Category Archives: Christianisme

Asia Bibi : vers une libération ?

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Asia Bibi est entre la mort et la vie.

Par principe, quand on n’a pas la même religion, c’est qu’on n’est pas d’accord. Cela ne devrait pas être punissable, surtout dans la communauté indienne dont est issu le Pakistan, et qui a été chrétienne bien avant la venue de l’islam. Les Indes, en effet, ont été évangélisées par saint Thomas l’Apôtre, et son tombeau se trouve là-bas.

Malheureusement, au Pakistan et en Inde, il y a des fanatiques criminels. Lors de l’affaire des caricatures danoises, des chrétiens ont été assassinés au Pakistan.

S’ils tuent des chrétiens de leur pays parce que des Danois ont fait des dessins, a fortiori les tueront-ils s’ils ont eux-mêmes dit quelque chose.

Donc, comme par sadisme, Asia Bibi est traînée en prison et va de procès en procès depuis très, très longtemps pour cause de “blasphème”. Est-il normal, est-il humain, est-il acceptable de faire traîner ce procès durant tant d’années, faisant vivre cette fille dans l’angoisse parce qu’elle est chrétienne, faisant vivre ses parents dans l’angoisse, et pour finir, annoncer qu’on la tuera?

Maintenant, elle est entre la mort et la vie. Certes, la mort n’est pas une fin, mais on préfère qu’elle vive le plus longtemps possible.

Toutes nos sympathies et nos affections à une jeune fille courageuse. En espérant qu’à la dernière minute, comme pour Dostoïevski, les choses pourraient se retourner et qu’elle soit sauvée.

Mais pas elle seule. Tous ceux qui, comme elle, croupissent dans les geôles de l’injustice dans le monde entier.

 

Lina Murr Nehmé, 16 octobre 2018

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Précisions sur le voile islamique en France

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Un article que j’ai écrit sur le voile et posté il y a deux jours a suscité des commentaires durs de part et d’autre. Le but de ce post était de dire que le voile ne posait pas de problème en soi. Personnellement, je ne considère pas du tout que le voile soit un signe de sujétion pour la femme, et je ne partage pas ce qui se dit à ce sujet. Je trouve même que le voile peut être très joli. Marguerite Yourcenar partage cet avis, puisqu’elle a fait dessiner un voile pour son costume d’académicienne.

Question religion, je ne vois pas pourquoi nous voudrions la liberté religieuse alors que nous la refuserions aux autres. Mais qu’il soit bien entendu que le costume est une affaire de culture, et que lorsqu’on vit dans un pays, on doit respecter sa culture. C’est bien parce que le voile (ou le non-voile) sont considérés comme une affaire de culture que le port du voile s’est fait de façon si hostile en France. Il s’est fait comme un signe d’opposition.

Mais quand on est dans un pays, on doit s’habiller comme les gens du pays, sinon on fait de la discrimination (ou on pousse à la discrimination). C’est bien ainsi que l’entendent les Saoudiens, qui obligent les Occidentales à se voiler. En ce moment les choses changent un peu, mais de façon très superficielle. C’est pour cacher la réalité sordide, et autrement plus grave, des assassinats déguisés en accidents, des arrestations pour raisons politiques ou religieuses, du génocide au Yémen, des exécutions.

Ainsi, sous les califes, les chrétiens et les juifs n’avaient pas le droit de s’habiller comme les musulmans: il fallait que la différence se voie pour qu’on puisse les mépriser. En France, où il n’est pas possible de dicter aux Français leur habillement, on s’habille de façon différente pour marquer une distinction, et continuer la discrimination. C’est pourquoi il y a une telle hostilité envers les Blancs ou les chrétiens ou les juifs dans les quartiers islamisés. L’assassinat de Sarah Halimi, comme je l’explique dans plusieurs chapitres de L’islamisme et les Femmes, est en fait dû à cette hostilité.

Le voile est une question de coutume. Mais en France, il est utilisé comme un signe d’opposition à la culture du pays, comme un signe d’appartenance à une autre nation. Justement parce qu’il s’oppose aux coutumes vestimentaires de ce pays. Certes, les Françaises se voilaient autrefois. Mais imaginez qu’une femme s’habille avec la grosse robe à rubans style 17e siècle. Il y aurait discrimination. Et si dans les écoles on imposait autrefois un costume, c’est bien pour qu’il n’y ait pas de risque de discrimination sur base vestimentaire. Car le vêtement, après tout, c’est la première chose qu’on remarque.

