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Justice, Etat de droit, loi “fake news” : petite mise au point

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Aujourd’hui, sur ma page, un monsieur m’expliquait qu’un maire des Yvelines était obligé de donner un permis de construire une mosquée car, dit-il, la France est un Etat de droit, contrairement à l’Arabie Saoudite et à la démocratie libanaise, qui n’en serait pas une. J’avais en effet demandé si un maire était jamais inquiété en Arabie Saoudite pour avoir refusé de donner le permis de construire une église.

J’imagine que certains ignorent que le droit saoudien interdit la construction des églises, et que c’était appliquer ce droit que de refuser le permis de construire des églises. Et je ne vois pas ce que vient faire le Liban quand on parle de l’Arabie Saoudite. Mais bon. Acceptons que le Liban, comme le Christ, soit compté parmi les assassins.

Mais un Etat qui met des visières et ne traite pas les citoyens à égalité mais les distingue selon leur religion n’est pas un Etat de droit.

Ainsi, la loi sur les fake news est-elle du droit ? Laisser les médias puissants, appartenant aux riches, libres de diffuser les informations qu’ils veulent sans contrôle, et forger une loi sur les seuls réseaux sociaux, est-ce du droit ? Quand Libération met une immense photo du candidat Emmanuel Macron la veille du second tour de l’élection présidentielle, violant la loi qui interdit la pub électorale, et que la justice n’arrête pas le journal, c’est encore du droit ?

En même temps, on arrête la chaîne Youtube du petit TV Libertés sous prétexte qu’il a violé la loi sur le copyright en faisant une citation. Combien de chaînes Youtube violent cette loi en reproduisant des films entiers, des émissions télévisées entières ?

Quand on poursuit François Fillon la veille des élections, pour un crime que François Bayrou a commis sur une plus grande échelle et que ce dernier n’est pas poursuivi parce qu’il peut apporter des voix aux élections, c’est un Etat de droit ? Et si l’affaire Fillon est si grave, comment se fait-il qu’on n’en parle plus depuis les élections?

Quand on traîne Georges Bensoussan devant la justice pour une citation qui vient d’un auteur maghrébin et non de lui-même, alors qu’on n’inquiète pas ceux qui crient sur la Place de la République à Paris en arabe: “Khaybar, Khaybar, ya yahoud, Jaych Mhammad sa yaoud”, c’est un Etat de droit ?

Quand on autorise la tenue de Salons islamiques comme le Salon de la Femme de Pontoise où on appelle à battre les femmes (gentiment, histoire de les humilier seulement et pas de leur briser les membres, ce qui les rendrait inutilisables), c’est un Etat de droit ? Et si on ne le fait pas ouvertement dans ces Salons, on le fait en recommandant les livres où c’est écrit en toutes lettres (Cf. mon livre L’Islamisme et les femmes). Est-il admissible qu’une conseillère municipale, Céline Pina, ne réussisse pas à faire empêcher ce Salon, et qu’elle démissionne, et que cela ne fasse pas plus de remous que cela ?

Et c’est dans un Etat de droit qu’un ex-Frère Musulman, Mohamed Louizi, est victime de six procès en quelques années parce qu’il a dénoncé un projet d’islamisation pourtant écrit en toutes lettres dans la littérature de ce mouvement ! Louizi a parlé de l’islamisation de la France, mais il s’agit d’une étape sur la voie de l’islamisation mondiale dont a parlé le fondateur Hassan el-Banna (voir les textes cités dans Fatwas et caricatures).

Et c’est dans un Etat de droit qu’ Alain Finkielkraut — qu’on l’aime ou non — est qualifié d'”israélite blanc” dans une vidéo mise en ligne en 2016 et reprise à de nombreux exemplaires dont chacun affiche des centaines de milliers de vues, les auteurs du titre et des commentaires n’étant pas inquiétés alors qu’ils tombent sous le coup de la loi sur le racisme, sur base à la fois ethnique et religieuse, et sous le coup de la loi sur le non respect des droits d’auteur ?

Lina Murr Nehmé, 14 juillet 2018

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Redoine Faïd, truand et star médiatique

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Le 20 mai 2010, le bandit Redoine Faïd et ses compagnons manquent un braquage et fuient sur l’autoroute A4, en Seine-et-Marne. Deux policiers municipaux sont chargés de se poster près d’un restaurant de Villiers-sur-Marne et de prévenir leurs collègues s’ils les voient passer. Ils n’ont donc pas dégainé leurs armes.

Ils sont des cibles découvertes. On leur tire dessus, on tue la policière Aurélie Fouquet, mère d’un petit enfant. Une fusillade nourrie. Un des policiers, blessé au thorax, tente d’atteindre les truands. Mais aucun cadavre ne sera retrouvé.

Ce qui rend la tragédie plus horrible est que le gangster est devenu une sorte de superstar, grâce à un livre dans lequel il raconte sa vie, et qui est devenu un best-seller. Bien sûr, la loi n’interdit pas à un éditeur de se faire du fric sur le dos d’une victime, une policière fauchée dans sa jeunesse, en donnant à son assassin une tribune.

Celui-ci raconte avec complaisance à longueur d’interviews comment il a organisé ses braquages en étudiant des films à succès et en suivant exactement les stratégies décrites dans ces films. Redoine Faïd a également organisé des fuites spectaculaires s’inspirant également du cinéma. La dernière en date: il a été tiré de prison le 5 juillet 2018 par un hélicoptère. Pour se moquer de la France, il a filmé sa fuite et a diffusé la vidéo.

Lina Murr Nehmé, 11 juillet 2018

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Vidéo : Syria Charity et ses connexions djihadistes

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Le président Macron connaît-il les relations de Syria Charity avec l’Armée Syrienne Libre (ASL) ? Sait-il que l’ASL est une milice djihadiste ? En Syrie, l’ASL dégoûte la population par ses exactions. En France, sa communication est assurée par Syria Charity et par Free Syria, qui lui permettent de récolter des fonds en lui donnant des airs présentables.

Cette vidéo montre les connexions de Syria Charity et de Free Syria avec l’ASL. Regardez-la jusqu’au bout : elle est dure, mais moins que les attentats qui frappent en utilisant, parfois, l’argent français.

Lina Murr Nehmé, 28 avril 2018

ADDENDUM : Youtube a décidé de restreindre l’accès à la vidéo. Si vous ne pouvez pas vous connecter pour confirmer vore âge, cliquez sur le lien Vimeo en-dessous.

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Ghouta : des civils dans des cages pour servir de boucliers humains

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A Ghouta, civils alaouites dans des cages

 

Le Jaych al-Islam, organisation djihadiste basée à Ghouta (Syrie), a été qualifié de “rebelles modérés” par le monde politique américain et britannique, et même français. Ses exactions sont trop nombreuses pour être citées ici. Entre autres, mettre en cage sur les toits durant les bombardements les civils de l’ennemi, otages depuis trois ans.

Le Jaych al-Islam, organisation djihadiste, s’est emparée de plusieurs parties des faubourgs de Damas, appelés Ghouta. Il a implémenté la charia dans ces régions, mais il est qualifié de “rebelles modérés” par le monde politique américain et britannique, et même français. Ses exactions sont pourtant nombreuses et terribles.

Entre autres, jeter des homosexuels du haut des toits. Ou mettre en cage sur les toits durant les bombardements les civils de l’ennemi, otages depuis trois ans. Ici, on les voit promenés dans des camions pour être distribués sur les toits des régions risquant d’être bombardées, c’est-à-dire celles d’où viennent les tirs sur Damas. La vidéo ci-dessous a été publiée par les terroristes eux-mêmes, comme un avertissement. On en voit ici les extraits publiés par plusieurs sources médiatiques après en avoir ôté les parties, trop choquantes et incompréhensibles à un non arabophone, où les hommes, les femmes et même un terroriste qui les accompagne, appellent Assad et les Russes à ne pas tuer ces otages en bombardant les points de rassemblement des terroristes à Ghouta.

