Category Archives: Hamas

La Main noire : une menace qui dit bien son nom (Causeur)

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Sept organisations juives en France ont reçu, fin juin, une lettre de menaces, signée de « La Main noire », contenant notamment la phrase suivante : « Mesdames et Messieurs les juifs, vous pleurez amèrement le décès d’une vieille juive assassinée pour son argent, nous pensons que vous payez peu par rapport au nombre de crimes que vous commettez tous les jours. Profitez-en bien, car le jour du châtiment va arriver. »

En attendant l’enquête, on peut essayer de comprendre le choix de ce nom, La Main noire, en remontant à deux organisations secrètes : La Main noire serbe et La Main noire palestinienne.

De la Grande Serbie…

La première avait pour but la réalisation de la Grande Serbie par l’annexion des pays voisins1. Fondée en 1911 par le chef des services secrets serbes, elle achetait des responsables politiques, organisait des attentats et répandait des rumeurs. Chargée en 1912-1913 de « serbiser » la Macédoine, elle massacra ou tortura les paysans de la majorité bulgare, et assassina leurs prêtres. « Les pires des crimes furent commis par cette organisation secrète, connue dans le monde entier et bénéficiant d’une protection puissante, lit-on dans le rapport de la commission internationale d’enquête sur la guerre des Balkans. Cela présente un grand avantage, pour un gouvernement régulier, d’avoir sous la main un pouvoir qui n’a pas de comptes à rendre, qui devient vite tout-puissant, et qu’il est toujours possible de désavouer au besoin. »

Les appels à l’unification des Slaves que lançait le Premier ministre Pachitch, étaient des appels à la guerre civile dans les autres pays ; et La Main noire commettait les crimes qui servaient ce but. Le 28 juin 1914, elle tua l’héritier de l’empire austro-hongrois. Ce meurtre aboutit à la Première Guerre mondiale, dont l’issue permit à la Serbie d’annexer la Croatie, la Bosnie et l’Herzégovine.

…à la Grande Syrie

On en entendit parler en Palestine, où le sultan Abdul-Hamid avait opposé à la colonisation juive une colonisation musulmane sunnite : il avait installé dans la région d’Haïfa des milliers de familles slaves de Bosnie-Herzégovine.

C’est précisément dans cette région qu’on entendit, dans les années 1930, parler d’une organisation terroriste appelée La Main noire (al-Qaff al-Assouad). Elle pratiquait le crime politique, comme La Main noire serbe, terrorisant les populations si elles ne se soumettaient pas à ses idées. Son but était de réaliser la Grande Syrie (Cham) en unifiant la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine. Mais il n’est pas possible de réaliser une entité politique unique à partir de peuples différents par la violence, sans nettoyage ethnique : il y en a eu en Palestine à l’encontre des juifs ; au Liban à l’encontre des chrétiens ; en Syrie à l’encontre des alaouites, des ismaélites et des yazidis.

La Main noire palestinienne a été fondée par Izzeddine al-Qassam. Ce Syrien s’était défait de ses biens pour aller se battre en Palestine au nom de la Grande Syrie. Son ascétisme, sa pureté idéologique, le radicalisme de ses idées le faisaient vénérer par ses hommes. L’un de ses biographes, Husni Jarar, affirme qu’il disait, parlant des juifs : « Ils veulent vous exterminer, ô musulmans, pour occuper votre terre de l’Euphrate au Nil, et prendre Jérusalem, et s’emparer de Médine, et brûler le tombeau du Prophète. Ils veulent s’amuser avec les corps de vos femmes et de vos filles et de vos sœurs, et faire d’elles leurs servantes et leurs esclaves ! Malheur à vous, vous ne comprenez pas ? L’Apôtre d’Allah dit : ‘Si un empan de la terre des musulmans est piétiné par un pied [étranger], la femme doit partir à la guerre sans l’autorisation de son mari, et l’homme doit aller au djihad sans l’autorisation de son père’. Musulmans, vous ne comprenez pas ?… [Allah] a dit, exalté soit-il : ‘Combattez les mécréants qui sont près de vous, et qu’ils vous trouvent durs.’ Les juifs ont rempli votre pays, ils ont volé votre terre. » Et dans un autre discours : « Les immigrants juifs sont comme une nuée de sauterelles venues d’Occident sur les bateaux et les automobiles des Anglais. Vous devez les pourchasser en utilisant tous les moyens d’extermination possibles. »