Les Français prennent le port du voile de façon violente parce que c’est devenu un réflexe: à cause de la violence des islamistes en France, ils finissent par associer le voile à la haine. Et parce qu’en France, on porte le plus souvent le voile comme un signe de discrimination positive, pour se reconnaître, pour ne pas s’assimiler, et pour se distinguer des Français, en France, avec une idée de supériorité qui est intolérable (et injustifiée).

Une preuve que ce n’est pas le voile en soi qui dérange en France, mais ce que les femmes (et les hommes qui les y obligent) mettent derrière, est le succès qu’a rencontré durant des années une femme voilée, Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime du terroriste Mohamed Merah. Certes, elle est moins populaire maintenant, mais ce n’est pas à cause de son voile, qu’elle porte en signe de deuil (elle ne se voilait pas avant la mort de son fils, étant gardienne de musée dans une ville de province). C’est parce que Albert Chennouf-Meyer, le père d’un autre martyr tué par Merah, Abel Chennouf, a révélé une histoire sordide qui est arrivée avant l’enterrement des martyrs. Son fils, parce que catholique, a été ôté de la chambre ardente où se trouvaient ses compagnons musulmans, à la demande de Latifa.

Sinon, avant cette révélation d’un fait qu’elle n’a pas nié, Latifa était aimée, respectée, acceptée avec son voile, parce qu’elle poussait les jeunes à aimer la France. C’est l’idée qu’elle ait exercé une discrimination envers un compagnon d’armes de son fils parce qu’il était chrétien, qui l’a fait baisser dans l’esprit des gens. C’est alors qu’ils ont commencé à critiquer son voile, qu’ils avaient très bien accepté durant trois ans.

Lina Murr Nehmé, 13 octobre 2018

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Le voile : propagande et différencialisme

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Le voile en soi ne pose problème, en France, que depuis qu’il a été utilisé contre les Français, et justement comme signe ostentatoire.

Signe ostentatoire, c’est-à-dire, en fait, instrument de propagande. Car le principe de la publicité, c’est l’exposition médiatique. Occuper l’espace public de cette façon, c’est faire de la publicité à des idées et exclure une partie des gens. Du moins quand on présente le voile comme un instrument religieux.

Je donne un exemple: en 1975, au début de la guerre au Liban, quelqu’un nous a distribué de grosses croix en bois, que nous avons tous mis fièrement. Nous étions dans un quartier chrétien, qu’est-ce que cela faisait? Mais il y avait avec nous un druze qui combattait avec nous (et nous voyions souvent sa famille), et peut-être deux ou trois musulmans aussi.

Quand je suis revenue à la maison avec ma croix énorme, mon père m’a grondée, disant que si je faisais cela, j’excluerais les musulmans qui se battaient pour la même cause que nous, et qu’on ne pouvait pas construire une patrie multiconfessionnelle sur la religion. Ceci, sachant que c’est mon père qui m’a appris ma religion, et que c’est à cause de lui que je suis profondément chrétienne.

Depuis, je n’ai plus jamais affiché une croix ou une médaille au cou. J’en ai toute une collection, mais je les cache sous mes vêtements. Non par peur des musulmans, comme font les dhimmis, mais par amour pour eux, pour qu’ils ne se sentent pas exclus et qu’il n’y ait pas du communautarisme.

C’est pourquoi le voile, en France, où il est exhibé comme un instrument de guerre, me choque tant. Et non le voile en tant que voile mais, je le répète, le voile en tant qu’instrument de différenciation, de rejet de la communauté d’accueil.

Je sais que beaucoup de Français ressentent cela de la même manière, mais je ne pense pas qu’ils aient raison de réagir de façon haineuse ou hargneuse. Car ce genre de réactions est une preuve de faiblesse. Dès qu’on réagit comme ceux qui nous combattent, on devient comme eux parce qu’on les imite.

Il faut réagir exactement à l’inverse: en aimant les méchants et non en les imitant. C’est cela, la force.

