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Hassan al-Banna et le mufti de Jérusalem

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L’importance qu’a la Palestine pour les djihadistes ne date pas d’hier. Elle date du temps où le père de Tariq Ramadan, Saïd Ramadan, alla fonder en Palestine une branche des Frères Musulmans (qui gouverne aujourd’hui le pays à travers le Hamas).

Saïd Ramadan. Photo publiée dans Le Point

Solidarité de caste et d’organisation oblige, les Frères Musulmans ont toujours été solidaires de l’OLP, y compris dans ses massacres de chrétiens libanais au Liban, ou d’athlètes israéliens à Munich.

Une amitié liait Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans, et le mufti Hajj Amine Husseini, nommé par les Anglais mufti de Jérusalem. Cette solidarité se poursuit de nos jours. Les Frères Musulmans et le mufti de Jérusalem ont eu des disciples et des admirateurs de génération en génération. Yasser Arafat se réclamait de ce mufti, ce qui implique qu’il endossait ses massacres de juifs. A cette époque, il n’y avait pas Israël: tous étaient palestiniens. Le grand-père de Tariq Ramadan avait envoyé depuis les années 1940 de l’aide, et même des hommes égyptiens pour aider les musulmans palestiniens (ou la petite partie qui suivait le mufti) à massacrer des juifs palestiniens pour, soi-disant, aider l’islam en Palestine. Le résultat fut la création de l’Etat d’Israël et la trégédie de centaines de milliers de réfugiés palestiniens. Qui ont à leur tour fait la tragédie des Libanais quand ils ont voulu prendre leur pays.

Tout cela vous permettra de comprendre pourquoi aujourd’hui, l’antisémitisme grandit à mesure que l’islamisme s’étend, notamment en France.

Lina Murr Nehmé, 4 août 2019.

Pour en savoir davantage sur l’action du mufti de Jérusalem, lire: Lina Murr Nehmé, Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique, Salvator, 2016


Lina Murr Nehmé, Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique

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Oussama Ben Laden aurait-il été esclavagiste?

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Les chefs des grandes organisations terroristes islamistes sunnites au XXe siècle, ont tous révéré Hassan el-Banna, fondateur des Frères Musulmans.

Ce fut surtout le cas des dirigeants d’al-Qaïda.

Oussama Ben Laden avait été converti par les Frères Musulmans Qutb et Azzam, et il était devenu un Frère. Il avait pour but de ramener le règne de la charia et de l’étendre sur toute la terre, en restaurant le califat. Tous les chefs d’al-Qaïda avaient ce but. Mais à partir du moment où Ben Laden autorisa Zarqawi à fonder al-Qaïda-Irak, ils eurent des discussions sans aménité, car la stratégie de Zarqawi était de massacrer les chiites pour diviser les Irakiens sur une base chiite-sunnite, afin de radicaliser les sunnites et de fonder le califat immédiatement. Ben Laden, lui, estimait qu’il ne fallait proclamer le califat qu’une fois qu’al-Qaïda et ses avatas seraient très forts.

Mais après la mort de Zarqawi, le 7 juin 2006, toutes les disputes étaient oubliées. Ben Laden envoya un discours enregistré dans lequel il louait Zarqawi. Les difficultés de communication étaient telles que le discours n’arriva et ne fut diffusé que le 30 juin.

A noter que c’est al-Jazeera qui était le destinataire privilégié des vidéos et autres enregistrements de Ben Laden. Elle joua un grand rôle dans sa propagande. Les organisations Frères Musulmans ou amies des Frères, s’entraidaient tout naturellement.

Baghdadi, le nouveau chef d’al-Qaïda-Irak, accomplit le rêve de Zarqawi, après avoir lui-même envoyé des hommes fonder al-Nosra, une branche d’al-Qaïda dont le but était de s’emparer de toute la Syrie, plus le Liban, Israël et les territoires palestiniens, et la Jordanie. D’où son nom d’al-Qaïda-Cham [al-Qaïda au Levant], ou Jabhat al-Nosra li ahl ach- Cham [Front de l’aide aux gens du Levant], et plus tard, Fatah-el-Cham [Conquête du Levant].

