضعون، إلَّا إلى مَن يدفع المال بوفرة، أي الجولاني وجبهة النصرة؟.

أمراء “النصرة” يأملون في الخلافة لتنظيمهم. وهم يستأنفون العمل على برنامجهم لغزو العالم. وينتظرون فرصتهم في صمت. على أمل ألَّا يقدمها لهم الغرب، فنحن في غنى عن ذلك.

Lire sur le site d’Enashra

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Discours des Bernardins : Macron inaugure le communautarisme

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A la dernière messe de Pâques en région parisienne, un prêtre, l’air jovial, commence son homélie en disant à ses paroissiens : “Alors ??? ça va, ce soir ??? !” Hier, les rôles étaient intervertis. Le Père Macron, l’air doucereux, s’est attelé à la rude tâche de lire une homélie interminable censée édifier les évêques. Il leur dit : “Je compte sur vous aussi, sur vous tous pour nourrir ce dialogue…” Le dialogue avec qui ? Mais avec les autres communautés !

Vu de Beyrouth, c’est particulièrement comique. La République libanaise reconnaît 18 cultes, et traite avec les chefs des communautés religieuses. Mais la République française ne reconnaît aucun culte ! ! !

Et le problème, quand Macron se rapproche ainsi d’une communauté, c’est qu’il pourra prétexter cela pour opérer un rapprochement avec d’autres communautés. Or la deuxième communauté française sur le plan numérique, c’est la communauté musulmane. C’est donc avec elle que se fera le geste parallèle à celui-ci.

Et la force, dans cette communauté, se trouve dans le camp de ceux qui oppriment les quartiers, notamment les Frères Musulmans (l’UOIF). Macron a quêté leur aide durant sa campagne électorale, et ils ont appelé à voter “massivement” pour lui.

Les Frères Musulmans ne donnent rien pour rien. S’ils ont aidé Macron, c’est qu’il a été généreux. Il l’a montré dans le choix de certains de ses conseillers. Mais visiblement, il va leur donner bien davantage, vu le déséquilibre créé par sa conférence religieuse aux Bernardins. On ne voit d’ailleurs pas quelle peut bien être la raison d’être de cette conférence où Macron servait aux évêques leur propre discours… sinon de permettre un rapprochement semblable avec l’UOIF. (De même que la femme-rabbin française avait été là pour que Macron puisse recevoir la femme-imam danoise, qui a été la seule à être honorée, puisqu’elle seule a eu droit au fauteuil du Président français.)

Durant les élections, le but que poursuivait Macron était la Présidence. Il ne réalisait peut-être pas que les Frères Musulmans (l’UOIF) poursuivaient exactement le même but. Leur Présidence, cependant, s’appelle “califat”.

Car si les Frères Musulmans existent, c’est pour rétablir le califat ou État islamique. Prendre le pouvoir est le but de leur fondation. Or en Occident, cela ne peut se faire que par la voie démocratique. Amar Lasfar, président de l’UOIF, l’explique en quelques phrases enregistrées qu’on peut écouter en suivant le lien suivant : goo.gl/LnxBj6

La stratégie de l’UOIF a été expliquée depuis longtemps par le fondateur des Frères Musulmans, Hassan al-Banna (Voir ses textes traduits dans mes livres « Fatwas et Caricatures » et « Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent. »). Elle consiste à prendre le pouvoir par n’importe quel moyen disponible. En Europe, c’est la démocratie. C’est le moyen utilisé par Hitler. Et comme les Frères Musulmans, Hitler avait tout dit, tout écrit à l’avance. Ce sont les chefs des démocraties qui refusaient de le prendre au sérieux. Tout comme ils refusent de prendre au sérieux, aujourd’hui, les textes que distribuent, que lisent, que recommandent les Frères Musulmans.

Lina Murr Nehmé, 10 avril 2018

Photo : AFP

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Le site de Brad bombardé par les Turcs

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Pour illustrer mon livre Si Beyrouth parlait…, j’avais pris cette photo des ruines de la ville morte syrienne de Brad, trois mois avant le début de la guerre syrienne.