Lina Murr Nehmé, 10 octobre 2018

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Sur la liberté de pensée de ceux qui ont quitté l’islam

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Tout le monde a droit à la liberté de pensée, à la liberté d’expression, sauf les musulmans qui ont quitté l’islam. D’après le rapport Montaigne, ils sont 15% des enfants dont les parents sont musulmans. Et je vous garantis que ces gens-là aiment la France plus que les Français de souche. Car ils connaissent sa valeur.

Ce que souffrent ces gens, on ne peut l’imaginer. Ils sont exclus par leurs familles, harcelés, menacés de mort.

Et dans les paroisses bien pensantes, ça ne se fait pas de vouloir être chrétien de nos jours. L’islam est si prestigieux chez les catholiques bien-pensants! On leur a tellement assené de coups sur leur religion, que ce soit dans les médias, que ce soit avec l’omniprésence des sarcasmes de plusieurs célébrités de France-Culture (financée avec les deniers du contribuable), ou même au lycée (dans les livres au programme ou dans les moqueries des professeurs) qu’ils sont devenus des dhimmis. Pour ne pas faire partie de ceux sur lesquels on crache (songez que le Christ fut un jour l’un d’eux), ils veulent bien faire des rencontres avec les musulmans, mais non les entendre critiquer. Pourtant, la France garantit la liberté de conscience.

Lina Murr Nehmé, 3 octobre 2018

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Roqya: les victimes du “jihad contre les djinns”

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Quelquefois, les musulmans qui ont quitté l’islam sont soumis à des séances de roqya, et ils changent totalement. La roqya, pratique d’exorcisme animiste ou musulman dont j’ai parlé dans mon livre L’islamisme et les Femmes, frappe bien plus souvent qu’on ne le croit. Parfois elle tue. Parfois, elle envoie une personne dans le coma.

Car il s’agit d’une véritable séance de torture quand on estime que la personne est “touchée” par un “djinn mécréant”, et qu’il faut lui infliger une roqya pour le convertir. On fait le “djihad” contre lui en frappant le patient avec un bâton, en lui infligeant des chocs électriques, en lui plongeant la tête dans l’eau, en le forçant à boire de l’eau coranisée (de l’eau dans laquelle on a dissous des versets du Coran). Jusqu’à ce que ce djinn devienne musulman, c’est-à-dire, jusqu’à ce que le patient quitte sa nouvelle religion chrétienne, juive, athée, bouddhiste ou autre.

Et si le patient meurt ainsi sous les coups, ou noyé dans l’eau dans laquelle on le plonge, comme il en a été de Louisa à Roubaix ou de Brahim dans la mosquée Omar de la rue Jean-Pierre Timbaud, ou s’il est dans le coma à cause de la quantité d’eau qu’on lui a fait ingurgiter, alors, tant pis pour lui.

L’Islamisme et les femmes par Lina Murr Nehmé

Certaines familles musulmanes apprennent en effet à la mosquée qu’un des signes que quelqu’un est “touché d’un djinn” est qu’il n’a pas de plaisir à prier ou à lire le Coran, ou qu’il devient chrétien ou juif. On dit alors qu’il est “touché par un djinn mécréant”. Ils infligent alors une roqya à leur enfant. Pour cela, ils commencent par ôter de la maison tout ce qui peut représenter une autre religion, “surtout la croix”, considérée par les cheikhs comme un symbole satanique.

 

Lina Murr Nehmé, 24 septembre 2018

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Origine des janissaires et du devchirmé ottomans

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Un des sultans ottomans, en admiration devant la qualité combattive et militaire des chrétiens, s’était dit qu’il ne pourrait défaire les armées chrétiennes d’Europe Centrale que s’il employait des enfants éduqués chrétiens, mais islamisés.

Ce fut l’origine du devchirmé (voir notre post sur le sujet). Une fois que les Ottomans avaient enlevé le cinquième des enfants chrétiens, les petites filles étaient gardées pour la prostitution, et les petits garçons étaient gardés pour servir de soldats.

On appelait ces enfants islamisés et envoyés à l’armée “janissaires” (jeunes recrues). Evidemment, ceux qui résistaient à ce traitement mouraient. Les autres devenaient de farouches soldats, l’élite de l’armée ottomane.

