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La censure dans les médias américains: elle peut aller très loin

Contrairement à ce qu’on peut croire, les médias américains sont, en matière de politique étrangère, lourdement influencés par des entités sans scrupule qui sont, parfois, apparentées au gouvernement.

Cette sujétion n’est pas évidente, car les journalistes aux Etats-Unis sont impertinents en matière de politique intérieure. L’Américain moyen n’en sait donc pas assez en matière de politique étrangère pour pouvoir vérifier les informations qui lui sont fournies… ou pour savoir ce qu’on lui cache.

Etant au Liban en février 1989, j’avais commandé des impressions de certaines de mes peintures. Puis j’avais dû partir de Jounieh à Chypre par bateau pour rentrer aux Etats-Unis, dans la région de Boston, où je vivais alors. Je ne pouvais pas savoir que j’avais pris le dernier bateau, et que les bombardements allaient fermer ce port, quelques heures après mon départ.

Trois semaines plus tard, ayant besoin de quelques exemplaires de mes impressions, je téléphonai à mes parents au Liban et je leur demandai s’ils les avaient reçues. Mon père me dit :

« Nous faisons aussi vite que nous le pouvons. Mais nous sommes bombardés. Tu sais que nous sommes en guerre, n’est-ce-pas ?

— Non. Je ne savais pas. Sinon, je ne t’aurais pas interrogé au sujet de mes impressions.

— Nous subissons les pires bombardements que nous ayons jamais connus. Mais nous sommes heureux, parce qu’enfin, le Liban a déclaré la guerre à la Syrie. »

C’était inouï ! L’armée syrienne occupait une grande partie de Beyrouth et du Liban depuis des années. L’armée libanaise la combattait dans certains endroits, mais les politiciens libanais n’avaient jamais osé parler ouvertement de bombarder l’armée syrienne au Liban.

J’appelai les journalistes libanais que je connaissais aux Etats-Unis. Ils confirmèrent l’existence d’un black-out médiatique américain en ce qui concernait le Liban. L’un d’eux m’expédia, par fax, une lettre de protestation standard à signer et à envoyer à la Maison Blanche, à George H.W. Bush, qui était alors le Président. Dans cette lettre, le signataire demandait que les médias américains disent la vérité au sujet de ce que faisait la Syrie au Liban.

Je signai la lettre, la mis dans une enveloppe que laquelle j’écrivis le nom et l’adresse de George H.W. Bush. Puis je cachetai l’enveloppe et je la postai, sans vraiment espérer de résultat.

A la fin de la semaine, les médias mirent fin au black-out. Je téléphonai au même journaliste et je lui demandai ce qui était arrivé. Il dit : « Nous avons été 50.000 à envoyer des lettres à la Maison-Blanche. C’est pour cela que les médias ont mis fin au black-out. Lis le Boston Globe ».

Le 2 avril 1989, en effet, le Boston Globe avait publié l’éditorial suivant :

« Depuis le 14 mars, le peuple de Beyrouth subit souffre de bombardements d’artillerie qui ont fait de son existence un cauchemar. En une nuit, 5.000 roquettes venues des positions syriennes à Beyrouth-Ouest, sont tombées sur les quartiers chrétiens de Beyrouth-Est. D’énormes conteneurs de combustible ont explosé, et les incendies sont devenus incontrôlables. Des centrales électriques ont été frappées, et comme Beyrouth dépend des pompes électriques pour son approvisionnement en eau, la panne d’électricité signifie une ville sans lumières et sans eau.
“Les télévisions et les journaux américains ont subi des pressions pour ne pas rapporter la tragédie des bombardements de Beyrouth — les centaines de morts et de blessés, les milliers de réfugiés fuyant vers le sud. L’administration Bush a gardé le silence ».

Boston Globe 1989-Beirut Bombardment det-pt

Qui pouvait faire pression sur tous les médias américains pour les empêcher de faire leur travail, alors que l’administration Bush aussi gardait le silence ? Et pourquoi ?

Les effets de ces pressions sont étonnants. Durant la période allant du 14 mars jusqu’à l’éditorial précité, les articles du Boston Globe donnent l’impression que rien n’arrive au Liban excepté des cessez-le-feu et quelques combats entre chrétiens et musulmans ou druzes. Ci-dessous, nous avons traduit les résumés des sept articles concernant le Liban et publiés entre le 14 mars et le 1er avril, tels qu’on les trouve dans les archives du Boston Globe. Trois d’entre eux concernent des cessez-le-feu. Quatre décrivent les combats comme étant entre chrétiens et miliciens musulmans sans intervention syrienne. L’un d’entre eux décrit l’armée syrienne comme n’étant pas concernée (mais opérant un redéploiement pour le cas où). Aucun ne montre la Syrie comme étant impliquée dans les combats. Un seul (il s’agit d’une troisième mise à jour d’un article précédent) signale qu’un certain général dirigeant un « Cabinet chrétien » dit que les combats sont contre les forces syriennes :

  • 15 mars 1989 :« 40 Libanais Meurent dans des Confrontations Confessionnelles. 40 personnes au moins, pour la plupart des civils, ont été tuées le 15 mars 1989 à Beyrouth, pendant que les combats entre entre les unités de l’armée chrétienne et les miliciens musulmans. Les duels d’artillerie ont fait pleuvoir des centaines d’obus sur les quartiers résidentiels de Beyrouth.
  • 15 mars 1989 : « 40 Libanais Meurent dans des Confrontations Confessionnelles (troisième mise à jour de l’article précédent): le général Michel Aoun, qui dirige un Cabinet militaire chrétien et 20.000 soldats chrétiens, a dit hier : “C’est une guerre de libération contre les forces d’occupation syriennes. La bataille a commencé.” Le quartier-général d’Aoun a été endommagé par le bombardement terrestre. La police dit qu’en milieu d’après-midi, les forces d’Aoun ont bombardé la ville frontalière [sic] de Chtaura [au centre du Liban], quartier-général du commandement des forces syriennes à l’est du Liban, dans la vallée de la Békaa, et a fermé l’autoroute Beyrouth-Damas. Le général Sami Khatib, choisi par [Salim Hoss] pour commander les 22.000 soldats musulmans de l’armée, est resté en-dehors de la bataille entre les chrétiens et les druzes. Ses soldats sont mal équipés et disséminés dans tout le territoire musulman libanais, qui, grosso modo, s’étend sur Beyrouth-Ouest, les taudis au sud de la capitale, le Sud-Liban et les régions côtières.
  • 16 mars 1989 : « Les Libanais observent un cessez-le-feu non officiel. Les forces rivales, chrétiennes et musulmanes, faisant une pause après deux jours de combats qui ont tué 50 personnes et en ont blessé d’autres, ont observé un cessez-le-feu non officiel, au milieu d’avertissements et de combats renouvelés.
  • 19 mars 1989 :  « Les bombardements terrestres continuent dans les collines près de Beyrouth. Les troupes dirigées par l’armée chrétienne, ainsi que les miliciens musulmans pro-Syriens, se sont livrés à des combats de tanks et d’artillerie dans les collines surmontant Beyrouth. Des raisons ont été présentées pour les derniers combats.
  • 21 mars 1989 : « Duels d’artillerie et raids aériens secouent le Liban. Il y a eu une éruption de violence entre les forces chrétiennes et musulmanes au Liban, alors que les avions israéliens bombardaient les positions palestiniennes dans la vallée de la Békaa.
  • 23 mars 1989 : « Redéploiement des troupes syriennes près de Beyrouth. La Syrie a déplacé ses troupes à Beyrouth dans de nouvelles positions et a appelé à chasser le leader chrétien Michel Aoun. La réorganisation militaire a lieu pour le cas d’une guerre à travers Beyrouth divisée, entre les troupes d’Aoun et des musulmans syriens. »
  • 29 mars 1989 : « Le cessez-le-feu commence au Liban, les bombardements terrestres se poursuivent. L’armée libanaise a accepté un cessez-le-feu pour donner à la Ligue Arabe une chance de négocier une fin à la crise du Liban.

Une telle servilité est étonnante dans un pays qui prétend avoir la presse la plus libre du monde. Dans un pays libre, il n’est pas besoin d’envoyer des lettres au Président pour obtenir que les journalistes rapportent une tragédie aussi gigantesque. L’argent ou d’autres formes de pression poussent les médias américains à accepter, dans le domaine de la politique internationale — et c’est le domaine le plus important — de se livrer à une auto-censure similaire à celle que la terreur impose dans les dictatures.

http://www.unesco.org.uk/press_freedom

La Maison-Blanche était très bien informée : elle avait son ambassadeur au Liban. Le télégramme ci-dessous, publié par Wikileaks, fut écrit le 14 mars 1989 par John McCarthy, alors ambassadeur américain à Beyrouth. Il parle du bombardement, et dit que Nabih Berri, chef du mouvement Amal, avait fait savoir à l’ambassadeur que ce n’était pas lui qui avait bombardé le ministère libanais de la Défense (MOD). Berri sous-entendait ainsi que c’était l’armée syrienne qui avait bombardé le ministère en question. A part Amal et l’armée syrienne, en effet, il n’y avait, à Beyrouth Ouest, aucune force possédant une artillerie lourde lui permettant de se livrer à des bombardements de ce calibre :

US embassy Beirut 14 march 1989

Pourquoi George H.W. Bush a-t-il gardé le silence au sujet de la tragédie du Liban en mars 1989, alors qu’il était informé de façon quotidienne par ses diplomates et ses services de renseignement?

Peut-être parce que George Bush voulait laisser agir l’armée syrienne et les milices financées par la Syrie et l’Arabie Saoudite. Il approuvera par la suite l’invasion syrienne du Liban (13 octobre 1990). Quelques jours plus tôt, il aura préparé l’opinion publique américaine dans un échange à la Maison-Blanche, avec les représentant de la communauté moyen-orientale, le 24 septembre 1990. Durant cet échange, il refusera de mettre à égalité le Liban et le Koweït en matière de droits, et refusera de punir Hafez Assad comme il punissait Saddam, alors que le Liban avait subi l’occupation d’Hafez Assad depuis très longtemps, alors que le Koweït subissait tout juste celle de Saddam. Il alla jusqu’à annoncer que la Syrie jouerait un rôle pour mettre fin à la division du Liban, et donc, qu’elle l’occuperait complètement :

Une femme : « Une question au sujet du Liban, je vous prie… ».
Bush : « Feu ! ».
La femme : « …Notre gouvernement a pris contre l’Irak toutes les mesures que nous lui avions demandé avec insistance de prendre contre la Syrie qui a commis une agression similaire contre le Liban. Apparemment, la Syrie est maintenant l’alliée de notre gouvernement et des autres contre l’Irak. Ceci nous trouble beaucoup, excepté si notre gouvernement projette d’utiliser [l’agression de Saddam] pour pousser Hafez Assad à se comporter de la façon civilisée que nous tentons d’exiger de Saddam Hussein.
« Voici ma question : Quel est notre plan pour que la Syrie se comporte selon ces standards ? Et s’il n’y a aucun plan, est-ce que notre alliance avec la Syrie ne compromet pas, sur le plan moral, notre position dans l’effort mondial contre l’Irak ? »
Bush : « Cette affaire est si compliquée qu’il est joliment difficile de vous donner une réponse précise. Mais il pourrait bien sortir de tout cela un nouvel ordre mondial. De cela doit faire partie une solution pacifique de la division du Liban [la guerre d’après Bush est civile]. J’ai été là-bas. J’y ai travaillé il y a quelques années. Et je suis assez âgé… pour me rappeler le Liban comme un carrefour paisible. Quoi qu’il arrive dans le reste du monde, le commerce survivait. Les gens s’entendaient. Diverses religions et manières de vivre prospéraient.
« Nous voulons [aider] à apporter la paix au Liban… Et la Syrie a un rôle clé à y jouer. Et j’espère que, de cela, sortira un nouvel ordre mondial, si vous voulez, qui émergera si nous restons tous ensemble [avec Hafez Assad] pour être les catalyseurs de la paix au Liban… ».

George H.W. Bush

Et c’était le président d’un pays démocratique qui parlait, ouvertement, devant les caméras de télévision et les microphones, d’une dictature mettant fin à une démocratie par le moyen d’une invasion sanglante ! A comparer avec la façon dont le régime syrien est traité par les autorités américaines depuis qu’il a quitté le Liban et a accepté de reconnaître son existence comme un Etat libre et souverain, en procédant à un échange d’ambassadeurs, pour la première fois dans l’Histoire.

Ceci, sachant que Bachar Assad, contrairement à son père, n’avait pas commis de massacres avant que la guerre n’éclate en Syrie. Et que cette guerre avait été préparée depuis des années, et financée par les mêmes puissances étrangères qui avaient jeté de l’argent ou pesé diplomatiquement pour tuer au Liban. Juste retour des choses, ont dit certains. Non : injustice. Car l’Occident soutient les criminels survivants du régime d’Hafez Assad, tout comme il les soutenait avec Hafez autrefois. Rien n’a changé.

© Lina Murr Nehme,
Beyrouth le 25 novembre 2014.

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Censorship in American media: it can go that far

Contrary to preconceptions, the American media are, in the area of foreign politics, heavily influenced by unscrupulous entities that are, sometimes, related to the government.

This subservience is not obvious: the journalists in the United States are impertinent in the area of domestic policy. So the average American does not know enough about foreign politics to be able to check the data provided to him… or to know what is hidden from him.

While I was in Lebanon in February 1989, I had ordered sets of prints of some of my paintings. I had to go from Jounieh to Cyprus by boat, in order to return to the USA, where I lived, near Boston. I could not know that I had taken the last boat, and that heavy bombardments would close this port a few hours after my departure.

Three weeks later, as I needed to have a few samples of the prints, I called my parents in Lebanon and asked if they had received my prints. My father said:

“We are working as fast as we can. But we are under unceasing heavy Syrian bombardments. You know we are at war, don’t you?”

“No. I did not know. Otherwise I would not have asked for my prints.”

“We are experiencing the worst bombardments we have ever known. But we are happy, because at long last, Lebanon has declared war on Syria.

It was huge: the war had lasted so many years, and the Syrian army was occupying part of Lebanon. The Lebanese army would fight against the Syrians at some places, yet, the Lebanese politicians had never dared talking of bombarding the Syrian army in Lebanon openly.

I called the Lebanese journalists I knew in America. They confirmed the existence of a blackout in the American medias, concerning Lebanon. One of them faxed me a sample of a letter to sign and send at the White House to George H.W. Bush, who was then president. In this letter, the sender demanded that the American media told the truth about the Syrians in Lebanon. I signed the letter and put it in an envelope which I stamped. I wrote on the envelope the name and address of George Bush, and I posted it, without hoping much of a result.

After a few days, the media stopped the blackout. I called the same journalist and I asked him what had happened. He said: “Fifty thousand of us sent letters to the White House. That’s why the media have stopped the blackout. Read the Boston Globe“.

On 2 April 1989, the Boston Globe wrote in its editorial page:

“Since March 14, the people of Beirut have suffered from artillery bombardments that have made their existence a nightmare. In one night, 5,000 rockets fired from Syrian positions in West Beirut landed on the Christian quarters of East Beirut. Enormous fuel-storage tanks have been set ablaze, and the fires have burned out of control. Power stations have been knocked out, and since Beirut depends on pumps for its water supplies, the cutoff of electricity has meant a city without lights and water.
“American newspapers and television networks have been hampered in reporting the tragedy of Beirut’s bombardment — the hundreds of casualties, the thousands of refugees fleeing south. The Bush administration has kept silent.”

Boston Globe 1989-Beirut Bombardment det-pt

Who could hamper all the American media from doing their job while the Bush administration was also keeping silent? And why?

The effects of this hampering are amazing. In the period from March 14 until the editorial cited above, the Boston Globe’s articles make it appear that nothing is happening in Lebanon except truces and some fighting between Christians and Muslims or Druzes. Below are the abstracts of all seven articles about Lebanon from March 14 to April 1, taken from the Boston Globe archives. Three of them are about truces, four of them describe the fighting as being between Christians and Muslim militiamen without Syrian involvement, one of them describes the Syrian army as not involved (but re-deploying just in case), zero describe Syria as being involved in the fighting, and only one (a third update of a former article) mentions that a certain General leading a “Christian Cabinet” says the fighting is against Syrian forces.

  • 40 Lebanese Die in Sectarian Clashes, Mar 15, 1989: At least 40 people were killed, mostly civilians, on March 15, 1989 in Beirut as Christian army units and Moslem militiamen fought an artillery duel which rained hundreds of shells on Beirut’s residential areas.
  • 40 LEBANESE DIE IN SECTARIAN CLASHES, Mar 15, 1989 (third update): Gen. Michel Aoun, who leads a Christian military Cabinet and commands 20,000 Christian troops, said yesterday: “It’s a war of liberation against Syrian occupation forces. The battle has begun.” Aoun’s headquarters were damaged in the shelling. In midafternoon, police said, Aoun’s forces shelled the border town [sic] of Chtaura [in the center of Lebanon], command headquarters for Syrian troops in east Lebanon’s Bekaa Valley, and cut the Damascus-Beirut highway. Gen. Sami Khatib, chosen by [Salim Hoss] to command the army’s 22,000 Moslem soldiers, has kept out of the Christian-Druze battle. His troops are poorly equipped and scattered throughout Lebanon’s Moslem territory, which generally covers West Beirut, the slums to the south of the capital, and south Lebanon and coastal areas.
  • Lebanese Observe Uneasy, Unofficial Truce, Mar 16, 1989: Rival Christian and Moslem forces, pausing after two days of fighting that killed 50 people and wounded others, observed an uneasy and undeclared truce amid warnings of renewed fighting.
  • Shelling Continues in Hills Near Beirut, Mar 19, 1989: Christian-led army troops and pro-Syrian Moslem militiamen battled with tanks and artillery in the hills overlooking Beirut. Reasons for the latest fighting are presented.
  • Artillery Duels, Air Strikes Rock Lebanon, Mar 21, 1989: Violence erupted between Christian and Moslem forces in Lebanon while Israeli planes bombed Palestinian positions in the Bekaa Valley.
  • Syria Troops Redeployed Near Beirut, Mar 23, 1989: Syria moved its troops in Beirut to new positions and called for the ousting of Christian leader Michel Aoun. The military reorganization is in case of war across divided Beirut between Aoun’s troops and Syrian Moslems.
  • Lebanese Truce Starts; Shelling Subsides, Mar 29, 1989: The Lebanese army has agreed to a cease fire to give the Arab League a chance to negotiate an end to Lebanon’s crisis.

Such a subservience is amazing in a country that claims to have the freest press in the world. In a free country, there is no need to send letters to the President in order to have journalists report so huge a tragedy. Money or other forms of pressure make the American media accept, in the area of international politics — the most important area — a self-censorship similar to the one that terror imposes in dictatorships.

https://www.unesco.org.uk/press_freedom

The White House was very well informed about the situation in Lebanon: that’s what ambassadors and secret services are for. The following telegram published by Wikileaks, was written on 14 March 1989 by John McCarthy, the American ambassador in Beirut. It speaks of the bombardment, and says that Nabih Berri, head of the Amal movement, wanted the ambassador to know that he was not the one who had bombarded the Lebanese MOD (Ministry of Defense). Berri implied that the Syrian army was the one to have bombarded the MOD: besides Berri’s Amal, there was no other armed force having a heavy artillery capable of doing such shelling:

US embassy Beirut 14 march 1989

Why did George H.W. Bush keep silent about the tragedy of Lebanon in March 1989, despite being kept informed on a daily basis by his diplomats and his intelligence services?

Perhaps because George Bush wanted to leave a free hand to the Syrian army and the militias financed by Saudi Arabia and Syria. He would later approve the Syrian invasion of Lebanon (13 October 1990). A few days earlier, he even prepared the American opinion at a White House Briefing for Representatives of the Arab-American Community, on 24 September 1990. In this briefing, he refused to grant Lebanon the same human rights as Kuwait, and punish Hafez Assad like Saddam Hussein since he had committed the same crime: invading a neighboring country. In fact, Assad was far more guilty. He had shed much more blood than Saddam, and had invaded Lebanon many years before Saddam had invaded Kuwait. George H.W. Bush went so far as to announce that Syria would have a role in ending the division of Lebanon, which meant that Syria would occupy the totality of Lebanon:

A woman: “One question about Lebanon, please.”
Bush: “Shoot.”
The woman: ” …Our government has taken every action against Iraq that we have been urging should be taken against Syria for its similar action in Lebanon. Syria is now apparently allied with our government and others against Iraq. This disturbs us greatly, unless our government has some plan to use its newfound leverage on Syria to cause Hafiz Assad to conform to the norms of civilized behavior that we are attempting to enforce against Saddam Hussein.
“This is the question: What is our plan to make Syria conform? And if there is no plan, doesn’t our alliance with Syria compromise our moral position in the worldwide effort against Iraq?”
Bush: “This thing is so complex over there that it’s pretty hard to give you a definitive answer. Out of this, though, there could well be a new world order. And part of that must be the peaceful resolution of the division of Lebanon. I’ve been there; I’ve worked there years ago. And I’m old enough … to remember Lebanon as the peaceful crossroad. It didn’t matter what was going on in the rest of the world; commerce survived, people got along one with the other, different religions and different ways of life all thriving there. We want to help… bring peace to the Lebanon. And Syria does have a key role. And I hope out of this that we can use this new world order, if you will, that might emerge if we all stay together [with Hafez Assad] to be catalysts for peace in the Lebanon”.

George H.W. Bush

It was the President of a democratic country speaking, openly, in front of microphones and television cameras, of a dictatorship putting an end to a democracy by a bloody invasion! This is to be compared with the way the Syrian regime is treated by the American authorities since it left Lebanon and accepted to acknowledge Lebanon’s existence as a free State, by exchanging ambassadors, for the first time in history.

This, knowing that Bachar Assad, unlike his father, had not committed any massacres before the beginning of the war in Syria. This war had been prepared for years, and financed by the same foreign powers as the war of Lebanon.

Some people say that what is happening to Bachar Assad is justice. I would say the opposite. The criminals who survived from the Hafez Assad regime, are today in the opposition that is backed by the West. The West backs these criminals today just as it backed them and Hafez in the past. Nothing has changed.

© Lina Murr Nehme
Beyrouth, 25 novembre 2014.

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L’EIL, héritier des Arabes: torture au palan et crucifixion

Les Libanais, les Syriens, les Palestiniens donnent au palan son nom italien, palanco (prononcé balanco), qui vient du latin palanca.

Le palan est une des machines utilisées, dans l’Antiquité, à soulever les gros blocs de pierre. Le dessin ci-dessous montre un palan soulevant un bloc de pierre, tel que l’a décrit Vitruve.

 Baalbek la Plenicienne-Murr Nehme-p46

On donne surtout ce nom au Liban à la machine à soulever les voitures. Cette machine, ou ce qui lui ressemble, est également utilisée comme instrument de torture, comme dans les deux photos ci-dessous.

  Balanco-2 fr

Balanco-3 fr

« La victime est accrochée par les pieds ou les mains (ou plus souvent un seul pied ou une seule main), à un des palans avec lesquels on soulève les voitures. Dans cette position, elle est fouettée ou balancée contre le mur. Un médecin est parfois présent pour avertir les bourreaux du degré de torture que la victime peut encore supporter. (Reconstitutions réalisées avec l’aide d’anciens otages libanais détenus en Syrie.)
« Il existe un supplice semblable au palanco, dit Elias Tanios, c’est celui de l’échelle. Le détenu est lié sur une échelle. Puis l’échelle est redressée, sa tête demeurant en bas. Dans cette position, le sang descend vers la tête, et au bout d’un certain temps, vous avez l’impression que vos yeux vont sortir de leurs orbites ».
(Lina Murr Nehmé, Les Otages Libanais dans les prisons syriennes, Aleph et Taw, Beyrouth 2008, p. 26.)

En fait, la torture au palan n’est pas une chose nouvelle. C’est une des plus anciennes méthodes de torture décrites dans les livres et les sculptures. Les Grecs et les Romains l’ont utilisée pour soulever les humains et les torturer. Le dessin ci-dessous montre des chrétiens que les Romains ont accrochés à un palan.

Palanco-first Christians

Un arbre peut jouer le même rôle, la souffrance de la victime sera la même. Ci-dessous, sculpture grecque représentant Marsyas, victime du dieu Apollon.

Lina Murr Nehme_Marsyas

Parfois, les bras sont liés ou cloués en étant étendus horizontalement, pour augmenter la souffrance de la victime. Alexandre de Macédoine a ainsi crucifié des milliers de jeunes Phéniciens à Tyr (Liban), parce qu’ils lui avaient résisté.

Les Romains appliquaient la crucifixion aux esclaves et en exemptaient les citoyens romains. Ce supplice, pratiqué en public, était si horrible que l’art chrétien a évité, durant des siècles, de représenter le Christ en croix. Ci-dessous, la plus ancienne représentation de la crucifixion connue: celle du manuscrit oriental de Rabboula.

Rabboula

Les Byzantins, au contraire, avaient aboli la crucifixion et d’autres pratiques féroces, après la conversion de l’empire romain au christianisme. Pendant ce temps, les Perses et les Arabes continuaient à infliger ces tortures.

Quand les Arabes ont occupé le Levant, ils ont torturé à l’aide du palan les chrétiens (libanais, palestiniens et syriens) qui ne payaient pas la jizya, ou impôt de capitation, à temps. De Beyrouth, l’imam Ouzaï s’était élevé contre ces pratiques et avait défendu les innocents. (ci-dessous, page de Si Beyrouth parlait, par Lina Murr Nehmé.)

Lina Murr Nehme-Si Beyrouth parlait-128

Les Turcs ont hérité des méthodes de torture arabes, dont le palanco et son dérivé, la crucifixion. Dans la page ci-dessus, on peut voir à ce sujet un fac-similé tiré d’un livre publié à la Renaissance.

Les régimes orientaux qui ont remplacé les Arabes et les Turcs en Syrie, au Liban, en Palestine, en Jordanie, en Irak et dans le reste du Moyen-Orient, ont hérité du palan comme moyen de supplice. En secret, ils emploient souvent aussi la crucifixion. Daesh (EIL) se vante d’appliquer les supplices coraniques, dont la crucifixion, qu’elle inflige en public (ci-dessous).

Daesh

Daesh est le régime qui pratique le plus la torture aujourd’hui au Moyen-Orient, dans les cachots comme dans la rue.
Et ce, pour deux raisons.

La première est que l’Etat islamique règne sur la plus grande surface de terre habitée au Moyen-Orient, et qu’il s’étend très vite. Ses victimes sont nécessairement plus nombreuses, puisque c’est un temps de guerre.

La seconde est que Daesh n’est pas aimé. Comme tous les régimes impopulaires, il ne peut s’imposer que par la terreur: meurtre et torture intensive.

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داعش، وريثة العرب في استعمال البَلانكو والصلب

كلمة «بَلانكو» إيطالية من أصل لاتيني (بَلانكا)، وكانت تُستعمل في الأزمنة القديمة لتسمية الآلة التي تُرفَع بها الحجارة الثقيلة. والصورة أدناه لإحدى الآلات القديمة، كما وصفها فيتروفيوس.

Phoenician Baalbek-Murr Nehme p46

ولا يزال يطلق اسم «بَلانكو» على الآلة نفسها، خصوصًا حين تُرفَع بها السيارات بغية نقلها أو تصليحها. وهذه الآلة، أو ما يشابهها، تُستعمل أيضًا للتعذيب، كما في الصورتين أدناه:

 Balanco-2

Balanco-3

«تُعلّق الضحيّة من قدميها أو من يديها (وفي الغالب من قدم واحدة أو من يد واحدة)، بإحدى الرافعات الّتي تستعمل لحمل السيّارات. وفي هذه الوضعيّة، يتمّ جلدها أو دفعها في اتّجاه الحائط.

«ويحضر أحيانًا طبيب لينذر الجلاّدين بمقدار التعذيب الذي يمكن للضحيّة احتماله بعد.

«يقول معتقل سابق: “ثمّة وسيلة تعذيب مشابهة للبلانكو، وهي السلّم. يُقَيـَّد السجين إلى السلّم. ثمّ يوقف السلّم، فيبقى رأس الضّحيّة في الأسفل. هذه الوضعيّة تتسبب بتدفّق الدم إلى الرأس، وبعد مدة، يخيّل إلى المرء أنّ عينيه ستخرجان من وجهه”».

(لينا المر نعمة، «المخطوفون اللبنانيون في السجون السورية»، ألف وتاو، بيروت، ص ٣٠.)

البلانكو ليست وسيلة تعذيب حديثة. إنها إحدى أقدم وسائل التعذيب المعروفة في الكتب والمنحوتات. وقد استعملها اليونانيون والرومان لرفع البشر وتعذيبهم. الصورة إلى الأسفل لمسيحيين علقهم الرومان على البلانكو.

Palanco-first Christians
وقد يُغني الشجر عن استعمال الآلة، إنما التعذيب هو نفسه. في الصورة إلى الأسفل، منحوتة يونانية تمثل مارسياس، ضحية الإله أبولون.

Lina Murr Nehme_Marsyas
وأحيانًا كان الذراعان يُربَطان أو يُسمّران في شكل أفقي، ليزداد ألم الضحية. وهذا هو الصلب. ولم تُستعمل دومًا الحبال لتعليق الضحايا، بل علقت أحيانًا بالمسامير، عموديًّا أو أفقيًّا. وقد صلب الإسكندر المقدوني آلاف الشبان الفينيقيين في صور (لبنان)، لأنهم قاوموه.

وكان الرومان يمارسون الصلب على العبيد والأغراب، ويعفون أنفسهم منه. ولكثرة ما كان هذا النوع من التعذيب مروعًا، تجنب الفن المسيحي رسم المسيح المصلوب، طوال قرون. وهذا الرسم للمسيح المصلوب، هو الأقدم المعروف. وهو في مخطوطة ربولى المشرقية.

Rabboula

أما الروم، فقد منعوا الصلب وغيره من الممارسات الوحشية، بعد اهتداء الأمبراطورية إلى المسيحية. لكن هذه الطرائق ظلت تُمارَس عند العرب والفرس.

وعندما احتل العرب المشرق، عذبوا بالبلانكو المسيحيين اللبنانيين والسوريين والفلسطينيين إن لم يدفعوا الجزية في الوقت المحدد. فهب الإمام الأوزاعي من بيروت لنصرة المظلومين:

لينا المر نعمة-بيروت ان حكت-١٢٩

وورث الأتراك أساليب التعذيب العربية، ومنها البلانكو. وإلى الأدنى، صفحة من القسم الفرنسي لكتابي «بيروت إن حكت» (وهو باللغتين)، وضعتُ فيها صورة طبق الأصل لأحد النصوص التي تروي ذلك.

Lina Murr Nehme-Si Beyrouth parlait-128

وطبعًا ورثت الأنظمة الشرقية التي حلت محل العرب والأتراك في لبنان وسوريا وفلسطين والأردن والعراق وسائر الشرق الأوسط، وسيلة التعذيب بالبلانكو. وفي سر السجون، هي تستعمل أيضًا الصلب. أما داعش، فهي تفتخر بتطبيق الحدود (أي العقابات الشرعية)، منها الصلب، وهي تصلب البشر في الساحات (الصورة أدناه).

ISIS crucifixion of Christians

داعش هي الكيان الأكثر استعمالاً للتعذيب في الشرق الأوسط اليوم، لسببين. أولاً لأنها تسيطر على أكبر بقعة جغرافية سكنية في الشرق الأوسط، وتمد سلطتها بسرعة قصوى. لا بد من أن تكون ضحاياها كثيرة، لأن الزمن هو زمن حرب.

ثانيًا، داعش ليست محبوبة، فلا تستطيع أن تفرض نفسها إلاّ بالرعب: القتل والتعذيب المكثف.

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ما لم يقله العميد فايز كرم

ما لم يقله العميد فايز كرم

بقلم لينا المر نعمة

العميد فايز كرم هو من الضباط الذين أحيلوا على سجن المزة، في سوريا، بعد ١٣ تشرين الأول ١٩٩٠، حين دخل الجيش السوري إلى أهم مراكز الدولة اللبنانية. ولم يوقف فايز كرم في منزله، بل في مركزه في وزارة الدفاع، في اليرزة. هناك كان من القلائل الذين بقوا، لأنه كان منهمكًا في إتلاف الوثائق والمستندات التي لا يجب أن تقع في أيدي المحتل. لهذا السبب وقع هو في يد المحتل.

Syrians ministry of Defense Yarze

وازداد احترامي لفايز كرم سنة ٢٠٠٩. كان يستطيع أن يفوز في الإنتخابات النيابية في قضاء زغرتا، بسبب شعبيته، ولأنه كان المرشح الوحيد للتيار الوطني الحر في زغرتا. لكنه، في الدقيقة الأخيرة، سحب ترشيحه، خدمة لمصلحة المعارضة.

وفي السنة التالية، أوقِف فايز كرم لدى فرع المعلومات، الذي كان يرأسه اللواء وسام الحسن، المقرب من سعد الحريري. لم يكن وسام الحسن يشغل منصبًا سياسيًّا رسميًّا في تيار المستقبل، لكنه كان يلعب دورًا أساسيًّا في السياسة اللبنانية. وبدا هذا الدور من خلال عنف الخطابات التي ألقيَت بعد موته، والتي أدت إلى محاولة اقتحام الساراي، حيث كان نجيب ميقاتي، خصم سعد الحريري.

