Archives par mot-clé : féminisme

“Nous toutes” s’accommode avec les islamistes

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Une manifestation “féministe” devait se tenir ce samedi 23 novembre, à Paris. Une partie du défilé est certifiée “non-mixte”. Ce concept de “non-mixité” (qui peut carrément être raciale, dans certains colloques indigénistes) est un symptôme des accommodements avec l’islamisme.

Il est bien spécifié que le but de cet espace d’exclusion des hommes est que la manifestation soit “inclusive”, et donc, que viennent les femmes qui ne veulent pas côtoyer des hommes. Je ne vois pas à cela un but autre que religieux: les textes que j’ai compilés dans L’islamisme et les Femmes, vous expliquent pourquoi.

Des féministes devraient donc exclure les femmes qui acceptent de se soumettre à ce genre de diktat, car ce sont ce genre de femmes qui se font le plus violer. Parce qu’elles acceptent ces lois, les femmes non voilées sont insultées, parfois violées et (ou) tabassées dans les quartiers. 

Souvent, elles ne sont pas libres de refuser. Mais vous voulez une manifestation de femmes qui ne sont pas libres? A quoi bon des femmes qui exprimeraient la volonté des hommes? Si elles ont accepté qu’on les transporte au Moyen Age qu’ont fui les femmes d’Afrique du Nord, est-ce à nous de leur permettre de transporter le pire de l’Orient — son oppression — en France? 

Quelqu’un peut-il dire tout cela de ma part aux organisatrices de cette manifestation? 

Merci

Lina Murr Nehmé, 23 novembre 2019

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Au fait, le burkini est-il halal ?

Article publié dans Causeur, le 15 juillet 2019. https://www.causeur.fr/le-burkini-est-il-halal-australie-charia-piscine-grenoble-163396

En France, le burkini sert d’étendard aux islamistes dans leur lutte pour les « droits » des musulmanes en tant que telles. Reste à savoir si la piscine municipale et le burkini sont halal au regard de la charia islamique.

Le burkini a été inventé par une Australienne d’origine libanaise, qui l’a lancé en 2006 de façon foudroyante en lui donnant, en arabe, le nom de « maillot selon la charia ». Elle donnait ainsi l’impression que les autorités religieuses musulmanes l’avaient adopté — ce qui, nous le verrons, n’était pas le cas.

Le bukini ne s’est pas imposé au Liban, où il a généralement laissé les femmes indifférentes. En revanche, quand il s’est imposé en France comme signe identitaire, il s’est trouvé des femmes pour vouloir l’importer au Liban en tant que tel. Dans les établissements balnéaires, il y a généralement des piscines à part pour que les femmes voilées, se trouvant entre femmes avec leurs enfants, puissent ôter le voile et nager à l’aise dans un maillot léger.

Le scandale éclata à Tripoli, ville majoritairement musulmane, quand une de ces femmes voilées refusa de se cantonner à la piscine des femmes voilées, pour aller, en burkini, nager dans la mer avec les hommes et les femmes en bikini ou maillot bustier. Quand des baigneurs vinrent la prier de partir, elle protesta que la mer était pour tout le monde et qu’elle avait « le droit » d’en profiter. Elle était voilée, on ne pouvait pas l’obliger à se mettre en maillot.

Des surveillants maîtres-nageurs vinrent lui demander d’aller à la piscine des femmes voilées, ou de se mettre en maillot comme tout le monde. Elle refusa, et ils la firent sortir de l’établissement balnéaire.

Elle porta plainte auprès des autorités religieuses, croyant probablement que, parce qu’on appelait le burkini maillot selon la charia, elle serait défendue par les oulémas qui imposeraient sa présence dans cette ville où il y avait tant de religieux.

Il n’en fut pas ainsi. Le cadi de Beyrouth selon la charia, cheikh Hassan Chéhadé, déclara que le burkini était haram (interdit). Il ajouta que les femmes qui voulaient se baigner, devaient choisir un espace spécial, loin des hommes, espace que définissait le propriétaire de l’établissement balnéaire… et donc, la piscine dans laquelle cette femme avait refusé d’aller.

« La première violation est d’ordre général, déclara-t-il : la femme en burkini a violé les conditions de la majorité des propriétaires d’établissements balnéaires mixtes, dont la méthode de travail n’apprécie pas la présence de femmes voilées dans leurs établissements.

« La deuxième violation est d’ordre privé. C’est que la femme voilée doit obligatoirement se dérober au regard des hommes, qu’elle porte le burkini ou non. Sinon, qu’elle ne prétende pas être pratiquante. Car où se trouve sa nudité (awra) quand elle porte un burkini ? Lorsque ses vêtements se mouillent, ils collent à sa peau, et les reliefs de ses charmes deviennent visibles pour tout le monde, de façon éclatante, ce qui en fait le point d’attraction du regard des hommes.

