Category Archives: Palestine

La guerre du Liban n’est pas une guerre civile

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Une chaîne de télévision française a diffusé une série télévisée montrant les Libanais repentants. Je ne l’ai pas vue, j’ai trop de travail à faire, mais une amie m’a appelée hier la nuit, toute émue, pour m’en parler.

Je lui ai rappelé que la guerre du Liban a été décidée par les grandes puissances, et que cela, elle le savait depuis le début pour avoir été au Liban au début de la guerre. Les grandes puissances qui voulaient plaire à l’Arabie Saoudite pour cause de pétrole. Elle a reconnu que oui, c’était vrai, et que dans la série cela n’avait pas été mentionné.

Je lui ai rappelé que ces grandes puissances ont acheté les puissances locales (OLP, Syrie), en leur promettant des petits bouts de Liban. Cela aussi, elle le savait: tout le monde l’a su à un moment ou à un autre de la guerre. Il suffisait de suivre l’actualité (voir Lina Murr Nehmé, Le Liban assassiné et Du Règne de la pègre au réveil du Lion, Aleph et Taw, 2009 / 2011).

Ensuite, ces petites puissances ont acheté les petits ambitieux libanais qui, n’étant pas populaires de façon naturelle, avaient besoin d’argent pour s’acheter des partisans et leur rendre les services sociaux que l’Etat ne leur rendait pas: Joumblatt, Berri, Geagea…

Tant qu’aucun de tous ceux-là, qui sont les plus connus, n’a été mentionné, dites-vous qu’il y a mensonge par omission, et que ce mensonge fausse tout, car il donne l’impression que les miliciens se sont rués les uns sur les autres de leur propre volonté. C’est comme si on vous montrait un spectacle de marionnettes et qu’on vous disait de croire qu’elles agissent toutes seules et que personne n’en tire les ficelles par-derrière.

Ou comme si on vous montrait des quatrièmes violons de la pègre sicilienne ou newyorkaise pleurant leurs crimes, sans vous dire qu’ils ont été payés par quelqu’un qui ne pleurait nullement et qui était payé par un parrain qui payait et décidait de tout, et qui, lui, se marrait.

Lina Murr Nehmé, 28 août 2018

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Nous ne sommes pas des Arabes !

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Non, nous ne sommes pas des Arabes, car nous ne sommes pas des Bédouins !

Vous ne le saviez pas? “Arabes” veut dire “Bédouins”. Le mot concerne strictement les gens de la Péninsule, car ils étaient à l’origine des nomades chassés par la rudesse de leur climat, et obligés sans cesse de se déplacer d’oasis en oasis. Le mot vient donc de la racine “araba” qui veut dire “se déplacer”. D’où le mot “arabat” ou “arabiyya”, pour désigner la charrette ou la voiture. D’où, aussi, le mot “aroubat maaidatouhou” pour dire de quelqu’un qu’il a la diarrhée. Ci-dessous, extrait tiré d’un livre de grammaire arabe.

Ce n’est donc pas moi qui le dis, c’est la grammaire arabe. Je peux vous le prouver, livre en main, mais nous avons autre chose à faire, n’est-ce pas, vous et moi, que de nous plonger dans les dictionnaires vieux de mille trois cents ans. Il est plus intéressant d’aller de l’avant que de reculer.

Attention, je ne suis pas raciste. Il existe des Arabes qui sont formidables. Seulement, eux, c’est eux, et nous, c’est nous. Leurs dirigeants veulent que nous soyons des esclaves, et nous, nous ne sommes pas d’accord.

Et désirant ardemment le jour où je pourrai enfin lancer en toute sincérité le cri: “Pays arabes, je vous aime”!, je m’efforce pour le moment de les aimer dans mon cœur et dans mes actes, en leur disant la vérité qu’ils n’ont pas envie d’entendre.

Car celui qui aime l’autre lui dit la vérité. Surtout si elle est désagréable.

Lina Murr Nehmé, 18 août 2018

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La Main noire : une menace qui dit bien son nom (Causeur)

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Sept organisations juives en France ont reçu, fin juin, une lettre de menaces, signée de « La Main noire », contenant notamment la phrase suivante : « Mesdames et Messieurs les juifs, vous pleurez amèrement le décès d’une vieille juive assassinée pour son argent, nous pensons que vous payez peu par rapport au nombre de crimes que vous commettez tous les jours. Profitez-en bien, car le jour du châtiment va arriver. »

En attendant l’enquête, on peut essayer de comprendre le choix de ce nom, La Main noire, en remontant à deux organisations secrètes : La Main noire serbe et La Main noire palestinienne.

De la Grande Serbie…

La première avait pour but la réalisation de la Grande Serbie par l’annexion des pays voisins1. Fondée en 1911 par le chef des services secrets serbes, elle achetait des responsables politiques, organisait des attentats et répandait des rumeurs. Chargée en 1912-1913 de « serbiser » la Macédoine, elle massacra ou tortura les paysans de la majorité bulgare, et assassina leurs prêtres. « Les pires des crimes furent commis par cette organisation secrète, connue dans le monde entier et bénéficiant d’une protection puissante, lit-on dans le rapport de la commission internationale d’enquête sur la guerre des Balkans. Cela présente un grand avantage, pour un gouvernement régulier, d’avoir sous la main un pouvoir qui n’a pas de comptes à rendre, qui devient vite tout-puissant, et qu’il est toujours possible de désavouer au besoin. »

Les appels à l’unification des Slaves que lançait le Premier ministre Pachitch, étaient des appels à la guerre civile dans les autres pays ; et La Main noire commettait les crimes qui servaient ce but. Le 28 juin 1914, elle tua l’héritier de l’empire austro-hongrois. Ce meurtre aboutit à la Première Guerre mondiale, dont l’issue permit à la Serbie d’annexer la Croatie, la Bosnie et l’Herzégovine.