وفور توقيف فايز كرم، امتلأت الصحف وشاشات التلفزيون وصفحات الإنترنت بالإشاعات التي تتهمه بالعمالة، بناء على تسريبات تقول إنه اعترف خطيًّا بهذه العمالة.

لم أصدق، لأن ذلك لم يكن منطقيًّا. العميل أناني، يخدم مصلحته على حساب المصلحة العامة. لا يرفض مركزًا يدر عليه الجاه والسلطة والمنبر الإعلامي والمال، ويعطيه الحصانة التي ستحميه من الملاحقة. وهنا يجب التذكير بأن النائب يربح شهريًّا ١٢ مليون ليرة لبنانية، إضافة إلى موقف للسيارة في ساحة النجمة، وسط بيروت، ومكتب مجاني مؤلف من غرفتين مفروشتين وحمام، يصله التلفون والإنترنت والكهرباء والماء مجانًا. لا يمكن استأجار مكتب له هذه الخصوصيّات، بأقل من ٢٠٠٠ دولارًا شهريًّا.

ومورسَت على فايز كرم الضغوط الجسدية والمعنوية لإرغامه على الإقرار بالتهم المنسوبة إليه. وعكس ما سُرِّب، لم يعطِ كرم أي اعتراف حقيقي طوال ٦٩ يوم من التحقيق والتعذيب. أما الاعترافات التي وقع عليها، فكانت تُملى إليه تحت التهديد. وبما أن التسجيلات تفضح ذلك، لم تتمكن المحكمة من الحصول عليها.

فكتبتُ في صفحتي على الفايسبوك في ٥ أيلول ٢٠١١:

«رح نصدق انو يللي مسجلين كل تلفونات الغرام تبع كل شاب وكل بنت وكل رجال وكل مرا من سنة ٢٠٠٠ ومحتفظين فيهم، واذا طلبتهم المحكمة الدولية بيعطوها اياهم، ما بيحتفظو بتسجيلات ضابط بأهمية فايز كرم وبيتلفوها بعد شهرين؟»

وهذا الرجل الذي رفض ١٢ مليون ليرة شهريًّا ومكتبًا قيمة إيجاره ٢٠٠٠ دولار شهريًّا، اتُّهِمَ ببيع نفسه في مقابل بضعة آلاف يورو! فكتبتُ في صفحتي على الفايسبوك في ٢٣ شباط ٢٠١١:

«كلنا منعرف قديش كان الحريري يدفع لكل مسيحي اشتهر بالمعارضة تا يفوت عا ليستتو ضد عون: من النصف مليون لـ المليون ونصف حسب الشهرة. وبدهم ايانا نصدق إنو فايز كرم يلي رفض يكون بليستة الحريري بهالسعر، بدو يتبرطل بعشرات الآلاف؟ خصوصي إنو لو صار نائب كان قبض هالكمية بكم شهر كمعاش».

Fayez Karam-Photo Karam

وبعد المقابلة التي أجراها فايز كرم مع تلفزيون الجديد، اتصلتُ به، الخميس ٣٠ تشرين الأول ٢٠١٤، لأعطيه رأيي. والذي يحترم الآخر يقول له الانتقادات قبل المجاملات. فأجابني، ونشرتُ الحديث. لكن المقابلة توسعت بسبب الأسئلة التي طرحها الناس، والأبحاث المكثفة التي قمتُ بها لمدة أسبوع للإجابة، إضافة إلى الاتصالات والمقابلات التي أجريتها مع الأشخاص الذين يحبون العميد كرم والأشخاص الذين يكرهونه.

وهذا ما قاله لي العميد فايز كرم:

«موضوع اعتقالي هو أكبر بكثير من وسام الحسن. الموضوع ضخم جدًّا. إنه موضوع مخابرات. ليست مخابرات محلية، بل دولية على نطاق يفوق كثيرًا فرع المعلومات. كان المقصود من توقيفي واتهامي بالعمالة، ضرب العلاقة بين الجنرال عون وحزب الله. هذا هو الواقع.

Nasrallah-Aoun

«وطُرِحَت عليَّ أسئلة عديدة لجعلي أقول شيئًا ما، يمكن استعماله ضد الجنرال عون. كانوا يسألونني، مثلًا: “إنت كنت وسيط بين عون وبين الإسرائيليين؟” أو: “رحت مع عون ع أميركا؟”… لكن كل الأسئلة والأجوبة التي تناولت موضوع ميشال عون، حُذفَت، بناء لقرار من رئيس المحكمة، نزار خليل، الذي رفض الاستماع إلى ذلك، بالرغم من أن فرع المعلومات كان قد أحضر محضرًا في موضوع الجنرال.

«كل قضية توقيفي سياسية. والدليل على ذلك السيجال السياسي الذي أخذ حيزاً كبيراً بين ٨ آذار و ١٤ آذار حول قضيتي، إضافة إلى اختفاء التسجيلات الصوتية والفيديوهات. وقيل خلال المحاكمة إنها أتلفت. وعندما سألهم المحامون عن هذه التسجيلات، قال أحد المحققين: “صحيح في تسجيلات، بس أتلفناهن”. أتلفوا هذه التسجيلات لأنها خير دليل على براءتي.

«وبما أني كنتُ الضحية وموقوفًا، لا أستطيع أن أقول أي دولة هي التي لعبت هذا الدور. وسام الحسن هو مَن أوقفني، لكنه كان في قضيتي مجرد منفذ.  لهذا السبب، لن أتكلم عنه كثيرًا، وأيضًا لأنه توفي. أنا لا أهاجم إنسانًا مات.

Ghaleb Abou Zaynab

«قيل أيضًا عني إني زوّدت الإسرائيليين بتفاصيل تنقلات المسؤول في العلاقات السياسية في حزب الله، الحاج غالب أبو زينب. لكنني لم أتعرف إلى الحاج غالب إلا بعد سنة ٢٠٠٧. فكيف يمكنني تزويد الإسرائيليين بمعلومات عن تنقلاته قبل هذا التاريخ؟

«قبل الانتخابات [إنتخابات سنة ٢٠٠٩]، جاء إليّ الحاج غالب أبو زينب، وطلب مني مقابلة الشيخ نعيم قاسم، نائب الأمين العام لحزب الله. فزرت الشيخ قاسم. وحاول إقناعي بعدم خوض الانتخابات، لعدم شق صف المعارضة وإضعافها في الشمال.

«أنا كنتُ أخوض الانتخابات، ليس ضد فرنجية، بل لتثبيت موقع التيار الوطني الحر في منطقة زغرتا. كنتُ قد أعلمتُ سليمان فرنجية أن هدفي لم يكن الوصول، بل ترك مكان للتيار في الشمال. إن كان اسم فايز كرم يشكل مشكلًا بسبب وجود مرشح آخر من عائلة كرم، فكنتُ مستعدًّا على الانسحاب لمصلحة شخص آخر من التيار الوطني الحر. لأن شباننا كانوا الأساس في النضال في أيام الاحتلال السوري. فقد تركوا عائلاتهم وإقطاعياتهم السياسية، وخدموا الدولة والجيش. وكانوا أول مَن ناضل في أيام الاحتلال، وأهينوا، وضُربوا، وسُجنوا. كان يجب أن يكون لهم تمثيل في المجلس النيابي، كي لا يرغَم كل منهم على العودة إلى عائلته وإلى الإقطاع الذي كان يرفضه.

«ومع ذلك، لم أكن أريد إضعاف قضية وطن. فقلت للشيخ قاسم: “كرمى لشهداء الجيش وشهداء المقاومة، إني سأقبل أن أنسحب، لكني لا أريد أن يُعرَف ذلك، وأنا لن أعلنه إلا في الدقيقة الأخيرة “. والشيخ نعيم قاسم موجود، يمكنكِ أن تسأليه.

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«ومع اقتراب موعد الإنتخابات، عرض علي وسام الحسن ٥٠٠ ألف دولار أميركي وسيارتين مصفحتين رباعيتي الدفع كي لا أنسحب من المعركة الانتخابية، لأنهم كانوا يريدونني أن أخرق لائحة فرنجية. هذا ما قاله لي وسام الحسن حرفيا. ووعدني بأن رئيس جهاز أمني في الشمال سيؤمن لي أصوات المسلمين السّنة في قضاء زغرتا – الزاوية إذا استمررتُ في ترشيحي. فرفضتُ المال. لو كنتُ عميلاً، هل كنتُ لأرفضَ نصف مليون دولار، إضافة إلى مقعد نيابي وسيارتين مصفحتين؟ كلا. كنتُ أخذتُ المال والمقعد والسيارتين.

«وفي اجتماع الخميس مع الجنرال عون، قال أحد الأشخاص الموجودين إن سفير إحدى الدول قال له: “فايز كرم حمار، عُرض عليه ٥ ملايين دولار (أخطأ فقال ٥ ملايين بدل ٥٠٠ ألف!) ليصير نائبًا ورفض!”

ــ كيف تعرفتَ إلى وسام الحسن؟

ــ كان الجنرال عون رافضًا أن يلتقي به لأنه يحاربنا سياسيًّا. وكان وسام الحسن يتهم عناصر التيار الوطني الحر بأمور عديدة لم تكن صحيحة. فكلفني الجنرال، سنة ٢٠٠٧ أظن، أن ألعب دور ضابط ارتباط بين  التيار الوطني الحر وفرع المعلومات في ما خص كل الشكاوى التي كان يوجهها فرع المعلومات إلى عناصرنا. كان مثلا وسام الحسن يقول لي: “‘إنتو عم تتدربو عسكريًّا”. وليثبت كلامه، كان يعطيني صورًا لشبان يتمرنون. وإذا حققنا فيها، رأينا أنها التقطت في مخيم كشافة في أيام الاحتلال السوري.

Wissam Hassan-Face

ــ هل كان عناصركم في هذه الصور مسلحين؟

ــ كلا! وكان أيضًا وسام الحسن يقول لي: “إنتو عم تتسلحو. إجاكن سلاح”. هذه من التهم التي كان يوجهها إلينا.

ــ هل كانت لديه وثائق تثبت هذه الاتهامات؟

ــ كلا. كانت اتهماته مجرد كلام، فيحاول سحب المعلومات منا لعلها كانت صحيحة. لكنها كانت عارية من الصحة تمامًا. لو وُجِدت إثباتات، لما احتاج وسام الحسن إلى أن يقول لنا إننا متهمون. لكان استعمل هذه الإثباتات في القضاء ونشرها في الصحف.

ــ كيف جرى توقيفك؟

Wissam Hassan-Table-

ــ دعاني وسام الحسن إلى تناول القهوة معه. فذهبتُ، وكان يوم خميس. فأدى لي التحية العسكرية،  وتأهل بي. وقال لي: “في شغل بدنا نشتغلو سوا”. وجلسنا.

«لكنه لم يقل لي ما هو الأمر الذي دعاني من أجله. وقال لي: “أنا بدي روح شوف رستم غزالة. فينا نأجلها لبداية الأسبوع الجاي؟”

«واتصل بي هاتفيًّا يوم الثلاثاء ٣ آب ٢٠١٠، وقال: “فينا اليوم؟” فقلت: “نعم”، وعدت إليه. كنتُ أظن أن المشكلة تتعلق بالتيار الوطني الحر وأنه يريد إيصال شكوى جديدة للجنرال من خلالي.

Senior Lebanese intelligence official al-Hassan salutes in this photo taken in Beirut

«وعلى عادته، أدى لي التحية العسكرية، وجلستُ. وقال لي إن المشكلة تتعلق بي وليس بالتيار الوطني الحر. وكان هناك رجل باللباس المدني، جالسًا في مكتب وسام الحسن، تبين لاحقا أنه ضابط في فرع المعلومات ورئيس قسم التحقيق. وقال لي وسام الحسن: “بدو يسألك سؤال، بس مش هون، بمكتبو”. فذهبتُ معه، وهكذا تم توقيفي.

ــ بتهمة التعامل مع إسرائيل؟

ــ كلا. بتهمة الاتصال. وليس لديهم شيء يدل على ذلك. فقد طلبوا داتا الاتصالات، وتفحصوها، ولم يجدوا فيها أي رقم مشتبه به. وطوال التحقيق، وطوال المحاكمة، لم يسألوني سؤالاً واحدًا في هذا الموضوع. لم يقولوا لي مرة: “لماذا اتصلت بهذا الرقم؟”، بالرغم من أنهم أوقفوني بتهمة الاتصال بالعدو. أي اتصال؟ أين هو؟ ليس موجودًا. هذه من جملة الإفتراءات التي ألفت لاتهامي زورًا.

«لم يقل لي أحد إني متهم وإني سأقع في قبضة فرع المعلومات. وهذا أيضًا غير شرعي. فرع المعلومات مسؤول عن أمن الثكنات في قوى الأمن الداخلي فقط. لا يحق له التعاطي بشؤون العسكريين. وحدها مديرية المخابرات في الجيش يحق لها التحقيق مع العسكريين.

شعبة المعلومات-

«وكانت  الرسائل والتقارير التي تصل إلى النيابة العامة، يتصدرها ختم فرع المعلومات، ولكن فيه عبارة: “شعبة المعلومات”.

ختم شعبة المعلومات

«وهذه مخالفة فادحة للقانون، لأنهم، في ذلك الوقت، لم يكونوا شعبة، أي جهاز يهتم بالأمن بشكل عام.»

وبعدها سألتُ النائب ابراهيم كنعان، رئيس لجنة المال والموازنة في مجلس النواب، إذا كان قانونيًّا إطلاق اسم “شعبة” على فرع المعلومات اليوم، فقال لي إن تحويل فرع إلى شعبة يحتاج إلى قرار من مجلس الوزراء، وإن المجلس لم يصدر هذا القرار بعد.

ثم سألت العميد كرم:

«قيل لي في حينها إنك عانيتَ التعذيب. قيل لي، مثلا، إنهم جعلوك تقف على رجل واحدة لمدة ساعات، وإذا استعملتَ كلا قدميك، ضربوك على قلبك. أهذا صحيح؟

ــ نعم.

ــ لكنك لم تذكر ذلك، فتغيرَت الصورة كليًّا.

feyez karam-Photo Tayyar

ــ بدأت بذكر ذلك، ثم توقفت. لا أحب أن أتكلم على هذا الموضوع لأنه مهين. مهين جدًّا. وأنا عسكري. لا أريد أن تتبدل صورتي كرجل قوي.

ــ لكن يجب أن تتكلم. يجب أن تُعرف هذه الممارسات كي لا تتكرر مع غيرك. على أي حال، أنتَ لم تصغر، بل هم مَن صغِروا. هل قلَّت قيمة المسيح الذي عانى أكثر منك بكثير؟

ــ فور توقيفي، استُعملَت الوسائل المهينة لإرغامي على الإقرار بالتهمة المنسوبة إلي. أخذوني ووضعوني في السجن، وانهالت الإهانات. والإهانة أصعَب من التعذيب الجسدي. فحاولوا مثلاً ضربي بواسطة عائلتي. وكان يقول لي، وأنا أحدق إلى زوجتي وابنتي من خلف الزجاج: “بفرجيك شو بدنا نعمل بمرتك وبنتك”.

فايز كرم وابنته ميرا

«وأعطى أمامي الأمر بتوقيف ابني وبرميه في السجن. وحاولوا أن يحطموا علاقتي مع زوجتي، فأعلنوا أني كنتُ في فندق مع عشيقة لي، على حد قولهم. نعم، حاولوا إقناع زوجتي بأني أخونها لأقبل أن أقر بما يريدون.

Fayez Karam-wife-Daily Star

«لكن لم يكن لديهم شيء يبرزونه لإثبات ذلك. اعطونا إثبات! لا وجود لأي إثبات. وكان يجبرني على توقيع محاضر التحقيق تحت وطأة التهديد. كذلك فُرِضَت عليّ كتابة رسائل اعتذار الى عائلتي، أقر فيها بعمالتي المزعومة، وقد أملى علي المقاطع المتعلقة بالاعتراف المزعوم.

«وكيف أصف لكِ غرفة التحقيق؟ إنها كناية عن خلايا عديدة، عازلة للصوت، فلا يسمعكِ أحد إذا ضُرِبتِ أو افتُعِلَ بك أي شيء، مهما دوى صراخكِ. وكل واحدة من هذه الغرف على اتصال بغرفة مراقبة، يسجَّلُ فيها كل شيء. ففي كل من غرف التحقيق هذه مرآة شفافة، تسمح لهم برؤية كل ما يحصل في الغرفة. هذا، إضافة إلى التسجيبلات الصوتية والفيديو. وكل غرفة مساحتها مترين طولا ومترين عرضًا، وليس فيها أي نافذة، وتحتوي على طاولة وكرسيَّان أو أكثر، حسب الحاجة. كما ترين في الأفلام البوليسية الأميركية.

«منذ بداية احتجازي، طلبت من المحقق حضور محام وطبيب كوني سبق أن أجريت عملية القلب المفتوح، فقال لي: “لن يدخل الطبيب إلى هنا. ولن يدخل المحامي إلى هنا.” وفعلاً لم يدخل الطبيب أو المحامي إلى سجني إلا بعد مرور ٢٣ يومًا، أي بعد حضوري جلسة التحقيق الأولى عند قاضي التحقيق العسكري الأول، الرئيس رياض أبو غَيدا. وعندما دخل المحامي، قالو لي وله: “ممنوع تحكو عن التحقيق”. ولم يسمحوا لنا أن نختلي، فكان يجلس معنا أحد المحققين ويراقبنا. وكانوا أيضًا يراقبوننا من وراء المرآة الشفافة، ويستمعون إلى كلامنا. وكان جالسًا معنا، في غرفة التحقيق، واحد من المحققين، ويتدخل إذا لم يعجبه حديثنا. هذه أكبر مخالفة لأصول المحاكمات الجزائية.

Fayez Karam Tribunal

«كان الضغط النفسي كبيرًا. استعملوا وسائل تعذيب، منها البَلانكو. لكنهم لم يطيلوا استعمال البَلانكو، لأنهم كانوا يريدون إيخافي فقط. وكانوا باستمرار يقولون لي: “يا عميل”. والإهانة هي أكثر من التعذيب، كما قلت. وكلما أرادونني أن أقر بأمر ما، كرروه لأني لم أكن أقر. والضرب والضغط المعنوي والتكرار هي سجن؛ وأنتِ في داخله، موجعة تعبة، تصِلين إلى حد من الإرهاق، تقولين فيه أي شيء يريدونه، من دون أن تبالي. وكان يجرى التصحيح على كل كلمة كنتُ أقولها. كانوا يقرأون ويصححون. هكذا كتبوا في التحقيق إني تقاضيت ٧ آلاف يورو مقابل إعطائي معلومات أمنية للإسرائليين. لو كنتُ رجلًا يبيع نفسه، لما اكتفيت بـ ٧ آلاف يورو وحسب، بل بعت نفسي بـ ٥٠٠ ألف دولار ومقعد نيابي. كل القضية لم تكن منطقية. فقد مكثتُ مدة طويلة في فرنسا، وأنا في التقاعد. أي معلومات كان باستطاعتي إعطاؤها للعدو؟ على أي ملف رسمي كان يمكنني الاطلاع كي أبيعه؟

«ولم يكن لديهم شيئ، ولم يبرزوا شيئًا في المحكمة، بالرغم من طول التحقيق، الذي استغرق ٦٩ يومًا من التعذيب الجسدي أو المعنوي، لأنهم لم يجدوا شيئًا. فلو وجدوا، لكان توقف التحقيق بعد يومًا أو يومين، وهذا ما ينص عليه القانون. كانت محاكمتي لا شرعية، بعدم وجود دلائل لتأكيد اتهاماتهم. وبالرغم من ذلك، سُربت أكاذيب لا تزال تحطم سمعتي لدى مَن لا يعرفني. وأنا ذاتي، لو قرأتها عن شخص آخر، لقلتُ إنه عميل. وأنا عندي لبنان في أول اهتماماتي.  كان باستطاعتي أن أخون أو أن أساوم. لربحتُ لو فعلتُ ذلك. والآن، خسرتُ كل ما خسرته لأني أحببتُ لبنان وكنتُ وفيًّا له ولمَن يدافع عنه.

Chamel Roukoz

Georges Khamis-elnashraــ هل يمكنك أن توضح ما قلته على الضباط الآخرين، وخصوصًا شامل روكز وجورج خميس؟

ــ قلتُ إننا لسنا في تنافس، لا بل نحن في الفريق نفسه ومبادئنا واحدة. أكن لهما كل المحبة والتقدير، وأعتبرهما من خيرة ضباط الجيش.

ــ فعلى مَن تكلمت بهذه السلبية عندما قلت: “هناك ضباط هربوا وتخلوا عن عسكرييهم”؟

ــ أنا أتكلم عن بداية الحرب ومرحلة سقوط الثكنات. كنتُ آنذاك في قاعدة رياق الجوية. والضباط الذين أتكلم عنهم، ليسوا اليوم في الخدمة، بل هم كلهم كبار في السن، وأحيلوا إلى التقاعد».

ختامًا لهذا المقال، أريد أن أعلِم القارئ أن مناقشات عديدة وحادة دارت بيني وبين العميد كرم. فكنتُ أسرد له معلوماتي، وهو يؤكدها أو ينفيها. وكان يرفض التكلم على التعذيب أو على الأشخاص الذين ألحقوا به الأذى أثناء محاكمته، خصوصًا منهم الذين ليسوا اليوم على قيد الحياة. بصعوبة أقنعته أن الصمت لا يفيد لبنان، بل يؤذيه. فقبل الإدلاء بما سبق. لكنه رفض أن تكرر في هذه المقابلة، بعض الأمور التي قالها في المحاكمة، بالرغم من أن المحاكمة كانت علنية، ومضمونها ورد على شاشات التلفزيون آنذاك، ونشر في الصحف المطبوعة والرقمية. وكنتُ شخصيًّا موجودة في المحكمة فتابعتُ إحدى جلسات محاكمة فايز كرم.

وبسبب هذا النقاش وتحفظات العميد كرم، أصبحَت هذه المقابلة وزرًا عليَّ وعليه. حتى إني سألتُ نفسي، مرات عدة كل يوم، ما نفع كل هذا العمل الشاق الذي لم يكن ينتهي وكان يحزنني ويمتص كل قواي. لِم لا أترك المقال كما هو بدلًا من أن أرهق نفسي أكثر؟ ولم أتابع تحقيقي حتى النهاية إلا لسبب واحد، وهو أني أدين، كلبنانية، لكل شخص استشهد أو خاطر بحياته أو بسمعته أو سُجن أو تألم من أجل الكيان الذي نسميه «لبنان». ويظن العميد كرم أن التعذيب الجسدي والمعنوي الذي عاناه، قد يؤذي صورته كرجل قوي. لكني أقول له إن احترام الإنسان الكريم له لم يصغر، بل ازداد بعد معرفة ما عاناه. وإن الرجل الضعيف لا يستمر التحقيق معه ٦٩ يوم.

وقلتُ له إنه حر ألا يكرر، في مقالي، ما قاله في المحكمة. إنما لا يستطيع منعي من إيراد ما سمعته بأذنيّ في المحكمة أو قرأته في الصحف أو في محاضر المحاكمة أو سمعته من فم أحد المحامين في المقابلات التي أجرتها الصحافة آنذاك.

لكن بعد كتابتها، عدتُ وحذفتُها كي لا يُقال إن العميد كرم طلب مني أن أقول أمورًا لم يرد أن يقولها هو. وهو لم يطلب. وأنا، على أي حال، لا أقبل أن يملى عليّ شيئ من قِبل أحد، سوى ضميري.

Martyrs-Beyrouth

كذلك، لن أناقش هنا قرار القضاء ولا مضمون المحاكمة. إنما شابت عيوب كثيرة هذه القضية. واحدة منها تكفي، في نظر القانون، لإبطال كل المحاكمة… حتى إذا لم يُذكر العنف الجسدي والمعنوي والتهديد اللذين مورسا لأخذ توقيع فايز كرم، إلى حد جعل من الضروري نقله إلى المستشفى مرات عدة:

١ ـ أوقِفَ فايز كرم بخديعة، بشكل أقرب منه إلى الخطف.

٢ ـ بما أنه كان ضابطًا في الجيش، لا يحق لغير مديرية المخابرات التحقيق معه.

٣ ـ أي توقيف يجب ألا يتعدى ٤٨ ساعة قابلة للتجديد مرة واحدة، في وقت استغرق التحقيق مع فايز كرم ٦٩ يومًا.

٤ ـ ولم يرَ محاميًا ألا بعد ٢٣ يومًا.

٥ ـ ومُنع من التكلم مع المحامي على التحقيق. ولم يُسمح لهما بالتكلم من دون وجود ضابط يسمع ويشارك بكل شيء.

٦ – ضُغِط على القضاء بواسطة الرأي العام. فقد سُرِّبت أجزاء من الاعترافات التي أمليَت على فايز كرم، وشُنَّت بواسطتها حملة إعلامية شرسة، على نطاق كبير جدًّا، هدفها إقناع الرأي العام بأن الرجل عميل، وبأن القضاء خائن إذا أعلن براءته. والقانون يمنع هذه التسريبات كي لا يضغط الرأي العام على القضاء. كم بالحري إذا كانت هذه الاعترافات ليست صادرة عن المتهم، بل هي من تأليف المحققين، الذين رفضوا إعطاء المحكمة التسجيلات التي تدل على ذلك، فزعموا أنها أتلِفَت. لكن في لبنان، كل شيء يمكن تسجيله يُسَجَّل، ولا تسجيلات تُتلف.

لينا المر نعمة
مساء الجمعة ٧ تشرين الثاني ٢٠١٤

Aoun a Zghorta-Marada

قال العماد عون في زغرتا، في ٢٣ تشرين الثاني ٢٠١٠، إنه سيقبل بنتيجة التحقيق بالنسبة إلى العميد فايز كرم، شرط أن يجرى حسب القانون. وأضاف أنه مقتنع ببراءة العميد كرم:

«العميد كرم ما باع معلومات، ولا مسّ بأمن لبنان. وإذا قضيتي أخدت ١٥ سنة حتى ترجع تنطرح بشكل سليم، وبعد ما خلصت بعد عشرين سنة، طبعًا قضيّتو، انشاالله السنة الجايي بنهاية عهد رسم التصفية، ما رح تضاين هالقدّ.
«بكرا القضاء جايي، لنشوف كيف هالتحقيق جرى مع العميد فايز كرم. إذا جرى وفقًا للأصول، وعم قولا قدام أهلو وأحبائو، وأنا كمان منن… إذا جرى وفقًا للأصول وكان مذنب، منقبل المسؤوليات، الّي بيتحملا. ولكن إذا لم يكن مذنب لن نقبل. وهو غير مذنب.

وقال في كانون الأول:

«التحقيقات التي جرت مع العميد كرم لم تراعِ قانون اطول المحاكمات. لذا نطالب بالغائها.
«قلت إني اعتقد أن فايز كرم بريء ونحن نطالب بوجود القرائن. أين القرائن التي تتهم العميد كرم؟
أكبر جريمة يرتكبها القضاء هي التمنع عن احقاق الحق».

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Comment “fonctionne” le lavage de cerveaux

Quand on déverse autour de lui des images et des slogans orientés, en quantité suffisante pour lui donner l’impression qu’il ne pense pas comme tout le monde, l’individu connaît un malaise d’autant plus grand qu’il craint un mépris, des accusations et des sarcasmes violents. Plus la pression montera, plus il aura tendance à parler, à penser comme les autres, pour fuir l’angoisse que lui inflige le sentiment d’être exclu.

S’il dure assez, ce matraquage de mots et d’images aboutit à une sorte de lavage de cerveau — qu’il serait plus juste d’appeler asservissement du cerveau, puisqu’il fait de l’homme un esclave qui pense comme on veut, mais sans avoir été librement convaincu. C’est cela qui, sous Staline, a rendu la “Sainte Russie” athée en l’espace d’une génération…

 

dessin weibo culture entreprise

 

En période de dictature intellectuelle, [les preuves] deviennent inefficaces, car un cerveau ne peut utiliser des arguments que si on le laisse libre de réfléchir et de s’engager dans la direction qu’ils lui indiquent. Si on l’assigne à demeure dans un fortin intellectuel, hors duquel on subit l’hostilité et le mépris, la peur de souffrir lui fera ignorer toute évidence risquant de l’en sortir.

En rendant si douloureuse la liberté intellectuelle, ce bombardement de mots et d’images détruisait, chez les gens, la capacité à réfléchir par eux-mêmes et à croire aux preuves et aux résultats: penser comme tout le monde était autrement plus réconfortant. Et la foi en ceux qui avaient des résultats concrets cédait peu à peu la place à la foi en ceux qui pouvaient attirer l’attention des foules. C’était de nouveau le règne des apparences et des impressions, et de ceux qui savaient les manipuler pour imposer leurs idées au grand nombre.

Lina Murr Nehmé

(La Renaissance en Question, t. 2, Le Retour des Idoles. Aleph et Taw, Beyrouth 2000, p. 38 et 40.)

Le texte ci-dessus, qui décrit les méthodes de manipulation des foules dans les villes italiennes de la Renaissance, est toujours valable aujourd’hui. En fait, je l’ai écrit parce que j’étais frappée de voir la similitude entre les méthodes d’hier et celles d’aujourd’hui.

Propagande-lavage-cerveau

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Open letter to M. Mikati, by Lina Murr Nehme

I published this open letter on 16 July 2012. The present tragedy in Tripoli and the declarations of Mikati make it necessary to publish it again. For the man who is leading now the battle against the Lebanese army in Tripoli is that same Shadi Mawlawi who was freed two years ago, in a way that was both unbelievable and unacceptable:

M. Prime Minister

A few weeks ago, Shadi Mawlawi was arrested in a building that belongs to Minister Safadi. Because of that, the Salafis inflicted their war on Tripoli, your city.

It is the judiciary’s business to say if the charges against Mawlawi are true or not. It is not mine. However, I have the right to refuse to believe that a man is innocent, when, with his consent, his friends free him from prison by putting his city at war, killing five persons, and wounding many others. A man who has nothing to do with crime, does not thank his friends because they killed innocent people for his sake. By doing that, he becomes their accomplice and bears the responsibility of their murders.

The judiciary freed him because of pressures laid by you, M. Mikati, and by M. Muhammad Safadi.

Both of you are very rich men. Each of you fears the loss of some of his wealth. Each of you prepares for the coming elections. I understand all that. But it is my duty to tell you the truth, however rich you are, however close the elections are. It is not honorable for a Lebanese Prime minister, to protect the murderers of innocent people, at the expense of security, of the Army, and of the citizens of Tripoli. Your duty is to punish these murderers and to impose law and order. This is the desire of the silent majority in Tripoli. And Tripoli is the second city of Lebanon. It deserves peace like Beirut, M. Prime Minister.

Lebanese Army Tripoli

You were not content with protecting murderers by laying pressure on the Judiciary in order to free Shadi Mawlawi. You weakened the State’s authority even more, by opposing the Lebanese Army to the Lebanese Security Forces in Tripoli. So Mawlawi could say that “the Lebanese State cannot afford not to please the Sunnis”, as if the honorable community to which he belongs was superior to the other Lebanese communities.

The ministers rushed to the Tribunal, each one offering Shadi Mawlawi the service of his car. Thus rush the taxi chauffeurs at the airport, when they see a traveler.

Safadi won the contest. Mawlawi used his ministerial car, which transported him to Tripoli.

Shadi Mawlawi free

Your car, M. Prime minister, was refused. But you had Mawlawi visit you at your home. We read in some newspapers that you offered him ten thousand dollars. However, your office denied it afterwards.
True or false, the matter would have caused you much harm, if it had become the talk of the town.

Then came the time of the annual commemoration of the massacre of Halba. The massacre of Halba cannot be explained in confessional terms, because both the murderers and the victims were of the same religion (Sunni). The Salafis, however, decided to organize another celebration in a nearby place.

The Army was sent to prevent people from bringing guns, in order to protect every person who would participate in one of the two celebrations.

As we all know, when the Army is sent to make a roadblock, it receives the order to fire on the tires of every car whose driver refuses to stop. And the Army is supposed to fire on the people that are inside if they go on their way or if they charge the soldiers.

In Kueikhat, a two car convoy passed. One of these cars contained a great number of guns in its trunk. And its driver did not stop when the soldiers ordered him to. The occupants of the car even fired at the soldiers, and wounded one of them. The soldiers fired back, and killed two Salafi ulamas. One of them was Sheik Ahmad Abdul-Wahid, who is well known for having smuggled arms in order to help the Fatah al-Islam (an al-Qaida Palestinian organization) against the Lebanese Army in the battle of Nahr al-Bared.

Sheikh Abdel Wahed

The photos of the wounded Lebanese soldier were not communicated to the press. Why? Because they would have proved that the Army did its duty, and that the soldiers were shot at before shooting?

Pressure laid by the rabble, and also by you, M. Prime Minister, led to the arrest of the soldiers and officers who obeyed orders.
The Army did not do anything to defend them. Why? Maybe for fear of some politicians who draw their strength and their financing from serving foreign powers. But the Lebanese military also are in need of security. Security when they obey orders. If these orders were bad, you should have punished those who gave them, not those who obeyed.

Thus you freed the man charged with crime, and threw in jail those who obeyed orders. After that, M. Mikati, you decided to free the Salafists who were arrested because of the Nahr al-Barid events. To justify the interest you and the Minister of the Interior had in freeing them — and not the others — it was said that they had been in jail for five years.

Mikati_Tripoli

We want the law to be implemented. We want people to be freed after having been arrested for a time, if they have not been judged. But why should you free the Salafist Moslems and not the Moslems who are not Salafist? Why should you free the Salafist Moslems and not the people belonging to other communities? Indeed, in the prison of Roumieh, there are men who have been waiting for seven years or more, and they still have not been judged. Among them, some have been arrested for stealing 100.000 Lebanese pounds only ($75) and not because they belong to a terrorist organization that has killed Lebanese civilians and soldiers.

A few days later, the First Military Investigation Magistrate, Riad Abou Ghida, freed the military officers who had been arrested after the death of Sheikh Ahmad Abdul-Wahid and his companion. Then the Salafists threatened to blow up Tripoli and the North. Then you intervened, you, M. Prime Minister who never cease to fear for your electoral popularity in Tripoli, and for your billions of dollars invested in the Saudi Arabian Kingdom. And the First Military Investigation Magistrate arrested again the military officers.
In no other country is such a tyrannical act allowed, M. Mikati. Its purpose is to ruin the Army morale so that it stops defending the country. So Lebanon becomes defenseless when time comes to transform it into… into what? Perhaps into that Salafist Islamic Republic claimed by those who demonstrated against the liberation of the military officers.

It would have been less harmful to the State’s reputation, not to have freed the military officers at all.

Now, the majority of all religions in Lebanon, is angry.  But will you listen to its voice, to the voice of conscience more than to the voice of the minority that burns tires and kills the innocent?

M. Mikati, do you rule over the Republic of Al Capone, which defends murderers and abandons the innocent majority?

Lina Murr Nehme

This open letter was published by Elnashra, on 16 July 2012. Safadi answered me, through the same media. He did not deny anything I had written, he only said that Shadi Mawlawi did not use his car to go to Tripoli. But I ask Safadi why he did not contradict the television reporters at that time, when they were saying, live, that Mawlawi used his car?

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Lettre ouverte à M. Mikati, par Lina Murr Nehmé

En juillet 2012, les événements accompagnant la libération de Chadi Mawlawi étaient tellement scandaleux que j’ai alors publié une lettre ouverte au Premier ministre de l’époque, Nagib Mikati.
La tragédie qui se déroule en ce moment à Tripoli, et les déclarations de Mikati me poussent à la publier de nouveau.
Car l’homme qui vient de diriger la bataille contre l’Armée libanaise à Tripoli est ce même Chadi Mawlawi qui avait été libéré deux ans plus tôt, de façon à la fois incroyable et inacceptable:

Monsieur le Premier Ministre

Il y a quelques semaines, Chadi Mawlawi fut arrêté dans un immeuble appartenant au ministre Safadi. Les salafistes, outrés, mirent votre ville, Tripoli, à feu et à sang.

Ce n’est pas à moi, c’est au corps judiciaire de dire si les accusations contre Mawlawi sont fondées. Cependant, j’ai le droit de refuser de croire qu’un homme est innocent quand il consent à ce que ses amis le libèrent de prison en plongeant sa ville dans la guerre, tuant cinq personnes, et en blessant beaucoup d’autres. Un homme qui n’a rien à voir avec le crime, ne remercie pas ses amis parce qu’ils ont tué des innocents pour le servir. Car cela fait de lui leur complice et lui fait porter la responsabilité de leurs meurtres.

Le corps judiciaire a libéré Chadi Mawlawi à cause de pressions venant de vous, M. Mikati, et de M. Muhammad Safadi. Vous êtes, tous deux, des hommes très riches. Chacun de vous craint de perdre une partie de sa fortune. Chacun de vous prépare  les élections. Je peux comprendre tout cela. Mais mon devoir est de vous dire la vérité, aussi riches que vous soyez, aussi proches que les élections soient. Il n’est pas à l’honneur d’un Premier ministre libanais de fortifier les assassins des innocents, aux dépens de la sécurité publique, de l’Armée libanaise, et des citoyens de Tripoli. Votre devoir est de punir ces meurtriers et d’imposer la loi et l’ordre, comme le désire la majorité silencieuse à Tripoli. Et Tripoli est la seconde ville du Liban. Elle mérite la paix comme Beyrouth, monsieur le Premier ministre.

Lebanese Army Tripoli

Et vous ne vous êtes pas contenté de protéger des assassins en faisant pression sur le corps judiciaire afin de libérer Chadi Mawlawi. Vous avez encore plus affaibli l’autorité de l’Etat en opposant, à Tripoli, l’Armée libanaise aux Forces de Sécurité libanaises. Mawlawi put donc dire que “L’Etat libanais ne peut se permettre de ne pas plaire aux sunnites”, comme si l’honorable communauté à laquelle il appartient était supérieure aux autres communautés libanaises.

Et les ministres de se précipiter à la porte du tribunal, et chacun d’eux d’offrir à Chadi Mawlawi les services de sa voiture. C’est ainsi que se précipitent les chauffeurs de taxi à l’aéroport, quand ils voient un voyageur.

Safadi gagna: c’est sa voiture ministérielle que Mawlawi élut pour se transporter à Tripoli.

Shadi Mawlawi free

Votre voiture, monsieur le Premier ministre, fut refusée. Mais vous avez reçu Mawlawi à votre domicile. Nous avons lu dans certains journaux que vous lui avez offert 10.000 dollars. Votre bureau a démenti l’information par la suite : vraie ou fausse, elle vous aurait fait beaucoup de tort, si elle avait circulé en ville.

Et vint le temps de la commémoration annuelle du massacre de Halba. Le massacre de Halba ne peut pas être expliqué de façon confessionnelle, car les assassins et les victimes étaient tous sunnites. Mais les salafistes décidèrent d’organiser une autre cérémonie dans un endroit non loin de là. L’armée fut donc envoyée pour empêcher les hommes d’apporter des fusils, afin de protéger toute personne voulant participer à une des deux cérémonies.

Nous savons tous que, quand l’Armée est envoyée dresser un barrage sur la route, elle reçoit l’ordre de tirer sur les pneus de tout véhicule dont le conducteur refuse d’arrêter son moteur. Et de tirer sur les occupants dudit véhicule, si, malgré les pneus crevés, ils continuent à circuler ou tirent sur les soldats.

Un convoi de deux voitures passa devant le barrage dressé par l’Armée à Koueikhate. Le coffre arrière d’une de ces automobiles contenait un grand nombre de fusils, et son conducteur ne s’arrêta pas quand les soldats lui en donnèrent l’ordre. Les occupants de la voiture tirèrent sur les soldats, et en blessèrent un. Les autres soldats ripostèrent et tuèrent les deux oulémas salafistes. L’un d’eux était le cheikh Ahmad Abdul-Wahed, célèbre parce qu’il avait fait passer en contrebande des armes pour le Fatah al-Islam (organisation palestinienne relevant d’al-Qaïda) alors en guerre contre l’Armée libanaise à Nahr al-Bared.

Sheikh Abdel Wahed

Les photos du soldat libanais blessé n’ont pas été communiquées à la presse. Pourquoi? Parce qu’elles auraient prouvé que l’armée a fait son devoir, et qu’on lui a tiré dessus avant qu’elle ne tire?

Des pressions ont alors été exercées par la populace dans la rue, et par vous aussi, monsieur le Premier ministre. Et les militaires qui avaient obéi aux ordres, furent arrêtés.

L’Armée ne fit rien pour les défendre. Pourquoi ? Peut-être par peur de certains politiciens dont la puissance et le financement viennent de pays étrangers. Mais les militaires libanais aussi ont besoin de sécurité. Sécurité quand ils obéissent aux ordres. Si ces ordres étaient mauvais, il fallait punir ceux qui les avaient donnés, pas ceux qui les avaient exécutés.

Ainsi, vous avez libéré l’homme inculpé pour crime, et jeté en prison ceux qui avaient obéi aux ordres. Après cela, monsieur Mikati, vous avez décidé de libérer les salafistes qui avaient été arrêtés après les événements de Nahr el-Bared.

Pour justifier l’intérêt que vous et le ministre de l’Intérieur portiez à ces prisonniers et non aux autres, on a dit qu’ils avaient été en prison durant cinq ans.

Mikati_Tripoli

Nous voulons que la loi soit appliquée. Nous voulons que les inculpés soient libérés après une certaine période, s’ils n’ont pas été jugés. Mais pourquoi voudriez-vous libérer les musulmans salafistes et non les musulmans qui ne sont pas salafistes ? Pourquoi libérer les musulmans salafistes et non les hommes appartenant aux autres communautés ? Dans cette même prison of Roumieh, il y a des hommes qui attendent depuis sept ans, et ils n’ont pas encore été jugés. Parmi eux, certains ont été arrêtés pour avoir volé 100.000 livres libanaises seulement (50 €) et non parce qu’ils appartiennent à une organisation terroriste qui a tué des civils et des militaires libanais.

Quelques jours plus tard, le Premier Juge d’Instruction militaire, Riad Abou Ghida, libéra les officiers qui avaient été arrêtés après la mort du cheikh Ahmad Abdul-Wahed et son compagnon. Alors les salafistes menacèrent de mettre de nouveau à feu et à sang Tripoli et le Nord. Alors vous êtes intervenu, vous, monsieur le Premier ministre qui ne cessez de craindre pour votre popularité électorale à Tripoli, et pour vos milliards de dollars investis en Arabie Saoudite. Et le Premier Juge d’Instruction militaire arrêta de nouveau les officiers.

Aucun pays ne peut tolérer un acte aussi tyrannique, monsieur Mikati. Son but est de ruiner le moral de l’Armée pour qu’elle cesse de protéger le pays. Ainsi, le Liban devient sans défense quand vient le temps de le transformer en… en quoi ? Peut-être en cette République islamique salafiste que réclament la plupart de ceux qui ont manifesté contre la libération des officiers.

Il aurait été moins nuisible pour la réputation de l’Etat, de ne pas libérer les officiers du tout.

Maintenant, la majorité au Liban, toutes religions confondues, est en colère. Mais écouterez-vous sa voix, la voix de la conscience, davantage que celle de la minorité qui brûle des pneus et tue des innocents?

Monsieur Mikati, régnez-vous sur la République d’Al Capone, qui défendait les assassins et abandonnait la majorité innocente?

 Lina Murr Nehmé

Cette lettre ouverte fut publiée par Elnashra, le 16 juillet 2012. Safadi me répondit par le biais du même média. Il ne démentit rien de ce que j’avais écrit, excepté ceci: selon lui, Chadi Mawlawi n’aurait pas utilisé sa voiture pour aller à Tripoli.
Dans ce cas, pourquoi Safadi n’a-t-il pas contredit les reporters des télévisions qui avaient retransmis en direct la libération de Mawlawi, et avaient dit que Mawlawi avait utilisé sa voiture?