« Et que dire de la nudité des hommes [qu’elle côtoie en se baignant] ? Les écoles chaféi, hanbali et hanafi estiment que la nudité de l’homme va de son nombril jusqu’à ses genoux. Il n’est donc pas permis que la femme regarde l’homme quand il nage [en maillot n’allant pas du nombril aux genoux]… Une fatwa religieuse ne peut pas être taillée selon les mesures désirées par les humains. »

Cette femme aurait tout de même pu se rendre compte que le nom de « maillot selon la charia » était une vaste supercherie. Les oulémas respectés n’ont jamais admis ce vêtement collant, puisque Allah, dans le Coran, ordonne aux musulmanes de « cacher leurs charmes »[1] sous de grands voiles et non de les révéler en collant sur la peau un tissu élastique. Soit elles obéissent à ce commandement et voilent leur corps en plus de leurs cheveux, soit elles portent le burkini et moulent les détails les plus précis de leur corps après s’être mouillées. Et alors, voiler leurs cheveux est de l’hypocrisie pure.

En outre, il y a un point grave que le cheikh n’a pas abordé dans cette fatwa d’ordre général, probablement parce que les femmes vont souvent se baigner en famille. Mais si la femme est seule, Mahomet lui interdit de se trouver avec un homme sans la présence de son mahram (mari, frère, fils ou père, etc.)[2].

C’est pourquoi Taous Hammouti, qui dirigea une troupe de femmes pour forcer la piscine de Grenoble, déclara : « C’est même pas par conviction religieuse. On défend notre liberté ». En d’autres termes, il s’agit d’une manifestation identitaire, puisque le vêtement est un signe identitaire. En outre, il est présenté comme étant le signe de la supériorité de la musulmane sur la non-musulmane. L’esclave est nue, la femme libre est vêtue[3].

C’est cela qui est grave. Car la citoyenneté n’implique pas des manifestations identitaires qui divisent le peuple français. Bien au contraire. Il ne faut donc pas se laisser entraîner sur ce terrain mouvant. Si le burkini irrite — et il irrite en tant que signe identitaire — il est à bannir, car la cohésion sociale est plus importante que le plaisir identitaire d’une troupe de femmes téléguidées par des hommes. Pour cela, pas besoin de bagarre, de frapper ou de se dénuder pour irriter ces femmes : la loi est là. Qu’on la fasse respecter. Sinon, on pourrait bien se réveiller, un beau jour, et la trouver modifiée.

Lina Murr Nehmé


[1] Coran, 33,59.

[2] Pour les citations et les références, voir : Lina Murr Nehmé, L’Islamisme et les Femmes, Salvator 2018, p. 20.

[3] Voir Lina Murr Nehmé, Fatwas et Caricatures, Salvator 2015, chap. 11.

Infériorité de la femme dans le judéo-christianisme ?

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Une légende veut que la femme dans le judéo-christianisme soit un être inférieur. Si vous remarquez l’art chrétien médiéval, il est rarissime de voir le serpent représenté par une femme. C’est à la Renaissance, avec le retour des idées grecques et romaines de supériorité du sexe masculin (avec les idées aussi de supériorité de la “race” et de l’inégalité des humains en général), que la façon de dessiner cet emblème biblique du mal a changé.

Michel-Ange, Raphaël donnent ainsi au serpent un corps de femme dans leurs fresque et mosaïque de la Sixtine et des Stances. Michel-Ange va encore plus loin: il montre Eve après le péché, comme étant devenue le diable: elle acquiert le visage, la peau brune et la couleur rousse et la texture des cheveux du serpent. Or dans la même Sixtine, Michel-Ange dessine le Christ, Dieu des chrétiens, avec le visage d’Adam. En d’autres termes, l’homme est devenu Dieu, la femme est devenue Diable. C’est totalement hérétique d’après le vrai texte biblique, où le serpent n’est pas présenté comme un être sexué, et s’il l’est, il est de sexe masculin, puisque la Femme est présentée comme étant son ennemie en tant que femme: “La descendance de la Femme t’écrasera la tête, et toi, tu l’atteindras au talon”. D’où la représentation de la Vierge de cette façon, le pied écrasant le serpent.
La femme n’est même pas présentée, dans le texte biblique, comme étant inférieure ou soumise à l’homme de façon naturelle, au contraire, puisque la malédiction (qui est en fait présentée comme une description) dit: “Ta convoitise te poussera vers lui, et lui dominera sur toi”. C’est d’ailleurs ce que reproche Marguerite Yourcenar aux femmes: chercher à plaire en n’étant plus elles-mêmes, pour capter l’attention.
Quant à l’égalité des sexes dans le même texte, elle est dite dans la phrase “Dieu créa l’homme à son image, homme et femme il les fit”, reprise par le Christ. Michel-Ange et l’esprit de la Renaissance en général, ne considèrent pas du tout que la femme est à l’image de Dieu, comme le montre la peinture ci-dessous.

