Tag Archives: Communautarisme

“Hijab sportif” : le comble de l’hypocrisie

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Dans les années 1970, mon père nous racontait que les femmes dans les milieux intégristes en Syrie étaient tellement conditionnées pour se voiler le visage ou la tête, qu’il en avait vu une, nue mais le visage voilé. Ayant eu le choix entre cacher sa tête et son sexe à l’entrée d’un homme, elle avait préféré relever sa jupe et cacher sa tête.

De même, Zahra Lari, la patineuse émirati, montre son fesses dans tous leurs détails… et cache ses cheveux! Je me demande en quoi mouler ses cuisses et ses fesses de noir serait pudique, et montrer ses cheveux, non.

Nike, qui a fait des études de marché sur la perception du voile en Occident avant de lancer cette pub, sait que son hijab se vendra s’il est présenté comme un signe de différenciation communautaire et non un signe de pudeur.

Car les hijabs de Nike, de Décathlon, ou des burkinis, ne sont pas halal, le but du voile étant de camoufler et non de souligner ou d’embellir.

Sauf, bien sûr, si le voile est utilisé comme un signe politique ou communautariste…

Lina Murr Nehmé, 7 mars 2019

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Discours des Bernardins : Macron inaugure le communautarisme

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A la dernière messe de Pâques en région parisienne, un prêtre, l’air jovial, commence son homélie en disant à ses paroissiens : “Alors ??? ça va, ce soir ??? !” Hier, les rôles étaient intervertis. Le Père Macron, l’air doucereux, s’est attelé à la rude tâche de lire une homélie interminable censée édifier les évêques. Il leur dit : “Je compte sur vous aussi, sur vous tous pour nourrir ce dialogue…” Le dialogue avec qui ? Mais avec les autres communautés !

Vu de Beyrouth, c’est particulièrement comique. La République libanaise reconnaît 18 cultes, et traite avec les chefs des communautés religieuses. Mais la République française ne reconnaît aucun culte ! ! !

Et le problème, quand Macron se rapproche ainsi d’une communauté, c’est qu’il pourra prétexter cela pour opérer un rapprochement avec d’autres communautés. Or la deuxième communauté française sur le plan numérique, c’est la communauté musulmane. C’est donc avec elle que se fera le geste parallèle à celui-ci.

Et la force, dans cette communauté, se trouve dans le camp de ceux qui oppriment les quartiers, notamment les Frères Musulmans (l’UOIF). Macron a quêté leur aide durant sa campagne électorale, et ils ont appelé à voter “massivement” pour lui.

Les Frères Musulmans ne donnent rien pour rien. S’ils ont aidé Macron, c’est qu’il a été généreux. Il l’a montré dans le choix de certains de ses conseillers. Mais visiblement, il va leur donner bien davantage, vu le déséquilibre créé par sa conférence religieuse aux Bernardins. On ne voit d’ailleurs pas quelle peut bien être la raison d’être de cette conférence où Macron servait aux évêques leur propre discours… sinon de permettre un rapprochement semblable avec l’UOIF. (De même que la femme-rabbin française avait été là pour que Macron puisse recevoir la femme-imam danoise, qui a été la seule à être honorée, puisqu’elle seule a eu droit au fauteuil du Président français.)

Durant les élections, le but que poursuivait Macron était la Présidence. Il ne réalisait peut-être pas que les Frères Musulmans (l’UOIF) poursuivaient exactement le même but. Leur Présidence, cependant, s’appelle “califat”.

Car si les Frères Musulmans existent, c’est pour rétablir le califat ou État islamique. Prendre le pouvoir est le but de leur fondation. Or en Occident, cela ne peut se faire que par la voie démocratique. Amar Lasfar, président de l’UOIF, l’explique en quelques phrases enregistrées qu’on peut écouter en suivant le lien suivant :

La stratégie de l’UOIF a été expliquée depuis longtemps par le fondateur des Frères Musulmans, Hassan al-Banna (Voir ses textes traduits dans mes livres « Fatwas et Caricatures » et « Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent. »). Elle consiste à prendre le pouvoir par n’importe quel moyen disponible. En Europe, c’est la démocratie. C’est le moyen utilisé par Hitler. Et comme les Frères Musulmans, Hitler avait tout dit, tout écrit à l’avance. Ce sont les chefs des démocraties qui refusaient de le prendre au sérieux. Tout comme ils refusent de prendre au sérieux, aujourd’hui, les textes que distribuent, que lisent, que recommandent les Frères Musulmans.

Lina Murr Nehmé, 10 avril 2018

Photo : AFP

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