Category Archives: France

Qui donc maltraite les migrants ?

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

La France est bien dénigrée au sujet des migrants. Pourtant, elle les traite mieux que les Français de souche qui n’ont plus de toit. Il est vrai que la voix de ces derniers ne peut se faire entendre.

En face, la Libye, pour dissuader les migrants chassés par la guerre de hanter ses terres, les vend en esclavage. Et l’Algérie les expulse carrément, radicalement, par centaines dans le désert, où ils peuvent mourir avec les migrants abandonnés par les trafiquants. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) affirme en avoir secouru 10.000 ainsi laissés au soleil, à la faim et surtout à la soif.

“Ils ont pris toutes nos affaires – argent, téléphone portable… tout, raconte un de ces migrants renvoyés dans le désert, un Malien. Ils nous ont maltraités et ils nous ont déposés dans le désert du Sahara. Et puis, nous avons été obligés de marcher des dizaines de kilomètres pour atteindre Assamaka, la première ville frontalière. C’était comme marcher en enfer. Les femmes enceintes et les enfants mineurs marchaient difficilement tandis que le soleil du Sahara était vraiment brûlant. Nous n’avions rien à manger et nous avons appris qu’au moins deux personnes sont mortes dans les dunes.”

Et les organisations prétendument humanitaires, ainsi que le Vatican, de réserver leurs reproches les plus durs à l’Europe, et particulièrement à la France. On intente des procès, tirant sur tous ce qui osent dire ce qui arrive. On ne va pas voir la tragédie des migrants en France et celle que ces derniers font subir aux femmes et autres riverains (cf. L’Islamisme et les femmes).

Les fachos, mes chers, ce ne sont pas ceux qui disent de renvoyer chez eux, dans des moyens de transport respectables et en leur payant le trajet, les migrants auxquels on ne peut pas assurer une vie décente. Les fachos, qu’ils se disent de droite ou de gauche, ce sont ceux qui mentent en prétendant qu’il est humain de parquer dans les rues de France à #LaChapellePajol ou à #Calais ou ailleurs les migrants qu’on ne peut pas loger.

Ces fachos, ce sont ceux qui prétendent que c’est bon pour le tiers-monde de le dépeupler de ses forces vives pour rendre ces hommes malheureux, insatisfaits, dans un Occident qui ne correspond en rien à ce qu’on leur en avait dit. Jetés dans un centre d’accueil sale, ces migrants se bagarrent entre eux, car les musulmans sont recrutés par les islamistes, ils se radicalisent, et il faut bien qu’ils tourmentent les réfugiés chrétiens qui, eux, sont de vrais réfugiés fuyant le génocide, notamment les Soudanais du sud. On a tout cela à Calais et à la Chapelle-Pajol.

D’après la BBC, l’Algérie a défendu sa décision d’expulser les migrants comme nécessaire pour prévenir l’insécurité et le terrorisme. Elle ne voulait pas que des individus traversent la frontière sans que leur identité ne soit connue.

 

Lina Murr Nehmé, 16 août 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Causeur : Il y a 27 ans, le régime des mollahs tuait Chapour Bakhtiar en France

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Le 6 août 1991, l’assassinat en France de l’ancien Premier ministre du chah Chapour Bakhtiar enterrait l’opposition iranienne. Depuis qu’il a sapé toute opposition crédible, le régime des mollahs survit aux différentes crises qu’il traverse. Rappel des faits. 


L’islamisation massive des Iraniens commença à Paris, le 6 octobre 1978, quand l’ayatollah Khomeyni s’installa à Neauphle-le-Château. On l’a reproché au président Giscard d’Estaing. À tort : il a reçu l’ayatollah en accord avec le chah d’Iran, qui négociait alors avec son opposition. Mais en autorisant l’installation de Khomeyni si près de Paris, l’État français facilitait ses contacts avec la presse et lui procurait ainsi une tribune de premier plan. Et la proximité de l’aéroport d’Orly permettait à Khomeyni de recevoir des agents et de leur distribuer les consignes, les bakchichs et la littérature incendiaire qui étaient propagés dans les mosquées.

Khomeyni chouchou des médias tricolores

Plus grave, la couverture que les médias publics français procurèrent à Khomeyni fut si démesurément favorable et contraire à la réalité du terrain qu’elle s’apparentait à de la propagande. Ils lui consacrèrent une large portion de leurs journaux, même aux heures de grande écoute. Ils le présentèrent comme un héros romantique représentant le peuple iranien face à un chah dictatorial. L’effet de cette propagande était si fort que la plupart des étudiants qui défendaient le chah en arrivant d’Iran, se mettaient à défendre Khomeyni après avoir passé quelques semaines à Paris.

En Iran, en tout cas, Khomeyni était très minoritaire : lui et les communistes rassemblaient quelques centaines de manifestants sur 37 millions d’Iraniens. Et malgré toute la publicité mondiale dont il bénéficia durant des semaines (notamment de la part de la BBC qu’on captait en Iran), son retour au pays rassembla un million de personnes — badauds et communistes compris. Un événement historique et politique de cette envergure aurait pu attirer bien plus de monde : Téhéran, le bastion de l’opposition, comptait alors 8 millions d’habitants.

Bakhtiar et Bazargan, destins croisés

Khomeyni bénéficia aussi des trahisons de personnalités iraniennes qu’il acheta pour des prix divers. Il réussit même à faire tomber Mehdi Bazargan qui, avec Chapour Bakhtiar, était un des piliers de l’opposition laïque. Les deux hommes avaient fait leurs études en France : Bazargan était centralien, et Bakhtiar, titulaire de plusieurs doctorats de la Sorbonne. Tous deux avaient, durant la Seconde Guerre mondiale, milité dans les rangs de la Résistance française contre les nazis. Ils avaient ensuite servi le gouvernement de Mossadegh, et tenu tête au chah Mohamed Reza Pahlavi. Tous deux avaient été plusieurs fois emprisonnés par ce dernier, et ils pensaient le plus grand mal de Khomeyni, que Bazargan qualifiait d’« animal féroce ». Ce dernier passa pourtant dans le camp de Khomeyni, auquel il fournit un brevet en droits de l’homme.

Le chah demanda à Chapour Bakhtiar, fin 1978, d’être son Premier ministre. Celui-ci exigea une liberté de gouvernement totale. Le chah accepta et quitta le pays. Bakhtiar tira des dossiers des oubliettes et fit voter un grand cycle de réformes par le Parlement. Il donna liberté aux journalistes d’écrire ce qu’ils voulaient et de refuser l’entrée de leurs locaux à tout policier qui voudrait contrôler leurs publications. Il fit dissoudre la terrible police secrète (Savak) et libéra les 900 prisonniers politiques.

Le retour de Khomeyni

Mais l’ampleur des manifestations ne diminua pas. Les islamistes s’étaient alliés aux nombreux hommes politiques et marchands corrompus auxquels nuisaient les réformes. Tout ce monde avait des moyens de propagande formidables, notamment les mosquées et le bazar de Téhéran, par le biais desquels ils pouvaient propager des rumeurs… et distribuer des pourboires. Bakhtiar fut ainsi renvoyé de son parti pour avoir accepté de participer au gouvernement — alors qu’il appliquait les réformes réclamées par ledit parti.

Après le départ du chah, Khomeyni annonça qu’il allait revenir en Iran. Bakhtiar ne pouvait matériellement pas s’y opposer, à moins de provoquer un carnage. En outre, Khomeyni était citoyen iranien, et à ce titre, il avait droit à résider dans le pays : « S’il se conduit mal, il sera jugé par un tribunal compétent… [et] subira sa peine comme tout autre citoyen », dit Bakhtiar, qui affirme avoir seulement « sous-estimé sa férocité ».

Khomeyni revint le 1er février 1979, et une foule en délire l’accueillit à l’aéroport. Mais quand on lui demanda quelle impression cela lui faisait de revenir au pays après tant d’années d’exil, il répondit : « Rien. »

Deux gouvernements iraniens en même temps!

Le 5 février, il nomma Mehdi Bazargan Premier ministre du gouvernement islamique qui accepta de lui servir de caution contre son le gouvernement laïque dirigé par son ami Bakhtiar. Cela faisait deux Premier ministres, et chacun des deux était hors-la-loi pour une partie de la population. Et les intrigues se poursuivaient dans les coulisses : le 10 février, le commandement de l’armée informa Bakhtiar que l’armée resterait neutre face à une tentative de coup d’État de Khomeyni. Donc la grande manifestation que celui-ci avait organisée pour ce jour serait aussi celle de l’avènement de l’État islamique.

