Archives de catégorie : France

De l’ingratitude

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Ingratitude

Manifestations d’anciens auxiliaires de l’armée française en Afghanistan à Paris.

En décembre, on a beaucoup parlé de ces Afghans auxiliaires de l’armée française (souvent, des interprètes), qui demandaient à venir en France. Contrairement aux Afghans de Calais et de La Chapelle-Pajol, ils sont menacés de mort à tout instant pour avoir aidé la France contre les terroristes d’al-Qaïda et les Talibans, dont on sait comment ils traitent une femme qui n’a pas mis le voile, ou un homme qui s’est rasé le menton.

Il est tout de même scandaleux que l’on passe tout ce temps à palabrer, et que l’on soit si frileux à leur égard, alors qu’il suffirait de faire un transfert, et de leur donner la place d’autres “migrants”, qu’on loge dans des hôtels. Or il a fallu que l’affaire arrive jusqu’au Conseil d’Etat pour qu’un Afghan, déjà blessé et recevant des menaces quotidiennes, obtienne un visa pour la France.

Ce n’est pas le genre de la France, d’abandonner ses alliés.

Le pire est qu’en même temps, on n’a pas hésité à admettre sur le sol français des centaines de milliers de migrants désignés par l’Union Européenne, sachant que la plupart d’entre eux ne désirent pas vivre en France, loin de là. Ils savent simplement qu’il y des allocations familiales à gagner.

Ecoutez-les, ils vous le diront, s’ils se sentent en confiance. “Un Algérien en France, me disait l’un d’eux, c’est un puits de pétrole en Algérie.” Je lui ai demandé de m’expliquer ce que cela voulait dire. Et il m’a raconté tous les avantages financiers dont un Algérien bénéficiait en France, et la manne qu’il envoyait à sa famille. Heureusement, celui-là n’était pas ingrat à l’égard de la France. “Je ne comprends pas mes compatriotes, me dit-il, ils ne font que médire de la France. Si elle ne leur plaît pas, pourquoi ne retournent-ils pas au bled ?”

Lina Murr Nehmé, 2 mars 2019

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Mort de Fabien Clain

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Fabien
Clain, un des deux frères qui avaient été des inspirateurs, des mentors
de Mohamed Merah, n’est pas devenu un des hommes de Daech en France par
hasard. Dès le début des années 2000, il travaillait pour al-Qaïda, et
après les attentats de septembre 2001, “al-Qaïda en Irak”,
l’organisation de Zarqawi, qui est par la suite devenue Daech. En fait,
il avait toujours travaillé pour les mêmes: les gens de Ben Laden et de
Zarqawi. Quand ces derniers ont changé de nom et se sont coupés
d’al-Qaïda, il est resté avec eux.

Son expérience djihadiste en
France depuis le début des années 2000, lui a permis d’organiser le
massacre du Bataclan, des cafés avoisinants, et le massacre avorté du
stade de France où était supposé mourir François Hollande.

Il
n’était pas le seul à s’être rangé du côté de Daech contre al-Qaïda: son
ami Sabri Essid, le demi-frère de Mohamed Merah, avait fait de même, et
il avait même fait assassiner un Palestinien en Syrie par un enfant
toulousain, en direct devant la caméra, qu’il avait fait diffuser à
temps pour qu’elle passe aux infos le jour de la commémoration de
l’assassinat, par Mohamed Merah, du soldat français Imad ben Ziaten.

Pour plus de détails concernant cette histoire et ses racines, lire le chap. 25 de mon livre Fatwas et caricatures (Salvator, 2015).

Lina Murr Nehmé, 23 février 2019

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Khaybar, Khaybar, ya yahoud

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Suite à cette frénésie d’antisémitisme, et pour remettre les pendules à l’heure et rappeler ce qu’il en est vraiment, si l’on compare les manifestations à Paris même, j’ai fait cette vidéo. Cette fois, je passe devant la caméra, chose dont j’ai horreur, mais il fallait faire vite, car par sa violence, ce genre de vagues d’accusations cause des haines et des méfiances, et cela peut finir dans des coups et blessures, dont certaines peuvent être mortelles.

Que signifie le slogan “Khaybar, Khaybar, ya yahoud” ?

Le slogan qu’on va entendre : « Khaybar, Khaybar, ya yahoud, jaych Mhammad sa (ou saoufa) yaaoud », veut dire : « Khaybar, Khaybar, ô juifs, l’armée de Mahomet va revenir ». On l’entend lors de cette manifestation, qui a eu lieu à Paris, place de la République, le 9 décembre 2017.

Il faut savoir ce qui s’est passé
à la bataille de Khaybar (VIIème siècle). Khaybar est une oasis et une
fortification naturelle qui se trouve sur la route des caravanes, en Arabie saoudite
actuelle. Quand les armées de l’islam l’ont attaquée, c’était non pour des
raisons politiques, mais uniquement pour une raison religieuse, et ceux qui
changeaient de religion étaient épargnés. Au début, les juifs ont résisté, ils
ont perdu la bataille, et tous ont été massacrés, tous les hommes et les
garçons à partir de 12 ans inclus.