Une Main noire indélébile

Izzeddine al-Qassam fut tué par les Anglais en 1936. Sa mort fut répercutée dans les mosquées, et il devint une sorte de légende, le Ben Laden de son temps. Sa réputation dépassa même les frontières de la Palestine. Il inspira des générations de terroristes palestiniens, et il inspire maintenant des terroristes dans le monde entier.

Comme toutes les sociétés secrètes, La Main noire palestinienne est entourée de mystère, et ses crimes sont revendiqués par plusieurs groupes armés. Parlant de l’un d’eux, Achraf Faleh Youssef Zoghbi, juriste jordanien, écrit : « Et si un soldat ou un officier juif était tué, on trempait la main dans le sang et dans l’encre, et on l’imprimait sur son visage, afin de semer la terreur sur le visage de tous les sionistes et qu’ils quittent le pays. L’ennemi sioniste appela cette compagnie militante la ‘bande de La Main noire’. La terreur s’implanta en effet dans le cœur des sionistes, car un grand nombre de juifs, soldats, officiers et personnalités, furent ainsi exécutés, et l’ennemi se mit à rechercher le chef de la ‘bande de La Main noire’, comme il l’appelait. Et le monde arabe palestinien entendit dire que la bande de La Main noire était le défenseur de la terre de Palestine et de ses habitants, et que l’appartenance à cette bande était un devoir national. »

La Main noire palestinienne n’a pas fini de faire rêver les islamistes. C’est son action que tentent de perpétuer les mouvements terroristes comme l’organisation Septembre noir, mais aussi les terroristes de Daech et al-Qaïda. Tous ont pour premier but la libération de la Palestine et de la Grande Syrie, exactement comme Izzeddine al-Qassam et selon ses vues. Comme lui, ils voient l’arabité comme un corps dont l’âme est l’islam. C’est d’ailleurs aussi l’opinion des Frères musulmans, et l’on peut se demander si le signe de rabia, leur signe de ralliement, une main noire sur fond jaune, ne s’inspire pas de la main noire qu’imprimaient les assassins sur le visage de leurs victimes.

Envoyer une lettre de menaces à des organisations juives en France, c’est un moyen d’imiter les méthodes de La Main noire durant la guerre de djihad déclarée par le mufti de Jérusalem en 1936 après la mort d’Izzeddine al-Qassam.

Derrière ce nom, il est pourtant probable qu’il y ait une ou deux personnes seulement : les vrais groupes terroristes n’envoient plus de lettres de menaces. Ils ont les moyens de publier des communiqués. Il n’empêche que cette lettre de menaces produira le même effet grâce à la publicité qu’elle a reçue. Les terroristes désirent-ils autre chose que cette publicité gratuite qui leur permet de paraître plus grands et plus forts qu’ils ne sont ?

Lina Murr Nehmé, 19 juillet 2018

Commander Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique

« La Main noire », une menace qui dit bien son nom

 

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

29 mai 1453 : Chute de Constantinople et persécutions

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

29 mai 1453: chute de Constantinople dans des flots de sang, qui soumet les chrétiens et les juifs de la capitale de la chrétienté à la dhimmitude. Et qui impose le schisme orthodoxe de par la volonté du sultan. (Ce schisme avait été supprimé par un concile œcuménique, celui de Florence.)

29 mai 1942, les juifs de France sont obligés de porter l’étoile jaune.

29 mai 2014: Proclamation de l’Etat Islamique ou califat, qui impose de nouveau la dhimmitude aux chrétiens et aux juifs, et le massacre aux autres.

J’ai plusieurs autres coïncidences historiques à citer, mais celles-ci suffisent, je pense, pour être, chacune, un rappel des autres. Les juifs devraient savoir qu’ils ne sont pas seuls à être persécutés, les chrétiens le sont aussi.