« Je suis convaincu, écrit Bakhtiar dans son livre Ma fidélité, qu’avec deux ou trois semaines d’appui de l’armée, Khomeyni aurait été prêt à transiger et j’en ai une preuve : mes amis décidèrent d’organiser des contre-manifestations. La première fois, il vint 5 000 personnes ; la semaine d’après, malgré les voyous de Khomeyni, les Palestiniens et les Libyens qu’il avait introduits, malgré les assassins qui infestaient les rues, il y en avait 20 000. La troisième contre-manifestation rassemblait 50 000 personnes. Ce sont des faits que tout le monde a pu vérifier. »

L’exfiltration de Bakhtiar

Bakhtiar céda la place et quitta le palais gouvernemental. Mais Bazargan ne put pas y arriver dans le calme : la populace prit le palais d’assaut, tua les domestiques et jeta les automobiles dans la piscine. Bakhtiar demeura caché pendant six mois chez des amis. Pendant ce temps, Khomeyni faisait arrêter tous les officiers supérieurs qui lui avaient livré leur pays, et il les tua presque tous. Bazargan couvrit tous les assassinats de Khomeyni, mais s’arrêta à la prise d’assaut de l’ambassade des États-Unis. N’ayant pu libérer les otages américains, il démissionna le 6 novembre 1979.

De sa cachette, Bakhtiar avait entre-temps pris contact avec le gouvernement français, qui accepta de l’aider. Il quitta l’Iran sous un déguisement et s’installa à Paris, où des policiers furent chargés de sa protection. Il voulait organiser une résistance à partir de la France, comme l’avait fait Khomeyni. Mais l’ayatollah avait réussi grâce aux bakchichs, à la propagande dans les mosquées, à la complicité de la presse et du monde politique en Occident, et aux trahisons. Bakhtiar ne disposait de rien de tout cela. Il ne disposait même pas de l’appui de l’ensemble de l’opposition à Khomeyni. Les partisans du chah salissaient sa réputation en prétendant qu’il était à la solde des Anglais et que Khomeyni l’était aussi. Si Bakhtiar avait été à la solde des Anglais, la BBC l’aurait aussi bien traité que Khomeyni…

Deux tueurs à Suresnes

Les partisans du chah prétendent aussi que Bakhtiar a permis la Révolution islamique en autorisant le retour de Khomeyni et en libérant les prisonniers politiques. C’est un moyen de cacher la responsabilité que le chah, durant des décennies, a eue dans la montée de Khomeyni. Enfin, c’est le chah et non Bakhtiar qui a autorisé l’installation de l’ayatollah en France où il pouvait être interviewé directement par la BBC que captaient les Iraniens. Auparavant, Khomeyni ne pouvait atteindre ces derniers que par le biais d’enregistrements ou d’imprimés. Et à partir du moment où Khomeyni pénétrait ainsi dans des millions de foyers iraniens, les 900 opposants politiques libérés par Bakhtiar ne pesaient plus très lourd. Surtout que nombre d’entre eux étaient des laïques et non des islamistes. Et il était impensable d’arrêter Khomeyni au milieu d’une foule d’un million de personnes.

Bakhtiar s’installa à Suresnes, dans une villa dont l’État français assura la protection. Mais Khomeyni avait acheté l’Iranien qui avait installé le réseau électrique de la demeure — et qui, après une semaine de travail, connaissait la villa par cœur. Il accepta de collaborer avec la police secrète de Khomeyni, et elle lui envoya deux tueurs pour lesquels il obtint un rendez-vous avec l’ancien Premier ministre.

Mort par strangulation

Le 6 août 1991, les deux agents furent fouillés par les policiers qui gardaient Bakhtiar. S’étant assurés qu’ils n’étaient pas armés, les policiers téléphonèrent pour avertir de leur venue. Bakhtiar déclara qu’il les attendait.

Les deux agents traversèrent quelques mètres et pénétrèrent dans la propriété. Quand ils furent reçus dans le salon de l’ancien Premier ministre iranien, ils l’étranglèrent et tuèrent aussi son secrétaire. Puis l’un des assassins alla chercher des couteaux à la cuisine. Avec un couteau à viande, il larda le corps de Bakhtiar de 13 coups. Puis il lui coupa la gorge et le poignet avec le couteau à pain. Ensuite, les meurtriers s’emparèrent de la main coupée, et s’en allèrent après avoir décroché le téléphone.

Ils passèrent devant les policiers français qui ne remarquèrent pas leurs vêtements pleins de sang. Puis ils allèrent se changer derrière les arbres au bois de Boulogne, et jetèrent leurs vêtements ensanglantés dans une poubelle.

Pendant 36 heures, il n’y eut aucun signe de vie dans la demeure de Bakhtiar. L’écran géant de sa télévision ne s’éclaira pas aux heures du journal télévisé, dont il poussait habituellement le son très fort. Aucun repas ne fut livré chez lui, et aucune lumière ne s’alluma. Il y eut un orage la nuit, et la porte battit au vent, mais personne ne la ferma.

Inquiète de ne pas l’avoir au bout du fil, la famille vint frapper à sa porte de la victime, mais personne ne lui ouvrit. Elle exigea de faire forcer la porte, et c’est alors qu’on découvrit l’horrible spectacle.

Petits arrangements diplomatiques

Remonter au commanditaire de l’assassinat n’arrangeait pas le gouvernement français, qui avait reconnu la République islamique. Il ne le fit donc pas. Pourtant, fait remarquer le petit-fils de Bakhtiar, « le ministre [iranien] des Renseignements Ali Fallahian… ne cache pas la politique de liquidation menée à l’égard des membres de l’opposition par la Vevak [police secrète ayant remplacé la Savak] qu’il dirige. Lors d’une interview à la télévision d’État iranienne le 30 août 1992, il se vante : “Nous les traquons également à l’extérieur du pays. Nous les maintenons sous surveillance. L’année dernière, nous sommes parvenus à infliger des coups fondamentaux à leurs plus hauts dirigeants”. »

Ainsi disparaissait dans la violence et le sang, le dernier espoir d’une opposition iranienne laïque libre, pour trente ans au moins.

Les années 2010 ont vu le tchador laisser place au voile en Iran, le voile tomber peu à peu, et les femmes dévoilées parler à visage découvert devant caméra. La police sévit parfois, arrêtant des dizaines de personnes. Mais le mouvement d’opposition est large et populaire. Le jeûne du ramadan lui-même est de moins en moins bien observé. Le pouvoir préfère souvent laisser faire pour ne pas avoir une nouvelle révolution sur les bras.

Voyant tout cela, on reste rêveur quand on imagine ce qu’aurait été l’Iran si Chapour Bakhtiar était resté au pouvoir, ou si, réfugié en France, il avait réussi son come-back à la manière de Khomeyni, au lieu d’être assassiné par ce dernier à Paris, le 6 août 1991, dans un silence général.

Lina Murr Nehmé, 6 août 2018

Commander Fatwas et caricatures – la stratégie de l’islamisme.

Source :

Il y a vingt-sept ans, le régime des mollahs tuait Chapour Bakhtiar en France

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Emmanuel Macron accumule les scandales (Libnanews)

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Le président Macron accumule les scandales. Il rogne sur les retraites des personnes âgées et réduit les APL des étudiants. Mais la vaisselle de l’Élysée ne lui plaît pas et il décide de faire payer au contribuable un demi-million d’euros pour la renouveler. Il veut passer ses vacances au fort de Brégançon, forteresse avec vue imprenable, que ses prédécesseurs avaient utilisée comme résidence secondaire, ou pour recevoir des chefs d’État étrangers.

Mais il veut une piscine dans ce château-fort dont il est pourtant impossible de modifier l’aspect, puisqu’il est classé monument historique. Et la piscine sera hors-sol! Une horreur, quoi : un bassin aux parois apparentes, au milieu de la pelouse. De toute façon, une piscine en plein air sera visible sur les photos aériennes qu’achètent les touristes, et sur les photos satellitaires que fournit Google. Coût de cette piscine? 34.000 euros!