Les femmes et les enfants ont été
réservées pour l’esclavage, la vente et le service, et pour le viol. Voyant cela,
les juifs de Khaybar qui n’avaient pas combattu (il y avait plusieurs fortifications)
a demandé la paix. Elle a obtenu la paix avec le statut de dhimmi, et a été en
métayage sur ses propres terres.

On se demande alors comment un
slogan pareil peut être lancé à Londres, à New York, à Paris ou en Belgique.
Pourquoi enseigne-t-on ce slogan aux enfants en Orient ? Pourquoi fait-on des
séries télévisées sur Khaybar ? Quand on parle de Khaybar, quand on
prononce ce slogan, on se réfère à une attaque qui n’a pas été menée pour des
raisons politiques ou militaires. Le hadith est bien clair : les juifs de
Khaybar n’avaient rien fait. Ils ont été tués pour ne s’être pas convertis.

Donc, quand on emploie ce slogan
aujourd’hui, ce n’est pas du tout dans un but « antisioniste », mais
dans un but antijuif. Et quand on parle de massacre de Khaybar, on parle d’un massacre
de juifs perpétré pour des raisons religieuses ou ethniques. Voilà ce qui, aujourd’hui,
fait peur.

Lina Murr Nehmé, 19 février 2019

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Nouria Benghabrit face aux islamistes

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Je crois qu’il y a un seul homme parmi les ministres qui forment le gouvernement algérien. Cet homme, c’est Nouria Benghabrit, la ministre de l’Education nationale.

Elle l’a prouvé dans l’affaire de la fille, élève de l’Ecole algérienne à Paris, a voulu faire l’intéressante. Mercredi dernier (6 février), cette fille est sortie de classe pour aller faire la prière de façon ostentatoire, dans une cour entourée d’immeubles. La directrice de l’école à Paris a interdit les prières, et la ministre algérienne a dit que que la « directrice de l’école n’a fait que son travail ». « En ce qui concerne l’école internationale de Paris, les élèves y vont pour étudier, pour apprendre ». « Quand on envoie son enfant à l’école c’est pourquoi ? La prière doit se faire à la maison… »

Voyant cela, les islamistes en Algérie, qui n’ont jamais admis d’avoir des femmes au-dessus de leur tête, semblent avoir entamé un bras de fer avec la ministre. Ils ont prescrit d’imposer des prières aux enfants en classe.

La ministre Nouria a répondu en réitérant l’interdiction, en Algérie comme à Paris.

Il en faut, du courage, pour tenir à la fois tête aux islamistes à Paris et en Algérie, et aux ministres algériens désireux de procurer un nouveau mandat à leur Président Bouteflika, qui leur renverrait l’ascenseur. Résultat: personne n’a soutenu Nouria quand elle a couru au secours de la laïcité en France.

Mais moi, je la soutiens !

Lina Murr Nehmé, 12 février 2019

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G. BENCHEIKH et Le VOILE

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Ghaleb Bencheikh a dit : «Cette affaire du voilement des filles a été réglée au lendemain du recouvrement des indépendances de quasiment tous les pays musulmans, ça n’a jamais été un problème».

Que veut-il vraiment dire? En Algérie et au Maroc, on ne se voilait pas avant l’indépendance.

Comme je sais qu’ils considèrent faussement le Liban comme un pays arabe et musulman, il se trouve qu’en 1973 j’étais dans une école dans le quartier musulman de Beyrouth, et je peux donc parler de cela. J’étais l’exception qui confirmait la règle: les autres élèves venaient du quartier, et la moitié d’entre eux au moins étaient de confession musulmane (les autres étaient orthodoxes).

Voici notre photo de promo, prise en 1973. A cette époque, oui, le voile et la mini-jupe ne posaient pas de problèmes aux musulmanes, et c’était 30 ans après l’indépendance, n’en déplaise.

Dans cette école comme dans les six autres écoles où j’ai été avant mon bac 2e partie, nous nous levions quand le professeur entrait en classe. Au Liban, on ne me croit pas quand je raconte que des professeurs, en France, sont parfois frappés en classe ou à l’école, ou encore tabassés par des parents d’élèves.

Lina Murr Nehmé, 9 février 2019

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sur la restauration de l’Elysée

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Réfection de l’Elysée, selon les vœux de Brigitte Macron. Photos: Le Figaro.

Voici
des photos publiées par Le Figaro, qui répondent à ma question
précédente. Pour un demi-million d’euros, donc, M. et Mme Macron ont
transformé une salle de style baroque-rococo-rois de France, en une
salle de style romain antique à peine modernisé. Une salle qui n’est pas
sans rappeler les thermes de Caracalla, ou du moins leur
reconstitution, quand on ne voyait pas la brique, parce qu’elle était
recouverte de marbre à l’intérieur.