Tout récemment, l’aviation turque aurait endommagé ce site de première importance archéologique et religieuse, où se trouve également le tombeau de saint Maron, patron des maronites.

On parle peu des villes mortes de Syrie, dont certaines ont été endommagées par les bombardements. Ceux des Turcs aujourd’hui, et ceuxde leurs alliés depuis 2011. Ces alliés sont essentiellement des djihadistes, notamment l’ASL (Armée syrienne libre), rebuts de l’armée syrienne, et les premiers à avoir procédé à des égorgements devant caméra, et même, à avoir diffusé un acte de cannibalisme filmé.

L’ASL a constitué l’essentiel des effectifs d’al-Qaïda quand celle-ci est venue d’Irak en Syrie pour fonder la branche syrienne d’al-Qaïda appelée Nosra. Nosra est ainsi la fille de Daech.

L’ASL, Nosra, Daech et plusieurs autres organisations terroristes se sont battues entre elles ou contre l’armée syrienne (et souvent aussi contre les habitants) de la région des villes mortes, qui se situe en Syrie, à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

On attend cependant la fin de la guerre pour savoir ce qu’il reste vraiment de ce précieux patrimoine archéologique datant des débuts du christianisme.

Lina Murr Nehmé, 26 mars 2018

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La censure dans les médias américains: elle peut aller très loin

Contrairement à ce qu’on peut croire, les médias américains sont, en matière de politique étrangère, lourdement influencés par des entités sans scrupule qui sont, parfois, apparentées au gouvernement.

Cette sujétion n’est pas évidente, car les journalistes aux Etats-Unis sont impertinents en matière de politique intérieure. L’Américain moyen n’en sait donc pas assez en matière de politique étrangère pour pouvoir vérifier les informations qui lui sont fournies… ou pour savoir ce qu’on lui cache.

Etant au Liban en février 1989, j’avais commandé des impressions de certaines de mes peintures. Puis j’avais dû partir de Jounieh à Chypre par bateau pour rentrer aux Etats-Unis, dans la région de Boston, où je vivais alors. Je ne pouvais pas savoir que j’avais pris le dernier bateau, et que les bombardements allaient fermer ce port, quelques heures après mon départ.

Trois semaines plus tard, ayant besoin de quelques exemplaires de mes impressions, je téléphonai à mes parents au Liban et je leur demandai s’ils les avaient reçues. Mon père me dit :

« Nous faisons aussi vite que nous le pouvons. Mais nous sommes bombardés. Tu sais que nous sommes en guerre, n’est-ce-pas ?

— Non. Je ne savais pas. Sinon, je ne t’aurais pas interrogé au sujet de mes impressions.

— Nous subissons les pires bombardements que nous ayons jamais connus. Mais nous sommes heureux, parce qu’enfin, le Liban a déclaré la guerre à la Syrie. »

C’était inouï ! L’armée syrienne occupait une grande partie de Beyrouth et du Liban depuis des années. L’armée libanaise la combattait dans certains endroits, mais les politiciens libanais n’avaient jamais osé parler ouvertement de bombarder l’armée syrienne au Liban.

J’appelai les journalistes libanais que je connaissais aux Etats-Unis. Ils confirmèrent l’existence d’un black-out médiatique américain en ce qui concernait le Liban. L’un d’eux m’expédia, par fax, une lettre de protestation standard à signer et à envoyer à la Maison Blanche, à George H.W. Bush, qui était alors le Président. Dans cette lettre, le signataire demandait que les médias américains disent la vérité au sujet de ce que faisait la Syrie au Liban.

Je signai la lettre, la mis dans une enveloppe que laquelle j’écrivis le nom et l’adresse de George H.W. Bush. Puis je cachetai l’enveloppe et je la postai, sans vraiment espérer de résultat.