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كتاب مفتوح من لينا المر نعمة الى نجيب ميقاتي

ردًا على كلام نجيب ميقاتي حول شادي المولوي، أعيد نشر كتابي المفتوح الذي وجهته لميقتي في تموز ٢٠١٢، والذي يروي حقيقة قصة شادي المولوي وتوابعها. ذلك أن شادي المولوي، الذي حرره ميقاتي والصفدي، هو الذي أشعل نار الحرب على الجيش اللبناني في طرابلس:

دولة الرئيس
منذ بضعة أسابيع، أوقف شادي المولوي في مبنى تابع للوزير الصفدي، وأشعل السلفيون مدينتك طرابلس.
ليس من شأني الحكم على تهمة المولوي، فهي من مسؤولية القضاء. إنما من حقّي أن أشكك في براءة رجل يقبل أن يحرق أصدقاءه مدينته فيسقط ٥ قتلى ما عدا الجرحى، بغية إخراجه من السجن. إنسان لا علاقة له بالإجرام، لا يشكر رفاقه إن قتلوا الأبرياء من أجله، فهذا يجعله شريكًا في جرمهم.
لقد حرره القضاء بضغط من حضرتك، يا سيد ميقاتي، ومن السيد الصفدي. أنتما رجلان متمولان كثيرًا وتخشيان خسارة بعض ممتلكاتهما. تفكران في الانتخابات المقبلة. كل هذا أفهمه، لكن من واجبي أن أقول لك إن ليس من المشرف أن يقوي رئيس الوزراء قتلة الأبرياء على حساب الأمن العام والجيش والمواطن الطرابلسي. وذلك، مهما ارتفعت الثروات وقرب موعد الانتخابات. واجبك معاقبة هؤلاء القتلة وفرض النظام الذي تتوق إليه غالبية الشعب الطرابلسي الصامتة. فطرابلس هي عاصمة لبنان الثانية، ويحق لها في الأمن كبيروت، يا دولة الرئيس.

Lebanese Army Tripoli

ولم تكتفِ بحماية المجرمين، بل أضعفتَ سلطة الدولة أكثر بوضع الجيش في مواجهة قوى الأمن في طرابلس، بعدما ضغطتَ على القضاء لإطلاق المولوي، الذي تجاسر وقال إن الدولة اللبنانية لا تستطيع ألّا ترضي السُّنَّة، كأن الطائفة الكريمة التي ينتمي إليها هي من عرق أسمى من الطوائف اللبنانية الأخرى.
وفي المحكمة، تزاحم الوزراء ليعرض كل منهم على المولوي خدمة سياراته. هكذا يتزاحم سائقو التاكسي في المطار عند رؤية مسافر. وفاز الصفدي بالمباراة، وركب المولوي سيارته الوزارية التي نقلته الى طرابلس.

Shadi Mawlawi free

ورُفضت سيارتك يا دولة الرئيس، لكنك دَعَوْتَ المولوي إلى زيارتك في منزلك. وقيل في بعض الصحف إنك قدمت له عشرة آلاف دولار، لكن مكتبك نفى ذلك في ما بعد. فالأمر، أصحيحًا كان أم لا، قد يضرك كثيرًا إذا تناقلته الألسن.
وفي تلك الحقبة، حان وقت الذكرى السنوية لضحايا مجزرة حلبا. ومجزرة حلبا، لا يمكن تفسيرها طائفيًّا، لأن القتلة والضحايا فيها كانوا من الدين نفسه.
لكن السلفيين قرروا إقامة احتفال آخر في مكان قريب.
فأرسِل الجيش لمنع وصول الأسلحة، حماية لكل مَن سيشارك في أحد الاحتفالين.
وكما نعلم كلنا، يؤمَر الجيش، حين ينصب حاجزًا، بأن يطلق النار على إطارات السيارات إن لم تتوقف، وعلى ركابها إن تابعوا سيرهم أو أطلقوا النار.

Sheikh Abdel Wahed

وهذا ما حدث في الكويخات: مر موكب من سيارتين، إحداهما تحمل عددًا كبيرًا من البنادق في صندوقها. فأمر الجنود السائق بالتوقف، لكنه لم يمتثل إلى الأمر، لا بل أطلِقَ النار على الجنود، وأصيب أحدهم. فرد رفاقه على النار، وقَتلوا شيخين سلفيّين، منهما الشيخ عبد الواحد الذي اشتهر بتهريبه الأسلحة لمساعدة فتح الإسلام ضد الجيش، أثناء معركة نهر البارد.
لِم لم تتسلم الصحافة صور الجنديّ الجريح؟ لأنها قد تثبت أن الجيش قام بالواجب، وأن النار أطلِقت عليه أولًا؟
وتحت ضغط الشارع السلفي، وتحت ضغطك أنت، يا دولة الرئيس، سُجِنَ العسكريين الذين أطاعوا الأوامر.
لماذا لم يفعل الجيش شيئًا للدفاع عنهم؟ إنه يخشى بعض السياسيين الذين يستمدّون قوتهم وتمويلهم من التزاماتهم الخارجية. لكن أفراد الجيش أيضًا، في حاجة الى الأمان. الأمان عندما يطيعون الأوامر. إن كانت الأوامر سيّئة، يجب معاقبة الذي أعطاها، لا الذي نفذها.
وبعد تحرير المتهم بالإجرام، وبعد زجّ العسكريين الأبرياء في السجن، قررت، يا سيد ميقاتي، أن تحرر الموقوفين الإسلاميين الذين اعتقلوا بسبب أحداث نهر البارد. لتبرير اهتمامك واهتمام وزير الداخلية بهم من دون سواهم، قيل لنا إنهم في السجن منذ ٥ سنوات.

Mikati_Tripoli

نحن مع تطبيق القانون وإطلاق الموقوفين بعد انتهاء مدة ما، حتى إن لم يُحاكَموا. لكن لمَ يُطلق الموقوفون السلفيون لا الموقوفون المسلمون غير السلفيين، أو الموقوفون من سائر الديانات؟ في سجن رومية نفسه، يوجد رجال ينتظرون حكمهم منذ ٧ سنوات أو أكثر، وبعضهم أوقف لأنه سرق 100 ألف ليرة وليس لأنه عمل مع حركة إرهابية قتلت لبنانيين مدنيين وعسكريين.
وبعد بضعة أيام، أخلى المدّعي العام رياض أبو غيدا الضبّاط الموقوفين في قضيّة الشيخ أحمد عبد الواحد ورفيقه. فهدد السلفيون بتفجير طرابلس والشمال. فتوسطتَ، يا دولة الرئيس الذي لا تكف عن الخوف على ملياراتك المستثمَرة في المملكة السعودية، وعلى شعبيتك الانتخابية في طرابلس.
فعاد المدّعي العام وأوقف الضباط ثانية.
هذا عمل تعسفي يا سيد ميقاتي، لا يجوز في أي بلد القيام به. هدفه هدم معنويات الجيش كي لا يعود يدافع عن الوطن. فيغدو لبنان من دون جيش حين تدق ساعة محاولة الاستيلاء عليه لتحويله إلى… إلى ماذا؟ ربما إلى هذه الجمهورية الإسلامية السلفية التي يطالب بها معظم الذين تظاهروا ضد تحرير الضباط.
لكان أقل أذىً لسمعة الدولة، ألّا يخرَج الضباط من السجن أبدًا.
وباتت اليوم الغالبية في لبنان، بكل طوائفه، غاضبة.  ولكن هل تسمع أذناك صوتها الضميري، أكثر من صوت القلَّة التي تحرق الدواليب وتقتل الأبرياء؟
يا سيد ميقاتي، هل أنت تترأس جمهورية آل كابوني، التي كانت تحمي المجرمين وتتخلى عن الغالبية البريئة؟

لينا المر نعمة

هذا الكتاب المفتوح صدر في ١٦ تموز ٢٠١٢ في موقع النشرة الإلكتروني. ورد عليه الصفدي في الموقع نفسه، لا لينفي محتواه، بل ليقول إن شادي المولوي لم يذهب إلى طرابلس في سيارته. ونسأل لماذا لم يكذب الصفدي وسائل الإعلام المرئية التي نشرت الخبر على الهواء، في لحظة إطلاق المولوي.

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Concernant les armes chimiques syriennes

Quand a éclaté la nouvelle de l’usage d’armes chimiques (gaz sarin) en Syrie, je me trouvais hors du Liban. J’étais trop bouleversée pour pouvoir travailler. Je passai donc toute la journée dans un des salons de l’hôtel, à regarder, en direct, le débat télévisé qui se déroulait au Parlement britannique.

Syrian chemical weapons attack video

Il m’a rappelé les vieux jours du traité de Taef (1989-1990). Alors aussi, j’étais hors du Liban, vivant non loin de Boston. Je regardais à la télévision les grandes nations qui condamnaient à mort une petite nation qui était la mienne.

En 2013, ironiquement, la victime de ces mêmes nations était la Syrie. J’écrivis ceci sur Facebook:

“Comment se fait-il que les armes chimiques ne soient mauvaises que si ce sont les autres qui les utilisent? Qui, en Amérique, a puni ceux qui ont utilisé le gaz moutarde durant la première guerre mondiale? Qui a puni les généraux et les politiciens responsables, au Vietnam, de l’usage intensif et à très grande échelle, du gaz moutarde et des bombes au napalm? Qui a puni  Truman parce qu’il a utilisé la bombe atomique contre le Japon après avoir appris que le Japon voulait se rendre? (Pour les preuves, voir mon prochain livre, “Qui prendra le Liban, la Syrie, la Palestine?”)
Personne n’ayant été puni, le gouvernement américain a endossé tous ces crimes (sans compter les autres), et est le plus grand utilisateur d’armes chimiques au monde, et le plus grand utilisateur d’armes de destruction massive au monde. Et il prétend punir un tout petit utilisateur de ces armes.”

Lina Murr Nehme-Syrian chemical-2

Puis j’ai écrit ceci:

“Assez d’hypocrisie! Assez de voir les plus grands criminels jugeant les petits! Assez! Assez!”

Lina Murr Nehme-Syrian chemical-1

Je n’ai pas changé d’avis depuis.

Même si le fait que j’aie brûlé le drapeau de Daesh (EIL) a fait de nous des ennemis directs, et même si je vais utiliser ma photo brûlant ce drapeau comme un symbole aussi longtemps que Daesh sera en position de force, je continue à penser que ceux qui bombardent Daesh sont bien plus criminels que Daesh.

Maintenant, tout le monde a oublié les terroristes de l’Armée Syrienne Libre qui coupaient les gorges de leurs frères, les soldats et les policiers syriens, devant la caméra, ou qui mangeaient le cœur de soldats syriens, comme fit Abou Sakkar. L’Armée Syrienne Libre n’est pas devenue innocente pour la seule raison que des terroristes plus féroces ont émergé sur la scène syrienne.

Si vous voulez défendre l’opposition syrienne, défendez Michel Kilo et ses semblables. Défendez feu le Patriarche Hazim. Ne défendez pas les terroristes de la soi-disant Armée Syrienne Libre. S’ils avaient été bons, s’ils avaient dit la vérité, ils n’auraient pas été aidés et défendus par Obama, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et leurs fruits n’auraient pas été Nusra et Daesh.

obama-terrorism

Dites-moi qui sont vos alliés, et je vous dirai qui vous êtes.

Lina Murr Nehmé

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