Quand «l’école de la confiance» livre les enfants musulmans aux grands «Frères»
Dans la série «L’Islamisme à l’école laïque en France», je cite des témoignages, écrits ou oraux.
Pour ce n°4, j’interroge Nadia Remadna, assistante sociale et fondatrice de la «Brigade des Mères». Maghrébine, elle a défendu la laïcité en France, face à une hiérarchie qui préférait laisser faire pour éviter les heurts.
En quelques minutes, Nadia Remadna décrit des situations familières et explique les difficultés éprouvées par tant de professeurs du 93. Et surtout, elle explique le problème causé par l’influence des grands Frères sur les enfants à problèmes.
Le sens de ces mots serait mieux connu en France si l’on savait que les islamistes s’appellent les uns les autres «Akh», c’est-à-dire «Frère». Au pluriel «al-Ikhwan», ou «les (grands) Frères». L’article distingue ce concept de fraternité universelle religieuse, de la fraternité ordinaire, qui se définit par le pronom de la personne dont ils sont les frères.
Le Premier ministre libanais Saad Hariri, avait eu un moment de courage, quand il avait osé refuser de démissionner.
Mais les pressions étaient apparemment trop importantes, et il y a cédé, les puissances lui ayant promis qu’il reviendrait Premier ministre.
Et le slogan “Tous, c’est-à-dire tous”, est devenu “tous à l’exception de Saad”. Mais Saad Hariri est l’homme de l’Arabie. Il avait résisté à MBS quelque temps. Il rentre maintenant dans sa bergerie. Il annonce bien sagement qu’il refuse d’être Premier ministre s’il ne satisfait pas les volontés des puissances étrangères, entendez: l’Arabie Saoudite et les États-Unis, en passant par la France de Macron. Et ces exigences sont: un gouvernement de technocrates.
Technocrates, c’est-à-dire, pas de politiciens. Mais lui, Saad, en quoi est-il un technocrate? N’est-il pas un politicien héritier de son père saoudien, et parachuté par l’Arabie Saoudite en 2005 parce que son frère Baha, élu par le parti d’Hariri au Liban, déplaisait aux Saoudiens?
Un gouvernement de technocrates, comprenez bien ce que cela veut dire: c’est toute la puissance aux Saoudiens, puisque ce sont eux qui, depuis des années, cherchent à faire tomber le gouvernement de Saad Hariri, parce qu’il était allié à Aoun. Et allié à Aoun dans un cadre de gouvernement où ce dernier avait sa représentation politique parlementaire, qui est énorme. Cette représentation compensait le pillage des pouvoirs du président libanais dans la ville saoudienne de Taef, où le roi d’Arabie paya, d’après les confidences de Saoudiens du plus haut niveau au journaliste du “Mondo”, plus de deux milliards de dollars en 1989.
Ces deux milliards de dollars — ou davantage, d’après les fuites rendues publiques bien avant l’article du “Mondo” — servaient à acheter la signature des députés libanais sur un traité saoudien auquel ils n’avaient pas collaboré, et qui était appelé “document d’entente nationale”.
Ce traité pille les pouvoirs du président au profit du Cabinet. Mais dans les faits, cela se fait au profit du Premier ministre, puisque c’est lui qui impose l’ordre du jour, et qu’il est sûr de revenir au pouvoir s’il démissionne. Le même traité spécifie que ce Président sans pouvoir sera toujours chrétien (seul poste supérieur réservé aux chrétiens), alors que le Premier ministre aux superpouvoirs, sera toujours musulman sunnite.
Un “gouvernement de technocrates” prive le Président de ministres pouvant contrebalancer la politique d’islamisation des Premier ministres d’après Taëf, imposés par la Syrie (Hoss, Omar Karamé), ou par l’Arabie (Hariri, Siniora). Le puissant bloc parlementaire du Président permettait de contourner le traité de Taef. Un gouvernement de technocrates laisserait les chrétiens sans aucun pouvoir. C’est ce que les politiciens occidentaux se gardent d’expliquer à leur public. Ils ne peuvent leur dire que c’est à ce prix qu’ils gagnent les gros contrats, et parfois aussi, les commissions.
Les chiites, comme les chrétiens, ne voudraient pas être privés de leur mot à dire. Ils se rappellent comment Siniora a régné en dictateur, alors que les ministres chiites avaient quitté le gouvernement. D’après cette même constitution de Taëf, le gouvernement saute si une communauté n’y est pas représentée. Et Siniora a continué à régner sans les chiites, malgré le sit-in que ces derniers organisèrent, aidés aussi par les chrétiens, qui étaient solidaires.