Si le Jaych el-Islam est capable d’ainsi traiter des otages, pourquoi ne serait-il pas capable d’utiliser lui-même le gaz pour en tuer, afin d’attirer les représailles mondiales sur l’armée qui s’apprête à le chasser de son dernier repaire à Ghouta? Ses chefs avaient souvent annoncé leur désir d’envahir Damas et d’en faire la capitale d’un Etat islamique. Le Jaych el-Islam avait même envahi les faubourgs de Damas. C’est un peu comme si, à partir de Trappes ou de Sevran, des djihadistes tiraient sur Paris en annonçant leur volonté de prendre la capitale pour en faire une cité islamique régie par la charia.

On peut se demander pourquoi Trump, May et Macron ont préféré frapper avant qu’une enquête internationale ne permette de savoir si les gaz toxiques ont été déclenchés par le gouvernement syrien… ou par le Jaych el-Islam ou les restes d’autres organisations demeurant encore à Ghouta. Celui qui met des civils au sommet des toits dans des cages pour qu’ils soient tués en premier durant les bombardements, serait-il tellement tourmenté par sa conscience qu’il se refuse à les utiliser pour simuler l’attaque chimique qui attirerait sur son ennemi les représailles internationales? Quelle différence y a-t-il entre tuer des otages en les mettant sur le toit sous les bombes pour émouvoir la conscience internationale, et tuer des otages en les gazant, pour émouvoir cette même conscience internationale?

Est-il logique, est-il juste, est-il humain de nier une telle éventualité avant enquête, quand on sait que ces djihadistes, payés par l’Arabie Saoudite et d’autres puissances, ont un besoin pressant de cet argent, et ne peuvent donc pas se permettre de perdre la guerre ?

Lina Murr Nehmé, 16 avril 2018

A Ghouta, civils alaouites dans des cages

Le Jaych al-Islam, organisation djihadiste basée à Ghouta (Syrie), a été qualifié de "rebelles modérés" par le monde politique américain et britannique, et même français. Ses exactions sont trop nombreuses pour être citées ici. Entre autres, mettre en cage sur les toits durant les bombardements les civils de l'ennemi, otages depuis trois ans. Ici, on les voit promenés dans des camions pour être distribués sur les toits des régions risquant d'être bombardées, c'est-à-dire celles d'où viennent les tirs sur Damas. La vidéo a été publiée par les terroristes eux-mêmes, comme un avertissement. On voit ici les extraits publiés par Reuters, après en avoir ôté les parties, trop choquantes et incompréhensibles à un non arabophone, où les hommes, les femmes et même un terroriste qui les accompagne, appellent Assad et les Russes à ne pas tuer ces otages en bombardant les points de rassemblement des terroristes à Ghouta. Si le Jaych el-Islam est capable d'ainsi traiter des otages, pourquoi ne serait-il pas capable d'utiliser lui-même le gaz pour en tuer, afin d'attirer les représailles mondiales sur l'armée qui s'apprête à prendre son dernier repaire à Ghouta? Ses chefs avaient souvent annoncé leur désir d'envahir Damas et d'en faire la capitale d'un Etat islamique. Il en avait même envahi les faubourgs. C'est un peu comme si, à partir de Trappes ou de Sevran, des djihadistes tiraient sur Paris en annonçant leur volonté de prendre la capitale pour en faire une cité islamique régie par la charia. On peut se demander pourquoi Trump, May et Macron ont préféré frapper avant toute enquête internationale permettent de savoir si les gaz toxiques ont été déclenchés par le gouvernement syrien… ou par le Jaych el-Islam ou les restes d'autres organisations présentes (ou demenrant encore) à Ghouta. Celui qui met des civils au sommet des toits dans des cages pour qu'ils soient tués en premier durant les bombardements, serait-il tellement tourmenté par sa conscience qu'il se refuse à les utiliser pour simuler l'attaque chimique qui attirerait sur son ennemi les représailles internationales? Quelle différence y a-t-il entre tuer des otages en les mettant sur le toit sous les bombes pour émouvoir la conscience internationale, et tuer des otages en les gazant, pour émouvoir cette même conscience internationale?Est-il logique, est-il juste, est-il humain de nier une telle éventualité avant enquête, quand on sait que ces djihadistes, payés par l'Arabie Saoudite et d'autres puissances, ont un besoin pressant de leur argent, et ne peuvent donc pas se permettre de perdre?