Mais ces scandales — et les autres — sont des broutilles face à celui qui défraie actuellement la chronique. Il s’agit du garde du corps et favori du Président, Alexandre Benalla, qui a été temporairement suspendu de son emploi à l’Élysée, aussi bien que de son affiliation de franc-maçon à la Grande loge nationale de France. D’origine maghrébine, Benalla a un physique musclé qu’il doit à sa pratique intensive du sport dans son adolescence. Et il bénéficie d’un traitement de faveur. À 26 ans, il a été nommé, par faveur, lieutenant-colonel sans être passé par les grades intermédiaires. Il aurait ainsi été intégré comme «spécialiste expert» de la gendarmerie et son grade de lieutenant-colonel lui aurait été attribué en raison de son «niveau d’expertise»1. Il a obtenu un badge à l’Assemblée nationale, qui lui donne accès partout à l’égal du directeur de cabinet du président de l’Assemblée, alors même que le président de la République ne se rend pas à l’Assemblée nationale… Le 16 juillet, au retour de l’équipe de France de football, il est dans l’autobus qui leur fait remonter l’avenue des Champs-Élysées, et il est, paraît-il, responsable de ce passage si rapide qui les prive des ovations de la foule massée pour les voir.

Le public ignorait Benalla, il le découvre pendant le déballage qui suit la publication, par le journal Le Monde, de deux vidéos montrant Benalla, portant un casque et un brassard de policier, en train de frapper des manifestants, le 1er mai 20182. Que faisait le garde du corps de M. Macron ainsi déguisé en policier et molestant des manifestants ? Les coups et blessures tombent sous le coup de la loi. La tenue de policier aussi. Or on la lui a fournie, coupée sur mesures. C’est bien là le plus grave. Ce déguisement permettant d’attribuer sa brutalité aux policiers peut aboutir à mort d’homme, puisque les policiers sont de plus en plus souvent victimes de violences dans l’exercice de leur fonction. Le climat est tellement tendu qu’ils en sont à recevoir des cocktails Molotov. Un policier a ainsi flambé comme une torche le 1er mai 20183, sans que cela émeuve particulièrement l’opinion publique, conditionnée par les médias à ne voir les choses que du point de vue de la foule. Un syndicaliste s’en est moqué, parlant de «poulet grillé». Et il y a un an, des manifestants avaient brisé la vitre d’une voiture de police et jeté un cocktail Molotov à l’intérieur4. Le policier qui s’y trouvait aurait pu être brûlé vif s’il n’avait eu le sang-froid de sortir à la dernière minute de la voiture en flammes. Mais alors, on l’attendait avec des matraques.

Je ne défends évidemment pas les injustices commises par certains policiers, je constate seulement qu’ils sont attaqués sur simple dénonciation et sans vérification, ce qui n’est pas le cas quand il s’agit d’un casseur. En fait, les auditions du Sénat nous apprennent que Benalla avait un permis de port d’arme en tant que policier. Pourtant, il n’exerçait aucune fonction de police à l’Élysée. Mais Benalla est un proche du Président, très proche. Les photos sont nombreuses à le montrer. La presse a affirmé que ce dernier lui paie, aux frais du contribuable bien sûr, un salaire faramineux : 7013 euros bruts mensuels3, d’un chauffeur personnel et d’une berline de luxe — une Renault Talisman équipée d’une sirène et d’un gyrophare «en principe réservés à l’usage de la police4». Elle ajoute qu’il est logé somptueusement dans une dépendance de l’Élysée, quai Branly, dans l’appartement où M. Mitterrand logeait sa maîtresse5. Et comme cette dernière, Benella vit presque dans l’intimité du Président. Leurs rapports donnent tellement à jaser qu’un journaliste parle d’«une relation particulière qui s’est liée entre eux. Benalla vit avec le chef de l’État et sa femme, il est de tous les déplacements officiels comme privés6.» Après la publication des vidéos montrant Benalla frappant des manifestants, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, est interrogé à son sujet par l’Assemblée Nationale et le Sénat. Il répond qu’il «ne pense pas» que son chef de Cabinet Jean-Marie Girier, directeur de campagne de M. Macron, ait validé l’embauche de Benalla durant la campagne présidentielle. C’est pourtant impossible, vu l’échange d’emails publié par Wikileaks dans les Macron leaks en juillet 2017, qui nous informe qu’Alexandre Benalla avait été embauché, à partir du 5 décembre 2016, pour assurer la sécurité de Macron, avec un salaire de 3500 euros par mois. Où est la vérité ? Il y a eu tant de contradictions, tant de mensonges dévoilés durant les auditions de l’Assemblée Nationale et du Sénat, que l’on est en droit de se poser des questions. Quand, une semaine après le début de L’Affaire Benalla, M. Macron sort de son silence, c’est pour crâner et démentir: «Je suis fier de l’avoir embauché à l’Élysée parce que je considère que c’est quelqu’un qui était dévoué et qui avait un parcours différent.» En quoi est-ce un sujet de fierté, pour un Président français, d’avoir embauché un garde du corps? Le niveau du Premier magistrat de France est devenu celui d’un recruteur de voyous? Car il est vrai que Benalla avait un parcours différent: il était violent de façon gratuite. Gilles de Laclause, ancien gérant de l’immeuble abritant les locaux du mouvement En Marche d’Emmanuel Macron, affirme, en novembre 2016, avoir eu deux altercations avec Benalla, qui avait été très agressif au téléphone. Il en avait averti des personnes du mouvement; on lui répondit que Benalla était bénévole auprès du mouvement. Malgré son arrogance et sa brutalité, il a été embauché dès le 5 décembre suivant, comme le prouve l’échange d’emails publié par Wikileaks et que nous reproduisons en fac-similé. Le même Gilles de Laclause raconte une autre anecdote : Benalla étant venu, «Un de mes agents lui a demandé qui il était, et il s’est emporté aussitôt. Je descends, et il s’emporte aussi contre moi, en mode “je vais te péter la gueule”. Il me sort une carte tricolore, expliquant qu’il travaille pour les services du Premier ministre. Il menace d’appeler la police, ce que j’ai fait moi-même. À l’arrivée de la police il était parti7.» Et il ajoute : «Je me disais, un jour il y aura un clash majeur avec Alexandre. Tout le monde savait… qu’il était sujet à des coups de gueule. Après il y avait deux attitudes : soit il y avait déjà des gens qui n’acceptaient pas, ce qui était mon cas, et il y avait des gens qui minimisaient en disant “il est excellent, il est juste un peu chien fou, un jeune”8.» Et le président Macron qui s’est déclaré fier d’avoir embauché cet homme impoli et brutal, de citer aux députés de son mouvement les énormités pour ne pas avoir à s’exprimer sur les questions posées: «La République exemplaire n’empêche pas les erreurs, leur dit-il. S’ils cherchent un responsable, c’est moi et moi seul! Qu’ils viennent me chercher. C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C’est moi qui ai confirmé la sanction… Alexandre Benalla n’a jamais détenu les codes nucléaires, Alexandre Benalla n’a jamais occupé un appartement de 300 m2, Alexandre Benalla n’a jamais eu un salaire de 10.000 euros, Alexandre Benalla n’est pas mon amant.» Macron connaissait-il ce discours de Mussolini à la Chambre, le 3 janvier 1925, suite à l’assassinat du député socialiste italien Matteoti ? «Je déclare ici, en présence de cette Assemblée et en présence de tout le peuple italien, que j’assume, moi seul, la responsabilité politique, morale, historique de ce qui s’est produit. … Si le fascisme a été une association de criminels, je suis le chef de cette association de criminels!» D’ailleurs Macron a dit plusieurs contre-vérités que la presse et le Sénat se chargèrent de prouver durant les jours suivants, nous apprenant, par exemple, que d’après sa feuille d’impôts, Benalla résidait bel et bien au 11 quai Branly. Quant à aller chercher M. Macron, comme il l’a dit de cet air de défi, il est évident que les sénateurs et les députés ne pourront pas le faire, à moins d’une révolution par laquelle c’est le peuple qui le ferait. Une manifestation se prépare pour le vendredi 27 juillet pour aller «chercher Macron». Des incidents sont à craindre, car cette manifestation rassemblera les extrêmes. Même après la publication d’une troisième vidéo montrant que Benalla était allé frapper les manifestants après qu’ils aient jeté des verres au visage des policiers9. Reste à savoir ce qu’il faisait en ce lieu, vêtu en policier. Comment réagira le pouvoir? Comment se poursuivra le mouvement d’opposition ? Telle était l’inquiétude que j’avais exprimée le 9 mai 2017 dans mon article Emmanuel Macron et le cauchemar qui vient10. On a effectivement vu le cauchemar venir comme on pouvait le prévoir : en partie dans les esprits, en partie dans la rue, d’une manière qui fait peur. Car l’on ne pouvait considérer ces élections représentatives de la volonté du peuple, la majorité n’ayant pas voté, ou ayant considéré qu’on lui avait volé la liberté de choisir. Il n’y avait donc pas eu de choix. Des sabotages médiatiques fort peu démocratiques ont fermé des clôtures pour envoyer la foule dans le seul chemin que lui indiquaient les médias, qui par ailleurs avaient trouvé opportun de programmer des films et des émissions sur le nazisme, comme pour faire croire que M. Macron serait un rempart contre la dictature. Mais ce genre de pratiques, en soi, est dictatorial. Dans les totalitarismes, la propagande se charge d’indiquer un chemin unique en interdisant les autres, soit par le terrorisme intellectuel, l’hostilité, les accusations, soit par l’arrestation physique. Et ceux qui s’y engouffrent se croient libres. Comme on fait avec les moutons en mettant des barrières partout, sauf là où on veut les voir. Ils croient avoir réfléchi, tout simplement parce qu’il n’y avait pas d’autre voie.

