Archives de catégorie : Assad

Enfants assassins et enfants d’assassins

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Ce que j’ai vraiment dit.

J’ai beaucoup hésité à publier mon précédent article, où je citais le cas de trois enfants tueurs. J’ai commencé par l’enfant de la photo, un Asiatique qui venait de tuer. Il est originaire d’Extrême-Orient. Il n’a pas intérêt à être rapatrié en Chine, il y serait exécuté immédiatement.

J’ai cité le cas d’un autre enfant tueur, français celui-là: le neveu de Sabri Essid, le demi-frère de Mohamed Merah, qui a tué un Palestinien devant la caméra.

J’ai également cité le cas des enfants tueurs du théâtre de Palmyre. Presque des adolescents.

J’ai rappelé que les victimes de ces enfants avaient elles-mêmes des enfants, et qu’étant pauvres, elles ont laissé des veuves et des orphelins mourant de faim. Mourant de faim, surtout à cause du blocus imposé à la Syrie, par cet Occident qui tient tellement au confort de ses citoyens, même quand ils sont allés tuer en Syrie.

Et j’ai posé la question de savoir si l’enfant tueur avait plus de droits que les enfants qu’il a rendus orphelins. Je parlais sur le plan strictement matériel et alimentaire: si ces enfants sont rapatriés, ils bénéficieront de confort. Pendant ce temps, les autres enfants, ceux dont ils ont tué les pères, auront de plus en plus faim en raison du blocus, et sans que les Etats qui veulent sauver leurs ressortissants djihadistes, pensent à réparer le tort fait par ces derniers.

C’est une question qu’on ne peut pas comprendre en Occident, où il n’y a pas eu d’enfants djihadistes tuant, avec conviction, des pères de famille pauvres dont les enfants ont ensuite crevé de faim parce qu’ils étaient devenus orphelins. C’est le cas de la plupart des victimes de ces enfants.

Une personne a traité mes propos de vision “de l’angle du ressentiment, voire de la vengeance dans ce qu’elle a d’aveugle, de non raisonné, de barbare… Comment pouvez-vous oser, en France, poser le problème d’un criminel, meurtrier ou assassin, mineur, en fonction de la situation de ses victimes ou des enfants de ses victimes?”

J’ai répondu que “si je devais avoir du ressentiment, j’en aurais envers les Palestiniens et les Syriens, car ils ont détruit mon pays et tué mes amis, ils ont ruiné ma vie, ils m’ont volé ma jeunesse. Il n’y a pas, au monde, un peuple qui pour moi représente le malheur de mon pays d’origine, autant que les Palestiniens et les Syriens, et pourtant je défends des victimes palestiniennes ou syriennes. Si je devais prendre les choses du point de vue du ressentiment, je dirais: ‘Bien fait pour eux, voyez ce que leurs pères ont fait aux enfants du Liban’. Mais je le fais sous l’angle purement humain, en considérant des enfants palestiniens ou syriens comme égalant des enfants français, et non comme leur étant inférieurs.
“Est-il acceptable que des enfants meurent de faim parce que leur père a été tué par un enfant occidental, et que ce dernier, lui, vive bien mieux qu’eux? Ma question étant: un enfant est-il supérieur à l’autre selon sa nationalité?
“Et si on pourvoit l’enfant tueur des mollesses de la vie occidentale, est-il juste qu’on laisse ses victimes avoir faim? Si vous appelez cela ressentiment, libre à vous. Moi, j’appelle cela humanité.

Elle répond (sans avoir lu) que je verrais éventuellement bien les enfants des djihadistes, Français par filiation, exécutés.

Je réponds qu’elle me faisait “dire ce que je n’ai pas dit. Relisez mon texte. Je parle de l’injustice de traitement entre enfants, je ne parle pas d’exécuter les enfants tueurs. Je commence seulement le post en parlant de l’enfant du sud-est asiatique qui est sur la photo et qui serait tué s’il était rendu à son pays d’origine, le sud-est asiatique, où on a moins de scrupules en la matière.”

Sa réponse: “… Il faudrait peut-être construire des taudis plein de rats pour les mineurs criminels auxquels on ne servira qu’un crouton de pain nageant dans l’eau chaude… pour plus de justice ?”

Moi: “Personne, en Occident, ne parle des enfants victimes, personne ne propose de leur donner au moins le même niveau qu’aux enfants assassins; au contraire, on inflige à leur camp des sanctions qui les affament. Si déjà un seul politicien français disait: “Nous voulons rapatrier les enfants tueurs en considérant qu’ils ont eu le cerveau lavé, et que la République, en les adoptant, décide aussi de réparer leurs torts en donnant aux enfants de leurs victimes au moins une vie décente,” au moins, alors, les enfants seraient égaux. Mais ce n’est même pas le cas: les sanctions continuent de plus belle, et madame, il y a des enfants syriens qui en meurent chaque jour, et ce sont souvent des orphelins. Je n’ai jamais parlé de tuer personne. Si quelqu’un venait me tuer, je ne le tuerais pas pour sauver ma vie, alors vous voulez que dans ce post je parle de tuer? Déduisez ce que vous voulez, j’ai écrit ce que j’ai écrit en pensant aux victimes, et les premières des victimes ne sont pas les tueurs (même si ceux-ci à mon avis sont des victimes aussi”

Elle: “A l’évidence nous n’avons pas la même conception du droit français, ni le même respect pour les lois républicaines de la France… que je sépare totalement de la politique menée par la France.”