Geplaatst door Lina Murr Nehme op maandag 16 april 2018

 

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Douma : les puissances occidentales frappent sans enquête

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Parlant de l’attaque chimique à Douma, Macron affirme, sans enquête, que “Les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute.” Et il justifie ainsi une attaque contre le régime et non contre les terroristes. Un rappel de ce que sont les terroristes de Douma dans cette Vidéo de propagande diffusée par le Jaych el-Islam, principal groupe qui combat l’armée syrienne à partir de Ghouta.

Fondé par un Frère Musulman, le Jaych al-Islam a à son actif le viol, l’enlèvement ou le meurtre de milliers de Damascènes. Même si les médias officiels n’en parlent pas, il est facile de l’imaginer quand on écoute le discours (traduction anglaise sous l’image) du chef, s’adressant à une nouvelle promotion de “soldats de l’islam”.

Le nom “Jaych al-Islam” signifie en effet “l’Armée de l’islam”. C’est un groupe djihadiste qui affirme avoir pour but de reprendre le travail de conquête de Mahomet et des premiers califes.
Les médias, trompés par des sources d’information biaisées, prétendent que le Jaych al-Islam et les autres formations qui combattent à Ghouta sont des “rebelles syriens” représentatifs de la population. Ce n’est pas le cas. Le Jaych al-Islam a plusieurs fois annoncé la venue de groupes venant de diverses régions du pays. À ces groupes peuvent s’ajouter les djihadistes venus des pays arabes et de l’Occident, voire même du Pakistan, de l’Inde et de la Chine. Enfin, on ignore en Occident que nombre de miliciens en Orient ne sont que des mercenaires, souvent poussés par la faim. Sur ce plan, le versement d’argent par l’Arabie Saoudite et d’autres puissances pour l’extension de l’islam en Syrie, est la seule raison de l’existence d’une grande partie de ces milices, qui se débanderaient si cet argent cessait d’arriver. Quant aux effectifs du Jaych el-Islam, ils sont monstrueux, compte tenu de la petite taille de Ghouta face à une métropole comme Damas. Voici ce qu’on lit dans le journal “Le Monde” au sujet des trois armées — toutes djihadistes — dont le sort se joue en ce moment à Ghouta :

“L’enclave de la Ghouta est tenue par plusieurs groupes rebelles et djihadistes. Le plus puissant est Jaych Al-Islam (l’Armée de l’islam). Il s’agit d’un groupe salafiste soutenu par l’Arabie saoudite, dont le siège dans la Ghouta se trouve à Douma, la localité la plus importante de l’enclave. On estime ses effectifs à 10 000 hommes, disposant de blindés, de pièces d’artillerie et de mortiers.

“Le deuxième groupe en termes de taille et d’influence est Faylaq Al-Rahman, soutenu par la Turquie et le Qatar. Il compterait 8 000 hommes dans la Ghouta orientale. Les zones placées sous son contrôle, au centre de l’enclave, sont les plus touchées par les bombardements du régime.

“Ahrar Al-Cham, un groupe originellement d’inspiration djihadiste, a également un ancrage dans la Ghouta orientale. Hayat Tahrir Al-Cham, un groupe lié à la nébuleuse Al-Qaida, maintient par ailleurs une présence dans le territoire rebelle. Jaych Al-Islam et Faylaq Al-Rahman ont échoué à obtenir du régime l’arrêt des combats et la reconnaissance d’une forme d’autonomie locale en échange de l’expulsion de Hayat Tharir Al-Cham de la Ghouta orientale.”