…à la Grande Syrie

On en entendit parler en Palestine, où le sultan Abdul-Hamid avait opposé à la colonisation juive une colonisation musulmane sunnite : il avait installé dans la région d’Haïfa des milliers de familles slaves de Bosnie-Herzégovine.

C’est précisément dans cette région qu’on entendit, dans les années 1930, parler d’une organisation terroriste appelée La Main noire (al-Qaff al-Assouad). Elle pratiquait le crime politique, comme La Main noire serbe, terrorisant les populations si elles ne se soumettaient pas à ses idées. Son but était de réaliser la Grande Syrie (Cham) en unifiant la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine. Mais il n’est pas possible de réaliser une entité politique unique à partir de peuples différents par la violence, sans nettoyage ethnique : il y en a eu en Palestine à l’encontre des juifs ; au Liban à l’encontre des chrétiens ; en Syrie à l’encontre des alaouites, des ismaélites et des yazidis.

La Main noire palestinienne a été fondée par Izzeddine al-Qassam. Ce Syrien s’était défait de ses biens pour aller se battre en Palestine au nom de la Grande Syrie. Son ascétisme, sa pureté idéologique, le radicalisme de ses idées le faisaient vénérer par ses hommes. L’un de ses biographes, Husni Jarar, affirme qu’il disait, parlant des juifs : « Ils veulent vous exterminer, ô musulmans, pour occuper votre terre de l’Euphrate au Nil, et prendre Jérusalem, et s’emparer de Médine, et brûler le tombeau du Prophète. Ils veulent s’amuser avec les corps de vos femmes et de vos filles et de vos sœurs, et faire d’elles leurs servantes et leurs esclaves ! Malheur à vous, vous ne comprenez pas ? L’Apôtre d’Allah dit : ‘Si un empan de la terre des musulmans est piétiné par un pied [étranger], la femme doit partir à la guerre sans l’autorisation de son mari, et l’homme doit aller au djihad sans l’autorisation de son père’. Musulmans, vous ne comprenez pas ?… [Allah] a dit, exalté soit-il : ‘Combattez les mécréants qui sont près de vous, et qu’ils vous trouvent durs.’ Les juifs ont rempli votre pays, ils ont volé votre terre. » Et dans un autre discours : « Les immigrants juifs sont comme une nuée de sauterelles venues d’Occident sur les bateaux et les automobiles des Anglais. Vous devez les pourchasser en utilisant tous les moyens d’extermination possibles. »

Une Main noire indélébile

Izzeddine al-Qassam fut tué par les Anglais en 1936. Sa mort fut répercutée dans les mosquées, et il devint une sorte de légende, le Ben Laden de son temps. Sa réputation dépassa même les frontières de la Palestine. Il inspira des générations de terroristes palestiniens, et il inspire maintenant des terroristes dans le monde entier.

Comme toutes les sociétés secrètes, La Main noire palestinienne est entourée de mystère, et ses crimes sont revendiqués par plusieurs groupes armés. Parlant de l’un d’eux, Achraf Faleh Youssef Zoghbi, juriste jordanien, écrit : « Et si un soldat ou un officier juif était tué, on trempait la main dans le sang et dans l’encre, et on l’imprimait sur son visage, afin de semer la terreur sur le visage de tous les sionistes et qu’ils quittent le pays. L’ennemi sioniste appela cette compagnie militante la ‘bande de La Main noire’. La terreur s’implanta en effet dans le cœur des sionistes, car un grand nombre de juifs, soldats, officiers et personnalités, furent ainsi exécutés, et l’ennemi se mit à rechercher le chef de la ‘bande de La Main noire’, comme il l’appelait. Et le monde arabe palestinien entendit dire que la bande de La Main noire était le défenseur de la terre de Palestine et de ses habitants, et que l’appartenance à cette bande était un devoir national. »

La Main noire palestinienne n’a pas fini de faire rêver les islamistes. C’est son action que tentent de perpétuer les mouvements terroristes comme l’organisation Septembre noir, mais aussi les terroristes de Daech et al-Qaïda. Tous ont pour premier but la libération de la Palestine et de la Grande Syrie, exactement comme Izzeddine al-Qassam et selon ses vues. Comme lui, ils voient l’arabité comme un corps dont l’âme est l’islam. C’est d’ailleurs aussi l’opinion des Frères musulmans, et l’on peut se demander si le signe de rabia, leur signe de ralliement, une main noire sur fond jaune, ne s’inspire pas de la main noire qu’imprimaient les assassins sur le visage de leurs victimes.

Envoyer une lettre de menaces à des organisations juives en France, c’est un moyen d’imiter les méthodes de La Main noire durant la guerre de djihad déclarée par le mufti de Jérusalem en 1936 après la mort d’Izzeddine al-Qassam.

Derrière ce nom, il est pourtant probable qu’il y ait une ou deux personnes seulement : les vrais groupes terroristes n’envoient plus de lettres de menaces. Ils ont les moyens de publier des communiqués. Il n’empêche que cette lettre de menaces produira le même effet grâce à la publicité qu’elle a reçue. Les terroristes désirent-ils autre chose que cette publicité gratuite qui leur permet de paraître plus grands et plus forts qu’ils ne sont ?

Lina Murr Nehmé, 19 juillet 2018

Commander Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique

« La Main noire », une menace qui dit bien son nom

 

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