Notes

1 Le Parisien, 21-07-2018.

2 Le Monde, 18/07/2018.

3 Vidéo visible sur : www.20minutes.fr/tv/actus/276877-qui-est-le-policier-grievement-brule-apres-un-tir-de-cocktail-molotov

4 Vidéo visible sur : www.lepoint.fr/societe/voiture-de-police-incendiee-des-images-inedites-18-05-2016-2040316_23.php

5 Le Canard Enchaîné, 25/07/2016.

6 BFMTV, 19/07/2018.

7 L’Express, 23/07/2018.

8 Laurent Léger, L’Express, 19/07/2018.

9 francetvinfo.fr, 25/07/2018.

10 francetvinfo.fr, 25/07/2018.

11 francetvinfo.fr, 23/07/2018.

12 Libnanews, 9/05/2017. https://libnanews.com/emmanuel-macron-cauchemar-vient/

Emmanuel Macron accumule les scandales

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

La Main noire : une menace qui dit bien son nom (Causeur)

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Sept organisations juives en France ont reçu, fin juin, une lettre de menaces, signée de « La Main noire », contenant notamment la phrase suivante : « Mesdames et Messieurs les juifs, vous pleurez amèrement le décès d’une vieille juive assassinée pour son argent, nous pensons que vous payez peu par rapport au nombre de crimes que vous commettez tous les jours. Profitez-en bien, car le jour du châtiment va arriver. »

En attendant l’enquête, on peut essayer de comprendre le choix de ce nom, La Main noire, en remontant à deux organisations secrètes : La Main noire serbe et La Main noire palestinienne.

De la Grande Serbie…

La première avait pour but la réalisation de la Grande Serbie par l’annexion des pays voisins1. Fondée en 1911 par le chef des services secrets serbes, elle achetait des responsables politiques, organisait des attentats et répandait des rumeurs. Chargée en 1912-1913 de « serbiser » la Macédoine, elle massacra ou tortura les paysans de la majorité bulgare, et assassina leurs prêtres. « Les pires des crimes furent commis par cette organisation secrète, connue dans le monde entier et bénéficiant d’une protection puissante, lit-on dans le rapport de la commission internationale d’enquête sur la guerre des Balkans. Cela présente un grand avantage, pour un gouvernement régulier, d’avoir sous la main un pouvoir qui n’a pas de comptes à rendre, qui devient vite tout-puissant, et qu’il est toujours possible de désavouer au besoin. »

Les appels à l’unification des Slaves que lançait le Premier ministre Pachitch, étaient des appels à la guerre civile dans les autres pays ; et La Main noire commettait les crimes qui servaient ce but. Le 28 juin 1914, elle tua l’héritier de l’empire austro-hongrois. Ce meurtre aboutit à la Première Guerre mondiale, dont l’issue permit à la Serbie d’annexer la Croatie, la Bosnie et l’Herzégovine.

…à la Grande Syrie

On en entendit parler en Palestine, où le sultan Abdul-Hamid avait opposé à la colonisation juive une colonisation musulmane sunnite : il avait installé dans la région d’Haïfa des milliers de familles slaves de Bosnie-Herzégovine.

C’est précisément dans cette région qu’on entendit, dans les années 1930, parler d’une organisation terroriste appelée La Main noire (al-Qaff al-Assouad). Elle pratiquait le crime politique, comme La Main noire serbe, terrorisant les populations si elles ne se soumettaient pas à ses idées. Son but était de réaliser la Grande Syrie (Cham) en unifiant la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine. Mais il n’est pas possible de réaliser une entité politique unique à partir de peuples différents par la violence, sans nettoyage ethnique : il y en a eu en Palestine à l’encontre des juifs ; au Liban à l’encontre des chrétiens ; en Syrie à l’encontre des alaouites, des ismaélites et des yazidis.

La Main noire palestinienne a été fondée par Izzeddine al-Qassam. Ce Syrien s’était défait de ses biens pour aller se battre en Palestine au nom de la Grande Syrie. Son ascétisme, sa pureté idéologique, le radicalisme de ses idées le faisaient vénérer par ses hommes. L’un de ses biographes, Husni Jarar, affirme qu’il disait, parlant des juifs : « Ils veulent vous exterminer, ô musulmans, pour occuper votre terre de l’Euphrate au Nil, et prendre Jérusalem, et s’emparer de Médine, et brûler le tombeau du Prophète. Ils veulent s’amuser avec les corps de vos femmes et de vos filles et de vos sœurs, et faire d’elles leurs servantes et leurs esclaves ! Malheur à vous, vous ne comprenez pas ? L’Apôtre d’Allah dit : ‘Si un empan de la terre des musulmans est piétiné par un pied [étranger], la femme doit partir à la guerre sans l’autorisation de son mari, et l’homme doit aller au djihad sans l’autorisation de son père’. Musulmans, vous ne comprenez pas ?… [Allah] a dit, exalté soit-il : ‘Combattez les mécréants qui sont près de vous, et qu’ils vous trouvent durs.’ Les juifs ont rempli votre pays, ils ont volé votre terre. » Et dans un autre discours : « Les immigrants juifs sont comme une nuée de sauterelles venues d’Occident sur les bateaux et les automobiles des Anglais. Vous devez les pourchasser en utilisant tous les moyens d’extermination possibles. »

Une Main noire indélébile

Izzeddine al-Qassam fut tué par les Anglais en 1936. Sa mort fut répercutée dans les mosquées, et il devint une sorte de légende, le Ben Laden de son temps. Sa réputation dépassa même les frontières de la Palestine. Il inspira des générations de terroristes palestiniens, et il inspire maintenant des terroristes dans le monde entier.

Comme toutes les sociétés secrètes, La Main noire palestinienne est entourée de mystère, et ses crimes sont revendiqués par plusieurs groupes armés. Parlant de l’un d’eux, Achraf Faleh Youssef Zoghbi, juriste jordanien, écrit : « Et si un soldat ou un officier juif était tué, on trempait la main dans le sang et dans l’encre, et on l’imprimait sur son visage, afin de semer la terreur sur le visage de tous les sionistes et qu’ils quittent le pays. L’ennemi sioniste appela cette compagnie militante la ‘bande de La Main noire’. La terreur s’implanta en effet dans le cœur des sionistes, car un grand nombre de juifs, soldats, officiers et personnalités, furent ainsi exécutés, et l’ennemi se mit à rechercher le chef de la ‘bande de La Main noire’, comme il l’appelait. Et le monde arabe palestinien entendit dire que la bande de La Main noire était le défenseur de la terre de Palestine et de ses habitants, et que l’appartenance à cette bande était un devoir national. »

La Main noire palestinienne n’a pas fini de faire rêver les islamistes. C’est son action que tentent de perpétuer les mouvements terroristes comme l’organisation Septembre noir, mais aussi les terroristes de Daech et al-Qaïda. Tous ont pour premier but la libération de la Palestine et de la Grande Syrie, exactement comme Izzeddine al-Qassam et selon ses vues. Comme lui, ils voient l’arabité comme un corps dont l’âme est l’islam. C’est d’ailleurs aussi l’opinion des Frères musulmans, et l’on peut se demander si le signe de rabia, leur signe de ralliement, une main noire sur fond jaune, ne s’inspire pas de la main noire qu’imprimaient les assassins sur le visage de leurs victimes.