Je ne connais pas
personnellement le conseiller du patrimoine qui aurait, nous dit-on,
conseillé Mme Macron, mais c’est certainement elle qui a pris la
décision principale: tout architecte d’intérieur sait que le client est
roi et qu’il ne pourra conserver un chantier que s’il lui fait les
concessions qu’il veut. Et plus le chantier est coûteux et prestigieux,
plus l’architecte doit s’aplatir. Quant à Madame Macron, elle s’y
connaît autant en architecture sur le plan du fond, qu’un chauffeur de
taxi.

Car l’architecture charrie un message. Et le style est un
langage. Quand on construit une mosquée en France, on ne la construit
pas dans un style baroque ou rococo, on la construit dans un style
musulman.

Pour savoir ce que, sur le plan symbolique, le
changement de style à l’Elysée signifie, il faut réouvrir nos manuels
d’histoire et se rappeler ce que fut l’imperator (“général en chef” et
non “empereur”) romain pour les Français, au temps où ils s’appelaient
Gaulois.

Jules César, fondateur de l’Empire romain, a massacré
les Gaulois et a vendu leurs femmes et leurs enfants en esclavage. Pour
avoir une pâle idée de ce qu’a fait Jules César en France, on peut
revoir une des vidéos de Daech. César a fait la même chose, mais à bien
plus grande échelle.

Avec l’argent tiré du prix de la vente de la
souffrance des mères et des vierges gauloises, César a acheté un tribun
(ancêtre des journalistes d’aujourd’hui) pour qu’il lui fasse de la
propagande. Ce tribun vendit Rome pour l’or tiré par César du pillage de
la Gaule (qui comprenait alors la Belgique francophone) et — on ne le
répètera jamais assez — de la vente des prisonnières gauloises. Cette
propagande permit à César de devenir le grand pontife, c’est-à-dire le
chef des grands-prêtres de l’Empire romain que Pompée venait de
constituer avec des massacres et des pillages non moins horribles. Le
titre de “Grand Pontife” était une sinécure qui procurait à César un
logement de fonction à vie, en plein forum, au centre de Rome, et qui,
en faisant de lui le pape des grands-prêtres de l’Empire, lui donnait
une auréole sacrée. Sans compter les autres avantages financiers et
politiques. A dater de ce moment, le nom de Jules César eut un sens, une
valeur sur la place publique. Le grand pontificat fut pour lui un
marchepied grâce auquel il lui devint possible d’accéder à la dictature
suprême, opprimant les opposants romains ou italiens comme il avait
opprimé les Gaulois.

Le tout, en imposant l’art dit gréco-romain par le biais de grands monuments qui impressionnaient le peuple.

Cet art, que l’on retrouve dans tous les pays occupés, opprimés par les
Grecs ou les Romains, est devenu le symbole de cette oppression. C’est
dans ce genre de décor qu’on se livrait à des orgies dégoûtantes qui
finissaient en vomissements (il y avait tout un art de se faire vomir
pour aller manger davantage une fois que l’estomac était plein). C’est
dans ce genre de décor qu’on condamnait les citoyens à mort ou qu’on les
torturait. On a beaucoup parlé de Vercingétorix, mais beaucoup d’autres
Gaulois ont subi des tortures épouvantables dans ce genre de décor.
Beaucoup de Phéniciens, beaucoup de Numides (Maghrébins), beaucoup de
juifs. Le plus célèbre de tous ces personnages est Jésus-Christ, qui fut
tué en tant que résistant, parce qu’il s’était dit roi des juifs, et
que seul César (l’empereur Tibère) prétendait être le roi des juifs.
C’est dans un décor de ce genre qu’eurent lieu ses conversations avec
Pilate et sa condamnation. Ses tortures eurent lieu dans une partie du
même palais qui était moins joliment décorée, puisqu’elle était destinée
aux gardes.

Le décor dans lequel furent moqués, condamnés et
torturés les Gaulois, et leurs femmes violées, est aujourd’hui copié
dans le palais d’où sont gouvernés les descendants des Gaulois:
l’Elysée. Tout un symbole que les Macron, j’en suis sûre, n’ont pas
choisi sciemment. Ils se sont tellement penchés sur l’UOIF, les
Algériens et autres soi-disant arabes, qu’ils ont oublié qu’en grec et
en latin, le nom de la France est : “Gallia”.

L’ambiance
gréco-romaine est peu connue de nos jours, et c’est pourquoi il faut
être architecte ou professeur d’histoire de l’Architecture pour s’en
apercevoir. Mais je l’ai dit plus haut, l’architecte propose, et le
client décide. Cette ambiance est bien aimée dans les “grands hôtels de
luxe” des Arabes, qui ne seront sûrement pas dépaysés lors de leurs
visites à l’Elysée. C’était, après tout, l’ambiance qu’on trouvait dans
les palais des rois que leurs ancêtres arabes ont massacrés en Irak, en
Syrie, au Liban, au Maroc, en Algérie, en Libye, en Égypte, à Petra,
Jerash, Césarée, Tyr, Sidon, Jaffa, Beyrouth, Tripoli, Byblos, Damas,
Tartous, et les autres villes au VIIe siècle. Car alors, cette mode
décorative subsistait encore.