Lina Murr Nehmé, 19 septembre 2018

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Propagande des islamistes turcs sur Mirmar Sinan et les Ottomans

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Que les Turcs et les islamistes me pardonnent, mais Mirmar Sinan n’était certainement pas le plus grand architecte de tous les temps.

D’abord, il n’était pas turc: c’était un architecte chrétien, éduqué chez les chrétiens byzantins qui lui avaient appris leur science. Et il avait été enlevé alors qu’il était totalement formé, à 18 ans, en tant que janissaire. Et il avait été islamisé.

Comme architecte, toute sa vie, il n’a fait que copier Sainte-Sophie ou Aya Sophia de Constantinople. Il l’a fait avec talent, avec des variantes, utilisant notamment la céramique d’Izmir (encore une production d’origine et de technologie chrétienne) pour les intérieurs de ses mosquées (car il ne pouvait pas, comme les chrétiens, peindre des fresques et concevoir des mosaïques représentant des personnages).

Sa hantise était de faire plus haut que les architectes de Sainte-Sophie. Sur sa tombe, il est écrit qu’il y a réussi, et que sa mosquée Sélimiyé à Edirne est plus haute. Mais ils ont fait un mauvais calcul: elle est plus basse, sans compter le fait qu’elle est beaucoup moins belle sur le plan de l’architecture intérieure. Or c’est son architecture intérieure qui fait que Sainte-Sophie est si spéciale. Car dans l’architecture byzantine, l’extérieur est modeste, et toute la beauté est à l’intérieur.

Il y avait en tout cas beaucoup plus de mérite à Anthémius à construire Sainte-Sophie au VIe siècle en innovant et en inventant… qu’à Sinan à copier Sainte-Sophie au XVIe siècle en disposant des connaissances d’Anthémius.

Dans le cadre de la désinformation, un site de propagande islamique dit avec euphémisme que l’architecte Sinan avait

“été recruté dans le cadre du devchirmé destiné aux jeunes gens chrétiens convertis à l’Islam”.

On croit rêver: le devchirmé était l’enlèvement des enfants chrétiens pour les islamiser. Chaque village voyait, tous les cinq ans, les collecteurs venir prendre la marchandise humaine: les plus beaux enfants, pour être réduits en esclavage. Certains parents mutilaient leurs enfants pour qu’on ne les leur prenne pas. Dans cette miniature ottomane, on voit la levée d’enfant, ou devchirmé, avec, au fond, les familles et le prêtre qui supplient l’envoyé du calife de ne pas les prendre.

La force était utilisée, on frappait, on tuait des parents pour prendre ces enfants. Car quel père, quelle mère laissera prendre son enfant sans le défendre? C’était un rapt qui mettait tout le village en deuil, et dont certains enfants ne se remettaient jamais!

Assez de mensonges ! L’histoire est ce qu’elle est, cessez, États islamiques, de l’embellir pour faire croire que vous êtes beaux !

Je m’adresse surtout à Erdogan qui, depuis quelques années, tente de ramener la Turquie au temps des Ottomans.

Lina Murr Nehmé, 9 septembre 2018

Commander 1453 : Mahomet II impose le schisme orthodoxe

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Silence occidental sur le massacre et l’esclavage des chrétiens d’Orient

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© Lina Murr Nehmé, L’Islamisme et les femmes, Salvator, 2017

En Orient, Daech a commis ses massacres et ses viols en plein jour, tuant tantôt des chiites ou des sunnites (et en diffusant les vidéos), tantôt des alaouites, tantôt des chrétiens et des yazidis.

litiqueur une raison ou pour une autre, l’Occident n’a pas entendu parler de toutes ces catégories humaines massacrées. Il n’a entendu parler que des yazidis. Et quand Irbil était encerclé, puis ravagé, personne n’a raconté, en Occident, qu’il y avait des villages chrétiens et pas seulement des villages yazidis ou musulmans. Seuls le savaient ceux qui étaient en contact avec ces villages.

Et les femmes et les enfants des victimes, tant chrétiennes que yazidies, ont été vendus ou prostituées.

Mais il y a un racisme dans l’information à destination du public occidental, information qui doit avoir aussi ses raisons politiques, car cela dure depuis le début de la guerre du Liban. Est-ce que les chrétiens sont d’une race inférieure, qu’on ne les mentionne pas quand ce sont eux qui sont victimes ?