A la fin de la semaine, les médias mirent fin au black-out. Je téléphonai au même journaliste et je lui demandai ce qui était arrivé. Il dit : « Nous avons été 50.000 à envoyer des lettres à la Maison-Blanche. C’est pour cela que les médias ont mis fin au black-out. Lis le Boston Globe ».

Le 2 avril 1989, en effet, le Boston Globe avait publié l’éditorial suivant :

« Depuis le 14 mars, le peuple de Beyrouth subit souffre de bombardements d’artillerie qui ont fait de son existence un cauchemar. En une nuit, 5.000 roquettes venues des positions syriennes à Beyrouth-Ouest, sont tombées sur les quartiers chrétiens de Beyrouth-Est. D’énormes conteneurs de combustible ont explosé, et les incendies sont devenus incontrôlables. Des centrales électriques ont été frappées, et comme Beyrouth dépend des pompes électriques pour son approvisionnement en eau, la panne d’électricité signifie une ville sans lumières et sans eau.
“Les télévisions et les journaux américains ont subi des pressions pour ne pas rapporter la tragédie des bombardements de Beyrouth — les centaines de morts et de blessés, les milliers de réfugiés fuyant vers le sud. L’administration Bush a gardé le silence ».

Boston Globe 1989-Beirut Bombardment det-pt

Qui pouvait faire pression sur tous les médias américains pour les empêcher de faire leur travail, alors que l’administration Bush aussi gardait le silence ? Et pourquoi ?

Les effets de ces pressions sont étonnants. Durant la période allant du 14 mars jusqu’à l’éditorial précité, les articles du Boston Globe donnent l’impression que rien n’arrive au Liban excepté des cessez-le-feu et quelques combats entre chrétiens et musulmans ou druzes. Ci-dessous, nous avons traduit les résumés des sept articles concernant le Liban et publiés entre le 14 mars et le 1er avril, tels qu’on les trouve dans les archives du Boston Globe. Trois d’entre eux concernent des cessez-le-feu. Quatre décrivent les combats comme étant entre chrétiens et miliciens musulmans sans intervention syrienne. L’un d’entre eux décrit l’armée syrienne comme n’étant pas concernée (mais opérant un redéploiement pour le cas où). Aucun ne montre la Syrie comme étant impliquée dans les combats. Un seul (il s’agit d’une troisième mise à jour d’un article précédent) signale qu’un certain général dirigeant un « Cabinet chrétien » dit que les combats sont contre les forces syriennes :

  • 15 mars 1989 :« 40 Libanais Meurent dans des Confrontations Confessionnelles. 40 personnes au moins, pour la plupart des civils, ont été tuées le 15 mars 1989 à Beyrouth, pendant que les combats entre entre les unités de l’armée chrétienne et les miliciens musulmans. Les duels d’artillerie ont fait pleuvoir des centaines d’obus sur les quartiers résidentiels de Beyrouth.
  • 15 mars 1989 : « 40 Libanais Meurent dans des Confrontations Confessionnelles (troisième mise à jour de l’article précédent): le général Michel Aoun, qui dirige un Cabinet militaire chrétien et 20.000 soldats chrétiens, a dit hier : “C’est une guerre de libération contre les forces d’occupation syriennes. La bataille a commencé.” Le quartier-général d’Aoun a été endommagé par le bombardement terrestre. La police dit qu’en milieu d’après-midi, les forces d’Aoun ont bombardé la ville frontalière [sic] de Chtaura [au centre du Liban], quartier-général du commandement des forces syriennes à l’est du Liban, dans la vallée de la Békaa, et a fermé l’autoroute Beyrouth-Damas. Le général Sami Khatib, choisi par [Salim Hoss] pour commander les 22.000 soldats musulmans de l’armée, est resté en-dehors de la bataille entre les chrétiens et les druzes. Ses soldats sont mal équipés et disséminés dans tout le territoire musulman libanais, qui, grosso modo, s’étend sur Beyrouth-Ouest, les taudis au sud de la capitale, le Sud-Liban et les régions côtières.
  • 16 mars 1989 : « Les Libanais observent un cessez-le-feu non officiel. Les forces rivales, chrétiennes et musulmanes, faisant une pause après deux jours de combats qui ont tué 50 personnes et en ont blessé d’autres, ont observé un cessez-le-feu non officiel, au milieu d’avertissements et de combats renouvelés.
  • 19 mars 1989 :  « Les bombardements terrestres continuent dans les collines près de Beyrouth. Les troupes dirigées par l’armée chrétienne, ainsi que les miliciens musulmans pro-Syriens, se sont livrés à des combats de tanks et d’artillerie dans les collines surmontant Beyrouth. Des raisons ont été présentées pour les derniers combats.
  • 21 mars 1989 : « Duels d’artillerie et raids aériens secouent le Liban. Il y a eu une éruption de violence entre les forces chrétiennes et musulmanes au Liban, alors que les avions israéliens bombardaient les positions palestiniennes dans la vallée de la Békaa.
  • 23 mars 1989 : « Redéploiement des troupes syriennes près de Beyrouth. La Syrie a déplacé ses troupes à Beyrouth dans de nouvelles positions et a appelé à chasser le leader chrétien Michel Aoun. La réorganisation militaire a lieu pour le cas d’une guerre à travers Beyrouth divisée, entre les troupes d’Aoun et des musulmans syriens. »
  • 29 mars 1989 : « Le cessez-le-feu commence au Liban, les bombardements terrestres se poursuivent. L’armée libanaise a accepté un cessez-le-feu pour donner à la Ligue Arabe une chance de négocier une fin à la crise du Liban.

Une telle servilité est étonnante dans un pays qui prétend avoir la presse la plus libre du monde. Dans un pays libre, il n’est pas besoin d’envoyer des lettres au Président pour obtenir que les journalistes rapportent une tragédie aussi gigantesque. L’argent ou d’autres formes de pression poussent les médias américains à accepter, dans le domaine de la politique internationale — et c’est le domaine le plus important — de se livrer à une auto-censure similaire à celle que la terreur impose dans les dictatures.

http://www.unesco.org.uk/press_freedom

La Maison-Blanche était très bien informée : elle avait son ambassadeur au Liban. Le télégramme ci-dessous, publié par Wikileaks, fut écrit le 14 mars 1989 par John McCarthy, alors ambassadeur américain à Beyrouth. Il parle du bombardement, et dit que Nabih Berri, chef du mouvement Amal, avait fait savoir à l’ambassadeur que ce n’était pas lui qui avait bombardé le ministère libanais de la Défense (MOD). Berri sous-entendait ainsi que c’était l’armée syrienne qui avait bombardé le ministère en question. A part Amal et l’armée syrienne, en effet, il n’y avait, à Beyrouth Ouest, aucune force possédant une artillerie lourde lui permettant de se livrer à des bombardements de ce calibre :

US embassy Beirut 14 march 1989

Pourquoi George H.W. Bush a-t-il gardé le silence au sujet de la tragédie du Liban en mars 1989, alors qu’il était informé de façon quotidienne par ses diplomates et ses services de renseignement?

Peut-être parce que George Bush voulait laisser agir l’armée syrienne et les milices financées par la Syrie et l’Arabie Saoudite. Il approuvera par la suite l’invasion syrienne du Liban (13 octobre 1990). Quelques jours plus tôt, il aura préparé l’opinion publique américaine dans un échange à la Maison-Blanche, avec les représentant de la communauté moyen-orientale, le 24 septembre 1990. Durant cet échange, il refusera de mettre à égalité le Liban et le Koweït en matière de droits, et refusera de punir Hafez Assad comme il punissait Saddam, alors que le Liban avait subi l’occupation d’Hafez Assad depuis très longtemps, alors que le Koweït subissait tout juste celle de Saddam. Il alla jusqu’à annoncer que la Syrie jouerait un rôle pour mettre fin à la division du Liban, et donc, qu’elle l’occuperait complètement :

Une femme : « Une question au sujet du Liban, je vous prie… ».
Bush : « Feu ! ».
La femme : « …Notre gouvernement a pris contre l’Irak toutes les mesures que nous lui avions demandé avec insistance de prendre contre la Syrie qui a commis une agression similaire contre le Liban. Apparemment, la Syrie est maintenant l’alliée de notre gouvernement et des autres contre l’Irak. Ceci nous trouble beaucoup, excepté si notre gouvernement projette d’utiliser [l’agression de Saddam] pour pousser Hafez Assad à se comporter de la façon civilisée que nous tentons d’exiger de Saddam Hussein.
« Voici ma question : Quel est notre plan pour que la Syrie se comporte selon ces standards ? Et s’il n’y a aucun plan, est-ce que notre alliance avec la Syrie ne compromet pas, sur le plan moral, notre position dans l’effort mondial contre l’Irak ? »
Bush : « Cette affaire est si compliquée qu’il est joliment difficile de vous donner une réponse précise. Mais il pourrait bien sortir de tout cela un nouvel ordre mondial. De cela doit faire partie une solution pacifique de la division du Liban [la guerre d’après Bush est civile]. J’ai été là-bas. J’y ai travaillé il y a quelques années. Et je suis assez âgé… pour me rappeler le Liban comme un carrefour paisible. Quoi qu’il arrive dans le reste du monde, le commerce survivait. Les gens s’entendaient. Diverses religions et manières de vivre prospéraient.
« Nous voulons [aider] à apporter la paix au Liban… Et la Syrie a un rôle clé à y jouer. Et j’espère que, de cela, sortira un nouvel ordre mondial, si vous voulez, qui émergera si nous restons tous ensemble [avec Hafez Assad] pour être les catalyseurs de la paix au Liban… ».

George H.W. Bush

Et c’était le président d’un pays démocratique qui parlait, ouvertement, devant les caméras de télévision et les microphones, d’une dictature mettant fin à une démocratie par le moyen d’une invasion sanglante ! A comparer avec la façon dont le régime syrien est traité par les autorités américaines depuis qu’il a quitté le Liban et a accepté de reconnaître son existence comme un Etat libre et souverain, en procédant à un échange d’ambassadeurs, pour la première fois dans l’Histoire.

Ceci, sachant que Bachar Assad, contrairement à son père, n’avait pas commis de massacres avant que la guerre n’éclate en Syrie. Et que cette guerre avait été préparée depuis des années, et financée par les mêmes puissances étrangères qui avaient jeté de l’argent ou pesé diplomatiquement pour tuer au Liban. Juste retour des choses, ont dit certains. Non : injustice. Car l’Occident soutient les criminels survivants du régime d’Hafez Assad, tout comme il les soutenait avec Hafez autrefois. Rien n’a changé.

© Lina Murr Nehme,
Beyrouth le 25 novembre 2014.

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Censorship in American media: it can go that far

Contrary to preconceptions, the American media are, in the area of foreign politics, heavily influenced by unscrupulous entities that are, sometimes, related to the government.

This subservience is not obvious: the journalists in the United States are impertinent in the area of domestic policy. So the average American does not know enough about foreign politics to be able to check the data provided to him… or to know what is hidden from him.

While I was in Lebanon in February 1989, I had ordered sets of prints of some of my paintings. I had to go from Jounieh to Cyprus by boat, in order to return to the USA, where I lived, near Boston. I could not know that I had taken the last boat, and that heavy bombardments would close this port a few hours after my departure.

Three weeks later, as I needed to have a few samples of the prints, I called my parents in Lebanon and asked if they had received my prints. My father said:

“We are working as fast as we can. But we are under unceasing heavy Syrian bombardments. You know we are at war, don’t you?”

“No. I did not know. Otherwise I would not have asked for my prints.”

“We are experiencing the worst bombardments we have ever known. But we are happy, because at long last, Lebanon has declared war on Syria.