Façon pudique de dire que le Hayat Tahrir Cham est spécifiquement l’alliance de Nosra (al-Qaïda-Syrie) et d’autres groupes moins importants et que Nosra domine.

Lina Murr Nehmé, 14 avril 2018

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Vidéo de propagande du Jaych al-Islam

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Quels seraient les résultats d’une intervention occidentale en Syrie ?

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La guerre contre l’Irak en 2003 avait donné naissance à Daech. Une guerre semblable contre la Syrie pourrait créer un monstre plus terrible encore.

Aussitôt après les attentats du 11 septembre 2001, George W. Bush décida d’envahir l’Irak. La CIA fut chargée de prouver que Saddam Hussein avait trempé dans ces attentats, qu’il avait des armes chimiques, bref, qu’il fallait l’attaquer. Il y eut alors un matraquage médiatique inouï, qui finit par convaincre le peuple américain et une partie de la communauté internationale, de la nécessité d’en finir avec le régime irakien.

Le 5 février 2003, le ministre Colin Powell, secrétaire d’État américain, fit un long discours à l’ONU pour obtenir son accord. Il prétendit que Saddam Hussein avait des armes chimiques et nucléaires, qu’il avait des relations avec Al-Qaïda par le biais de Zarqawi, et qu’il fallait l’attaquer pour toutes ces raisons.

Zarqawi était un repris de justice jordanien qui s’était radicalisé sous l’influence du mouvement Tabligh. Il s’était présenté à Ben Laden et lui avait proposé de le déléguer pour fonder al-Qaïda en Irak. Mais Ben Laden avait refusé. Pour lui, Zarqawi était un voyou, doublé d’un criminel, car il voulait massacrer les chiites et provoquer une guerre civile entre sunnites et chiites en Irak. Cette guerre civile, en brisant le peuple irakien, permettrait à al-Qaïda d’émerger et de prendre le pouvoir. Loin de vouloir tuer les chiites, Ben Laden avait réussi à s’entendre avec Khomeiny, et il œuvrait pour une alliance de tous les musulmans contre les “mécréants” qu’il appelait “les croisés”.

Al-Qaïda n’existait pas en Irak, parce que Saddam avait toujours refusé ses avances. Il combattait al-Qaïda et cherchait à arrêter Zarqawi. Mais ce dernier se cachait en territoire kurde, fabriquant des munitions et des armes chimiques, notamment de la ricine, poison violent contre lequel il n’y avait pas d’antidote.

Colin Powell parla de ce petit bandit fabriquant de poisons, comme s’il était l’égal de Ben Laden. Cela suffit à faire de Zarqawi un monstre de stature internationale. Ben Laden ne pouvait plus l’ignorer. Il consentit à ce qu’il installe al-Qaïda en Irak. Zarqawi prêta serment à Ben Laden et disparut pendant quelque temps. Il voulait rester en vie et attendre que les Américains brisent Saddam Hussein, pour que lui, Zarqawi, prenne sa place comme chef sunnite du pays.

Le deuxième décret que prirent les Américains en Irak fut la dissolution de l’armée irakienne. Ils jetèrent ainsi à la rue les 350 000 personnes qui y travaillaient. Ils eurent la mesquinerie de leur refuser non seulement des primes de licenciement, mais aussi, les paies auxquelles ils avaient droit. Réduits au chômage, personne ne leur donnant d’emploi, ces militaires mouraient de faim, et leurs familles aussi. Zarqawi recruta parmi eux un grand nombre de combattants et de cadres entraînés et aguerris. Ces sont eux qui constitueront l’essentiel de l’armée de Daech et lui vaudront ses victoires foudroyantes. Et des djihadistes venaient du monde entier s’offrir pour commettre des attentats-suicides. Un millier d’Irakiens, presque tous chiites, mouraient ainsi chaque mois. Ceci finit par provoquer la guerre civile que voulait Zarqawi. La division du peuple irakien ne faisait que le fortifier lui-même.

En juin 2006, Zarqawi fut tué par des frappes américaines. Son lieutenant Abou Bakr Baghdadi lui succéda et réussit à rassembler toutes les organisations islamistes sunnites d’Irak. Et il donna à cet ensemble dominé par al-Qaïda, le nom d’Etat Islamique en Irak.

En 2011, voyant la guerre éclater en Syrie, Baghdadi décida d’en profiter pour y installer al-Qaïda. Pour cela, il délégua en Syrie son lieutenant Joulani. Il lui donnait la moitié de son argent, de ses armes et de ses meilleurs lieutenants. Et Joulani fonda une organisation qu’il appela “al-Nosra”, et aussi “al-Qaïda-Cham”. Cham est le nom donné par les Arabes à l’ensemble formé par la Syrie, le Liban, Israël, les territoires palestiniens et la Jordanie).
Al-Nosra put ainsi avoir un essor foudroyant, notamment en débauchant les éléments de l’ASL (Armée Syrienne Libre). C’était la même stratégie qu’en Irak, puisque la plupart des membres de l’ASL étaient d’anciens militaires syriens.

Et Joulani prit ses distances avec Baghdadi et cessa de lui obéir. Ce dernier décida de l’attaquer et de le remplacer en Syrie. “L’Etat Islamique en Irak” devint “l’Etat Islamique en Irak et à Cham”, plus généralement appelé par son acronyme : DAECH.

Et Daech prit Raqqa et combattit al-Nosra et ses alliés syriens.

L’Arabie Saoudite avait longtemps financé Ben Laden et permis la création d’al-Qaïda. Par la suite, elle avait financé Zarqawi, Baghdadi et Daech. Plus tard, elle cessa de financer Daech et s’intéressa davantage à Nosra et à l’ASL, favorites de l’Occident qui les prétendait “modérées”. Pourtant, les djihadistes de l’ASL avaient été les premiers à couper des têtes et à en diffuser les vidéos. Et ils avaient été les seuls à se vanter, devant caméra et aux cris d’ “Allahou Akbar”, de ce qu’un de leurs chefs mangeait le cœur d’un soldat loyaliste.

Les Américains fournirent ainsi aux terroristes en Syrie un entraînement de qualité, et des armes pour abattre le régime laïque de Bachar el-Assad. Cela, contre la volonté de la majorité syrienne, qui le préfère, et de loin, aux mouvements djihadistes.

Les Américains parlent maintenant d’attaquer Bachar el-Assad comme ils avaient attaqué Saddam Hussein. Et sous le même prétexte: l’usage d’armes chimiques qu’aucune enquête internationale n’a prouvé à ce jour. En droit international, une telle action est appelée “agression contre un État souverain”. Et à supposer qu’elle ait lieu, qui sera mis à la place de Bachar ? Les seuls à avoir une force comparable la sienne sont les chefs des mouvements terroristes. Les personnes de valeur que comptait l’opposition avant la guerre, comme Michel Kilo, ont été écartées par les islamistes et sont parties, parce qu’elles refusaient de servir de caution aux organisations djihadistes.

Si cette guerre qu’annonce Trump a lieu, il est donc à craindre qu’elle ne laisse en Syrie un vide institutionnel comme celui que les Américains ont installé en Irak en remplaçant un gouvernement qui tenait le pays, par un gouvernement faible, corrompu, qui leur était obéissant, et était haï du peuple. La stratégie habituelle du conquérant qui se fait représenter par des hommes de paille.

Si cela arrivait, nous aurions un monstre plus terrible que Daech, et alors, l’Occident pourrait ne pas lui échapper. Joulani et son ancien maître, Baghdadi, ont la même idéologie, les mêmes ambitions et les mêmes méthodes l’un que l’autre. La destruction de Daech a débarrassé Joulani et ses lieutenants d’un rival. Sur la voie du pouvoir, il ne lui reste plus qu’un seul obstacle : Bachar el-Assad.

La disparition de Daech et de son plus puissant adversaire en Syrie poussera les djihadistes survivants et désemparés à se tourner vers al-Nosra, et alors, c’est le chef de celle-ci qui sera le calife et reprendra le programme d’invasion mondiale de Baghdadi. Les cadres d’al-Nosra attendent donc leur heure en silence.

Lina Murr Nehmé, 11 avril 2018

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Discours des Bernardins : Macron inaugure le communautarisme

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A la dernière messe de Pâques en région parisienne, un prêtre, l’air jovial, commence son homélie en disant à ses paroissiens : “Alors ??? ça va, ce soir ??? !” Hier, les rôles étaient intervertis. Le Père Macron, l’air doucereux, s’est attelé à la rude tâche de lire une homélie interminable censée édifier les évêques. Il leur dit : “Je compte sur vous aussi, sur vous tous pour nourrir ce dialogue…” Le dialogue avec qui ? Mais avec les autres communautés !

Vu de Beyrouth, c’est particulièrement comique. La République libanaise reconnaît 18 cultes, et traite avec les chefs des communautés religieuses. Mais la République française ne reconnaît aucun culte ! ! !

Et le problème, quand Macron se rapproche ainsi d’une communauté, c’est qu’il pourra prétexter cela pour opérer un rapprochement avec d’autres communautés. Or la deuxième communauté française sur le plan numérique, c’est la communauté musulmane. C’est donc avec elle que se fera le geste parallèle à celui-ci.

Et la force, dans cette communauté, se trouve dans le camp de ceux qui oppriment les quartiers, notamment les Frères Musulmans (l’UOIF). Macron a quêté leur aide durant sa campagne électorale, et ils ont appelé à voter “massivement” pour lui.

Les Frères Musulmans ne donnent rien pour rien. S’ils ont aidé Macron, c’est qu’il a été généreux. Il l’a montré dans le choix de certains de ses conseillers. Mais visiblement, il va leur donner bien davantage, vu le déséquilibre créé par sa conférence religieuse aux Bernardins. On ne voit d’ailleurs pas quelle peut bien être la raison d’être de cette conférence où Macron servait aux évêques leur propre discours… sinon de permettre un rapprochement semblable avec l’UOIF. (De même que la femme-rabbin française avait été là pour que Macron puisse recevoir la femme-imam danoise, qui a été la seule à être honorée, puisqu’elle seule a eu droit au fauteuil du Président français.)

Durant les élections, le but que poursuivait Macron était la Présidence. Il ne réalisait peut-être pas que les Frères Musulmans (l’UOIF) poursuivaient exactement le même but. Leur Présidence, cependant, s’appelle “califat”.

Car si les Frères Musulmans existent, c’est pour rétablir le califat ou État islamique. Prendre le pouvoir est le but de leur fondation. Or en Occident, cela ne peut se faire que par la voie démocratique. Amar Lasfar, président de l’UOIF, l’explique en quelques phrases enregistrées qu’on peut écouter en suivant le lien suivant : goo.gl/LnxBj6

La stratégie de l’UOIF a été expliquée depuis longtemps par le fondateur des Frères Musulmans, Hassan al-Banna (Voir ses textes traduits dans mes livres « Fatwas et Caricatures » et « Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent. »). Elle consiste à prendre le pouvoir par n’importe quel moyen disponible. En Europe, c’est la démocratie. C’est le moyen utilisé par Hitler. Et comme les Frères Musulmans, Hitler avait tout dit, tout écrit à l’avance. Ce sont les chefs des démocraties qui refusaient de le prendre au sérieux. Tout comme ils refusent de prendre au sérieux, aujourd’hui, les textes que distribuent, que lisent, que recommandent les Frères Musulmans.

Lina Murr Nehmé, 10 avril 2018

Photo : AFP

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Sherin Khankan reçue par Emmanuel Macron : un progrès ?

 

Comme Tariq Ramadan, Sherin Khankan fonde sa popularité sur une supercherie. Elle a ainsi fondé à Copenhague “la première mosquée réservée aux femmes”, et elle s’est autoproclamée “femme imam”. Macron l’a crue et l’a reçue dans son bureau. Il s’en est déclaré fier, et l’a fait asseoir dans son fauteuil, cependant que lui, le président de la République française, était debout derrière elle comme un serviteur. Détrompez-vous, monsieur Macron. Cette fonction existe spécifiquement parce qu’il y a une ségrégation des femmes.

En effet, les femmes sont de plus en plus souvent séparées des hommes et parquées dans des salles de prières exigües (voyez les photos dans mon livre L’Islamisme et les Femmes).

J’ai assisté dans deux pays différents à ce genre de prières de femmes dirigées par une femme. Une telle femme est généralement appelée waiiza (prêcheuse) ou mourchida (conseillère spirituelle). Et pourquoi pas imam ? Chez les sunnites, le mot “imam” signifie en effet “celui qui dirige la prière”. Et n’importe qui est imam. Comme il faut absolument quelqu’un pour diriger la prière, vous voyez parfois dans les mosquées un homme servir d’imam à un autre… ou inversement.

Dans une salle de prières pour femmes, c’est nécessairement une femme qui va diriger la prière des autres femmes. Sherin Khankan n’a pas inventé la poudre. Elle ne vous l’a pas dit, mais elle sait qu’en aucun cas elle n’aurait le droit de diriger la prière des hommes. C’est pourquoi cette dame est imam dans une mosquée 100% féminine : pour la simple raison qu’une femme ne peut pas diriger la prière d’un homme ! Il y a même un hadith authentique qui dit que la prière d’un homme est annulée s’il y a une femme devant lui ! Donc à la maison, à la mosquée, partout, l’homme peut diriger la prière de l’homme et de la femme, mais la femme ne peut diriger que la prière des femmes, et ce, dans le seul cas où il n’y a pas un homme imam.

La femme ne peut même pas diriger la prière de son fils de dix ans ! C’est lui qui doit diriger !

Finissons-en avec la désinformation ! Vous voulez justifier votre politique, faites-le, mais pas avec des contre-vérités au sujet de l’islam, que vous suggèrent des conseillers choisis parce qu’ils diront ce que vous voulez, alors que tout musulman peut démasquer leurs bobards ! Avant d’exhiber la dame dans votre palais de l’Elysée, et de lui dire que vous appréciez son idée de rassembler des femmes imams et des femmes prêtres catholiques et orthodoxes, demandez si c’est vrai ! Et vous qui êtes catholique, vous savez bien que l’homme qui dirige une simple prière en récitant les formules et en faisant les gestes que les autres doivent répéter, ne peut pas se comparer au prêtre catholique qui a reçu l’onction et administre des sacrements ! Cette femme qui se prétend équivalente aux imams-hommes, et prétend faire équivaloir sa simple direction de la prière d’autres femmes, au sacerdoce du prêtre catholique ou orthodoxes, vous a raconté un bobard !

Mentir est tout un art ! Emmanuel Macron, par ignorance, vous êtes tombé dans un panneau qui se révèle être une trappe.

Informez-vous avant de croire les conseillers que vous avez choisis pour qu’ils vous disent ce que vous avez envie de dire. On ne choisit pas ses conseillers comme on choisit un produit au supermarché : parce qu’il plaît et flatte les sens. On choisit un conseiller pour sa science et pour le courage qu’il a de vous dire: “Vous vous trompez, monsieur le Président”.

Lina Murr Nehmé, 27 mars 2018

 

Post publié sur le compte Facebook de Sherin Khankan le 26 mars 2018

Cette photo est censée prouver que cette femme est aussi imam pour des hommes. Faux : les hommes ne sont pas derrière elle; seulement des femmes, car d’après le Hadith, la prière est annulée par la présence d’une femme devant l’homme