Ainsi, l’Occident politique et médiatique n’a parlé que des yazidis, ignorant de façon presque systématiquement les massacres et l’esclavage qui frappaient les chrétiens.

Il faut revenir à la propagande de Daech et à sa liste des prix minimum auquel un moudjahid a droit de vendre une esclave “chrétienne” ou “yazidi” (voir photo supra) pour savoir que les chrétiens étaient également massacrés en cas de résistance — car eux aussi résistaient, ils n’étaient pas des fuyards — et que leurs femmes étaient également violées et vendues.

Lina Murr Nehmé, 7 septembre 2018

 

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Liban : une vraie nation n’a pas besoin du “vivre-ensemble”

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En France, le voile pose problème — et me pose problème — parce qu’il s’est imposé comme une forme de rejet, de haine, pour des raisons politiques, et comme une forme de propagande religieuse. Alors qu’au Liban, où de toute façon chacun a sa religion et accepte que l’autre pense différemment, il n’y a pas de ce genre de prosélytisme: on peut avoir deux sœurs dont l’une est voilée et l’autre a ôté son voile sans que sa famille dise quoi que ce soit.

Voici Mme Hayat Shour (photo ci-dessus) qui était si ostentatoire avec son bonnet et l’énorme drapeau libanais qu’elle brandissait à bouts de bras, quand je l’ai remarquée au milieu de la foule et que j’ai couru prendre d’elle plusieurs photos.

Il faut signaler que cette manif était une protestation pour faire libérer des officier et soldats emprisonnés à la demande des islamistes.

Si je me souviens bien, c’est parce qu’ils avaient tiré sur des terroristes islamistes et tué un cheikh réputé pour sa violence verbale et ses connexions terroristes. Le climat était extrêmement tendu: une dizaine de membres (musulmans) d’un parti politique avaient été lynchés par les islamistes dans cette région. L’armée libanaise avait dressé ce barrage sur la route, à l’occasion d’une commémoration faite par ce même parti politique, pour empêcher un nouveau lynchage. Ce cheikh avait refusé de faire stopper sa voiture au barrage, et un de ses hommes avait même tiré sur les soldats. L’officier et les soldats n’avaient fait que leur devoir en tirant, et leur emprisonnement était injuste. Le fait que le coffre la voiture du cheikh se soit révélé bourrée d’armes et d’explosifs alors qu’elle prenait la route qui menait vers la manifestation politique, prouve qu’il y avait eu de quoi s’inquiéter.

Hommage, donc, à tous les musulmans de l’armée libanaise, tant ceux qui ont été égorgés par Daech parce qu’ils ont combattu Daech, que ceux qui, aux côtés des chrétiens, ont vaincu Daech, faisant de la minuscule armée libanaise, la seule armée à avoir vaincu Daech et à l’avoir chassé de son pays toute seule, sans aide russe ou occidentale. Et je rappelle que sans l’armée libanaise, Daech aurait pris son essor en 2007, à partir de Nahr-el-Bared au Liban, au lieu de le prendre en 2014 à partir de l’Irak.

Hommage à tous les musulmans auxquels le Liban doit son existence en tant que pays de la liberté de pensée, pays de la liberté d’expression, pays de la liberté tout court, pays où on est capable de défendre la justice. Car, je le montrerai dans le prochain livre que je publierai à Paris — et qui devra son existence à un juif libanais — tout ce qui a été appelé guerre civile au Liban au XXe siècle, c’était en fait des guerres d’occupation déguisées. J’ai déjà prouvé cela quand aux massacres de 1860, dans mon livre “Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique”.

C’est à des musulmans ou à des druzes que l’Etat libanais doit d’exister, car sans eux, nous, chrétiens, nous n’aurions pas pu prouver que nous étions innocents des accusations que lançaient contre nous les islamistes et les Etats qui convoitaient notre terre. Notamment aux heures les plus critiques: au XVIIIe siècle, où le druze Fakhreddine a fait de notre pays un Etat fort, et celle où Nasser a voulu faire un Anschluss, en 1958, quand l’ONU et les grandes puissances prétendaient qu’il y avait une guerre civile au Liban, parce qu’ils croyaient avoir plus intérêt à plaire à Nasser qu’à ses victimes.