500 000 euros pour ramener l’Elysée
au temps où les Romains occupaient la France… pendant qu’on rogne sur
les retraites des Français pauvres. Mme Macron s’est affairée à tant de
choses futiles depuis l’élévation de son ex-élève au pouvoir suprême en
France, des choses qui prennent tant de temps, qu’on a l’impression qu’à
part ses nuits avec son ex-élève et ses réceptions et tournées en
public, elle passe la totalité de son temps à se vêtir, se farder, se
coiffer, recevoir des décorateurs, des vendeurs de piscines, des
vendeurs de vaisselle, de grands couturiers — bref, faire du shopping à
domicile.

Lina Murr Nehmé

P.S. : Une lectrice a critiqué ce texte en disant que la mode
gréco-romaine a été largement utilisée dans l’art chrétien, et que les
constructions romaines étaient toujours peintes de fresques, et en
rouge. Voici la réponse que je lui ai faite :

La mode de
l’antique est venue dès la Renaissance comme une réaction contre l’art
chrétien gothique. C’est alors qu’on a commencé à faire des portraits
des Douze Césars. Il n’empêche que les ors baroques et rococo ont
représenté un éloignement de ce style antique dépouillé. Juste avant la
Révolution, David a privilégié des intérieurs dans ce style comme une
réaction aux rois et aux ors et aux couleurs dans lesquels ils vivaient.

Non, le rouge n’était pas la couleur nécessairement dominante. Vous
trouvez à Pompéï des fresques qui ne sont pas sur fond rouge. Et vous
trouvez dans les boutiques d’Apollodore de Damas dans le marché de
Trajan, des pièces décorées de fonds blancs, tant celles en mosaïque que
celles en fresques.

Non, l’édifice n’était pas nécessairement
peint. Il pouvait être tout simplement recouvert de marbre, comme
l’intérieur du Panthéon de Rome, qui ne contient aucune peinture. Quand,
à la Renaissance, Brunelleschi et ses disciples ont voulu suivre la
mode antique, ils n’ont pas fait de fresques, mais imité le Panthéon:
plaques de marbre. Beaucoup plus beau et plus cher. Les fresques sont
laissées pour les intérieurs bon marché.

Le Parthénon d’Athènes
montre des traces de couleur sur la frise, mais rien ne prouve que ces
couleurs soient d’époque antique: les couleurs ne durent pas 2000 ans
quand elles sont sujettes aux intempéries. A peine durent-elles quelques
années. Voyez vous-même combien de temps dure la peinture de
l’extérieur de votre maison ou appartement. Je ne suis d’ailleurs pas
sûre que les couleurs vont avec ce genre de constructions. La
reconstitution, en utilisant ces couleurs, est laide, loin de la majesté
du Parthénon.

Certes, on trouve des fresques dans la maison dorée de Néron, et dans les maisons des riches à Pompéï et Herculanum. Mais il n’y a pas là de quoi généraliser. Ce sont des cas spécifiques dont les artistes européens (Raphaël, David, Vien) se sont inspirés. Quand la pierre est parfaite sans peinture, il n’y a pas lieu de l’enlaidir avec de la peinture. On peignait plutôt les constructions de brique, comme les marchés de Trajan ou les maisons de Pompéï.

Lina Murr Nehmé, 4 février 2019

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Les 130 djihadistes sont-ils français ?

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Dans cette vidéo diffusée par Daesh (voir en fin d’article), des djihadistes français brûlent leur passeport devant la caméra et appellent les musulmans de France à renier la nationalité française et à rejoindre l’Etat islamique en Syrie… pour combattre les Syriens, les Libanais, et plus tard, les Israéliens. Ils appellent à commettre des attentats en France. (C’était en 2014, un ou deux mois avant les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher en janvier 2015, comme par hasard.)

L’un des djihadistes français a été reconnu comme ayant participé au massacre de 18 Syriens et d’un Américain (Analyse Euronews).

Parmi eux se trouve Quentin Le Brun, originaire de la région d’Albi :

“[Il] apparaît dans une vidéo de sept minutes diffusée par le forum djihadiste Al-Hayat en novembre 2014, en compagnie de deux autres Français, Kevin Chassin (mort dans un attentat-suicide à Mossoul en 2015) et Romain Garnier (prisonnier des forces kurdes depuis décembre 2017). Romain Garnier appelait les musulmans français à venir rejoindre l’Etat islamique ou bien à tuer les Français « par les armes, les voitures, le poison ».”