De même, les chrétiens devraient savoir qu’ils ne sont pas les seuls à être persécutés, les juifs le sont aussi.

Les ressorts de la persécution qui frappe un groupe humain sont subtils, et la persécution se fait quand l’esprit de la personne, matraqué à outrance, est trop fatigué pour résister par des arguments, et il se laisse faire. C’est là la base du lavage de cerveaux.

Il faut refuser ce genre de comportement, quel que soit le groupe humain auquel il s’adresse. Mais d’abord, pour le refuser, il faudrait que chacun de nous voie les ressorts de la persécution en lui-même, et les combatte en lui-même. Sinon, il n’y aura pas de justice. Les juifs continueront à ne voie que la souffrance des juifs, les chrétiens continueront à ne voir que la souffrance des chrétiens, les Palestiniens continueront à ne pas voir ce qu’eux ou leurs ancêtres ont fait aux uns et aux autres.

Et les islamistes continueront à exploiter ce refus de voir la réalité pour soulever les musulmans en particulier, les Occidentaux en général, contre les juifs, comme ils ont fait en 1920. À ceci près qu’en 1920, ils les ont massacrés gratuitement. Lire à ce sujet mon livre Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat Islamique, Salvator, 2016.

Commander 1453, Chute de Constantinople: Mahomet II impose le schisme orthodoxe.

Lina Murr Nehmé, 29 mai 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

La propagande de l’OLP et du Hamas en France

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

La puissance médiatique de l’OLP se sert de la souffrance réelle des Palestiniens, pour susciter un sentiment antijuif qui est d’autant moins mérité qu’un juif n’est pas nécessairement israélien, et que s’il l’est, il a de fortes chances d’être dans l’opposition.

Il est inadmissible que nous laissions faire ce genre de propagande. Je l’ai décrite, avec ses résultats — une guerre, cent mille morts — dans Le Liban assassiné, alors qu’elle s’exerçait contre les chrétiens cette fois, et non contre les juifs.

Mais j’ai montré que la guerre du Liban était la transposition, le déménagement de la guerre de Palestine qui durait depuis 1920, et que menait le même groupe qui s’était par la suite reconstitué, plus ou moins, sous le nom d'”OLP”. J’ai décrit le début de cette guerre dans mon autre livre Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat Islamique (Salvator, 2016), Car la hargne que nous avons subie au Liban, s’était auparavant auparavant exercée contre les juifs en Palestine, en 1920, en 1928, en 1929, provoquant ces mêmes massacres que par la suite, l’OLP a reproduits au Liban, sur une bien plus grande échelle, parce qu’elle y avait les mains libres: au lieu d’avoir une puissance mandataire pour protéger les minorités, elle avait, dans les coulisses, des puissances dirigées par des financiers, qui la favorisaient contre l’Etat du Liban multiconfessionnel, parce que telle était la volonté de l’Arabie Saoudite qui dictait les prix du pétrole.

En 1982, les Israéliens ont dévoilé ces crimes, et c’est à partir de ce moment qu’on a commencé à se retourner contre eux médiatiquement en Europe. Ils n’ont pas osé exiger que les criminels de l’OLP soient jugés pour crimes contre l’humanité, alors même que les criminels nazis continuaient à être poursuivis et jugés. Mitterrand avait exigé que les criminels de guerre partent “dans la dignité”, il a exigé une Force Multinationale pour protéger les civils palestiniens, et eux seuls, car quand, l’été suivant 1983, ce fut le tour des chrétiens d’être assassinés, il y eut un nettoyage ethnique total, un génocide dans toute la région dominée par Walid Joumblatt, qui tua tous les chrétiens, y compris ses partisans, dans une région majoritairement chrétienne. Et l’Occident traite avec Walid Joumblatt, le reçoit et l’honore. Il est pourtant coupable de crimes contre l’humanité d’après les critères occidentaux.