It was huge: the war had lasted so many years, and the Syrian army was occupying part of Lebanon. The Lebanese army would fight against the Syrians at some places, yet, the Lebanese politicians had never dared talking of bombarding the Syrian army in Lebanon openly.

I called the Lebanese journalists I knew in America. They confirmed the existence of a blackout in the American medias, concerning Lebanon. One of them faxed me a sample of a letter to sign and send at the White House to George H.W. Bush, who was then president. In this letter, the sender demanded that the American media told the truth about the Syrians in Lebanon. I signed the letter and put it in an envelope which I stamped. I wrote on the envelope the name and address of George Bush, and I posted it, without hoping much of a result.

After a few days, the media stopped the blackout. I called the same journalist and I asked him what had happened. He said: “Fifty thousand of us sent letters to the White House. That’s why the media have stopped the blackout. Read the Boston Globe“.

On 2 April 1989, the Boston Globe wrote in its editorial page:

“Since March 14, the people of Beirut have suffered from artillery bombardments that have made their existence a nightmare. In one night, 5,000 rockets fired from Syrian positions in West Beirut landed on the Christian quarters of East Beirut. Enormous fuel-storage tanks have been set ablaze, and the fires have burned out of control. Power stations have been knocked out, and since Beirut depends on pumps for its water supplies, the cutoff of electricity has meant a city without lights and water.
“American newspapers and television networks have been hampered in reporting the tragedy of Beirut’s bombardment — the hundreds of casualties, the thousands of refugees fleeing south. The Bush administration has kept silent.”

Boston Globe 1989-Beirut Bombardment det-pt

Who could hamper all the American media from doing their job while the Bush administration was also keeping silent? And why?

The effects of this hampering are amazing. In the period from March 14 until the editorial cited above, the Boston Globe’s articles make it appear that nothing is happening in Lebanon except truces and some fighting between Christians and Muslims or Druzes. Below are the abstracts of all seven articles about Lebanon from March 14 to April 1, taken from the Boston Globe archives. Three of them are about truces, four of them describe the fighting as being between Christians and Muslim militiamen without Syrian involvement, one of them describes the Syrian army as not involved (but re-deploying just in case), zero describe Syria as being involved in the fighting, and only one (a third update of a former article) mentions that a certain General leading a “Christian Cabinet” says the fighting is against Syrian forces.

  • 40 Lebanese Die in Sectarian Clashes, Mar 15, 1989: At least 40 people were killed, mostly civilians, on March 15, 1989 in Beirut as Christian army units and Moslem militiamen fought an artillery duel which rained hundreds of shells on Beirut’s residential areas.
  • 40 LEBANESE DIE IN SECTARIAN CLASHES, Mar 15, 1989 (third update): Gen. Michel Aoun, who leads a Christian military Cabinet and commands 20,000 Christian troops, said yesterday: “It’s a war of liberation against Syrian occupation forces. The battle has begun.” Aoun’s headquarters were damaged in the shelling. In midafternoon, police said, Aoun’s forces shelled the border town [sic] of Chtaura [in the center of Lebanon], command headquarters for Syrian troops in east Lebanon’s Bekaa Valley, and cut the Damascus-Beirut highway. Gen. Sami Khatib, chosen by [Salim Hoss] to command the army’s 22,000 Moslem soldiers, has kept out of the Christian-Druze battle. His troops are poorly equipped and scattered throughout Lebanon’s Moslem territory, which generally covers West Beirut, the slums to the south of the capital, and south Lebanon and coastal areas.
  • Lebanese Observe Uneasy, Unofficial Truce, Mar 16, 1989: Rival Christian and Moslem forces, pausing after two days of fighting that killed 50 people and wounded others, observed an uneasy and undeclared truce amid warnings of renewed fighting.
  • Shelling Continues in Hills Near Beirut, Mar 19, 1989: Christian-led army troops and pro-Syrian Moslem militiamen battled with tanks and artillery in the hills overlooking Beirut. Reasons for the latest fighting are presented.
  • Artillery Duels, Air Strikes Rock Lebanon, Mar 21, 1989: Violence erupted between Christian and Moslem forces in Lebanon while Israeli planes bombed Palestinian positions in the Bekaa Valley.
  • Syria Troops Redeployed Near Beirut, Mar 23, 1989: Syria moved its troops in Beirut to new positions and called for the ousting of Christian leader Michel Aoun. The military reorganization is in case of war across divided Beirut between Aoun’s troops and Syrian Moslems.
  • Lebanese Truce Starts; Shelling Subsides, Mar 29, 1989: The Lebanese army has agreed to a cease fire to give the Arab League a chance to negotiate an end to Lebanon’s crisis.