Envoyer une lettre de menaces à des organisations juives en France, c’est un moyen d’imiter les méthodes de La Main noire durant la guerre de djihad déclarée par le mufti de Jérusalem en 1936 après la mort d’Izzeddine al-Qassam.

Derrière ce nom, il est pourtant probable qu’il y ait une ou deux personnes seulement : les vrais groupes terroristes n’envoient plus de lettres de menaces. Ils ont les moyens de publier des communiqués. Il n’empêche que cette lettre de menaces produira le même effet grâce à la publicité qu’elle a reçue. Les terroristes désirent-ils autre chose que cette publicité gratuite qui leur permet de paraître plus grands et plus forts qu’ils ne sont ?

Lina Murr Nehmé, 19 juillet 2018

Commander Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique

« La Main noire », une menace qui dit bien son nom

 

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Pourquoi on brûle des voitures en France ?

 

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

J’ai entendu beaucoup de choses étranges au sujet de cette nouvelle tradition des voitures brûlées “pour la joie”, et j’ai même entendu des gens la défendre.

On oublie que si pour certains, c’est un feu de joie, un gentil amusement, pour d’autres, c’est la ruine, la perte de leur emploi et d’années de dettes et de traites.

On ignore aussi que cette mode a été spécifiquement lancée par al-Qaïda dans les années 1990. Auparavant, on ne célébrait pas le Nouvel An en brûlant des voitures dans certains quartiers.

Voici une conversation qu’il y a eu dans les lignes de cette page :

Lina Murr Nehmé : “Ces voitures représentent pourtant des dettes et des traites… Al-Qaïda appelle avec acharnement à procéder à ces destructions pour faire du tort aux mécréants, en recommandant de ne pas brûler les voitures dans les quartiers peuplés de musulmans.”

Une lectrice : “Oui tout à fait , ce sont les “mécréants” à qui on brûle ou détruit les voitures, je l ‘ai assez vu par chez moi, pas plus tard que la semaine dernière, mon pauvre voisin de palier en a fait les frais… j’espère chaque jour que ce ne sera pas mon tour, et en effet [il y a] des dettes et des traites, mais ils n’en ont strictement rien à faire évidemment…
Il ne reste plus que les yeux pour pleurer, parce qu’évidemment de vieilles voitures ne valent plus rien à l’argus, donc l ‘assurance ne rembourse presque rien….et souvent elles ne sont même pas finies de payer. Si cela m’arrive, plus de voiture et aucun moyen de m’en payer une autre, donc plus de travail.”

Ci-dessous, traduction d’une de ces incitations d’al-Qaïda. Détails d’une page de Fatwas et Caricatures.

Lina Murr Nehmé, 16 juillet 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

14 juillet 2018 : 845 voitures brûlées

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

 

Le plus tragique est que le ministère de l’Intérieur et les médias officiels, au lieu de se désoler de ce que 845 voitures aient été brûlées par la racaille pour célébrer dignement le 14 juillet, en arrive à se féliciter :

“Le nombre de voitures brûlées est en baisse par rapport à l’année précédente, où 897 véhicules étaient partis en fumée.”

De mon temps, le 14 juillet, on allait aux spectacles offerts à l’Opéra et dans les théâtres de la capitale, où les spectacles étaient plus intéressants que ceux offerts par la racaille.

Ces voitures représentent des dettes et des traites… en outre, les mouvements terroristes appellent à brûler les voitures des mécréants. J’ai mis dans Fatwas et caricatures une page sur les modes d’emploi que fournit al-Qaïda pour brûler les voitures. Al-Qaïda appelle avec acharnement à procéder à ces destructions pour faire du tort aux mécréants, en recommandant de ne pas brûler les voitures dans les quartiers peuplés de musulmans.

Lina Murr Nehmé, 15 juillet 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Justice, Etat de droit, loi “fake news” : petite mise au point

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Aujourd’hui, sur ma page, un monsieur m’expliquait qu’un maire des Yvelines était obligé de donner un permis de construire une mosquée car, dit-il, la France est un Etat de droit, contrairement à l’Arabie Saoudite et à la démocratie libanaise, qui n’en serait pas une. J’avais en effet demandé si un maire était jamais inquiété en Arabie Saoudite pour avoir refusé de donner le permis de construire une église.

J’imagine que certains ignorent que le droit saoudien interdit la construction des églises, et que c’était appliquer ce droit que de refuser le permis de construire des églises. Et je ne vois pas ce que vient faire le Liban quand on parle de l’Arabie Saoudite. Mais bon. Acceptons que le Liban, comme le Christ, soit compté parmi les assassins.

Mais un Etat qui met des visières et ne traite pas les citoyens à égalité mais les distingue selon leur religion n’est pas un Etat de droit.

Ainsi, la loi sur les fake news est-elle du droit ? Laisser les médias puissants, appartenant aux riches, libres de diffuser les informations qu’ils veulent sans contrôle, et forger une loi sur les seuls réseaux sociaux, est-ce du droit ? Quand Libération met une immense photo du candidat Emmanuel Macron la veille du second tour de l’élection présidentielle, violant la loi qui interdit la pub électorale, et que la justice n’arrête pas le journal, c’est encore du droit ?

En même temps, on arrête la chaîne Youtube du petit TV Libertés sous prétexte qu’il a violé la loi sur le copyright en faisant une citation. Combien de chaînes Youtube violent cette loi en reproduisant des films entiers, des émissions télévisées entières ?

Quand on poursuit François Fillon la veille des élections, pour un crime que François Bayrou a commis sur une plus grande échelle et que ce dernier n’est pas poursuivi parce qu’il peut apporter des voix aux élections, c’est un Etat de droit ? Et si l’affaire Fillon est si grave, comment se fait-il qu’on n’en parle plus depuis les élections?

Quand on traîne Georges Bensoussan devant la justice pour une citation qui vient d’un auteur maghrébin et non de lui-même, alors qu’on n’inquiète pas ceux qui crient sur la Place de la République à Paris en arabe: “Khaybar, Khaybar, ya yahoud, Jaych Mhammad sa yaoud”, c’est un Etat de droit ?

Quand on autorise la tenue de Salons islamiques comme le Salon de la Femme de Pontoise où on appelle à battre les femmes (gentiment, histoire de les humilier seulement et pas de leur briser les membres, ce qui les rendrait inutilisables), c’est un Etat de droit ? Et si on ne le fait pas ouvertement dans ces Salons, on le fait en recommandant les livres où c’est écrit en toutes lettres (Cf. mon livre L’Islamisme et les femmes). Est-il admissible qu’une conseillère municipale, Céline Pina, ne réussisse pas à faire empêcher ce Salon, et qu’elle démissionne, et que cela ne fasse pas plus de remous que cela ?

Et c’est dans un Etat de droit qu’un ex-Frère Musulman, Mohamed Louizi, est victime de six procès en quelques années parce qu’il a dénoncé un projet d’islamisation pourtant écrit en toutes lettres dans la littérature de ce mouvement ! Louizi a parlé de l’islamisation de la France, mais il s’agit d’une étape sur la voie de l’islamisation mondiale dont a parlé le fondateur Hassan el-Banna (voir les textes cités dans Fatwas et caricatures).

Et c’est dans un Etat de droit qu’ Alain Finkielkraut — qu’on l’aime ou non — est qualifié d'”israélite blanc” dans une vidéo mise en ligne en 2016 et reprise à de nombreux exemplaires dont chacun affiche des centaines de milliers de vues, les auteurs du titre et des commentaires n’étant pas inquiétés alors qu’ils tombent sous le coup de la loi sur le racisme, sur base à la fois ethnique et religieuse, et sous le coup de la loi sur le non respect des droits d’auteur ?