Dans un autre livre, L’Islamisme et les femmes, j’ai décrit comment, insidieusement, le conflit se transpose, en France, contre les juifs de France, utilisant les mêmes ressorts que dans la guerre du Liban, c’est-à-dire exploitant la souffrance réelle des Palestiniens, pour faire haïr une communauté entière. Cette fois, c’est de nouveau la communauté juive.

Tous les jours, des incidents montrent la mesure de la propagande palestinienne antijuive. J’ai démonté, dans mon livre “Le Liban assassiné”, les ressorts et les méthodes de cette propagande, comme elle s’est exercée contre les chrétiens. On les retrouve, tels quels, à Paris aujourd’hui.

Je dois finalement dire que les Palestiniens eux-mêmes rejettent ces crimes quand ils les connaissent, et quand ils sont humains — et beaucoup d’entre eux sont humains. Il y a deux ou trois ans, j’ai eu une bagarre verbale avec l’un d’entre eux, un ouvrier qui défendait tellement les chrétiens du Liban et disait tant de mal des Palestiniens que je devais le freiner.

Du reste, c’est le fait qu’un des Palestiniens qui avaient le plus souffert qui ait dit — dans un reportage diffusé sur une chaîne de télévision — qu’il était horrifié du mal que les Palestiniens nous avaient fait. C’est alors que j’ai cessé de haïr les Palestiniens en bloc, me disant: “S’il y a parmi eux un seul homme juste comme celui-ci, je dois les aimer, car il doit sûrement y en avoir d’autres aussi.”

 

Lina Murr Nehmé, 20 mai 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Eric Zemmour condamné

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Oumma.com jubile: Eric Zemmour, un juif, est condamné pour islamophobie en France et non en Palestine, par un tribunal français et non par le Hamas !

Je reproche à Zemmour son langage parfois un peu dur, voire blessant, notamment dans l’interview pour laquelle une organisation palestinienne, CAPJPO-EuroPalestine, l’a traîné en justice. Pourtant, je défie quiconque de prouver que ce Zemmour au langage dur, incite au meurtre comme le font les paroles mielleuses du doux Tareq Oubrou dans sa mosquée, ou du doux Dalil Boubakeur dans son école d’imams. Pour comprendre à quelles paroles je fais allusion, je recommande au lecteur de lire les passages cités ou traduits dans mon livre : Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur: ce qu’ils cachent. Quant au doux Tariq Ramadan, je me garde de frapper un homme abattu. Mais le livre précité a été publié il y a un an, et ce qui a été dévoilé à son sujet ne change rien à ce que j’ai écrit.

J’ai récemment eu une discussion avec une personne de confession musulmane qui semblait pleine d’amour, et qui contestait l’existence de ces textes. C’est qu’elle ne les connaissait pas, contrairement à ceux qui fréquentent les mosquées radicales. Ce sont ces textes qui sont coupables de leur comportement violent.

 

L’interview pour laquelle Zemmour a été condamné pour “islamophobie” ou au moins pour “incitation à la haine” alors qu’il accusait des textes et non des personnes. Le problème est qu’il n’a pas dit d’exclure les musulmans, mais seulement ceux qui acceptent le djihad et d’autres prescriptions, ce qui, selon lui, revenait à refuser l’islam, puisque le djihad est un pilier de l’islam. (C’est strictement ce qu’on enseigne dans les mosquées de Paris et à l’école de formation d’imams qui dépend de la Grande Mosquée de Paris.) Et qu’on enseigne dans toutes les écoles d’imams de France, qui sont généralement moins modérées que celle de Paris.


À noter que cette conversation ubuesque a eu lieu juste après les attentats de Nice et l’égorgement du P. Hamel, qui étaient justifiés par les textes auxquels fait allusion Zemmour, et rien d’autre.
Pour connaître les textes enseignés en France, lire mes deux derniers livres, L’Islamisme et les femmes, et Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent, ce dernier étant interdit au Liban sur avis des oulémas. Mais au Liban, la justice civile est encore assez libre pour ne pas traîner en justice quelqu’un à cause d’une interview où il était attaqué par des gens qui n’avaient pas lu les textes qu’il cite.

Lina Murr Nehmé, mai 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin