Category Archives: L’Islamisme et les femmes

Une rébellion en forme de soumission

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Drôle, cette phrase illustrée par une fille avec un gros rouge à lèvres, des lèvres sortantes et grosses, des sourcils épilés, et des yeux maquillés. En quoi change-t-on les règles si on se peint pour suivre les règles de la mode ?

J’y vois au contraire le summum de la soumission: soumission aux règles concernant le maquillage, et soumission aux règles concernant le hijab. Et soumission aux règles de l’argent: elle fait de sa tête une pancarte publicitaire pour Nike. Sachant que dans sa langue, le mot نيك veut dire ce qu’il veut dire.

Lina Murr Nehmé, 4 mars 2019

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De l’ingratitude

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Ingratitude

Manifestations d’anciens auxiliaires de l’armée française en Afghanistan à Paris.

En décembre, on a beaucoup parlé de ces Afghans
auxiliaires de l’armée française (souvent, des interprètes), qui
demandaient à venir en France. Contrairement aux Afghans de Calais et de
La Chapelle-Pajol, ils sont menacés de mort à tout instant pour avoir
aidé la France contre les terroristes d’al-Qaïda et les Talibans, dont
on sait comment ils traitent une femme qui n’a pas mis le voile, ou un
homme qui s’est rasé le menton.

Il est tout de même scandaleux que l’on
passe tout ce temps à palabrer, et que l’on soit si frileux à leur
égard, alors qu’il suffirait de faire un transfert, et de leur donner la
place d’autres “migrants”, qu’on loge dans des hôtels. Or il a fallu
que l’affaire arrive jusqu’au Conseil d’Etat pour qu’un Afghan, déjà
blessé et recevant des menaces quotidiennes, obtienne un visa pour la
France.

Ce n’est pas le genre de la France, d’abandonner ses alliés.

Le pire est qu’en même temps, on n’a pas hésité à admettre sur le sol
français des centaines de milliers de migrants désignés par l’Union
Européenne, sachant que la plupart d’entre eux ne désirent pas vivre en
France, loin de là. Ils savent simplement qu’il y des allocations
familiales à gagner.

Ecoutez-les, ils vous le diront, s’ils se sentent en confiance. “Un Algérien en France, me disait l’un d’eux, c’est un puits de pétrole en Algérie.” Je lui ai demandé de m’expliquer ce que cela voulait dire. Et il m’a raconté tous les avantages financiers dont un Algérien bénéficiait en France, et la manne qu’il envoyait à sa famille. Heureusement, celui-là n’était pas ingrat à l’égard de la France. “Je ne comprends pas mes compatriotes, me dit-il, ils ne font que médire de la France. Si elle ne leur plaît pas, pourquoi ne retournent-ils pas au bled ?”

Lina Murr Nehmé, 2 mars 2019

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Tariq Ramadan: le viol, les femmes et le Prophète (Causeur)

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Tariq Ramadan : dans Fatwas et caricatures, la stratégie de l’islamisme, un chapitre entier (“Tariq Ramadan : mentir pour séduire”) est consacré à ce représentant des thèses de Hassan el-Banna, son grand-père. Voir aussi notre livre : Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent (Salvator, 2017)

Tariq Ramadan a été fortement affaibli par l’impact de ses affaires privées. En même temps, on a laissé son enseignement intact. N’importe lequel de ses bons élèves, pour peu qu’il ait un soutien financier et soit prudent dans sa vie personnelle, pourra le remplacer en enseignant la même chose.


Quiconque travaille en profondeur sur les livres de Tariq Ramadan, sait qu’on ne peut pas comprendre son message sans tenir compte de ce que disent les livres sacrés dont il parle, et auxquels il se réfère sans cesse. L’histoire que je vais raconter date de février 2009. Elle montre comment Tariq Ramadan, rien qu’en manipulant des mots, parvient à dire à chacun ce qu’il veut entendre, et à empêcher la discussion quand elle l’embarrasse.

Tariq Ramadan, le défilement permanent

Fatwas et caricatures, la stratégie de l’islamisme, Salvator, 2015

En marge d’une conférence que Tariq Ramadan donnait avec l’islamologue Dominique Urvoy à l’Institut du Monde arabe (IMA) à Paris, je demandai la parole et dis :

— J’ai lu vos livres, Monsieur Ramadan. Vous dites qu’il faut suivre le Coran et la Sunna.

— C’est vrai.

— Eh bien, le Coran dit : « Couchez1 avec
autant de femmes que vous voudrez, deux, trois, quatre, et si vous
craignez de ne pas être équitables, alors, avec une seule ou avec ce que
possèdent vos mains droites »
, c’est-à-dire les esclaves. Et d’après le hadith, Mahomet a couché avec une petite fille, Aïcha, qui avait neuf ans.

— Votre question, Madame ?, dit le modérateur.

— Ma question est : faut-il faire ces choses ?

Tariq Ramadan se trouvait en France : il ne pouvait pas dire qu’il fallait épouser plusieurs femmes, coucher avec des petites filles, transformer les prisonnières de guerre en esclaves et les violer.

Il ne dit donc pas qu’il ne fallait pas faire ces actions. Il fit une réponse hors sujet :

— C’est vrai qu’il y avait des esclaves, mais autrefois, il y avait de l’esclavage partout. Mais les mœurs ont changé. Aujourd’hui, l’esclavage n’existe plus.

Tariq Ramadan s’abolit de l’esclavage

Tariq Ramadan ne disait pas la vérité. L’esclavage existait à cette époque, et l’homme qui le pratiquait de la façon la plus horrible était le dictateur soudanais Hassan Tourabi. Bien avant Boko Haram et Daech, Tourabi avait utilisé l’esclavagisme comme arme durant la guerre de religion qu’il avait menée contre les chrétiens et les animistes du Soudan.

Je démentis Tariq Ramadan, mais la foule s’insurgea contre moi, ce qui
lui permit de passer la question sous silence et de ne pas dire s’il fallait faire ce que disaient ces textes : pratiquer la polygamie, avoir des esclaves et coucher avec elles sans leur consentement.

Par ce silence, il contredisait à l’avance tout ce qu’il dirait, cinq ans plus tard, pour condamner Daech et l’esclavage sexuel.

« Le Prophète a, paraît-il, épousé une jeune femme (sic) de 9 ans »

Tariq
Ramadan traita de la même manière la seconde partie de ma question.
Quelques années plus tôt, il avait reconnu par écrit, dans un de ses
livres, qu’Aïcha avait six ans quand elle avait épousé Mahomet. Cette
fois, il prétendit que « le Prophète a, paraît-il, épousé une jeune femme (sic) de 9 ans ». Puis il dit que les musulmans sunnites s’appuyaient sur le hadith, « le Sahih Bokhari et le Sahih Moslem », précisa-t-il. Et que cet épisode ne pouvait pas être pris au sérieux car il venait de la Sira
(biographie) de Mahomet. C’était faux : le récit le plus connu de ce
mariage vient bien d’un hadith authentique du Sahih Bokhari. Cette
pirouette permit à Tariq Ramadan d’éviter de répondre à la question de
savoir s’il fallait coucher ou non avec des petites filles de cet âge.

Six ans plus tard, Tariq Ramadan n’a pas contesté le récit de l’intervention que j’ai faite dans un de mes livres (Fatwas et caricatures, la stratégie de l’islamisme, Salvator, 2015). En revanche, le compte-rendu de l’IMA que j’y citais a rapidement disparu. Mais j’en ai une copie, et son existence est attestée par un huissier.

Les « textes clairs » du Coran

En réalité, Tariq Ramadan n’a pas véritablement trompé son lecteur. Disciple du Frère musulman Qaradawi et du mentor de Qaradawi, Hassan al-Banna, il a annoncé la couleur dès le début. Ainsi, il affirme que son grand-père Hassan al-Banna est un réformateur. Or Hassan al-Banna défend les châtiments corporels comme la lapidation, la flagellation, l’amputation. Ce que Tariq Ramadan appelle « réforme » est donc le concept frériste de retour aux textes et d’application littérale de ces textes. Aussi, sa demande de moratoire – annoncée sur son site internet et reformulée devant Nicolas Sarkozy lors de leur débat télévisé – n’a aucun sens, puisqu’elle contredit des « textes clairs » du Hadith.

Tariq Ramadan, en effet, dit qu’il est interdit aux humains de contredire une donnée contenue dans « des textes clairs » du Coran ou de l’un des deux recueils de hadiths authentiques (Bokhari et Moslem). Une fois qu’il a posé ce postulat, il est évident qu’il ne pourra pas interdire à son public de pratiquer l’esclavagisme, la polygamie, la pédophilie et le viol des captives, puisque tout cela se trouve énoncé dans « des textes clairs », tel celui que j’avais cité pendant notre échange.

Les viols de la place Tahrir

L’Islamisme et les femmes, Salvator, 2017

En 2017, j’ai travaillé sur les viols de la place Tahrir du Caire lors de la révolution égyptienne. J’ai lu et entendu dire dans des vidéos que le viol était endémique en Égypte. Certains disaient carrément que les Égyptiens étaient un peuple de violeurs. Mais ceux qui se souviennent de l’Égypte d’autrefois savent que c’est faux. Alors pourquoi cette épidémie de viols sur la place Tahrir, allant jusqu’à une centaine de viols déclarés en un seul jour ?

Une partie de la raison est assez simple : pendant des années, les
Egyptiens ont subi la diffusion massive de vidéos de sermons ou d’appels
encourageant à rétablir l’esclavagisme pour résoudre les problèmes
financiers du pays, ou pour permettre à l’homme de satisfaire ses
instincts sexuels sur des femmes qui n’étaient pas les siennes « sans pécher » et sans « aller en enfer ».4
Considérer les femmes des autres religions comme des esclaves, ou les
musulmanes non voilées et non cloîtrées comme des dévergondées qui
peuvent être violées, entraîne l’homme à estimer qu’il a le droit de
leur infliger le « viol punitif » voire à les tuer.

Ce que doit entendre Décathlon

Dans ces conditions, croit-on que ce soit innocemment que ceux qui s’opposent au hijab de running de Décathlon ont été victimes d’un tel tollé ? Savez-vous ce qui arrive aux femmes non voilées dans certains quartiers ?

Par une coïncidence tragique, l’actualité nous présente l’affaire du hijab de running, puis la plainte portée par Tariq Ramadan contre des femmes qui disent avoir été violées par lui, la veille du 25e anniversaire de l’assassinat de Katia Bengana. Cette jeune fille de 17 ans a été tuée par des islamistes en Algérie, le 28 février 1994, parce qu’elle refusait de porter le voile.

Katia Bengana, assassinée par un islamiste algérien, est devenue un symbole de résistance aux islamistes

Ce qu’on ne raconte pas en France, c’est qu’en Algérie toujours, « des imams sont la cible d’agressions quotidiennes de la part d’éléments salafistes cherchant à prendre le contrôle de ces lieux de culte dans plusieurs wilayas du pays »5 : des éléments qui veillent et rêvent de reprendre la main à la manière de Mohamed Morsi.

Lina Murr Nehmé

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Katia Bengana, assassinée pour avoir refusé le voile

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En 1994, en Algérie, les islamistes, désireux d’imposer à l’Algérie l’Etat islamique, avaient imposé aux étudiantes et aux lycéennes le port du voile.

Katia Bengana refusa et déclara ce qu’elle pensait. Traitée de dévergondée par certains camarades pour avoir refusé ce symbole de “pudeur”, elle fut plusieurs fois menacée de mort, et apparemment dénoncée, puisque, le 28 février 1994, alors qu’elle marchait dans la rue avec une amie, un homme armé fit signe à l’amie de partir, et tira sur Katia. Cela se passait en plein jour, dans une rue de sa ville natale de Meftah, à Blida.

Katia était une enfant: elle avait 17 ans seulement.

Une pensée pour sa mémoire: elle est morte il y a 25 ans, jour pour jour.

Lina Murr Nehmé, 27 février 2019

Voici la lettre posthume que lui écrivit son père, publiée dans Le Matin d’Algérie en 2010 :

Le 28 février 1994 – le 28 février 2010, voilà déjà 16 ans depuis ton assassinat par l’intégrisme religieux pour avoir refusé de porter le voile… Et depuis cette date, ta mère n’a pas cessé de te pleurer chaque jour que Dieu fait. Aujourd’hui ma chère Katia, je tiens à t’annoncer que ta mère est venue te rejoindre pour de bon dans sa dernière demeure en cette date du 23.01.2008 vers 23 heures environ.

Prends soin de ta mère, ma chère Katia. Fasse Dieu qu’elle ne manque de rien avec toi. Rassure-la que de notre côté tout va bien, et qu’elle n’a pas à se faire de soucis surtout pour Celia, la dernière de la famille. Car ici-bas, tu lui as beaucoup manqué, Katia. Elle a manqué de tout à cause de cette politique favorable à l’intégrisme religieux de la part de ceux qui sont censés nous protéger et nous rendre justice. Ta perte cruelle, son chagrin, son désespoir, ses souffrances, ton deuxième assassinat à travers cette réconciliation nationale ont fait que ta mère et moi-même n’avons pas pu tenir le coup. La non-prise en charge de notre situation dramatique par l’Etat, les difficultés matérielles et sociales suite à ta disparition ont fait que ta mère n’a pas pu résister à sa maladie qui n’a pas été prise en charge afin de la sauver d’une mort prématurée par manque de moyens et de désespoir.

Aussi, j’accuse le pouvoir algérien de nous avoir abandonnés à notre sort. J’accuse ceux qui ont relâché et pardonné à ces sanguinaires aux mains tachées de sang. J’accuse le pouvoir algérien pour ses sympathies avec les bourreaux de nos parents. J’accuse cette réconciliation pour la paix qui a glorifié et amnistié ces monstres assassins de plus de deux cent mille civils innocents et autres corporations confondues. J’accuse tous ceux qui ont voté pour ce référendum de la honte. J’accuse cette réconciliation qui a consacré l’impunité et qui a ignoré la justice. J’accuse tous ceux qui ont été indifférents à notre douleur. J’accuse tous ceux qui ont été favorables à cette mascarade de vente concomitante d’êtres humains, de civils et autres pour simplement plaire aux maîtres et par la même occasion obtenir quelques miettes en contrepartie de leur soumission et servitude. J’accuse cette réconciliation qui nous a assassinés une deuxième fois à travers cette idéologie arabo-baâthiste pour faire de nous des Arabes par la force et malgré nous. J’accuse tous ceux qui instrumentalisent la religion pour se maintenir au pouvoir en sacrifiant des civils et autres. J’accuse tous ceux qui utilisent la religion pour y accéder en assassinant des innocents. J’accuse tous ceux qui utilisent la religion pour nous détourner de nos racines, de nos coutumes, de nos traditions et de notre langue historique et ancestrale (…)

M. Bengana

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Khaybar, Khaybar, ya yahoud

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Suite à cette frénésie d’antisémitisme, et pour remettre les pendules à l’heure et rappeler ce qu’il en est vraiment, si l’on compare les manifestations à Paris même, j’ai fait cette vidéo. Cette fois, je passe devant la caméra, chose dont j’ai horreur, mais il fallait faire vite, car par sa violence, ce genre de vagues d’accusations cause des haines et des méfiances, et cela peut finir dans des coups et blessures, dont certaines peuvent être mortelles.

Que signifie le slogan “Khaybar, Khaybar, ya yahoud” ?

Le slogan qu’on va entendre : « Khaybar, Khaybar, ya yahoud, jaych Mhammad sa (ou saoufa) yaaoud », veut dire : « Khaybar, Khaybar, ô juifs, l’armée de Mahomet va revenir ». On l’entend lors de cette manifestation, qui a eu lieu à Paris, place de la République, le 9 décembre 2017.

Il faut savoir ce qui s’est passé
à la bataille de Khaybar (VIIème siècle). Khaybar est une oasis et une
fortification naturelle qui se trouve sur la route des caravanes, en Arabie saoudite
actuelle. Quand les armées de l’islam l’ont attaquée, c’était non pour des
raisons politiques, mais uniquement pour une raison religieuse, et ceux qui
changeaient de religion étaient épargnés. Au début, les juifs ont résisté, ils
ont perdu la bataille, et tous ont été massacrés, tous les hommes et les
garçons à partir de 12 ans inclus.

Les femmes et les enfants ont été
réservées pour l’esclavage, la vente et le service, et pour le viol. Voyant cela,
les juifs de Khaybar qui n’avaient pas combattu (il y avait plusieurs fortifications)
a demandé la paix. Elle a obtenu la paix avec le statut de dhimmi, et a été en
métayage sur ses propres terres.

On se demande alors comment un
slogan pareil peut être lancé à Londres, à New York, à Paris ou en Belgique.
Pourquoi enseigne-t-on ce slogan aux enfants en Orient ? Pourquoi fait-on des
séries télévisées sur Khaybar ? Quand on parle de Khaybar, quand on
prononce ce slogan, on se réfère à une attaque qui n’a pas été menée pour des
raisons politiques ou militaires. Le hadith est bien clair : les juifs de
Khaybar n’avaient rien fait. Ils ont été tués pour ne s’être pas convertis.

Donc, quand on emploie ce slogan
aujourd’hui, ce n’est pas du tout dans un but « antisioniste », mais
dans un but antijuif. Et quand on parle de massacre de Khaybar, on parle d’un massacre
de juifs perpétré pour des raisons religieuses ou ethniques. Voilà ce qui, aujourd’hui,
fait peur.

Lina Murr Nehmé, 19 février 2019

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G. BENCHEIKH et Le VOILE

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Ghaleb Bencheikh a dit : «Cette affaire du voilement des filles a été réglée au lendemain du recouvrement des indépendances de quasiment tous les pays musulmans, ça n’a jamais été un problème».

Que veut-il vraiment dire? En Algérie et au Maroc, on ne se voilait pas avant l’indépendance.

Comme je sais qu’ils considèrent faussement le Liban comme un pays arabe et musulman, il se trouve qu’en 1973 j’étais dans une école dans le quartier musulman de Beyrouth, et je peux donc parler de cela. J’étais l’exception qui confirmait la règle: les autres élèves venaient du quartier, et la moitié d’entre eux au moins étaient de confession musulmane (les autres étaient orthodoxes).

Voici notre photo de promo, prise en 1973. A cette époque, oui, le voile et la mini-jupe ne posaient pas de problèmes aux musulmanes, et c’était 30 ans après l’indépendance, n’en déplaise.

Dans cette école comme dans les six autres écoles où j’ai été avant mon bac 2e partie, nous nous levions quand le professeur entrait en classe. Au Liban, on ne me croit pas quand je raconte que des professeurs, en France, sont parfois frappés en classe ou à l’école, ou encore tabassés par des parents d’élèves.

Lina Murr Nehmé, 9 février 2019

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Tunisie : une jeune fille internée pour soupçon d’athéisme

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En Tunisie, une jeune fille, fille d’imam, internée dans un hôpital psychiatrique car jugée “athée” par son père.

Un médecin la juge anormale parce qu’elle fait du camping avec ses amis et que cela ne correspond pas aux normes sociales tunisiennes.

Je me demande si ce médecin ne serait pas en même temps un spécialiste de la roqya. Car ces gens, qui voient des djinns partout, prétendent que le fait de ne pas prier ou d’avoir un comportement qui ne correspond pas aux normes, prouve l’existence d’un djinn qu’il faut expulser ou convertir à l’islam avec des coups. (Voir au sujet de la roqya le livre L’Islamisme et les femmes.)

L’Islamisme et les femmes, Salvator, 2017

Heureusement que cette jeune fille n’a écopé que de l’hôpital psychiatrique. Car elle aurait pu y laisser sa peau, si son père l’avait livrée aux mains d’un imam pour une roqya, comme c’est arrivé à Louisa, à Roubaix, qui en est morte.

Lina Murr Nehmé, 8 février 2019

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Pistage des femmes saoudiennes par leur mahram

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Dans mon livre L’Islamisme et les femmes (Salvator, 2017), j’ai raconté l’histoire des princesses saoudiennes séquestrées par leur frère et leur père à titre de tuteurs ou “mahram”. Ces princesses avaient été condamnées à mourir lentement de faim par leur père et leur frère pour avoir révélé leur séquestration sur les chaînes de télévision satellitaires BBC (anglais) et Channel 4. Elles communiquaient par Skype et donnaient ainsi des nouvelles de leur dépérissement. Ce fil même a été coupé après l’arrivée du père de MBS (et de son conseiller MBS) au pouvoir. Par la même occasion, j’ai expliqué le système qui oblige les femmes saoudiennes à avoir un “mahram” toute leur vie. Il sera leur père ou grand-père, leur frère, leur mari, leur fils ou leur petit-fils. Une femme peut avoir 80 ans, elle devra obéir à son fils ou petit-fils ou arrière-petit fils. Une sorte d’esclavage.

Dans ma vidéo sur la conduite automobile, j’ai montré que ce n’est pas par bonté que le gouvernement saoudien a fini par accepter que les femmes saoudiennes conduisent. Mais bien pour imposer le respect de la charia qui interdit à la femme de se trouver avec un homme sans son mahram.

L’actualité vient de confirmer ce que je pensais: MBS a imposé un programme de données qui empêchent les femmes de voyager sans l’autorisation de leur mahram.

Le gouvernement saoudien a fait numériser des informations sur les femmes saoudiennes, permettant à leurs mahrams de gérer leur vie en ligne.

Le mahram peut spécifier quand et depuis quel aéroport une femme sous sa tutelle peut voyager. Ainsi sont-elles bien plus efficacement emprisonnées en Arabie saoudite depuis qu’on les autorise à conduire… qu’avant, où la surveillance n’était pas digitale.

Le système de surveillance comprend un système de messagerie-texte. Un sms avertit le mahram lorsqu’une femme sous sa tutelle utilise son passeport. Il peut ainsi la faire arrêter.

Sans ce système, croyez-vous que MBS aurait autorisé les femmes à conduire? Et vous pouvez gager que leur mahram les suit à la trace grâce à leur portable.

Voici le lien de la vidéo en question:

www.youtube.com/watch?v=TDw1zKIF3Bw&t=54

Lina Murr Nehmé, 6 février 2019

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Miss Algérie : racisme et polygamie

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Khadidja Benhamou, originaire du sud de l’Algérie, a été élue Miss Algérie 2019. C’est la première femme noire à recevoir ce prix. Certains en sont choqués: pour eux, une Noire ne devrait pas représenter les Algériens. Alors qui voudraient-ils faire élire? Houria Bouteldja, sur le visage blanc de laquelle un rictus de haine bande pour un oui ou pour un non?

Malheureusement, mademoiselle Benhamou soutient la polygamie:

«Allah permet à l’homme d’épouser quatre femmes. Si mon futur mari désire épouser d’autres femmes, je n’aurais aucun problème à cela»

Khadidja Benhamou serait-elle amoureuse d’un homme déjà marié? Quoi qu’il en soit, ceux qui l’ont défendue au début sont devenus ses détracteurs. Dommage pour elle.

Lina Murr Nehmé, 5 février 2019

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Said Belgacem : Hommage à Amel, égorgée pour avoir refusé le voile

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J’ai vu cette photo bouleversante d’une des femmes tuées pour n’avoir pas porté le voile en Algérie. Je copie:

“HOMMAGE. Amel égorgée pour ne pas avoir porté le voile !
“Amel revient 20 ans après…
Je suis revenue pour vous parler de moi et de mon histoire , pour ceux qui m’ont oubliée et ceux qui ne me connaissent pas !
Je m’appelle Amel Zanoune Zouani je suis née le 07 décembre 1974, je faisais des études en droit à la faculté de Ben Aknoun d’Alger, j’étais belle pleine d’espoir nourrie d’amour et de tendresse, j’avais des projets plein la tête, je me voyais la future juriste dont la vocation est de porter un jour la voix des plus faibles et des démunis devant les tribunaux de la république.
Dimanche 26 Janvier 1997 un jour glacial 17 eme jour du ramadhan qui coïncide avec ghazouat Badr j’avais 22 ans, je quitte Alger dans un bus pour rentrer chez moi à Sidi Moussa, je rêvais à la chaleureuses ambiance familiale qui m’attendait à la maison, il était 17h14 mn environ une heure avant la rupture du jeune. Le bus tombe sur un faux barrage du GIA groupe islamistes armées . au lieu dit Benedja (Bentalha),les terroristes montent dans le bus j’étais la seule personne qui les intéressait parce que je ne porte pas le voile .
On m’ intime l’ordre de descendre , j’exécute avec courage, ils m’ont condamné à mort par égorgement parce que j’étais une femme qui fréquentait l’université et ne porte pas le voile , je savais que j’allais mourir d’une mort atroce mais je ne les ai pas supplié j’ai juste regardé tous les passagers du bus pour leur dire de témoigner, parler de moi et de mon courage.
L’un des terroristes aiguise son couteau sur une pierre sans aucun état d’âme et, m’égorge … sous le regard des autres passagers terrifiés. « Pour exemple » à toutes les femmes qui ne portent pas le voile et celles qui continuent à fréquenter les grandes écoles dira un des terroristes à tous les autres voyageurs du bus .ce jour là j’ai payé de ma vie le prix de la liberté pour avoir refusé le voile et le diktat de ces hordes barbares qui voulaient m’imposer de ne plus mettre les pieds à l’université.”

Merci à Said Belgacem pour le texte et la photo.

Lina Murr Nehmé, 18 janvier 2019

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