Dans ce second cas, le Premier ministre Sami Solh est resté debout à son poste et non à genoux devant l’argent (et dans mon livre je donnerai les noms et les sommes reçues par les soi-disant insurgés). Sami Solh a déclaré que les musulmans n’avaient rien contre les chrétiens et que le conflit était une guerre étrangère et non une guerre civile. Il a été combattu comme le sont les gens debout quand les autres sont à plat ventre. Il y a perdu son poste et ses biens, mais il y a gagné l’existence du Liban, ce qui est le plus beau des mécénats.

Et pour tous les musulmans, druzes et juifs qui, avec nous, ont été les soldats inconnus, non pas de ce stupide, hypocrite et détestable “vivre-ensemble”, mais du “s’aimer mutuellement en se respectant mutuellement” qui, seul, fait une nation.

Lina Murr Nehmé, 3 septembre 2018

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L’islamisme mondial a flambé sur le cadavre du Liban

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Ionesco faisait remarquer qu’il valait mieux avoir été de gauche durant la Deuxième guerre mondiale, et de droite dans les années 1970, soit la guerre du Liban. Mais la plupart des gens ont été de droite sous Hitler, et de gauche sous Khrouchtchev.

Hier, un curé a fait lire parmi les intentions de prière (je cite de mémoire): “Prions pour les chrétiens de terre sainte: ceux de Palestine, de Jérusalem, de Syrie, d’Irak, les premiers où sont allés les Apôtres”.

Drôle de notion d’histoire et de géographie que de mettre dans une même terre la Palestine-Israël et l’Irak, et en soustraire le Liban.

Mais “Pour beaucoup de personnes, dit Léon Blum, il y a deux sortes de sang.” Et Emmanuel Berl d’ajouter: “Faut-il admettre que la terre boit en silence celui [le sang] qui est répandu par les personnes qui vous plaisent, au nom des doctrines qu’on préfère, et que l’autre rejaillit vers le ciel, pour lui réclamer en retour le sang des rouges au temps de la terreur blanche, le sang des blancs au temps de la terreur rouge ?”

C’est parce que le sang des chrétiens du Liban n’a pas la même valeur que celui de ceux qui les tuaient, qu’on n’a pas connu les chiffres à ce sujet en Occident. Qu’on n’a pas n’a su que le Liban a été vendu pour que la Syrie accepte de participer à la guerre du Golfe, afin qu’on puisse dire qu’il y avait une “unanimité arabe” contre l’Irak.

La photo (ci-dessus) montre les soldats syriens occupant le palais présidentiel libanais en 1990. C’était à l’époque Hafez Assad. Le monde était avec lui, et contre le Liban, il y eut la seule unanimité mondiale de l’histoire. Car ce fut la seule fois où il y avait une seule superpuissance. C’est à cette occasion que le cardinal Lustiger a dit à la télévision: “Je demande pardon aux chrétiens du Liban au nom des chrétiens de France.”

Et moi, je disais : “Ne pleurez pas sur nous, pleurez sur vous et sur vos enfants, car s’ils nous ont ainsi traités, nous qui leur avons fait du bien, comment vous traiteront-ils dans vingt ans, vous qui les avez massacrés en Irak ?”

Aucun chrétien de tout le Moyen-Orient ne serait massacré aujourd’hui si les chrétiens du Liban n’avaient pas été vendus pour du pétrole. Car c’est sur le cadavre du Liban qu’a flambé l’islamisme mondial.

Les chrétiens de tout l’Orient le savent. Lors du voyage en Syrie de M. Mitterrand, le patriarche grec-orthodoxe Hazim, Syrien dont le siège était à Damas, lui dit: “Votre rôle, monsieur le Président de la République française, c’est d’aider à sauver le Liban. Le sort des
chrétiens de tout l’Orient est lié au sort des chrétiens du Liban.”

M. Mitterrand lui répondit: “En ce qui concerne le Liban, vous avez la Syrie.”

(Entrefilet tiré de mon livre Du Règne de la Pègre au Réveil du Lion, Beyrouth, éd. Aleph et Taw, 2008. Photo Sipa.)

Lina Murr Nehmé, 26 août 2018

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