Such a subservience is amazing in a country that claims to have the freest press in the world. In a free country, there is no need to send letters to the President in order to have journalists report so huge a tragedy. Money or other forms of pressure make the American media accept, in the area of international politics — the most important area — a self-censorship similar to the one that terror imposes in dictatorships.

https://www.unesco.org.uk/press_freedom

The White House was very well informed about the situation in Lebanon: that’s what ambassadors and secret services are for. The following telegram published by Wikileaks, was written on 14 March 1989 by John McCarthy, the American ambassador in Beirut. It speaks of the bombardment, and says that Nabih Berri, head of the Amal movement, wanted the ambassador to know that he was not the one who had bombarded the Lebanese MOD (Ministry of Defense). Berri implied that the Syrian army was the one to have bombarded the MOD: besides Berri’s Amal, there was no other armed force having a heavy artillery capable of doing such shelling:

US embassy Beirut 14 march 1989

Why did George H.W. Bush keep silent about the tragedy of Lebanon in March 1989, despite being kept informed on a daily basis by his diplomats and his intelligence services?

Perhaps because George Bush wanted to leave a free hand to the Syrian army and the militias financed by Saudi Arabia and Syria. He would later approve the Syrian invasion of Lebanon (13 October 1990). A few days earlier, he even prepared the American opinion at a White House Briefing for Representatives of the Arab-American Community, on 24 September 1990. In this briefing, he refused to grant Lebanon the same human rights as Kuwait, and punish Hafez Assad like Saddam Hussein since he had committed the same crime: invading a neighboring country. In fact, Assad was far more guilty. He had shed much more blood than Saddam, and had invaded Lebanon many years before Saddam had invaded Kuwait. George H.W. Bush went so far as to announce that Syria would have a role in ending the division of Lebanon, which meant that Syria would occupy the totality of Lebanon:

A woman: “One question about Lebanon, please.”
Bush: “Shoot.”
The woman: ” …Our government has taken every action against Iraq that we have been urging should be taken against Syria for its similar action in Lebanon. Syria is now apparently allied with our government and others against Iraq. This disturbs us greatly, unless our government has some plan to use its newfound leverage on Syria to cause Hafiz Assad to conform to the norms of civilized behavior that we are attempting to enforce against Saddam Hussein.
“This is the question: What is our plan to make Syria conform? And if there is no plan, doesn’t our alliance with Syria compromise our moral position in the worldwide effort against Iraq?”
Bush: “This thing is so complex over there that it’s pretty hard to give you a definitive answer. Out of this, though, there could well be a new world order. And part of that must be the peaceful resolution of the division of Lebanon. I’ve been there; I’ve worked there years ago. And I’m old enough … to remember Lebanon as the peaceful crossroad. It didn’t matter what was going on in the rest of the world; commerce survived, people got along one with the other, different religions and different ways of life all thriving there. We want to help… bring peace to the Lebanon. And Syria does have a key role. And I hope out of this that we can use this new world order, if you will, that might emerge if we all stay together [with Hafez Assad] to be catalysts for peace in the Lebanon”.