Et en même temps, Siniora finançait les groupes islamistes sunnites et imposait au Liban la convention des “droits de l’enfant musulman”, qui spécifie que l’enfant musulman a le droit qu’on ôte de son entourage ce qui nuit à sa religion. En d’autres termes, il aurait fallu supprimer les croix au sommet des églises, les cloches, les statues de la Vierge, les croix qu’on trouve à tous les coins de rue dans les quartiers chrétiens… où des musulmans ont choisi de vivre. Il n’est évidemment pas question de respecter les droits de l’enfant chrétien en ne lui imposant pas les hauts-parleurs retransmettant la voix du muezzin qui, jour et nuit, nie la divinité de leur Dieu, le Christ.
C’est petit à petit, comme ça, que s’est faite l’islamisation de tout le Moyen-Orient. Restait le Liban où avaient fui ceux qui avaient refusé de courber le front. Il semble que le temps soit venu pour le rouleau compresseur d’y passer aussi.
Pour ceux qui demandent des nouvelles, je signale que toutes les sociétés qui avaient contracté des emprunts (le cas de beaucoup), mais gagnaient assez pour payer à la fois leurs traites et le salaire de leurs employés, sont au bord de la faillite ou en faillite après 23 jours de “révolution” avec les routes coupées et l’interdiction pour leurs ouvriers de venir au travail. Juste pour que l’Occident sache bien de quoi il s’agit: si la moitié des Libanais étaient au-dessous du seuil de la pauvreté avant cette “révolution”, la moitié des travailleurs de cette moitié n’ont pas touché de salaire ce mois, ou ont touché un demi-salaire. Qu’est-ce que ça fait à un père de famille d’apprendre qu’il n’a pas de salaire ce mois?
Hier les Américains promettaient au Liban des lunettes de vision nocturne, afin de protéger ses frontières du côté syrien contre les infiltrations de Daesh et de Nosra. Maintenant, ils appellent à la révolution et à la création d’un “gouvernement parallèle”. Dans cette vidéo, c’est un ancien de l’ambassade américaine à Beyrouth qui enseigne en plein jour la sédition aux jeunes.
Dans un pays non occupé par les Américains, est-ce que cela ne s’appelerait pas “ingérence dans les affaires d’autrui”? Qui lui dit que les Libanais ont envie d’établir “un gouvernement parallèle” qui créerait la guerre civile qu’on a tant de mal à empêcher?
La guerre du Liban sera finie quand les ambassades (et leurs ex-employés) cesseront de se mêler de ses affaires. Car l’Amérique a beau être une île, les feux allumés au Moyen-Orient pourraient bien se propager jusqu’à eux. Sur ce plan, le 11 septembre aura été un coup de semonce.
Vous souvenez-vous de l’histoire de la libération du terroriste d’al-Qaïda Chadi Mawlawi qui a alors secoué le Liban ? Il est actuellement le terroriste le plus dangereux du Liban, et c’est sous les pressions du Premier ministre d’alors, Mikati, qu’il est sorti de prison. Vous souvenez-vous de la tragédie de Kuweikhate, et des militaires jetés injustement en prison, puis libérés, puis mis en prison de nouveau sous la pression des salafistes et de Mikati? C’est ce que rappelle cette lettre à Mikati publiée par Lina Murr Nehmé le 16 juillet 2012. Le fait qu’elle ait paru à cette époque, lui donne plus de crédibilité, parce que les gens vivaient alors ces événements dont le Liban subit les suites aujourd’hui.
Une procureure a produit un dossier prouvant que Mikati avait volé l’argent public en contractant, grâce à la banque Audi, des crédits immobiliers qui auraient dû revenir aux pauvres. Ce n’est pas l’acte le plus corrompu que Mikati ait fait. Sa protection des terroristes a été bien pire.
J’ai reçu cette vidéo le 23 octobre, quelques jours à peine après le début des manifestations au Liban. J’ignore qui en est l’auteur. Elle est très bien faite, mais voici ce que j’ai à dire:
– Oui pour se débarrasser des politiciens dont j’ai prouvé la corruption dans mes articles et dans mes livres, les uns publiés, les autres encore à l’état de manuscrit. Oui pour demander des comptes.
– Non au geste obscène, non aux injures, non à la haine, non au mélange. Je critique tout le monde, mais je ne mets pas au même niveau de corruption les chefs de la mafia depuis quarante ans, qui ont collaboré avec tous ceux qui voulaient bien les payer… et ceux qu’ils persécutaient. Car si ces derniers sont là maintenant, les autres sont là maintenant, mais ils étaient déjà là hier.