Lina Murr Nehmé, 14 juillet 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Imam de Toulouse: D. Boubakeur se rétracte

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Photo: La Dépêche du Midi

Visiblement, mon article sur l’imam de Toulouse a fait changer d’avis le recteur de la Mosquée de Paris. Il avait d’abord défendu ce dernier, comme tout le monde. Puis j’ai publié dans Causeur un article dans lequel je révélais que deux hadiths différents étaient cités et non un, et que celui cité par l’imam de Toulouse parlait bien d’exterminer des juifs désarmés et non de répondre à un combat.

Alors M. Boubakeur, interrogé publiquement, s’est rétracté :
“Nous condamnons très fermement ses propos relatifs à un hadith rapporté par un auteur traditionniste (Abou Horaira) lui-même rejeté par la dynastie musulmane des Omeyyades (680/750), un hadith qui n’avait pas lieu d’être exhumé de son oublié précise le recteur de la GMP qui affirme avoir recommandé à Mohamed Tataï “de présenter ses excuses aux autorités religieuses du judaïsme toulousain et de les rencontrer dans un esprit de paix”.

Lina Murr Nehmé, 13 juillet 2018

 

 

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Entretien avec Yannick Urrien (Kernews / La Baule +)

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

 

Photo: Kernews

Islam : L’historienne, islamologue et professeur à l’université de Beyrouth dénonce l’influence croissante des islamistes en France.

 

Lina Murr-Nehmé a accordé un entretien exclusif à Yannick Urrien à l’occasion de son passage à Paris. […]

« Fatwas et caricatures. La stratégie de l’islamisme » ; « Quand les Anglais livraient le Levant à l’État islamique » ; « Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur. Ce qu’ils cachent » et « L’islamisme et les femmes » : les ouvrages de Lina Murr-Nehmé sont publiés aux Éditions Salvator.

La Baule + : Vous prenez beaucoup de précautions, car vos écrits sont très sensibles, vous accordez fort peu d’entretiens et vous me fixez ce rendez-vous dans un lieu confidentiel, car, depuis que vous avez brûlé un drapeau de Daech, votre vie est en danger…

 

Lina Murr-Nehmé : Oui, mais les gens ont bien aimé ma démarche ! La presse internationale en a beaucoup parlé, mais non la presse locale. Certaines personnes ne me parlent plus depuis…

 

Dans votre dernier livre, vous abordez la question des femmes, notamment à travers le Coran, et l’on observe qu’elles y sont vraiment considérées comme des êtres à part. Votre livre s’appelle « L’islamisme et les femmes » alors que vous auriez pu l’intituler « L’islam et les femmes » car, en France, quand on parle de l’islamisme, c’est toujours considéré comme quelque chose d’extrême par rapport à l’islam puisque l’on nous répète que l’islamisme ce n’est pas l’islam… Mais quand vous citez le Coran, il s’agit bel et bien de l’islam…

 

Je ne veux pas me prononcer sur ce sujet, je laisse les gens qui en parlent se prononcer. Je cite simplement les textes. Je connais des musulmans qui, dans le Coran, préfèrent choisir tel morceau mais pas tel autre. C’est pour cette raison que je parle de l’ « islamisme ». Car beaucoup de musulmans ont décidé de choisir les versets parlant d’amour, et c’est très bien. Mais les textes sont là : ils existent, et cela a des conséquences.

 

Les femmes sont traitées comme des esclaves et vous semblez aussi penser que la plupart d’entre elles sont victimes de leur mari, mais vous savez aussi qu’il y a de nombreuses Françaises, dites de souche, qui se convertissent et qui acceptent de vivre dans ces conditions…

 

Certainement, elles acceptent cela, elles le revendiquent même, parce qu’on les a convaincues que c’était la parole divine. Je pense que Dieu ne peut pas faire de différence entre les humains. Il y a une différence sur le plan physique, puisque les corps ont des fonctions différentes. Mais il ne peut y avoir de différence sur le plan de la valeur humaine des êtres que Dieu a créés. Je reconnais les religions à leurs commandements et à la façon dont elles traitent les femmes. Ce traitement est une chose très importante pour définir une personne ou une religion. Si des Françaises acceptent d’être victimes, tant pis pour elles. Mais je connais de nombreuses musulmanes qui rejettent tout cela. Je me souviens d’une musulmane qui m’a téléphoné en me disant que son mari décrochait régulièrement le téléphone pour la fouetter avec le bout du fil. Elle pleurait en me le disant. Je lui ai conseillé de photographier ses blessures et de porter plainte.

 

Vous consacrez un premier chapitre à la situation en Arabie Saoudite où les femmes sont toujours esclaves au XXIe siècle, puisqu’elles doivent demander l’autorisation à leur mari pour pratiquement tout…

 

C’est exact et c’est l’une des raisons pour lesquelles un groupe de femmes et d’hommes vient d’être arrêté en Arabie Saoudite, parce qu’ils revendiquent justement le changement. Je raconte l’histoire des princesses, filles du roi Abdallah, qui défendaient les droits humains, et qui ont été enfermées sur demande de leur tuteur, le roi. Il les a enfermées dans une villa, un domaine dont personne ne s’occupait, et ces filles ont lancé un appel au secours au monde, grâce à leur mère qui a alerté les médias le jour de l’arrivée de Barack Obama en Arabie Saoudite. Elle a donné des interviews à la BBC et à Channel 4. L’histoire a fait le tour du monde, mais malgré cela, personne ne s’en est occupé. Et dès le moment où les princesses ont révélé ce qui leur arrivait au public, on leur a coupé les vivres. Elles n’ont plus eu le droit d’aller faire des courses deux fois par mois comme avant. On ne sait plus rien d’elles. Elles ont disparu depuis l’accession du nouveau roi.

 

Dans tout cela, il y a quand même une note d’humour, puisque vous expliquez les vraies raisons de la récente décision autorisant les femmes à conduire en Arabie Saoudite. En Occident, on interprète cela comme un signe de liberté et de modernisation du régime. Or, en réalité, les femmes n’avaient pas le droit de conduire, elles étaient seules avec leur chauffeur, la voiture était le seul moment où de nombreuses femmes saoudiennes se retrouvaient dans un espace clos avec un homme et finalement les enfants de ces femmes ressemblaient très souvent au chauffeur…

 

C’est un secret ! Il ne faut pas raconter cela ! Quand mon père travaillait en Arabie Saoudite, il était associé avec un émir. L’émir lui a un jour demandé de trouver un chauffeur pour sa femme. Mon père lui a proposé de recruter un très beau Pakistanais. L’émir lui a répondu : « Surtout pas, parce que la moitié de nos enfants sont des Philippins ! » Tout cela n’a pas beaucoup changé aujourd’hui. En ce moment, tout le monde dit que le fait d’autoriser les femmes à conduire est formidable, que c’est une libéralisation, une ouverture du régime envers les femmes. Mais le régime qui a donné aux femmes l’autorisation de conduire est justement le régime qui a fait disparaître les princesses ! Maintenant, avec l’autorisation donnée aux femmes de conduire, cela permettra aux Saoudiens d’être certains que leurs enfants sont bien d’eux…

 

Revenons en France : il y a quelques décennies, les musulmanes n’étaient pas voilées et ce mouvement s’est déclenché petit à petit. Or, vous révélez que c’est le fruit de l’influence de l’Arabie Saoudite en rappelant que, lors des conquêtes arabes, le conquérant arabe imposait au peuple conquis de porter un signe vestimentaire distinctif. Et, comme ils ne peuvent pas imposer un signe vestimentaire distinctif en France, ce sont finalement eux qui marquent leur différence ainsi…

 

Dans le temps, le signe distinctif imposé par les califes aux chrétiens et aux juifs, c’était une ceinture en laine, laide et pénible à porter. La robe longue est très confortable, mais elle l’est beaucoup moins avec une ceinture. Les ceintures étaient imposées aux juifs et aux chrétiens dhimmis, ou soumis. (Les autres étaient tués.) Les dhimmis n’avaient pas le droit de porter un turban comme les musulmans. Ils devaient porter un signe vestimentaire distinctif. À l’époque de la destruction du Saint-Sépulcre, le calife Hakem, basé au Caire, imposait aux dhimmis des objets à porter autour du cou. Les juifs devaient ainsi porter une étoile de David pesant plusieurs kilos, et les chrétiens une croix de plusieurs kilos aussi. Cela les obligeait à marcher la tête baissée. Hitler a tiré la leçon des signes vestimentaires distinctifs imposés par les califes aux chrétiens et aux juifs. C’est de là que vient l’idée de l’étoile jaune cousue sur les vêtements des juifs. En Europe aujourd’hui, les islamistes tiennent toujours à ce que les musulmans se distinguent des autres. Comme ils n’ont pas la possibilité d’obliger les chrétiens et les juifs qui vivent en Europe de porter ce signe, ce sont les musulmans qu’ils poussent à s’habiller autrement de façon à être reconnus dans la rue. Le voile est présenté comme le signe qui distingue la musulmane, et la musulmane non voilée subit souvent un véritable harcèlement dans les quartiers soumis aux islamistes. Beaucoup se voilent seulement pour avoir la paix.