George H.W. Bush

It was the President of a democratic country speaking, openly, in front of microphones and television cameras, of a dictatorship putting an end to a democracy by a bloody invasion! This is to be compared with the way the Syrian regime is treated by the American authorities since it left Lebanon and accepted to acknowledge Lebanon’s existence as a free State, by exchanging ambassadors, for the first time in history.

This, knowing that Bachar Assad, unlike his father, had not committed any massacres before the beginning of the war in Syria. This war had been prepared for years, and financed by the same foreign powers as the war of Lebanon.

Some people say that what is happening to Bachar Assad is justice. I would say the opposite. The criminals who survived from the Hafez Assad regime, are today in the opposition that is backed by the West. The West backs these criminals today just as it backed them and Hafez in the past. Nothing has changed.

© Lina Murr Nehme
Beyrouth, 25 novembre 2014.

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Concernant les armes chimiques syriennes

Quand a éclaté la nouvelle de l’usage d’armes chimiques (gaz sarin) en Syrie, je me trouvais hors du Liban. J’étais trop bouleversée pour pouvoir travailler. Je passai donc toute la journée dans un des salons de l’hôtel, à regarder, en direct, le débat télévisé qui se déroulait au Parlement britannique.

Syrian chemical weapons attack video

Il m’a rappelé les vieux jours du traité de Taef (1989-1990). Alors aussi, j’étais hors du Liban, vivant non loin de Boston. Je regardais à la télévision les grandes nations qui condamnaient à mort une petite nation qui était la mienne.

En 2013, ironiquement, la victime de ces mêmes nations était la Syrie. J’écrivis ceci sur Facebook:

“Comment se fait-il que les armes chimiques ne soient mauvaises que si ce sont les autres qui les utilisent? Qui, en Amérique, a puni ceux qui ont utilisé le gaz moutarde durant la première guerre mondiale? Qui a puni les généraux et les politiciens responsables, au Vietnam, de l’usage intensif et à très grande échelle, du gaz moutarde et des bombes au napalm? Qui a puni  Truman parce qu’il a utilisé la bombe atomique contre le Japon après avoir appris que le Japon voulait se rendre? (Pour les preuves, voir mon prochain livre, “Qui prendra le Liban, la Syrie, la Palestine?”)
Personne n’ayant été puni, le gouvernement américain a endossé tous ces crimes (sans compter les autres), et est le plus grand utilisateur d’armes chimiques au monde, et le plus grand utilisateur d’armes de destruction massive au monde. Et il prétend punir un tout petit utilisateur de ces armes.”

Lina Murr Nehme-Syrian chemical-2

Puis j’ai écrit ceci:

“Assez d’hypocrisie! Assez de voir les plus grands criminels jugeant les petits! Assez! Assez!”

Lina Murr Nehme-Syrian chemical-1

Je n’ai pas changé d’avis depuis.

Même si le fait que j’aie brûlé le drapeau de Daesh (EIL) a fait de nous des ennemis directs, et même si je vais utiliser ma photo brûlant ce drapeau comme un symbole aussi longtemps que Daesh sera en position de force, je continue à penser que ceux qui bombardent Daesh sont bien plus criminels que Daesh.

Maintenant, tout le monde a oublié les terroristes de l’Armée Syrienne Libre qui coupaient les gorges de leurs frères, les soldats et les policiers syriens, devant la caméra, ou qui mangeaient le cœur de soldats syriens, comme fit Abou Sakkar. L’Armée Syrienne Libre n’est pas devenue innocente pour la seule raison que des terroristes plus féroces ont émergé sur la scène syrienne.

Si vous voulez défendre l’opposition syrienne, défendez Michel Kilo et ses semblables. Défendez feu le Patriarche Hazim. Ne défendez pas les terroristes de la soi-disant Armée Syrienne Libre. S’ils avaient été bons, s’ils avaient dit la vérité, ils n’auraient pas été aidés et défendus par Obama, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et leurs fruits n’auraient pas été Nusra et Daesh.

obama-terrorism

Dites-moi qui sont vos alliés, et je vous dirai qui vous êtes.

Lina Murr Nehmé

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