Fatima Benomar reconnaît que la plupart du temps, les femmes sont contraintes par les hommes à mettre la burqa ou le burkini, mais cela ne semble pas lui poser de problème. Elle exige l’autorisation de ces accessoires en France et attaque la laïcité de ceux qui rejettent le burkini. Elle dit ainsi: « Ce qui est interdit en France c’est de couvrir son visage. Si on a envie de sortir en ninja, il n’y a aucun problème. »
Donc, pour elle, les femmes voilées ou en burkini ne sont pas victimes de sexisme. Alors elle se rabat sur les hôtesses du tour de France qui, d’après elle, le seraient à cause des habits qu’on leur fait porter, et des désagréments du métier.
En réalité, les hôtesses du tour de France ont choisi. Souvent, elles font ce travail malgré la volonté des hommes de leurs familles. Chaque heure leur rapporte énormément d’argent, justement parce que ce travail est contraignant. Certes, elles y subissent des gens antipathiques, mais il y a de ces gens partout. Seulement, on les sent davantage dans les moments où la tension et la foule augmentent la promiscuité, comme c’est le cas pour ces hôtesses.
Certaines de leurs robes peuvent ne pas être jolies en soi, mais elles sont étudiées pour embellir la femme et non pour l’enlaidir. Témoin, la robe de frites: la robe est laide, mais la fille qui la porte est très jolie dans cette robe. Si on imagine la robe sans frites, ça ne fait pas le même effet. En tout cas, cela ne la rendra jamais repoussantes, contrairement à la robe de viande crue portée par Lady Gaga à une cérémonie de remise de prix… avec bottines, sac et chapeau assortis.
Quant aux ennuis du métier, ils sont surtout dus à la grande concentration de personnes. Les problèmes qu’on peut avoir avec des collègues dans la vie courante, sont forcément doublés ou triplés. Il suffit d’un goujat pour vous enquiquiner. Mais en même temps, il y a aussi des hommes très sympathiques au Tour de France comme ailleurs. C’est pourquoi les femmes sont nombreuses à postuler pour le même travail, au tour de France suivant. Ce n’est pas une raison pour prétendre que les hôtesses sont brimées en tant que femmes.
Fatima Benomar prétend pourtant les libérer au nom du féminisme. Mais au nom du même féminisme, elle exige le burkini.
Il y a un parti pris de la part de Fatima Benomar à combattre ces hôtesses de cette manière. Parce qu’elles ont choisi ce métier, qu’elles ont signé un contrat, il est certain qu’on les combat en combattant le principe de leur gagne-pain.
Inversement, les femmes voilées le sont la plupart du temps parce qu’un homme l’a voulu et risque de les battre jusqu’à ce qu’elles le portent, et vous savez que dans ces cas, les coups vont crescendo. Il ne s’agit pas de la caresser avec un mouchoir, car cela ne la convaincra pas. Idem pour le burkini. Donc on libérerait ces femmes si on interdisait ces deux objets vestimentaires en France: la burka et le voile islamique. Fatima veut donc asservir les femmes tout en parlant de liberté.
Fatima Benomar n’a que des critiques contre la France. Pourquoi ne quitte-t-elle pas la France, puisqu’elle la trouve si mauvaise comparée à son Maghreb? Beaucoup d’immigrés ou d’enfants d’immigrés semblent avoir une vocation masochiste. Dans un esprit d’autoflagellation djihadiste que l’on ne peut qu’admirer, ils se condamnent à subir la France tous les jours en en demandant la nationalité, comme le fait Fatima Benomar.
A moins que ce ne soit, comme le leur dit Qaradawi, pour pouvoir y changer les lois dans le sens de la charia?
Qaradawi autorise les femmes à s’adapter au mode vestimentaire mécréant si c’est pour faire avancer l’islam, notamment en acquérant l’instruction que les mécréants ont poussée si loin et si haut.
Mohamed Louizi fait remarquer que, dans son dernier livre, Tareq Oubrou fait l’apologie du mensonge, et de la ruse qui permet de remporter la victoire sans livrer bataille. Les deux autorités employées sont Mahomet, et Sun Tzu.
Mais pour faire accepter son idée, Oubrou s’abrite derrière la pratique “médiévale” du mensonge décrite par… saint Thomas d’Aquin. Cette façon de citer un auteur chrétien ou juif pour relativiser une opinion dérangeante ou une pratique islamique choquante pour un occidental est typique des islamistes. Oubrou écrit : “Avec lui, il y a possibilité dans le christianisme pour un “mensonge pieux”” car “parfois, mentir, c’est commettre un moindre mal”.
Admirez la formule “il y a possibilité” : “possibilité” ne veut pas dire “permission” ! Et même si tel était le cas, la ruse et donc le mensonge que défend Tareq Oubrou n’ont pas grand chose à voir avec le “pieux mensonge”. Car c’est une ruse en vue de la “victoire”, dans le cadre d’une guerre. Que dit vraiment Thomas d’Aquin ? Dit-il, comme le suggère Tareq Oubrou, que la fin justifie les moyens ?