Mais remontons en arrière pour voir ce que disait leur mentor à tous, Hassan al-Banna, révéré par l’UOIF, Qaradawi et Tareq Oubrou:

« Nous espérons [dans le califat] une réforme totale et un salut rapide. Chaque jour qui passe et où la oumma n’accomplit pas un acte la sortant de sa décadence, la retarde en fait pour une longue période. Si les hommes comprenaient le salut qu’il y a pour eux dans l’appel des Frères Musulmans ! Et si la oumma suivait leur programme, il serait pour elle un succès, et leurs efforts, si on les y aidait, seraient couronnés de succès, la victoire ne venant que d’Allah, le puissant et le sage.

“On lit dans l’Authentique [Bokhari]… poursuit el-Banna, que le Prophète a dit à Moaz alors qu’ils marchaient ensemble : “Si tu veux, Moaz, je te parlerai de la tête de cette affaire et de sa queue. Sa tête, c’est que tu témoignes qu’il n’y a de Dieu qu’Allah, qu’il n’a pas de compagnon et que Mahomet est son esclave et son messager. Le pilier, c’est l’observance des prières et le don de la zakat. Et le summum de la queue, c’est que tu fasses le djihad dans la voie d’Allah. Car j’ai reçu l’ordre de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils fassent les prières, paient la zakat, et témoignent qu’il n’y a de Dieu qu’Allah, qu’il n’a pas de compagnon et que Mahomet est son esclave et son messager. S’ils font cela, ils se seront épargnés et auront épargné leur sang et leurs biens, qui ne pourront plus leur être pris, sauf contre rétribution équitable”. »

Dans la mentalité islamiste, les femmes et les enfants font partie “des biens” des hommes, au même titre que les animaux. Si Ben Laden avait vécu libre, il aurait probablement été l’homme qui aurait rétabli l’esclavage. Car c’est lui qui, sans risque de doute possible, aurait été le calife — et Baghdadi se serait soumis à lui.

Lina Murr Nehmé, le 30 juin 2019

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Tariq Ramadan: le viol, les femmes et le Prophète (Causeur)

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Tariq Ramadan : dans Fatwas et caricatures, la stratégie de l’islamisme, un chapitre entier (“Tariq Ramadan : mentir pour séduire”) est consacré à ce représentant des thèses de Hassan el-Banna, son grand-père. Voir aussi notre livre : Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent (Salvator, 2017)

Tariq Ramadan a été fortement affaibli par l’impact de ses affaires privées. En même temps, on a laissé son enseignement intact. N’importe lequel de ses bons élèves, pour peu qu’il ait un soutien financier et soit prudent dans sa vie personnelle, pourra le remplacer en enseignant la même chose.


Quiconque travaille en profondeur sur les livres de Tariq Ramadan, sait qu’on ne peut pas comprendre son message sans tenir compte de ce que disent les livres sacrés dont il parle, et auxquels il se réfère sans cesse. L’histoire que je vais raconter date de février 2009. Elle montre comment Tariq Ramadan, rien qu’en manipulant des mots, parvient à dire à chacun ce qu’il veut entendre, et à empêcher la discussion quand elle l’embarrasse.

Tariq Ramadan, le défilement permanent

Fatwas et caricatures, la stratégie de l’islamisme, Salvator, 2015

En marge d’une conférence que Tariq Ramadan donnait avec l’islamologue Dominique Urvoy à l’Institut du Monde arabe (IMA) à Paris, je demandai la parole et dis :

— J’ai lu vos livres, Monsieur Ramadan. Vous dites qu’il faut suivre le Coran et la Sunna.

— C’est vrai.