 

Parallèlement, l’Arabie Saoudite a mené une stratégie de conquête pour changer la présence de l’islam en Occident…

 

Absolument. L’argent est un moyen de conquête, parce qu’il agit sur les cerveaux. Finalement, quand une personne est vaincue par des arguments, il n’y a plus besoin de guerre. Le summum de la victoire est de pouvoir gagner la guerre sans avoir eu à livrer un combat. Les Saoudiens se vantent de payer très cher une propagande imprimée et orale. Cette propagande consiste aussi à envahir le paysage par la construction de mosquées avec minaret, par la multiplication des voiles, des librairies islamiques, des boucheries halal. Pourquoi un pays étranger paie-t-il pour que des femmes se voilent en France ? Il faut savoir que beaucoup de femmes pauvres sont payées pour se mettre à porter le voile. Il y a un tarif pour le voile et un tarif beaucoup plus élevé pour le niqab. La loi française interdit le voile intégral. Qu’à cela ne tienne : de prétendus « bienfaiteurs » financés par on ne sait qui, paient les amendes. Ils profitent de la liberté que leur octroie loi française pour faire violer la loi française de la façon la plus voyante. C’est une façon de mener la guerre, effectivement !

 

Beaucoup de Français ne comprennent pas cela et soutiennent que l’on ne peut rien faire. Que leur dites-vous ?

 

Qu’ils passent l’histoire des autres peuples en revue pour voir s’ils n’y peuvent rien, car ce n’est pas vrai. S’ils pensent que ce qui arrive n’est pas grave, qu’ils aillent voir les résultats qu’il y a eu ailleurs. Regardez l’exemple de l’Afrique du Nord. Elle est le pays de Saint-Augustin. L’Égypte est celui de très grands saints, comme Antoine, Apolline ou Catherine. C’était des pays chrétiens avant l’arrivée des Arabes. Les historiens arabes expliquent les moyens utilisés pour islamiser les populations. Le pire était l’esclavagisme. Ils infligeaient aux populations un impôt religieux annuel appelé jizya. Cette jizya était si élevée que les Maghrébins ne pouvaient pas la payer. Alors ils leur disaient de payer avec leurs enfants. Concrètement, chaque région devait donner un enfant chaque jour de l’année lunaire pour qu’il soit vendu par les Arabes sur le marché aux esclaves. Et si cette jizya n’était pas payée, le peuple était attaqué ; tous les hommes étaient tués s’ils refusaient l’islam, et les femmes et enfants étaient vendus en esclavage. C’est de cette manière que les pays d’Afrique du Nord sont devenus musulmans.

On se sert de l’occupation française comme outil contre la France. Je ne veux pas défendre les Français dans ce qu’ils ont fait de mal. Mais il faut comparer ce qui est comparable. Les exactions françaises n’ont jamais privé les Algériens de leur liberté de pensée. Elles n’ont jamais opéré de lavage de cerveaux. Les Nord-Africains n’ont pas été convertis de force au christianisme ou à l’athéisme. Mais les Arabes, eux, ont commis des exactions d’une ampleur telle, que les populations se sont converties à l’islam. Les Nord-Africains ont dû devenir musulmans pour continuer à exister. Seuls ceux qui s’étaient réfugiés dans les montagnes ont gardé leur religion, leur droit coutumier, leur costume, leur culture berbères.

 

Vous revenez sur l’obligation de conversion au moment du mariage. L’homme chrétien a l’obligation de se convertir quand il épouse une musulmane, alors que la femme chrétienne n’a pas l’obligation de se convertir quand elle se marie avec un musulman, puisque les enfants suivent la religion de l’homme. La France, qui est une république laïque, ferme les yeux sur les mariages mixtes tout en sachant qu’il y a cette obligation de conversion puisque le mariage ne sera pas validé si l’homme ne se convertit pas. Par exemple, on voit régulièrement dans la presse people un article sur une personnalité ou un chef d’entreprise qui se marie avec une Marocaine, c’est donc qu’il s’est converti à l’islam, sinon le mariage n’aurait pas été valide…

 

La République française ne reconnaît aucun culte. C’est dans la Constitution. Et à partir du moment où vous ne reconnaissez aucun culte, il ne faut pas faire d’exceptions. Or il y a des textes de la Constitution qui sont acceptés ou refusés en fonction de la religion. Mais la République française n’est pas censée reconnaître des textes religieux. Alors, pourquoi continue-t-elle de respecter ces textes qui disent qu’il faut mépriser le chrétien ou le juif, qu’il faut tuer le mécréant, tuer le musulman qui ne fait pas ses prières, tuer le musulman qui refuse le djihad ou d’autres piliers de l’Islam, tuer le musulman qui refuse certains versets du Coran ? La République française autorise la diffusion de versets du Coran, alors que la loi interdit, de façon formelle, la diffusion de textes poussant au racisme, à l’esclavagisme ou à n’importe quelle violation des droits humains. Pourquoi la loi française qui ne reconnaît aucun culte, n’est-elle pas respectée dans ce cas sous prétexte que ces textes sont religieux ?

 

Vous avez analysé ce qui se dit dans les mosquées et les livres qui circulent… C’est édifiant alors que l’on nous explique depuis des décennies que la police surveille ce qui se dit dans les mosquées. Or, on continue de tenir des propos où l’on traite les chrétiens de porcs et les juifs de singes…

 

C’est évident, ils lisent le Coran dans les mosquées une fois par mois, c’est une obligation. Or il y a des versets qui disent qu’Allah a transformé en singes les juifs contre lesquels il était en colère ; dans un autre passage, il dit qu’une partie des juifs et des chrétiens ont été transformés en singes et en cochons. Ces textes existent et ils sont lus tous les mois dans toutes les mosquées. Le gouvernement parle de la modération des discours des imams. Mais ces discours sont ce qui va vraiment influencer les gens. Ce qui va les influencer, c’est la parole attribuée à Dieu.

 

Vous revenez sur des grandes affaires, comme celle de Sarah Halimi, et l’on s’aperçoit que le meurtrier était vraiment influencé par les islamistes…

 

Oui, ceux de la mosquée Omar qui ont islamisé la rue Jean-Pierre Timbaud à Paris. Il y a douze librairies islamiques dans un tronçon de cette rue, entre cette mosquée et le boulevard de Belleville.

 

Les pouvoirs publics étaient presque gênés de découvrir l’idéologie islamiste la plus radicale…L

 

Bien sûr qu’ils sont gênés ! En plus, le meurtre de Sarah Halimi a eu lieu dans une période d’élections, et tous flirtaient avec les islamistes pour qu’ils donnent des consignes de vote en leur faveur. Il ne faut pas oublier que François Hollande n’aurait pas été élu si les musulmans avaient voté contre lui. Ce n’est pas le cas d’Emmanuel Macron, qui a pourtant bien courtisé les islamistes pour avoir des voix… Dans « L’Islamisme et les Femmes », j’ai publié des photos de tracts envoyés pendant les élections aux islamistes qui montrent bien la servilité des politiciens envers ces gens.

 

La plupart des politiques sont totalement incultes sur cette question et ils n’ont jamais lu le Coran. Comment analysez-vous tout cela depuis Beyrouth ?