On trouve dans la “Somme théologique” un examen du “mensonge officieux”, mensonge qui permet de sauver son argent, sa vie ou sa vertu. Puis celui du du mensonge par plaisanterie et du mensonge dans l’intérêt du prochain, qui ne sont pas des péchés mortels (contre la charité), mais des péchés tout de même.
Dans les “Solutions”, le théologien cite Abraham, Jacob et Judith, dont aucun n’a été loué ou béni pour son mensonge ou sa tromperie, mais pour ses sentiments: sa fidélité à Dieu ou son patriotisme.
A fortiori, le théologien chrétien condamne fermement le mensonge consistant à tromper pour vaincre autrui, ou le mensonge par ruse. Dans la conclusion, il écrit à la suite de saint Augustin: “Tout mensonge est donc un péché” (“Unde omne mendacium est peccatum”) parce que “le désordre lui est essentiel”. Le seul acte approchant autorisé est la “dissimulation prudente de la vérité”, pour échapper à un mal plus grand.
On est bien loin de ce que Tareq Oubrou affirme par la suite : la “ruse”, essentielle à la guerre pour Mahomet, a pour but “d’obtenir la victoire et la paix”, écrit-il. Autrement dit : laissez-nous ruser pour que nous gagnions et instaurions la paix islamique sans faire trop de morts. C’est un moindre mal, n’est-ce pas ?
Précisons que le terme “ruse” est choisi par Oubrou pour ne pas choquer. Car “khidaa” veut dire “tromperie”. Le verbe khadaahou signifie : “il l’a pris par derrière”, “il l’a trompé”.
On peut lui conseiller de lire la section suivante de la Somme théologique : “De la simulation et de l’hypocrisie.”
(J’aurais quelque chose à ajouter pour montrer que même dans ceci, Oubrou ment. Je le ferai dans une vidéo pour pouvoir montrer les textes en question.)
D’après le journal indien “India Today”, l’armée de l’Etat islamique du Pakistan demande aux djihadistes de s’habiller en militaires pour tromper les observateurs.
Si l’information est vraie, l’idée est peut-être celle des djihadistes qui combattent l’armée pakistanaise. (En notant que les services de renseignement pakistanais sont de connivence avec les djihadistes, et sont même classés par les Américains comme étant aussi dangereux que les talibans.)
En faisant le ménage, j’ai trouvé cette capture d’écran. Il m’a fallu quelques minutes pour réaliser que c’était un avatar de la préface de L’islamisme et les Femmes que j’envoyais à des amis pour avoir leur avis. J’écris tant que j’oublie mes livres et leurs préfaces avec le temps.
En relisant ce passage, j’ai été sidérée de la concentration d’horreurs qu’on peut mettre en quelques lignes. Mais le plus horrible, c’est de me rappeler mon enthousiasme à l’époque: je pensais que j’allais changer les choses en révélant la vérité, que j’allais mettre en lumière la tragédie des princesses saoudiennes que MBS ou son père avaient fait disparaître, et surtout, que mon livre allait influer sur le procès de Sarah Halimi et mettre en lumière la tragédie femmes et des minorités vivant dans les quartiers.
Je compare avec mon sentiment actuel, à savoir que j’ai été pillée et utilisée parfois à prouver des choses que je ne voulais pas. (Je ne voulais par exemple pas susciter la haine; et si on survole ou pille des citations au lieu de les lire avec le reste du livre, il est possible de se mettre à haïr.)
Voilà des décennies que je lutte, avec l’impression d’être arrivée trop tard. On me dit que mes livres jouent le rôle de brise-glace. Ils osent ce qu’oseront les autres “ensuite”. Mon éditeur dit: “Lina Murr Nehmé écrit ce qu’on dira six mois plus tard.”
Mais encore? A chacun de mes livres, il a cru que cela ferait boum, et cela a été mis sous le boisseau. Il avait sous-estimé l’esprit de collaboration qu’il y a en France, entre les politiciens et leurs médias d’une part, et les islamistes de l’autre.
Le monde est plus pourri maintenant que lorsque j’étais jeune. J’ai échoué à empêcher une seule des catastrophes que j’annonçais, échoué à mettre fin à une seule des tragédies que je racontais, mais je sens qu’il faut résister à la quarantaine médiatique, et continuer à signaler les failles qui grandissent dans le barrage face à une vague déferlante que la majorité des hommes politiques ne veut pas voir.
Le Cyrano de Rostand disait: “J’aurai tout manqué, même ma mort”. Je n’aurai pas à dire ça, parce que je n’ai pas manqué ma vie, et parce que je ne compte pas mourir comme lui, de la grippe.