— Eh bien, le Coran dit : « Couchez1 avec
autant de femmes que vous voudrez, deux, trois, quatre, et si vous
craignez de ne pas être équitables, alors, avec une seule ou avec ce que
possèdent vos mains droites »
, c’est-à-dire les esclaves. Et d’après le hadith, Mahomet a couché avec une petite fille, Aïcha, qui avait neuf ans.

— Votre question, Madame ?, dit le modérateur.

— Ma question est : faut-il faire ces choses ?

Tariq Ramadan se trouvait en France : il ne pouvait pas dire qu’il fallait épouser plusieurs femmes, coucher avec des petites filles, transformer les prisonnières de guerre en esclaves et les violer.

Il ne dit donc pas qu’il ne fallait pas faire ces actions. Il fit une réponse hors sujet :

— C’est vrai qu’il y avait des esclaves, mais autrefois, il y avait de l’esclavage partout. Mais les mœurs ont changé. Aujourd’hui, l’esclavage n’existe plus.

Tariq Ramadan s’abolit de l’esclavage

Tariq Ramadan ne disait pas la vérité. L’esclavage existait à cette époque, et l’homme qui le pratiquait de la façon la plus horrible était le dictateur soudanais Hassan Tourabi. Bien avant Boko Haram et Daech, Tourabi avait utilisé l’esclavagisme comme arme durant la guerre de religion qu’il avait menée contre les chrétiens et les animistes du Soudan.

Je démentis Tariq Ramadan, mais la foule s’insurgea contre moi, ce qui
lui permit de passer la question sous silence et de ne pas dire s’il fallait faire ce que disaient ces textes : pratiquer la polygamie, avoir des esclaves et coucher avec elles sans leur consentement.

Par ce silence, il contredisait à l’avance tout ce qu’il dirait, cinq ans plus tard, pour condamner Daech et l’esclavage sexuel.

« Le Prophète a, paraît-il, épousé une jeune femme (sic) de 9 ans »

Tariq
Ramadan traita de la même manière la seconde partie de ma question.
Quelques années plus tôt, il avait reconnu par écrit, dans un de ses
livres, qu’Aïcha avait six ans quand elle avait épousé Mahomet. Cette
fois, il prétendit que « le Prophète a, paraît-il, épousé une jeune femme (sic) de 9 ans ». Puis il dit que les musulmans sunnites s’appuyaient sur le hadith, « le Sahih Bokhari et le Sahih Moslem », précisa-t-il. Et que cet épisode ne pouvait pas être pris au sérieux car il venait de la Sira
(biographie) de Mahomet. C’était faux : le récit le plus connu de ce
mariage vient bien d’un hadith authentique du Sahih Bokhari. Cette
pirouette permit à Tariq Ramadan d’éviter de répondre à la question de
savoir s’il fallait coucher ou non avec des petites filles de cet âge.

Six ans plus tard, Tariq Ramadan n’a pas contesté le récit de l’intervention que j’ai faite dans un de mes livres (Fatwas et caricatures, la stratégie de l’islamisme, Salvator, 2015). En revanche, le compte-rendu de l’IMA que j’y citais a rapidement disparu. Mais j’en ai une copie, et son existence est attestée par un huissier.

Les « textes clairs » du Coran

En réalité, Tariq Ramadan n’a pas véritablement trompé son lecteur. Disciple du Frère musulman Qaradawi et du mentor de Qaradawi, Hassan al-Banna, il a annoncé la couleur dès le début. Ainsi, il affirme que son grand-père Hassan al-Banna est un réformateur. Or Hassan al-Banna défend les châtiments corporels comme la lapidation, la flagellation, l’amputation. Ce que Tariq Ramadan appelle « réforme » est donc le concept frériste de retour aux textes et d’application littérale de ces textes. Aussi, sa demande de moratoire – annoncée sur son site internet et reformulée devant Nicolas Sarkozy lors de leur débat télévisé – n’a aucun sens, puisqu’elle contredit des « textes clairs » du Hadith.