 

Ils projettent sur l’islam ce qu’ils ont entendu. Ils ont entendu des versets rassurants. L’un d’eux dit que celui qui tue un homme, c’est comme s’il avait tué tous les hommes… Mais on ne leur dit pas que ce verset précise qu’il s’agit de ne pas tuer « un homme qui n’a rien fait ». Or la liberté religieuse est considérée comme un délit. Ce verset ne concerne donc pas les mécréants ou les apostats, puisque le Coran dit de tuer les mécréants, et le Hadith dit de « tuer celui qui change de religion ». C’est pour cette raison que sous l’Empire ottoman on tuait les juifs qui devenaient chrétiens ou les orthodoxes qui devenaient catholiques. C’est cela qui a poussé toute la communauté catholique arménienne à quitter l’Arménie pour émigrer au Liban. C’est ainsi que doivent être traités également les musulmans contestataires. Et ils sont nombreux. Que faire dans ce cas ?

 

Dans votre précédent livre, vous commentez les propos de Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et Dalil Boubakeur en analysant « ce qu’ils cachent ». Mais Dalil Boubakeur est un personnage bien sympathique dans la vie médiatique française…

 

Il est sympathique, il ne pose pas de problème dans sa vie sociale. Ce qui pose problème, c’est quand il explique que la sourate Al-Fatiha est l’équivalent du Notre Père chez les musulmans, alors que d’après l’explication officielle, cette sourate dit qu’Allah est en colère contre les juifs et que les chrétiens se sont égarés ! Et cette explication se fonde sur les versets coraniques qui disent qu’Allah est en colère contre les juifs, et que les chrétiens ont erré. Toute personne qui connaît bien le Coran comprend aussitôt l’allusion.

 

Mais l’homme politique moyen ou le Français moyen est totalement incapable de déchiffrer tout cela…

 

Tout comme le musulman moyen. Le Coran est très difficile à lire en arabe et la plupart des musulmans en France lisent le Coran en français.

 

Quid de Tareq Oubrou ?

 

C’est une autre affaire, parce qu’un jour il dit une chose, et le lendemain il dit son contraire. En 2015, après l’assassinat de journalistes de Charlie Hebdo, d’un policier musulman, d’une policière et des clients d’un Hyper Casher tous les oulémas ont protesté en disant que ce n’était pas l’islam. Tareq Oubrou a protesté aussi. Or la même année, il a donné une conférence dans laquelle il parlait des différentes espèces de djihad. Il parlait notamment d’un « djihad physique » contre les kouffars ou kafirs. Et il se mit à bafouiller en disant que c’était compliqué. Puis il dit que les kouffars ou mécréants étaient ceux qui « ne s’étaient séparés [de Mahomet] qu’après avoir eu la preuve décisive ». Il citait ainsi, partiellement, un verset du Coran, en omettant de citer la partie de ce verset qui désignait les chrétiens et les juifs ! Mais ceux qui viennent à ses conférences connaissent ce verset et comprennent que Tareq Oubrou leur dit de faire le djihad physique contre les chrétiens et les juifs !

 

On entend le mot kouffars assez fréquemment dans les banlieues…

 

Tariq Ramadan traduit ce mot par « les négateurs », mais ce n’est pas vrai : sur le plan du sens, c’est l’équivalent du mot français « mécréants ». En tout cas, Tareq Oubrou avait dit dans les années 90, toujours dans une conférence enregistrée, qu’il fallait rétablir le califat ou État islamique et que le musulman qui ne combat pas dans ce but est un pécheur.

 

Combattre ne signifie pas forcément physiquement, cela peut aussi être intellectuellement et politiquement…

 

Il y a les deux. Tareq Oubrou a parlé d’un djihad physique tout en précisant qu’il pouvait ne pas être physique aussi, car cela dépend des circonstances. Si vous êtes en état de faiblesse, il ne faut pas faire le djihad physique, notamment si vous êtes en minorité dans une communauté. Car vous ne réussirez pas. Le djihad de Tareq Oubrou consiste donc à convaincre les mécréants qu’ils ne doivent pas avoir peur… C’est de la propagande et c’est fondé sur un verset du Coran que cite Oubrou et qui dit de « faire le djihad contre eux à l’aide du Coran ». C’est donc d’un véritable harcèlement qu’il est question. Et finalement, cela aboutit, vu le nombre de conversions à l’islam que nous constatons en France.

 

Vous nous expliquez que nous avons une communauté musulmane importante en France et une communauté islamiste qui gagne du terrain au sein de cette communauté musulmane, aussi, lorsque les islamistes seront suffisamment importants, leur visage sera totalement différent…

 

C’est quelque chose que certains d’entre eux ne cachent pas. Anjem Choudary dit bien dans ses interviews télévisées que le but est de prendre l’Occident et de l’islamiser ! Il parle même du drapeau de l’islam flottant sur Downing Street…

 

Dès que quelqu’un arrive quelque part, il a envie de s’imposer culturellement… La responsabilité n’incombe-t-elle pas à la naïveté des politiques ?

 

Oui, mais les politiciens gagnent à tout cela, sinon ils ne seraient pas au pouvoir. Aucun parti politique n’est suffisamment puissant pour vaincre l’autre en se passant de l’aide des islamistes. Regardez l’élection de François Hollande. Les musulmans ont généralement suivi les consignes de vote données par les islamistes en sa faveur. Or sans l’apport de voix qu’il leur doit, François Hollande n’aurait pas gagné l’élection présidentielle…

 

On connaît tous des musulmans qui pratiquent leur religion tranquillement et qui sont à l’opposé de l’idéologie islamiste. Que leur dites-vous ?

 

J’ai des amis qui font le ramadan, qui ne mangent pas de porc, qui boivent ou ne boivent pas d’alcool, mais en tout cas, ce sont des gens qui respectent réellement l’être humain. J’ai de très bons amis qui font le bien et qui sont des musulmans. Ces gens pratiquent en donnant l’aumône ou en ne traitant pas un être humain de façon inférieure. Il y a certains chrétiens qui ne sont pas aussi bons… Les islamistes sont les pires ennemis de ces musulmans qui font le bien. D’ailleurs, les islamistes ont appelé à tuer les musulmans de l’armée libanaise avant les autres et, si Daech a été chassé du Liban, c’est grâce à l’armée libanaise. C’est le seul pays qui ait chassé Daech sans l’aide d’un pays étranger ! L’armée libanaise a beaucoup de déontologie. Avant de commencer une bataille, elle évacue les civils de l’ennemi, et elle le paie parfois par des morts et des blessés. L’armée libanaise gagne toutes les batailles parce qu’elle est soudée et parce qu’elle est aimée, car elle défend vraiment les civils. Les musulmans de l’armée libanaise sont les plus détestés par Al-Qaïda, qui a commencé par égorger des musulmans avant d’égorger des chrétiens. Daech en a plus contre ces musulmans qui n’obéissent pas aux islamistes, que contre les chrétiens.

 

Propos recueillis par Yannick Urrien.

 

Source : http://www.labauleplus.fr/la-baule-en-ligne/

 

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Redoine Faïd, truand et star médiatique

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin

Le 20 mai 2010, le bandit Redoine Faïd et ses compagnons manquent un braquage et fuient sur l’autoroute A4, en Seine-et-Marne. Deux policiers municipaux sont chargés de se poster près d’un restaurant de Villiers-sur-Marne et de prévenir leurs collègues s’ils les voient passer. Ils n’ont donc pas dégainé leurs armes.

Ils sont des cibles découvertes. On leur tire dessus, on tue la policière Aurélie Fouquet, mère d’un petit enfant. Une fusillade nourrie. Un des policiers, blessé au thorax, tente d’atteindre les truands. Mais aucun cadavre ne sera retrouvé.

Ce qui rend la tragédie plus horrible est que le gangster est devenu une sorte de superstar, grâce à un livre dans lequel il raconte sa vie, et qui est devenu un best-seller. Bien sûr, la loi n’interdit pas à un éditeur de se faire du fric sur le dos d’une victime, une policière fauchée dans sa jeunesse, en donnant à son assassin une tribune.

Celui-ci raconte avec complaisance à longueur d’interviews comment il a organisé ses braquages en étudiant des films à succès et en suivant exactement les stratégies décrites dans ces films. Redoine Faïd a également organisé des fuites spectaculaires s’inspirant également du cinéma. La dernière en date: il a été tiré de prison le 5 juillet 2018 par un hélicoptère. Pour se moquer de la France, il a filmé sa fuite et a diffusé la vidéo.

Lina Murr Nehmé, 11 juillet 2018

Email Twitter Facebook Pinterest Google+ Linkedin