Mais à ma connaissance, le droit français dit qu’en cas de meurtre, il doit y avoir réparations envers la victime. Des ressortissants français ont tué à l’étranger. Un crime est jugé dans le pays où il est commis, et des réparations sont imposées au bénéfice des victimes. Est-ce que les tribunaux français vont imposer des répérations aux victimes? A ma connaissance, il n’en a jamais été question. La vérité est que c’est au nom de la loi du plus fort que se fait le débat, et non au nom de la loi tout court.

Je rappelle que Daech a été engendré par les sanctions économiques inhumaines imposées à l’Irak. Or aujourd’hui, les mêmes sanctions sont imposées à la Syrie. C’est ce que j’avais écrit dans ce post qui semble avoir été si mal lu. En commentaire, j’ai également écrit:

“Il faudrait apprendre les leçons du passé pour ne pas créer des situations similaires. Or la politique qui a créé ces tragédies se poursuit, tant en Orient, où on aide objectivement les djihadistes, qu’en Occident, où on fournit une propagande déshumanisante, misogyne, raciste, qui est interdite par la loi française, sans que personne ne daigne appliquer la loi.”

Et dans un autre commentaire:

“Ces enfants ont subi un lavage de cerveaux. On sait ce que c’est pour avoir entendu parler des lavages de cerveaux des sectes: Moon, scientologie, etc. Les vicitmes de ce lavage de cerveaux ont pu être réhabilitées, mais parfois au prix d’un traitement très dur. Je ne rends pas ces enfants responsables. J’exige seulement qu’ils ne soient pas mieux traités que les enfants de leurs victimes. Ici je parle des enfants tueurs. Les enfants qui n’ont pas tué n’ont pas un problème psychologique aussi grave. Si on veut les réhabiliter, on doit aussi penser aux victimes.”

Lina Murr Nehmé, 20 mars 2019

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George Bush a tué le Liban pour pouvoir tuer l’Irak

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Je suis une historienne, je refuse de mentir au sujet des morts.

George Bush père a tué le Liban pour pouvoir tuer l’Irak. Il a autorisé l’invasion de la région libre du Liban, celle qui avait résisté 17 ans parce qu’elle ne voulait pas se livrer à l’ennemi. Et pour la première fois dans l’histoire, le réduit chrétien a été envahi. La photo montre l’honorable spectacle des troupes syriennes, occupant Baabda, le palais présidentiel libanais, sur les ordres de deux hommes : Abdel-Halim Khaddam, vice-Président syrien, ministre des Affaires Etrangères et responsable de tout le dossier libanais, et Moustapha Tlass, ministre syrien de la Défense.

Cette occupation a eu lieu parce que Bush tenait à rallier Hafez Assad contre Saddam Hussein. Mais le plus criminel des deux était Hafez et non Saddam ! C’est Hafez qui avait sur les mains le sang du Liban, alors que Saddam n’avait presque pas combattu au Koweït. Car les Koweïtiens ne voulaient pas de cet émir, comme le prouve le fait qu’il ait dissous le parlement, aboli le système parlementaire et privé les Koweïtiens d’élections. Si les Koweïtiens l’avaient aimé, ils l’auraient défendu comme les Libanais ont défendu leur gouvernement à l’époque.

Crime mis à part, Saddam et Hafez étaient des frères jumeaux, et régnaient au nom du même parti Baas, chacun représentant une minorité qui régnait sur la majorité et exerçait une dictature féroce. Et Hafez avait déjà occupé une partie du Liban à l’époque. Si Bush avait vraiment voulu rétablir la justice, il aurait ordonné aux troupes de Hafez de sortir du Liban avant de dire à celles de Saddam de sortir du Koweït. Surtout que, comme je l’ai dit, les Koweïtiens ne voulaient pas de cet émir, et qu’ils ne sont pas allés le recevoir dans la rue quand il est revenu.

M. Macron a l’âge de mon fils, mais contrairement à ce dernier, il ne connaît pas l’histoire récente. Il ne sait pas quel criminel George Bush père était, ni ce qu’il a fait au Liban et à l’Irak, ni la famine qu’il a imposée à ce pays, ni les bombardements de civils. Moi, je connais tout ça parce que j’ai écrit des livres sur la guerre du Liban et sur cette période en particulier. Et parce que j’écris en ce moment un livre sur la guerre d’Irak. Si deux hommes sont responsables de la montée de Daech, ce sont bien les deux Bush, père et fils.

George Bush, père et fils, ainsi que leurs proches, notamment James Baker, étaient téléguidés par la soif du pétrole. Ils travaillaient dans le pétrole. Du moins le père, qui avait une société de pétrole, ce qui l’avait amené à être l’ami du roi d’Arabie. Je ne sais pas ce qu’il a fait de sa société de pétrole après être devenu Président. Mais c’est par elle qu’il s’était enrichi. Son milieu et celui de son fils au Texas, celui de leurs amis, est celui des sociétés de pétrole. L’invasion de l’Irak était due au pétrole et à rien d’autre : Bush voulait contrôler les cours du pétrole, et Saddam était le seul qui refusât de plier. Ce dernier avait besoin d’argent pour restaurer le pays après la terrible guerre menée contre l’Iran, guerre dont les Américains n’ont pas hâté la fin (ce qui augmenta le nombre de victimes, et maintint Khomeiny et les mollahs au pouvoir), parce qu’ils ne voulaient pas voir Saddam gagner, justement.

George Bush père a condamné l’Irak à la plus horrible des guerres, et c’est des malheurs de l’Irak qu’est né Daech. Car l’Irak était un pays laïque, où les chrétiens étaient très bien traités. Les grands massacres de Saddam ont surtout eu lieu après cette guerre américaine, parce que George Bush avait appelé les chiites et les Kurdes à la guerre civile. Ils ont répondu à ces appels, mais Bush ne les a pas aidés, et ils ont été massacrés.

Sachant tout cela (mais ce n’est pas le millionnième de ce que je pourrais dire), je trouve ridicule ce tweet d’Emmanuel Macron:

Un grand dirigeant ? En matière d’envergure, oui. Il a été l’homme le plus puissant de l’histoire, et le seul à donner des ordres à toute l’humanité : il n’y avait alors plus qu’un seul bloc, et tout le monde s’est soumis à lui.

Mais parler de soutien de l’alliance avec l’Europe ? Alliance unilatérale : il a obligé les chefs d’Etat d’Europe à entrer dans une guerre que leurs peuples refusaient — ou auraient refusée si on leur avait dit la vérité.

Pour connaître les dessous des relations entre la famille Bush et la famille Saoud, ainsi que les affaires de pétrole des Bush, lire : House of Bush, House of Saud de Craig Unger.

Concernant la guerre d’Irak, je recommande les rapports des organisations humanitaires.

Concernant l’occupation syrienne du Liban en relation avec la guerre d’Irak, je recommande la lecture de Chronique du Liban rebelle (Grasset, 1991) de Daniel Rondeau.

On pourra aussi trouver des documents dans mes livres Le Liban assassiné, Du règne de la Pègre au réveil du Lion, et Les Otages libanais dans les prisons syriennes.

 

Je signale que les deux premiers de ces livres étaient des “lettres ouvertes à monsieur Sarkozy”. J’avais compilé ces documents pour convaincre le gouvernement français de changer de politique au moment de l’avènement de M. Sarkozy, et j’ai expédié par bateau des exemplaires des deux premiers à tous les députés français ; j’ai même payé pour que des gens, en France, les mettent dans les boîtes aux lettres de ces députés. Maintenant, je me dis que j’ai perdu mon temps et mon argent. Je note que la première députée à m’avoir répondu — aussitôt que le livre était arrivé — était madame Taubira. Elle avait répondu si vite, en trois lignes stéréotypées, que je me suis dit qu’elle n’avait même pas eu le temps de le feuilleter, a plus forte raison de le lire.

Mais lit-elle seulement ?

Lina Murr Nehmé, 2 décembre 2018

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Attentat de Soueida : pourquoi Daech s’en prend aux druzes

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Parlant de ce massacre de Soueida, qui a fait un grand nombre de victimes druzes, certains ont dit: “Bah! les druzes tuent les chrétiens”. Il faut mettre quelques points sur les i.

Le massacre des chrétiens de Damas, en 1860, a été commis par des sunnites. Il a commencé après le massacre des chrétiens du Liban par les druzes, mais ceux-ci étaient des mercenaires à la solde des autorités ottomanes, comme l’ont reconnu les grandes puissances (voir mon livre: Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique). Et une partie des druzes n’avait pas participé au massacre des chrétiens du Liban.

La communauté druze au Liban est divisée en deux partis fortement opposés, qui s’entretuent à l’occasion (voir les révélations que j’ai traduites dans le même livre). Les Joumblatt, d’origine sunnite, ne sont pas reconnus par la communauté druze, qui les considère comme des intrus.

Enfin, il y a quelques années, Joumblatt a décrété à la télévision la mort de tous les druzes de Syrie parce qu’ils soutiennent le régime (j’ai la vidéo.) Donc il n’est pas possible de dire, au sujet des druzes syriens, qu’ils tuent les chrétiens syriens, puisqu’ils sont dans le même camp.

Non: ce massacre de Soueida frappe toutes les minorités de Syrie, et à terme, vise toutes les minorités du Levant. Le but de Daech et de Nosra est en effet d’unifier la Syrie, le Liban, Israël, la Jordanie et les territoires palestiniens sous sa houlette et sous le nom de “Cham” que leur donnaient les califes. Nosra a le même but, comme le prouve son nom actuel, Fatah el-Cham (“Conquête de Cham”).

Lina Murr Nehmé, 30 juillet 2018

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Pourquoi les islamistes parlent tant des Rohingyas

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On compatit toujours avec les personnes qui souffrent, même si ce sont des ennemis et terroristes. Mais la compassion n’implique pas le mensonge, ni la calomnie. Si un groupe humain souffre de représailles, il ne faut jamais oublier que ses adversaires ont été victimes en premier et que, si la communauté internationale leur avait fait justice, elles n’auraient pas voulu ou pu se venger.

Rendre justice, n’est-ce pas le but affiché de l’ONU et l’OTAN, sans compter le reste des nations se réclamant de l’humanité?

Ainsi, quand al-Qaïda a subi des massacres de la part de l’État syrien, il ne fallait pas oublier que ce n’était pas ce dernier qui avait commencé. Malheureusement, les islamistes ont des moyens de propagande extrêmement puissants, et une chaîne de solidarité mondiale; en outre, ils sont financés par les États qui approuvent leurs crimes, notamment l’Arabie Saoudite — et, dans une moindre mesure, le petit Qatar. C’est donc leur voix qui prévaut médiatiquement, dans toutes les terres arrosées par l’argent de ces États.

En fait, les islamistes sont toujours ceux qui ont attaqué les premiers quand ils étaient les plus forts. Ils l’ont fait au nom du djihad, persuadés de faire leur devoir, qui est de convertir la terre et d’y faire régner l’islam. Mais quand ils subissent des représailles, ils les présentent comme une attaque gratuite contre les civils. Ce genre de propagande en Occident leur fait récolter de l’argent et un appui médiatique et populaire d’autant plus précieux que dans les démocraties, la propagande aux souffrances des civils procure une aide politique, diplomatique, financière et militaire de la part des États dont les peuples ont subi cette propagande. Des ONG comme #WhiteHelmets , #SyriaCharity ou #Barakacity — pour ne citer que les plus connues — ont été créées spécialement dans ce but.

Connaissant ces organisations, je me suis demandée pourquoi elles faisaient autant de bruit autour de la tragédie des Rohingyas. Certes, c’est une grande tragédie; mais est-elle plus grande que celle des Yéménites, des Bahreïnis, des Irakiens non islamistes, des Libanais, des Syriens non islamistes ? Car il faut remarquer qu’en Syrie, même quand Bachar el-Assad ne contrôlait plus que le cinquième du territoire syrien, l’exode se faisait toujours vers les zones gouvernementales, qui contenaient la majorité de la population.

Pourquoi ce deux poids, deux mesures ?

La réponse est une question: qu’y a-t-il de commun entre les Yéménites, les Bahreïnis, les Irakiens non islamistes, les Libanais, et les Syriens loyalistes à Bachar el-Assad? Une seule chose: tous étaient combattus par les Saoudiens et leur argent… ouvertement ou dans les coulisses. Est-ce un hasard si l’opinion et les souffances de ces majorités ont été aussi superbement ignorées en Occident et dans le monde ?

Moi qui en quarante ans ai observé, étudié, raconté dans mes livres tant de trahisons de collectivités innocentes, je n’ai pu m’empêcher de me poser la question suivante: que cache cette défense mondiale des Rohingyas ? Car il y a bien d’autres tragédies aussi importantes ou plus, et elles ne sont pas médiatisées. Je donne pour exemple la tragédie du peuple irakien affamé par un blocus presque hermétique imposé de 1990 à 2003, ou celle du peuple yéménite, aujourd’hui affamé par les Saoudiens, et qui subit un véritable génocide. Et que dire de la tragédie des princesses saoudiennes séquestrées et affamées par leur père, le roi Abdallah, alors qu’Obama lui rendait une visite d’Etat ? La mère des princesses avait causé un scandale à ce sujet en racontant tout sur les chaînes BBC et Channel Four, à l’heure de la plus grande écoute. (Lire le récit complet dans L’islamisme et les Femmes.)

Les gouvernements occidentaux, comme les organisations humanitaires, répercutent les voix qu’elles entendent, c’est-à-dire celles qui sont soutenues par un puissant réseau de propagande et de relations publiques, souvent financées à prix d’or.

Mais contrairement à Syria Charity ou au White Helmets, il arrive qu’Amnesty International répercute l’autre voix, celle des pauvres qui ne peuvent pas se payer de la propagande en Occident. Mais il faut vraiment que ce soit gros: cent morts, par exemple, cela vaut la peine qu’Amnesty International en parle. Cette ONG avait largement répercuté les rapports diffusés par les islamistes. Mais voilà qu’elle découvre que les hindous, eux aussi, sont massacrés :  s’agit de massacres commis par L'”Armée du salut des Rohingya de l’Arakan” (ARSA)

Dans le texte ci-dessous publié par Amnesty International, notez des expressions comme “homicides illégaux” et “campagne de violence illégale”, le premier employé pour qualifier le massacre de civils bouddhistes par des djihadistes Rohingyas, le second pour qualifier les représailles commises contre les Rohingyas — malheureusement contre les civils Rohingyas, puisque, comme Daech, les djihadistes se cachent, puis exploitent les souffrances des civils…

Lina Murr Nehmé, 28 mai 2018

Annexe : rapport d’Amnesty International

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UN GROUPE ARMÉ ROHINGYA MASSARE DES DIZAINES D’HINDOUS
Amnesty International, 23.05.2018.

Deux massacres de villageois hindous ont été perpétrés en août 2017 dans l’État d’Arakan. Un groupe armé rohingya est responsable du premier et probablement du second. Le nombre de victimes pourrait s’élever à 99 personnes.

Nous avons mené une enquête approfondie dans l’État d’Arakan, au Myanmar. Des dizaines d’entretiens ainsi que des photos analysées par des médecins légistes exposent la manière dont les combattants de l’Armée du salut des rohingya de l’Arakan (ARSA) ont semé la terreur parmi les Hindous et d’autres minorités ethniques avec ces attaques brutales.

Massacre à Kha Maung Seik

Le 25 août 2017 vers 8 heures du matin, l’ARSA a attaqué les habitants hindous d’Ah Nauk Kha Maung Seik, une localité faisant partie d’un ensemble de villages appelé Kha Maung Seik situé dans la municipalité de Maungdaw, dans le nord de l’État. À ce moment-là, les villageois hindous vivaient à proximité d’habitants rohingyas, qui sont majoritairement musulmans. Des membres de l’ethnie rakhine, à majorité bouddhiste, habitaient également dans les environs.

Des hommes armés habillés en noir et des villageois rohingyas en tenue ordinaire ont rassemblé plusieurs dizaines de femmes, d’hommes et d’enfants hindous. Ils les ont dévalisés, attachés et leur ont bandé les yeux avant de les faire marcher jusqu’à la sortie du village, où ils ont séparé les hommes des femmes et des enfants.

Quelques heures après, les combattants de l’ARSA ont exécuté 53 de ces Hindous, en commençant par les hommes.

Huit femmes hindoues et huit de leurs enfants ont été enlevés et épargnés, après que les combattants de l’ARSA eurent forcé les femmes à accepter de se « convertir » à l’islam. Les survivants ont été contraints de fuir au Bangladesh avec les combattants au bout de plusieurs jours, avant d’être rapatriés au Myanmar en octobre 2017 avec le soutien des autorités des deux pays.
Des témoignages glaçants

Bina Bala, une femme de 22 ans qui a survécu au massacre, a témoigné:

« [Les hommes] étaient munis de couteaux et de longues barres de fer. Ils nous ont attaché les mains derrière le dos et bandé les yeux. Je leur ai demandé ce qu’ils faisaient. L’un d’eux a répondu : “Vous et les Rakhines, vous êtes pareils, vous avez une religion différente, vous ne pouvez pas vivre ici.” Il parlait la langue [rohingya]. Ils ont demandé quels biens nous avions, puis ils nous ont roués de coups. Finalement, je leur ai donné mon argent et l’or que je possédais. »

Nous avons pu interroger les huit survivants. Ils nous ont indiqué avoir vu leurs proches hindous se faire tuer ou entendu leurs cris.

“Ils ont massacré les hommes. Ils nous ont dit de ne pas les regarder […]. Ils avaient des couteaux. Ils avaient aussi des pelles et des barres de fer. Nous nous sommes cachées dans les buissons et nous avons pu voir un peu. Mon oncle, mon père, mon frère – ils ont tous été massacrés.” (Raj Kumari, un jeune survivant de 18 ans)

Parmi les victimes d’Ah Nauk Kha Maung Seik figurent 20 hommes, 10 femmes et 23 enfants, dont 14 avaient moins de huit ans. Ces éléments correspondent aux multiples témoignages recueillis au Bangladesh et au Myanmar, auprès de survivants et de témoins ainsi que de responsables hindous.

Le même jour, les 46 hommes, femmes et enfants hindous habitant le village voisin de Ye Bauk Kyar ont disparu. Des membres de la communauté hindoue du nord de l’État d’Arakan pensent qu’ils ont été tués par les mêmes combattants de l’ARSA. En les ajoutant aux victimes d’Ah Nauk Kha Maung Seik, le nombre total de morts pourrait s’élever à 99.

Les corps de 45 habitants d’Ah Nauk Kha Maung Seik ont été découverts dans quatre charniers à la fin du mois de septembre 2017. Les restes des autres victimes de ce village et des 46 habitants hindous de Ye Bauk Kyar n’ont toujours pas été retrouvés.

D’autres homicides illégaux d’Hindous commis par l’ARSA:

Nous avons également recueilli des informations faisant état de la responsabilité de l’ARSA dans d’autres homicides et attaques violentes visant des membres d’autres minorités ethniques et religieuses.

Le 26 août 2017, des membres de l’ARSA ont tué six Hindous – deux femmes, un homme et trois enfants – et blessé une autre femme hindoue à la périphérie de la ville de Maungdaw, près du village de Myo Thu Gyi.

Kor Mor La, 25 ans, est l’une des deux femmes qui ont survécu à cette attaque, avec quatre enfants. Son époux âgé de 30 ans, Na Ra Yan, et leur fille de cinq ans, Shu Nan Daw, ont tous deux été tués.

“Les gens qui nous ont tiré dessus étaient vêtus de noir. Je ne voyais pas leurs visages, seulement leurs yeux. Ils avaient de longs fusils et des épées. Mon mari a été tué juste à côté de moi. J’ai reçu une balle [dans la poitrine].” (Kor Mor La, une survivante de 25 ans)

Ces homicides ont eu lieu quelques jours après que des combattants de l’ARSA aient lancé une série d’attaques contre une trentaine de postes de sécurité du Myanmar le 25 août 2017, ce qui a déclenché une campagne de violence illégale et totalement disproportionnée de la part des forces de sécurité. Plus de 693 000 Rohingyas ont été contraints de fuir au Bangladesh, où ils demeurent réfugiés.

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Vidéo : Syria Charity et ses connexions djihadistes

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Le président Macron connaît-il les relations de Syria Charity avec l’Armée Syrienne Libre (ASL) ? Sait-il que l’ASL est une milice djihadiste ? En Syrie, l’ASL dégoûte la population par ses exactions. En France, sa communication est assurée par Syria Charity et par Free Syria, qui lui permettent de récolter des fonds en lui donnant des airs présentables.

Cette vidéo montre les connexions de Syria Charity et de Free Syria avec l’ASL. Regardez-la jusqu’au bout : elle est dure, mais moins que les attentats qui frappent en utilisant, parfois, l’argent français.

Lina Murr Nehmé, 28 avril 2018

ADDENDUM : Youtube a décidé de restreindre l’accès à la vidéo. Si vous ne pouvez pas vous connecter pour confirmer vore âge, cliquez sur le lien Vimeo en-dessous.

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Don à Syria Charity : à quoi Macron s’engage-t-il ?

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Il y a quelques jours, j’ai écrit que la contrepartie du rapprochement de Macron avec l’Eglise catholique rendrait possible un rapprochement avec les Frères Musulmans. Et que cela se ferait par un don concret, car les Frères Musulmans ont soutenu Macron aux élections, et ils ne donnent rien pour rien. 

Le don a donc été annoncé: pour commencer, 50 millions.
Pour commencer, car je ne crois pas que Macron se limitera à “Syria Charity” ou aux 50 millions.

Vous me direz que “Syria Charity” est une association caritative et qu’il s’agit d’aumônes. Je vous répondrai:

1° D’après le Coran, les aumônes ne vont pas nécessairement aux pauvres. D’après la sourate 9, verset 60, deux des huit parties n’iront jamais aux pauvres, puisque l’une d’elles va au djihad, et une autre va à “ceux dont les cœurs sont à rallier”, c’est-à-dire qu’elle sert au bakchich: « Les aumônes sont pour les pauvres ; pour les indigents ; pour ceux qui prélèvent ces aumônes et les distribuent ; pour ceux dont les cœurs sont à rallier ; pour l’affranchissement des esclaves ; pour ceux qui sont endettés ; pour la voie d’Allah [le djihad] ; pour le passant. Tel est l’ordre d’Allah ! »

2° Une partie des aumônes sera effectivement donnée à des pauvres par Syria Charity. Mais comme l’a prouvé Mohamed Louizi, Syria Charity est une des associations caritatives des Frères Musulmans, et la charité des Frères Musulmans a pour but l’islamisation. C’est par ce biais qu’Hassan al-Banna a islamisé l’Egypte, achetant les pauvres par le biais d'”aumônes”. Ces aumônes ne sont pas gratuites, puisque les bénéficiaires doivent évidemment être de “bons croyants”: voiler leurs femmes, venir se faire éduquer par les Frères Musulmans, et leur livrer leurs enfants. Et, en cas d’appel au djihad, ils sont obligés d’aller se battre.

Ce fut notamment le cas en Syrie, quand les Frères Musulmans décrétèrent le djihad parce qu’en 1963, un alaouite était devenu Président de la République ! Les Frères, ces prétendus bienfaiteurs des pauvres, vouèrent tous les membres de la secte alaouite à l’extermination totale, décrétant la guerre du djihad contre elle.

En fac-similé, un des textes d’Ibn Taymiyya publiés, lus, récités, commentés, diffusés par ces mêmes Frères Musulmans syriens. En voici la traduction :

« Le cheikh de l’islam Ibn Taymiyya dit de combattre [les alaouites] avant de combattre les mécréants, disant : “Ils sont tous plus mécréants que les juifs. Qu’ils ne s’approchent pas des musulmans ! Il est interdit d’épouser leurs femmes. Il est interdit de manger les animaux abattus par eux. Ce sont des apostats pires que les apostats. Ce sont les gens les plus empressés à livrer les places-fortes des musulmans à l’ennemi des musulmans. Il n’y a aucun doute possible, que la plus grande obéissance et le plus grand devoir envers Allah, c’est de faire le djihad contre ces gens et de leur infliger les châtiments légaux (la mort).” »

Et ce n’est là qu’un extrait de la “fatwa contre les noçaïris” d’Ibn Taymiyya, qui est reconnue par tous les wahhabites: les régimes saoudien et qatari, les Frères Musulmans, les salafistes, al-Qaïda, et, bien sûr, l’UOIF et Syria Charity. Et s’ils prétendent le contraire pour des motifs de taqiya, je recommande au lecteur de se référer aux textes cités dans mon livre Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur: ce qu’ils cachent. Il verra alors ce que pensent vraiment les Frères Musulmans… d’après leurs propres textes.

Ainsi, Macron donne l’argent du contribuable français à une association qui appartient à une organisation confessionnelle qui a pour but l’extermination totale d’une partie de ses concitoyens ! Car les fatwas d’Ibn Taymiyya visent, non seulement les alaouites, mais aussi les athées.

Macron sait-il que les Frères Musulmans syriens, tout en faisant des aumônes, ont entamé leur guerre contre les alaouites, les communistes et les laïques en tuant une, deux ou trois personnes en moyenne par jour ? Un commando pouvait ainsi faire irruption dans un amphithéâtre pendant un cours dans une Faculté de médecine, tirer en l’air pour faire fuir les étudiants, puis mitrailler le professeur et repartir en criant dans des porte-voix: “Allahou Akbar !”

Et si un ouléma disait dans un sermon qu’il était interdit de tuer ainsi, c’est dans sa mosquée que débarquaient les Frères Musulmans, et c’est lui, dans son sanctuaire, qu’ils fusillaient ou égorgeaient en le traitant d’ “apostat” ! Et nous ne parlons pas d’aujourd’hui, nous parlons des années 1960-1980 !

Les Frères Musulmans Syriens ont décrété dès 1963 l’extermination des alaouites et des laïques, et le djihad contre eux parce qu’ils gouvernaient des musulmans. Monsieur Macron ne pense-t-il pas que dans la tête de ces gens, cela s’applique à la France aussi? Que ces gentils qui quêtent pour Syria Charity en France — ou leurs frères, ou leurs cousins — pourraient un jour montrer les dents comme ils le font en Syrie ?

À ce moment, au lieu de prendre avec Macron — ou n’importe lequel de ses successeurs — un selfie dans son bureau, ils lui diront plutôt : “Ôte-toi de là que je m’y mette, sale mécréant” ?

Il ne faut pas oublier qu’avant Syria Charity, les Frères Musulmans avaient donné naissance au Hamas, à al-Qaïda, à Daech, à al-Nosra et à Boko Haram.

Lina Murr Nehmé, 21 avril 2018

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Vidéo : L’armée de l’islam met en cage les civils de Ghouta

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  Dans cette vidéo visible sur youtube (lien ci-dessus), j’analyse la mainmise, par l’organisation terroriste appelée “l’Armée de l’Islam” (Jaych al-Islam), sur Ghouta, près de Damas. L’Armée de l’Islam est financée par l’Arabie Saoudite et d’autres puissances. Elle a été aidée par l’Angleterre et la France à titre de “rebelles modérés”. Pourtant, elle jette les homosexuels du haut des immeubles. Elle enlève des centaines de civils parce qu’ils sont alaouites et elle les garde au secret durant trois ans. Puis elle les ressort dans des cages, les habille de neuf, les pomponne et rase les hommes à l’islamiste. C’est pour les promener dans Ghouta et les filmer en annonçant qu’ils seront mis sur les toits et qu’en cas de bombardements, ils mourront les premiers. Fait évidemment attesté à la fois par les djihadistes qui ont publié une vidéo, et par les habitants qui étaient témoins. Ce sont les plaintes de cette organisation qui ont provoqué les bombardements américain, britannique et français en Syrie en avril 2018, avant même une enquête internationale pour prouver que s’il y a eu des gaz toxiques utilisés à Ghouta, c’est le gouvernement syrien qui en est coupable. La démarche était d’autant plus illogique que l’armée syrienne avait alors pris la presque totalité de Ghouta et que l’Occident l’avait menacée d’une guerre terrible si elle recourait à cette arme.

 

Lina Murr Nehmé, 17 avril 2018

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Le site de Brad bombardé par les Turcs

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Pour illustrer mon livre Si Beyrouth parlait…, j’avais pris cette photo des ruines de la ville morte syrienne de Brad, trois mois avant le début de la guerre syrienne.

Tout récemment, l’aviation turque aurait endommagé ce site de première importance archéologique et religieuse, où se trouve également le tombeau de saint Maron, patron des maronites.

On parle peu des villes mortes de Syrie, dont certaines ont été endommagées par les bombardements. Ceux des Turcs aujourd’hui, et ceuxde leurs alliés depuis 2011. Ces alliés sont essentiellement des djihadistes, notamment l’ASL (Armée syrienne libre), rebuts de l’armée syrienne, et les premiers à avoir procédé à des égorgements devant caméra, et même, à avoir diffusé un acte de cannibalisme filmé.

L’ASL a constitué l’essentiel des effectifs d’al-Qaïda quand celle-ci est venue d’Irak en Syrie pour fonder la branche syrienne d’al-Qaïda appelée Nosra. Nosra est ainsi la fille de Daech.

L’ASL, Nosra, Daech et plusieurs autres organisations terroristes se sont battues entre elles ou contre l’armée syrienne (et souvent aussi contre les habitants) de la région des villes mortes, qui se situe en Syrie, à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

On attend cependant la fin de la guerre pour savoir ce qu’il reste vraiment de ce précieux patrimoine archéologique datant des débuts du christianisme.

Lina Murr Nehmé, 26 mars 2018

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Qui sont les “rebelles syriens” de Ghouta ?

 

Le Jaych el-Islam est le principal groupe qui combat l’armée syrienne à partir de Ghouta. Fondé par un Frère Musulman, il a à son actif le viol, l’enlèvement ou le meurtre de milliers de Damascènes. Même si les médias officiels n’en parlent pas, il est facile de l’imaginer quand on écoute le discours (voir ci-dessous la vidéo de propagande avec traduction anglaise) du chef, s’adressant à une nouvelle promotion de “soldats de l’islam”. 

Le nom “Jaych al-Islam” signifie en effet “l’Armée de l’islam”. C’est un groupe djihadiste qui affirme avoir pour but de reprendre le travail de conquête de Mahomet et des premiers califes.
Les médias, trompés par des sources d’information biaisées, prétendent que le Jaych el-Islam et les autres formations qui combattent à Ghouta sont des “rebelles syriens” représentatifs de la population. Ce n’est pas le cas. Le Jaych al-Islam a plusieurs fois annoncé la venue de groupes venant de diverses régions du pays. À ces groupes peuvent s’ajouter les djihadistes venus des pays arabes et de l’Occident, voire même du Pakistan, de l’Inde et de la Chine.

Enfin, on ignore en Occident que nombre de miliciens en Orient ne sont que des mercenaires, souvent poussés par la faim. Sur ce plan, le versement d’argent par l’Arabie Saoudite et d’autres puissances pour l’extension de l’islam en Syrie, est la seule raison de l’existence d’une grande partie de ces milices, qui se débanderaient si cet argent cessait d’arriver. Quant aux effectifs du Jaych el-Islam, ils sont monstrueux, compte tenu de la petite taille de Ghouta face à une métropole comme Damas. Voici ce qu’on lit dans le journal “Le Monde” au sujet des trois armées — toutes djihadistes — dont le sort se joue en ce moment à Ghouta :

“L’enclave de la Ghouta est tenue par plusieurs groupes rebelles et djihadistes. Le plus puissant est Jaych Al-Islam (l’Armée de l’islam). Il s’agit d’un groupe salafiste soutenu par l’Arabie saoudite, dont le siège dans la Ghouta se trouve à Douma, la localité la plus importante de l’enclave. On estime ses effectifs à 10 000 hommes, disposant de blindés, de pièces d’artillerie et de mortiers.

“Le deuxième groupe en termes de taille et d’influence est Faylaq Al-Rahman, soutenu par la Turquie et le Qatar. Il compterait 8 000 hommes dans la Ghouta orientale. Les zones placées sous son contrôle, au centre de l’enclave, sont les plus touchées par les bombardements du régime.

“Ahrar Al-Cham, un groupe originellement d’inspiration djihadiste, a également un ancrage dans la Ghouta orientale. Hayat Tahrir Al-Cham, un groupe lié à la nébuleuse Al-Qaida, maintient par ailleurs une présence dans le territoire rebelle. Jaych Al-Islam et Faylaq Al-Rahman ont échoué à obtenir du régime l’arrêt des combats et la reconnaissance d’une forme d’autonomie locale en échange de l’expulsion de Hayat Tharir Al-Cham de la Ghouta orientale.”

Façon pudique de dire que le Hayat Tahrir Cham est spécifiquement l’alliance de Nosra (al-Qaïda-Syrie) et d’autres groupes moins importants et que Nosra domine.

Vidéo de propagande diffusée par le Jaych el-Islam, principal groupe qui combat l’armée syrienne à partir de Ghouta.

Lina Murr Nehmé, 22 mars 2018

Y aura-t-il un nouvel Etat islamique en Syrie ?

Al-Nosra est la fille de Daech et ambitionne de remplacer Daech. Mais est-ce possible ? En 2016, Lina Murr Nehmé faisait à ce sujet à Michel Kik des réponses qui demeurent actuelles et qui poussent à réfléchir.

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