Lina Murr Nehmé, 20 mai 2018

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Mennel Ibtissem, Lallab et le “féminisme islamique”

 

Depuis quelques années, les islamistes ont compris qu’ils obtiendraient davantage de résultats avec de jolies femmes télégéniques plutôt qu’avec des barbus peu appétissants ou des Malika Dif, reléguées à l’arrière-plan pour chaperonner les converties fragiles psychologiquement.

“Lallab” est une association qui représente l’islamisme “new look”, notamment par le biais de profils comme celui d’Attika Trabelsi, une femme jeune, éduquée, moderne, prête pour le combat féministe “dans la voie d’Allah”.

Dans les années 1980, l’expression “féminisme islamique” a été décriée par les oulémas, qui refusaient que l’on accole l’adjectif “islamique” à un concept occidental.

Mais aujourd’hui, Lallab impose cette expression avec un triple objectif :

1. Dire aux non-musulmans que : Oui, l’islam est compatible avec la modernité occidentale et même en avance sur l’Occident. Ils en veulent pour preuve les arguments avancés par une islamiste marocaine instruite, Asma Lamrabet, dont les thèses sur le statut mirobolant de la femme en islam ont inspiré à Nicolas Sarkozy sa fameuse question sur le genre de coups qu’il fallait infliger aux femmes. Asma Lamrabet, en effet, défend cela, à condition que les coups ne soient pas trop méchants.

2. Convaincre les musulmanes que l’Occident n’a rien inventé pour elles : vous voulez agir pour les droits des femmes ? Nous avons justement un produit tout prêt : le “Féminisme islamique” !

3. Dans ce cas, l’islam authentique n’a fait que libérer la femme, et l’Occident les opprime en les privant de leur “dignité” et de leur “pudeur”. Alors la seule libération valable serait, toujours d’après les théoricien(nes) de Lallab, dans le respect des règles de l’islam. Le voile respectant les règles de l’islam, le voile serait une libération de la femme, ajoutent ces dames.

Cette position paraît d’emblée hypocrite et met en perspective la manière dont l’islamisme se joue de l’Occident. Lorsque Nadia Hamour, femme politique musulmane, a soulevé un tollé quand elle a appelé à utiliser le bonnet phrygien pour voile, cette fourberie est apparue au grand jour. Pourquoi ce tollé ? Il y a bien des musulmanes qui se voilent avec un turban. Allez voir les musulmanes libanaises à Paris. Voyez aussi l’humouriste maghrébine Samia Orosemane. Ou encore, cheikha Moza, la femme du précédent émir du Qatar. Elles sont élégantes en turban.
Le problème, je vais le dire. C’est que, contrairement à ce qui se passe dans les pays d’Orient, le voile est prêché, utilisé ou imposé en France ou en Occident pour imposer la défiance à l’égard du non-Musulman, et plus encore, de la non-Musulmane, à un public auquel on répète inlassablement que son seul pays est la oumma islamique mondiale. Le bonnet phrygien peut couvrir les cheveux d’une musulmane pieuse, il ne serait alors pas un signe de démarcation, puisque c’est la coiffure de Marianne.

Dans ce schéma de pensée, on conspue les musulmanes qui refusent de se joindre au concert. D’où les attaques que subissent parfois ces musulmanes.

C’est cette supercherie que dénonce Céline Pina, car ce n’est pas une libération qu’elle a constaté sur le terrain chez les femmes voilées. Comme en témoigne l’histoire d’une femme qu’elle avait interpellée et qui lui avait avoué qu’elle se voilait malgré elle, pour se protéger, et surtout, pour protéger ses enfants.

Céline Pina a quitté une position prometteuse, une carrière au sein d’un Parti politique, par respect pour ses principes. C’est parce qu’elle avait touché de près l’oppression des femmes — et pas seulement des femmes — dans les banlieues. C’est un courage dont elle sort grandie.

C’est cela qu’il faut répondre à ceux qui l’attaquent: cette histoire d’une femme voilée qui fait si mal à entendre, et qu’elle m’a racontée dans l’interview qu’elle a consenti à me donner pour mon livre, “L’Islamisme et les Femmes”.

Lina Murr Nehmé