(Paris Match, 01/02/2019)

Malgré tout, la Syrie, et notamment les parties kurdes de ce pays, ont reçu des menaces diplomatiques très claires: ils ne doivent pas toucher aux citoyens français. C’est pourquoi ils n’y touchent pas en effet, mais évidemment, ils ne diront pas ce qui s’est passé dans les coulisses, qui les a poussés à préserver leurs assassins et à vouloir leur procurer les douceurs françaises.

Il est bien étrange d’interdire ainsi aux Kurdes et aux Syriens de juger ceux qui ont commis des crimes chez eux. D’après le droit international, un criminel est jugé d’après les lois du pays dans lequel il a tué. C’est pourquoi quand la France met la main sur un assassin syrien, elle le juge selon ses propres lois, elle ne l’extrade pas vers la Syrie. Si elle exige l’extradition de ces djihadistes, c’est au nom de la loi du plus fort. La France ayant déclaré que ces djihadistes étaient des citoyens français, ils lui sont à ce titre plus précieux que les citoyens syriens qu’ils ont assassinés.

Mais sont-ils français? Un djihadiste est citoyen de l’Etat islamique qui, comme son nom l’indique, est un Etat. Et la double nationalité ne peut être cumulée, puisque cet Etat, le califat, est l’ennemi de la France. Le gouvernement français l’a d’ailleurs signalé après les massacres en 2015: il y a “une guerre” entre la France et Daech, et ce n’est pas la France qui a déclaré cette guerre à Daech. Dans ce cas, comment concevoir que des citoyens français, ayant renié leur citoyenneté pour adopter celle de l’ennemi, puissent être considérés comme des citoyens français? Ils ont quitté la France pour aller en Irak ou en Syrie aider le califat à envahir le monde. L’idée était de faire flotter le drapeau noir sur l’Elysée, Matignon, Downing Street, Windsor et… surtout, Saint-Pierre de Rome. L’un de ces djihadistes occidentaux, Emwazi, dit “Jihadi John”, l’a dit dans la vidéo de l’assassinat des coptes.

Si le gouvernement français l’a oublié, il n’en est pas de même des djihadistes concernés. Ils savent qu’en cas d’amnésie, leurs compagnons, citoyens du califat, les tueraient.

Lina Murr Nehmé, 1er février 2019

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1917 : la “paix honorable” de Charles Ier d’Autriche

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La Grande Guerre. On aurait pu l’arrêter avant son terme, et éviter ainsi un million de morts. En 1917, l’Autriche eut un nouvel empereur, Charles, jeune homme révolutionnaire, qui estimait que sa couronne ne méritait pas ces massacres. Il proposa donc “une paix honorable”. Son offre convenait à la France, qui commença par s’y intéresser. Mais l’Italie s’y opposa, car une paix trop précoce lui aurait fait perdre la possibilité d’agrandir ses territoires aux dépens de l’Autriche, justement. Et l’Angleterre voulait le Levant.

 

Pour résultat, l’Autriche-Hongrie, la seule qui eût voulu la paix, la seule dont le monarque était populaire parce qu’il était humain, fut aussi la plus mal traitée. Démembrée, elle vit son souverain chassé malgré la volonté du peuple, au moins en Hongrie, et privé de ses biens personnels en dépit du droit. Il mourut en exil, d’une pneumonie, parce qu’il n’avait pas les moyens de chauffer correctement la maison froide et humide qu’un ami lui avait prêtée. On ne trouva rien de convenable parmi ses vêtements, et on lui fit porter une tenue qu’il avait autrefois donnée à l’un de ses serviteurs. Pendant ce temps, le kaiser allemand, qui avait provoqué la guerre, se prélassait dans le luxe d’un château.

Le peuple de Vienne pleura dans les rues en apprenant la mort de son empereur. Charles était le premier chef d’Etat d’Europe à avoir fondé un ministère pour résoudre les problèmes sociaux. Des pauvres étant morts de froid à Vienne, l’Empereur commanda d’utiliser ses propres voitures à transporter les vivres et le charbon pour empêcher d’autres de mourir. Il lutta contre la corruption, notamment celle de la presse, combattit le principe de la guerre sous-marine, qui faisait périt des civils en mer . Et contrairement à ce qu’on prétendit, il refusa aussi l’usage des gaz; mais c’étaient les Allemands qui commandaient. Charles, voyant qu’ils utilisaient ses ports pour mener la guerre sous-marine malgré son opposition, prit l’initiative de proposer la paix aux Alliés. Il était donc très populaire en France, où Anatole France, bien qu’il fût antimonarchiste, disait qu’il était “le seul homme honnête” dans cette guerre.

Le plus regrettable ne fut cependant pas la déchéance et la mort de l’homme d’État le plus populaire de son temps, mais les trois catastrophes engendrées par son échec, et dont le monde a payé très chèrement le prix.

La première de ces catastrophes fut la vocation d’Hitler, alors un des sujets de Charles. Son succès fut rendu possible par l’unification de l’Allemagne. Car les Alliés reconnurent à la Prusse ses annexions, sauf celle de l’Alsace-Lorraine. Injustice suprême, que de faire payer aux victimes les dettes de guerre des bourreaux. Mais si on les traitait comme les Alsaciens et les Lorrains, c’est-à-dire comme des victimes de la Prusse (ce qu’ils étaient), celle-ci ne pourrait pas payer la dette de guerre que voulaient lui imposer les Alliés. En unifiant l’Allemagne tout en démantelant l’Autriche, en imposant aux Allemands exsangues une dette de guerre qu’ils ne pourraient pas honorer, on a rendu la Deuxième Guerre mondiale inévitable.

La seconde catastrophe, ce fut la série de massacres commis par Lénine et Staline. Pour se maintenir au pouvoir, Lénine fut obligé de tuer des millions de civils. Si Charles avait réussi auprès des Alliés, la guerre se serait arrêtée au printemps 1917. Sa lutte avec les Allemands au sujet de la guerre sous-marine eut lieu le 20 janvier. Il passa les jours suivants — cela fait 102 ans exactement — à élaborer un projet de paix séparée, et à étudier la proposition qu’il ferait aux Alliés.

La troisième catastrophe est l’islamisme que l’Autriche-Hongrie, au centre de l’Europe, aurait réussi à canaliser: tant Belgrade que Vienne furent des capitales qui résistèrent à l’Etat islamique de leur temps et le vainquirent. Cela arriverait-il encore aujourd’hui ?

J’avoue avoir été très négative quand Charles Ier a été béatifié. J’ai pensé: “Ils nous cassent les pieds avec leur blabla sur la paix, et ils veulent nous béatifier des politiciens, maintenant.”

Pendant que je travaillais à mon livre sur la Première Guerre mondiale, Quand les Anglais livraient le Levant à l’Etat islamique, je suis tombée sur un personnage qu’on ne pouvait pas ne pas admirer. En rédigeant sa biographie, indispensable à la compréhension de la politique britannique au Levant, je me suis sentie toute petite devant un homme qui osa braver ses ennemis pour arrêter un massacre, et qui, ensuite, sut rester digne jusqu’au bout. Je me suis dit: “Est-ce que par hasard c’est celui qui a été béatifié?”

C’était lui. J’étais bien attrapée: être l’admiratrice d’un homme que j’avais qualifié de “politicien”. Mais il faut m’excuser: pour moi qui travaille sur les guerres et sur les morts, les discours lénifiants que le clergé nous sert sur la paix m’enquiquinent, à dire la vérité, car les paix qu’ils proposent sont celles des plus forts, celles des cimetières. Excepté celle de Charles d’Autriche. Mais avez-vous entendu parler de lui dans votre église paroissiale?

En Autriche, j’ai demandé à un employé de musée pourquoi je ne trouvais rien sur Charles Ier dans les églises autrichiennes, alors qu’il venait d’être béatifié. Il me dit: “Nous n’aimons pas mélanger la religion et la politique.” Je lui dis: “Pourquoi? Vous n’aimez pas que vos politiciens vous aiment?” Il s’est planté, ne sachant pas que répondre, car dans le cas de Charles, ce sont ses convictions religieuses qui ont motivé sa conduite.

Ce qui ne veut pas dire qu’un non-catholique ne l’aimera pas. Après tout, je suis descendante d’une farouche famille montagnarde orthodoxe ; mon arrière grand-père était pope, et mon grand-père apprenait à ses enfants (ma mère) dans les années 1930 à réciter : “Vive Staline, le défenseur du tsar Nicolas!”

D’ailleurs, une des premières personnes que j’aie affrontées après la parution de mon livre fut une dame autrichienne protestante qui m’a chanté les louanges de Charles. Il est vrai qu’un Autrichien ne peut pas être à la fois avec Hitler et avec Charles d’Autriche.

Le film le plus célèbre de l’histoire du cinéma, “The Sound of Music” (La Mélodie du Bonheur), basé sur une histoire vraie, est indirectement lié à Charles Ier. Il s’agit de l’Anschluss imposé par Hitler et accepté de bon cœur par la haute société autrichienne, sauf par les partisans de Charles Ier, dont faisait partie Georg von Trapp, le héros du film. Von Trapp, qui avait été officier de Charles Ier, refusa de hisser le drapeau nazi sur sa demeure à Salzbourg, refusa un poste d’officier dans la marine nazie, refusa de chanter avec sa famille devant Hitler. Il préféra même prendre sa famille en exil plutôt que de faire subir à ses enfants la propagande nazie.

Lina Murr Nehmé, 24 janvier 2019

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Hommage aux Algériens libres

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Les Algériens sont les premières victimes de la violence mentale ou physique imposées par les islamistes. Dont beaucoup sont des imams fonctionnaires payés par le gouvernement algérien pour islamiser la France.

Ils sont des centaines en France, et on les paie très cher, avec un argent volé au peuple algérien qui a faim. N’est-ce pas injuste? J’ai raconté cela avec des preuves dans mon livre “Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur: Ce qu’ils cachent”. Je croyais que ce livre scandaleux changerait tout, mais j’ai l’impression que l’administration française est trop fossilisée, trop morte pour réagir.

