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Beyrouth, 10 juin 1976 : le FPLP enlève le journaliste belge Marc Thirion

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Durant la guerre du Liban, seuls des casse-cous comme Jean-Pierre Péroncel-Hugoz et le Belge Marc Thirion osaient résider dans la zone de Beyrouth qu’occupaient les Palestiniens et traverser la ligne de démarcation pour voir aussi ce qui se passait du côté chrétien.

Parlant de Marc Thirion, son ex-collègue Pierre Billen raconte au journaliste belge Michel Bouffioux :

« À l’époque, Marc couvrait la guerre civile du Liban pour plusieurs médias. Il connaissait parfaitement bien les enjeux locaux pour avoir passé une partie de son adolescence dans ce pays. Ex-para, c’était un homme de terrain qui aimait l’action. Pas question de rester planqué dans un hôtel, de se contenter des mêmes sources que tous les autres. Il allait chercher l’info, n’hésitant pas à passer d’un secteur de la ville à l’autre pour prendre la température dans les différents camps qui s’affrontaient. L’exercice était périlleux, bien sûr… En plus, il était réputé pour avoir des rapports francs et sans langue de bois avec des interlocuteurs comme des chefs de milice, qui n’étaient pas habitués à cela. Il écrivait et disait ce qu’il constatait sans faire de compromis, sans accepter de céder aux pressions de telle ou telle faction.”

Je me souviens de ces articles: quand Marc venait chez nous, il m’en offrait une photocopie — une primeur avant la parution de l’article dans la presse belge. Je lui ai plusieurs fois dire qu’il ne devait plus résider dans la zone occupée par les Palestiniens, alors qu’il disait aussi la vérité sur leur corruption.

Marc fut enlevé le 10 juin 1976 par le FPLP, une des organisations de l’OLP. Il aurait été tué, accusé d’être un agent israélien. Mais c’était l’accusation classique: ils donnaient ce nom à toute personne dont ils voulaient justifier le meurtre. Le journaliste Antoine Sfeir, enlevé vers la même époque, affirme l’avoir entendu hurler dans la chambre de torture.

Marc Thirion a disparu sans laisser trace, comme ceux dont je parle dans mon livre Les Otages libanais dans les prisons syriennes. La seule pensée de cette comparaison me fait frémir. C’est une chose de parler d’otages qu’on ne connaît pas — et dont le calvaire fut tout de même terrible à décrire —, c’en est une autre d’imaginer cela arrivant à un ami.

Lina Murr Nehmé, 14 août 2018

 

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La propagande de l’OLP et du Hamas en France

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La puissance médiatique de l’OLP se sert de la souffrance réelle des Palestiniens, pour susciter un sentiment antijuif qui est d’autant moins mérité qu’un juif n’est pas nécessairement israélien, et que s’il l’est, il a de fortes chances d’être dans l’opposition.

Il est inadmissible que nous laissions faire ce genre de propagande. Je l’ai décrite, avec ses résultats — une guerre, cent mille morts — dans Le Liban assassiné, alors qu’elle s’exerçait contre les chrétiens cette fois, et non contre les juifs.

Mais j’ai montré que la guerre du Liban était la transposition, le déménagement de la guerre de Palestine qui durait depuis 1920, et que menait le même groupe qui s’était par la suite reconstitué, plus ou moins, sous le nom d'”OLP”. J’ai décrit le début de cette guerre dans mon autre livre Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat Islamique (Salvator, 2016), Car la hargne que nous avons subie au Liban, s’était auparavant auparavant exercée contre les juifs en Palestine, en 1920, en 1928, en 1929, provoquant ces mêmes massacres que par la suite, l’OLP a reproduits au Liban, sur une bien plus grande échelle, parce qu’elle y avait les mains libres: au lieu d’avoir une puissance mandataire pour protéger les minorités, elle avait, dans les coulisses, des puissances dirigées par des financiers, qui la favorisaient contre l’Etat du Liban multiconfessionnel, parce que telle était la volonté de l’Arabie Saoudite qui dictait les prix du pétrole.

En 1982, les Israéliens ont dévoilé ces crimes, et c’est à partir de ce moment qu’on a commencé à se retourner contre eux médiatiquement en Europe. Ils n’ont pas osé exiger que les criminels de l’OLP soient jugés pour crimes contre l’humanité, alors même que les criminels nazis continuaient à être poursuivis et jugés. Mitterrand avait exigé que les criminels de guerre partent “dans la dignité”, il a exigé une Force Multinationale pour protéger les civils palestiniens, et eux seuls, car quand, l’été suivant 1983, ce fut le tour des chrétiens d’être assassinés, il y eut un nettoyage ethnique total, un génocide dans toute la région dominée par Walid Joumblatt, qui tua tous les chrétiens, y compris ses partisans, dans une région majoritairement chrétienne. Et l’Occident traite avec Walid Joumblatt, le reçoit et l’honore. Il est pourtant coupable de crimes contre l’humanité d’après les critères occidentaux.

Dans un autre livre, L’Islamisme et les femmes, j’ai décrit comment, insidieusement, le conflit se transpose, en France, contre les juifs de France, utilisant les mêmes ressorts que dans la guerre du Liban, c’est-à-dire exploitant la souffrance réelle des Palestiniens, pour faire haïr une communauté entière. Cette fois, c’est de nouveau la communauté juive.

Tous les jours, des incidents montrent la mesure de la propagande palestinienne antijuive. J’ai démonté, dans mon livre “Le Liban assassiné”, les ressorts et les méthodes de cette propagande, comme elle s’est exercée contre les chrétiens. On les retrouve, tels quels, à Paris aujourd’hui.

Je dois finalement dire que les Palestiniens eux-mêmes rejettent ces crimes quand ils les connaissent, et quand ils sont humains — et beaucoup d’entre eux sont humains. Il y a deux ou trois ans, j’ai eu une bagarre verbale avec l’un d’entre eux, un ouvrier qui défendait tellement les chrétiens du Liban et disait tant de mal des Palestiniens que je devais le freiner.

Du reste, c’est le fait qu’un des Palestiniens qui avaient le plus souffert qui ait dit — dans un reportage diffusé sur une chaîne de télévision — qu’il était horrifié du mal que les Palestiniens nous avaient fait. C’est alors que j’ai cessé de haïr les Palestiniens en bloc, me disant: “S’il y a parmi eux un seul homme juste comme celui-ci, je dois les aimer, car il doit sûrement y en avoir d’autres aussi.”

 

Lina Murr Nehmé, 20 mai 2018

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