Tariq Ramadan, en effet, dit qu’il est interdit aux humains de contredire une donnée contenue dans « des textes clairs » du Coran ou de l’un des deux recueils de hadiths authentiques (Bokhari et Moslem). Une fois qu’il a posé ce postulat, il est évident qu’il ne pourra pas interdire à son public de pratiquer l’esclavagisme, la polygamie, la pédophilie et le viol des captives, puisque tout cela se trouve énoncé dans « des textes clairs », tel celui que j’avais cité pendant notre échange.

Les viols de la place Tahrir

L’Islamisme et les femmes, Salvator, 2017

En 2017, j’ai travaillé sur les viols de la place Tahrir du Caire lors de la révolution égyptienne. J’ai lu et entendu dire dans des vidéos que le viol était endémique en Égypte. Certains disaient carrément que les Égyptiens étaient un peuple de violeurs. Mais ceux qui se souviennent de l’Égypte d’autrefois savent que c’est faux. Alors pourquoi cette épidémie de viols sur la place Tahrir, allant jusqu’à une centaine de viols déclarés en un seul jour ?

Une partie de la raison est assez simple : pendant des années, les
Egyptiens ont subi la diffusion massive de vidéos de sermons ou d’appels
encourageant à rétablir l’esclavagisme pour résoudre les problèmes
financiers du pays, ou pour permettre à l’homme de satisfaire ses
instincts sexuels sur des femmes qui n’étaient pas les siennes « sans pécher » et sans « aller en enfer ».4
Considérer les femmes des autres religions comme des esclaves, ou les
musulmanes non voilées et non cloîtrées comme des dévergondées qui
peuvent être violées, entraîne l’homme à estimer qu’il a le droit de
leur infliger le « viol punitif » voire à les tuer.

Ce que doit entendre Décathlon

Dans ces conditions, croit-on que ce soit innocemment que ceux qui s’opposent au hijab de running de Décathlon ont été victimes d’un tel tollé ? Savez-vous ce qui arrive aux femmes non voilées dans certains quartiers ?

Par une coïncidence tragique, l’actualité nous présente l’affaire du hijab de running, puis la plainte portée par Tariq Ramadan contre des femmes qui disent avoir été violées par lui, la veille du 25e anniversaire de l’assassinat de Katia Bengana. Cette jeune fille de 17 ans a été tuée par des islamistes en Algérie, le 28 février 1994, parce qu’elle refusait de porter le voile.

Katia Bengana, assassinée par un islamiste algérien, est devenue un symbole de résistance aux islamistes

Ce qu’on ne raconte pas en France, c’est qu’en Algérie toujours, « des imams sont la cible d’agressions quotidiennes de la part d’éléments salafistes cherchant à prendre le contrôle de ces lieux de culte dans plusieurs wilayas du pays »5 : des éléments qui veillent et rêvent de reprendre la main à la manière de Mohamed Morsi.

Lina Murr Nehmé

https://www.causeur.fr/tariq-ramadan-viol-femmes-prophete-159448

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Pourquoi on brûle des bibliothèques en France

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Je crois que la vraie raison pour laquelle les maires taisent les 70 (ou plus) incendies de bibliothèques qui, tous, ont eu lieu dans les quartiers dits sensibles, ce n’est pas par honte, c’est pour ne pas déplaire aux islamistes qui peuvent leur faire perdre les élections. Et ces derniers détestent la littérature “mécréante”. Ils savent, ils ont lu que le calife Omar a ordonné l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie, dont les manuscrits ont servi durant six mois à chauffer les étuves. Et imiter Omar c’est un but, d’après Hassan al-Banna le grand-père de Tariq Ramadan.

Voir le texte et le reste au sujet de ces derniers dans Fatwas et caricatures.

Lina Murr Nehmé, 6 juillet 2018

 

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