Mais mettons de côté les imams et autres islamistes dont j’ai soupé en écrivant trois de mes quatre derniers livres. J’ai envie ce soir de les oublier et de penser aux autres Algériens, ceux dont on ne parle pas.

Il y a beaucoup d’Algériens et d’Algériennes en France qui sont des délices à fréquenter. Mais on ne leur fait pas de publicité. Ils sont mal vus. Parfois, on les frappe dans leurs quartiers. Il est tabou d’être un opposant algérien, et il est tabou d’aimer la France. Je ne sais pourquoi. Ou plutôt si, je le sais: il y a l’argent. Eux ne sont pas riches. Ils ne peuvent pas payer de bakchichs aux politiciens, ni donner de mots d’ordres à coups de fatwas comme fait l’UOIF. Ils ne font pas gagner des élections.

A eux, à elles, aux Algériens qui exercent leur droit d’êtres humains à penser librement — soit qu’ils soient devenus athées, soit qu’ils fassent partie des centaines de milliers qui ont été secrètement convertis au christianisme, ou qu’ils soient simplement laïques — je veux dire: “Vous n’êtes pas seuls. Nous vous aimons”.

Je copie cette lettre ouverte écrite par un certain nombre d’Algériennes. Combien? Je ne sais pas, mais je sais que leurs mots retentissent dans le cœur de beaucoup de Maghrébins qui souffrent en silence, en France et au Maghreb.

Lina Murr Nehmé, 23 janvier 2019

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LETTRE OUVERTE DES ALGÉRIENNES A LA PRESSE FRANÇAISE

La page Facebook les Algériennes dont nous sommes les administrateurs,femmes et hommes vivants en Algérie, militons contre l’obscurantisme religieux qui ostracise les femmes, pour la laïcité, pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour que la société Algérienne puisse avoir son siècle des lumières, qu’elle puisse un jour vivre libre de ses pensées et de ses croyances. Nous ne sommes pas une page féministe, nous souhaitons que vivent en harmonie les hommes et les femmes, que chacun avance avec l’autre et construise un futur apaisé pour nos enfants afin qu’ils puissent un jour être fiers de leur algérianité. Nous ne sommes pas arabes, nous sommes citoyens Algériens, notre identité est Algérienne, notre culture est Algérienne et non arabe. Il ne s’agit point ici de revendications racistes, mais d’un refus d’assimilation à une culture qui n’est pas la notre, au refus de voir disparaître notre patrimoine culturelle, au refus de voir dissoudre notre identité. SI les Français refusent d’être sarrasins, souffrez que nous ayons la même volonté.

Nous sommes apostrophés chaque jour par ce discours islamiste mou dans la société française, qui lui seul semble avoir une tribune permanente dans la presse. Nous avons été profondément heurtés dans nos consciences lorsque nous avons pu lire au matin qu’une ancienne Ministre de la République Française, laïque et démocratique, finissait de victimiser une jeune fille voilée et exclue d’une émission de radio crochet pour des propos islamistes. Oui, ses propos sont des propos issus de l’islam radical dont nous subissons les conséquences chaque jour dans nos chaires et nos consciences. Madame Taubira qui par le passé n’a pas hésité à enterrer les ravages de la traite arabo-musulmane en Afrique noire, n’hésite pas aujourd’hui à flatter les islamistes qui aujourd’hui vont avoir un outil marketing incomparable, puisque la jeune fille en question va produire un album dont la promotion s’appuiera sur l’islamophobie. Nous sommes de religion musulmane, nous sommes contre l’islamisme, serons-nous aussi traités d’islamophobe ? Nous rejetons immédiatement le discours hypocrite du c’est pas ça l’islam. Si l’islam prôné par les salafistes c’est aussi l’islam, c’est un islam qu’il faut bannir, châtier, anéantir. Ceux qui parlent d’islamophobie sont en premier lieu les islamistes, racistes, xénophobes, qui n’ont que pour conscience la haine de l’autre, l’animalisation de la femme, objet sexuel doté de la plus grande lubricité, qui faut voiler, faire taire, violer, humilier.

Chaque jour nous recevons des messages de détresse, de femmes battues toute la nuit, qui vont au commissariat, qui les renvoie avec leur détresse au tribunal qui tranchera en faveur de l’homme. Nous recevons régulièrement des messages de jeunes femmes dont certaines parlent de se suicider parce qu’elles ont perdu leur hymen hors mariage. Des femmes se font insulter parce qu’elles ne portent pas le voile, certaines sont menacées de mort par leur propre famille si elles ne portent pas le voile, d’autres sont violées parce qu’elles ne portent pas le voile. Les femmes violées sont obligées de se marier avec leur bourreau, des mineurs sont mariées de force. Les athées sont pourchassés, les dissidents de la pensée radicale sont inquiétés par la police. Ceci est la réalité de la vie quotidienne des Algériens, et de tout ceci vous n’en faite jamais état, non vous victimisez les porteurs de messages islamistes, vous leur offrez de larges tribunes.

Comment le pays des droits de l’homme peut-il traiter Tariq Ramadan d’intellectuel ? Est-ce à dire que vous asseyez Tariq Ramandan aux côtés de Rousseau, Bergson, Arendt. Non, ceci ne peut être supportable, Tariq Ramadan est un frère musulman, il prône un islam radical, il fait de la femme un animal, des autres croyances des animaux qu’il faut égorger, il est notre bourreau, et votre souhait est que nous adoubions notre bourreau, que nous le considérions comme un intellectuel sans malices qui porte la bonne parole. Kamel Daoud EST un intellectuel, nous sommes Kaméliens dans l’âme, nous refusons cette arabité que l’on nous fait subir, nous refusons cet intégrisme religieux qui nous opprime, nous tue, nous viole nos consciences et nos corps. Nous qui avons subi la décennies noire, qui avons vu nos frères se faire massacrer par les islamistes, nous ne pouvons supporter de voir nos bourreaux d’hier se pavaner et glouglouter sans cesse dans la presse sans qu’il n’y ait un débat contradictoire.

Notre page qui comptait plus 500 000 vues, 60 000 abonnés a été supprimée par Facebook sous la pression répétée des islamistes. D’autres pages créées par des femmes ont connu le même sort. Qui a évoqué un jour cette censure ? Personne. Que l’on censure des gens qui prône la laïcité, le respect, qui se positionne contre les islamistes n’intéresse personne. Mais tout le monde s’insurge que l’on exclue d’une émission une jeune femme qui porte un discours radical.

Si il existe des musulmans laïques, qui prônent une pratique de la religion qui doit rester dans l’intime. Si il y a des Algériens profondément laïques, des athées, des chrétiens, des juifs, des agnostiques qui veulent vivre ensemble et en paix, et laisser le fait religieux à l’entrée de leur demeure. Si il y a des croyants qui respectent les femmes, qui sont contre le voile, pour l’égalité entre les hommes et les femmes, qui sont respectueux des autres, profondément pacifistes, qui ne passe pas leur temps à regarder en arrière, qui sont choqués et bouleversés qu’un pays détruise des écoles pour construire des mosquées. Nous voulons aussi que ces voix soit portées, nous souhaitons aussi qu’ils aient leur tribune, nous souhaitons aussi qu’ils apparaissent dans les débats publics. En leur donnant la parole, en leur laissant la possibilité d’exprimer leur pensées, leurs souhaits, vous verrez que vous couperez les arguments des extrémistes politiques, car oui, des algériens sont intégrés dans d’autres pays, et sont profondément meurtris dans leur âme quand ils voient les bourreaux qu’ils ont fuit hier, passer de média en média pour répandre leur haine.

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Qu’est-ce que l’assimilation, que refuse tant Erdogan ?

Vous souvenez-vous de la lycéenne de Creil qui disait qu’elle n’enlèverait jamais le foulard pour ne pas aller en enfer? Le gouvernement français a eu recours à Hassan II qui a donné un ordre, et aussitôt, les trois filles ont retiré le foulard. Il avait ses agents islamistes qui tenaient pour lui la communauté marocaine en France, car il refusait que les Marocains s’intègrent. Dans cette interview avec Anne Sinclair, il est en train de leur envoyer un message.

Je ne recommande à personne de rompre avec ses racines par ingratitude. En même temps, il est injuste d’être ingrat envers un pays dans lequel on a décidé de vivre. Ce qui arrive en France est inadmissible. Il est inadmissible qu’on serine à longueur de journée les quartiers en leur disant du mal des Français de souche.

Personnellement, j’ai pu voir des cas d’injustice, mais en général, en tant que peuple, je ne peux pas nier que les Français soient un peuple généreux, et qu’ils ne méritent pas qu’on touche leurs allocations familiales tout en les haïssant et en médisant d’eux, comme cela se passe de plus en plus souvent. Et je ne pense pas qu’on soit heureux quand on hait. C’est pourquoi je dis et je clame que ceux qui font ces discours haïssent les personnes issues de l’immigration en France, car ils ne leur disent pas la vérité.

Ce que nous appelons assimilation n’est pas la dissolution. S’assimiler dans un peuple, c’est y vivre à l’aise et accepter sa langue et ses coutumes et non lui imposer ses propres coutumes et sa propre langue. Car alors, on devient un Etat dans l’Etat. Il y a des gens qui emploient cela comme stratégie politique, et ce n’est pas par amour pour les Maghrébins. Moi, je les aime, et je leur dis la vérité. S’ils veulent vivre en France, ils doivent aimer la France pour ce qu’elle est, et a de bien, et qui est immense, ils doivent cesser de la dénigrer. Sinon, ils feront leur malheur et le sien.

 

Lina Murr Nehmé, 19 janvier 2019